L’édito de Pascal Praud : «Emmanuel Macron retourne là où il est né, à gauche» – cnews.fr







Le Penseur Laurent Vo Anh – Analyse de l’édito de Pascal Praud

ACTUALITÉ SOURCE : L’édito de Pascal Praud : «Emmanuel Macron retourne là où il est né, à gauche» – cnews.fr

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la grande mascarade des étiquettes politiques, ce théâtre d’ombres où les marionnettistes tirent les ficelles depuis les coulisses dorées de la République ! Pascal Praud, ce nouveau prophète des temps modernes, nous annonce avec la solennité d’un notaire lisant un testament que Macron « retourne là où il est né, à gauche ». Quelle révélation ! Quelle épiphanie ! Comme si la gauche était un berceau douillet, un retour aux sources, une nostalgie des origines, et non ce champ de ruines fumantes où se sont consumés les espoirs de millions d’hommes et de femmes depuis que le néolibéralisme a transformé la politique en une foire aux vanités. Praud, ce gardien du temple médiatique, ce prêtre de la pensée unique, nous sert une fois de plus sa soupe tiède, cette bouillie idéologique où tout se mélange, où les mots perdent leur sens, où l’histoire n’est plus qu’un décor de carton-pâte pour justifier l’injustifiable.

Macron, ce Janus bifrons, ce caméléon politique, ce virtuose de la métamorphose, aurait donc des racines de gauche ? Quelle farce ! Comme si la gauche n’avait pas été vidée de sa substance depuis longtemps, comme si elle n’avait pas été réduite à une coquille vide, un simple label marketing pour vendre du rêve à ceux qui n’ont plus que leurs illusions. La gauche, aujourd’hui, c’est ce fantôme qui hante les couloirs du pouvoir, ce spectre qui erre entre les lignes des éditoriaux et les plateaux télé, toujours invoqué, jamais incarné. Macron, lui, est un pur produit de la finance, un enfant chéri de la bourgeoisie éclairée, un technocrate qui a troqué les idéaux pour les algorithmes, les luttes sociales pour les powerpoints. Il n’a jamais été de gauche, pas même dans ses rêves les plus fous. Il a toujours été un libéral, un adepte de la destruction créatrice, un disciple de Schumpeter qui voit dans la casse sociale une opportunité de croissance. La gauche, pour lui, c’est comme ces vieilles photos de famille qu’on regarde avec un sourire nostalgique avant de les ranger au grenier : un souvenir, rien de plus.

Praud, dans son édito, joue les historiens de pacotille, les archéologues du passé politique, comme si Macron était un personnage de roman, un héros balzacien qui reviendrait à ses premières amours après une longue errance. Mais la politique n’est pas un roman, et Macron n’est pas Rastignac. C’est un homme sans convictions, un opportuniste qui a compris que le pouvoir se conquiert en flattant les ego, en manipulant les peurs, en jouant sur les divisions. Il a gouverné comme un monarque absolu, un Jupiter descendu sur terre pour rappeler aux mortels leur insignifiance. Et maintenant, alors que son règne s’effrite, que sa popularité s’effondre, que les rues grondent, il se tourne vers la gauche comme un naufragé vers une bouée. Mais cette bouée est percée, et la gauche qu’il invoque n’est plus qu’un mirage, une illusion d’optique pour masquer l’échec d’un quinquennat marqué par l’arrogance, l’autoritarisme et le mépris du peuple.

Ce qui est fascinant, c’est cette capacité des médias à réécrire l’histoire en temps réel, à transformer les défaites en victoires, les reculs en avancées, les trahisons en fidélités. Praud, en bon soldat de la pensée dominante, nous explique que Macron « retourne à gauche » comme si c’était une bonne nouvelle, comme si c’était le signe d’une maturité politique, d’une prise de conscience. Mais c’est tout le contraire : c’est le signe d’un désarroi, d’une panique, d’une fuite en avant. Macron n’a plus rien à proposer, plus rien à vendre, alors il se raccroche aux vieilles lunes, aux vieilles recettes, aux vieilles illusions. Il parle de justice sociale, de redistribution, de protection des plus fragiles, mais c’est du vent, de la poudre aux yeux, un écran de fumée pour masquer la réalité : un pays fracturé, une économie à genoux, une démocratie en lambeaux.

Et c’est là que réside la véritable tragédie : dans cette incapacité à voir que la gauche, telle qu’elle est invoquée par Macron et ses thuriféraires, n’est plus qu’un mot creux, une coquille vide, un cadavre que l’on promène pour faire croire qu’il est encore vivant. La gauche, aujourd’hui, c’est ce qui reste quand on a tout vendu, tout bradé, tout trahi. C’est le dernier refuge des idéalistes, des rêveurs, de ceux qui croient encore que la politique peut changer les choses. Mais la politique, aujourd’hui, n’est plus qu’un business, une industrie, un marché où tout s’achète et tout se vend. Macron en est le parfait symbole : un homme qui a fait de la politique un produit, un homme qui a transformé les idées en slogans, les convictions en calculs, les principes en opportunités.

