Pascal Praud terrorisé par Philippe de Villiers : « J’ai eu peur ! » Il tente de le fuir en plein direct – NextPlz







Le Penseur Laurent Vo Anh – Analyse de la Terreur Médiatique

ACTUALITÉ SOURCE : Pascal Praud