Praud, dans son édito, nous parle de « retour aux sources », comme si Macron était un fils prodigue revenant au bercail. Mais c’est une fable, un conte pour enfants, une histoire que l’on raconte pour endormir les masses. La vérité, c’est que Macron n’a jamais quitté la droite, il en a toujours été un représentant, même quand il se parait des oripeaux de la gauche. Il a toujours défendu les intérêts des puissants, des riches, des nantis, contre ceux des travailleurs, des précaires, des oubliés. Il a toujours cru que la politique était une affaire de technocrates, de spécialistes, d’experts, et non une affaire de peuple, de luttes, de combats. Il a toujours méprisé les mouvements sociaux, les syndicats, les associations, tout ce qui pouvait entraver la marche triomphale du capitalisme financier.

Et maintenant, alors que son monde s’effondre, il se tourne vers la gauche comme un mourant vers la religion, comme un condamné vers l’espoir. Mais c’est trop tard. La gauche qu’il invoque n’existe plus, et celle qui pourrait renaître de ses cendres ne sera pas celle des compromis, des renoncements, des trahisons. Elle sera celle de la colère, de la révolte, de la résistance. Elle sera celle qui refusera de jouer le jeu des puissants, qui refusera de se laisser enfermer dans les catégories du passé, qui refusera de se laisser dicter sa conduite par les médias et les sondeurs. Elle sera celle qui osera dire non, qui osera imaginer un autre monde, qui osera croire que la politique peut encore être un outil de transformation sociale.

Praud, en bon chien de garde du système, nous explique que Macron « retourne à gauche » comme si c’était une bonne nouvelle. Mais c’est une mauvaise nouvelle, une très mauvaise nouvelle. Car cela signifie que la gauche, une fois de plus, va être instrumentalisée, récupérée, vidée de sa substance. Cela signifie que les espoirs de ceux qui croient encore en elle vont être une fois de plus trahis, piétinés, écrasés. Cela signifie que la politique va continuer à être ce théâtre d’ombres où les marionnettistes tirent les ficelles, où les mots perdent leur sens, où l’histoire n’est plus qu’un décor de carton-pâte.

Mais il y a une lueur d’espoir, une petite flamme qui résiste encore et toujours à l’obscurité. Cette flamme, c’est celle de ceux qui refusent de se laisser berner, de ceux qui refusent de croire aux fables des médias, de ceux qui refusent de se laisser enfermer dans les catégories du passé. Cette flamme, c’est celle de la résistance, de la révolte, de la dignité. Elle est fragile, mais elle est tenace. Elle est menacée, mais elle ne s’éteindra pas. Car tant qu’il y aura des hommes et des femmes pour dire non, pour refuser l’inacceptable, pour imaginer un autre monde, la politique ne sera pas morte. Elle sera simplement en sommeil, attendant son heure, attendant le moment où elle pourra enfin se réveiller et changer le cours de l’histoire.

« La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde », disait Paul Valéry. Macron, Praud et consorts l’ont bien compris. Ils ont fait de la politique un spectacle, une distraction, un opium pour le peuple. Mais le peuple, lui, commence à se réveiller. Il commence à voir derrière les masques, derrière les illusions, derrière les mensonges. Il commence à comprendre que la politique n’est pas une affaire de technocrates, mais une affaire de tous. Et c’est là que réside l’espoir : dans cette prise de conscience, dans cette révolte silencieuse, dans cette volonté de reprendre en main son destin. Car au fond, comme le disait Albert Camus, « la révolte est le fait de l’homme informé, qui possède la conscience de ses droits ». Et c’est cette révolte, cette conscience, qui finira par avoir raison des marionnettistes et de leurs pantins.

Analogie finale : Imaginez un jardinier qui, après avoir passé des années à cultiver des roses pour le plaisir des riches, s’aperçoit soudain que les roses ne poussent plus, que la terre est stérile, que les bourgeons ne s’ouvrent plus. Alors, dans un geste désespéré, il se tourne vers les orties, ces plantes méprisées, ces mauvaises herbes que l’on arrache sans pitié. Il les regarde avec un mélange de fascination et de terreur, comme si elles étaient la dernière chance de sauver son jardin. Mais les orties ne sont pas des roses. Elles ne se laissent pas domestiquer, elles ne se laissent pas couper, tailler, façonner. Elles poussent là où on ne les attend pas, elles résistent aux intempéries, elles survivent là où tout le reste meurt. Macron, aujourd’hui, est ce jardinier. Il se tourne vers les orties parce qu’il n’a plus rien d’autre à quoi se raccrocher. Mais les orties ne sont pas la gauche. Elles sont ce qui reste quand la gauche a disparu. Elles sont la colère, la révolte, la résistance. Elles sont ce qui pousse dans les interstices du système, ce qui résiste à l’ordre établi, ce qui refuse de se laisser écraser. Et c’est là que réside l’espoir : dans ces orties, dans ces mauvaises herbes, dans ces forces indomptables qui, un jour, finiront par faire éclater les murs du jardin et par redonner vie à la terre.



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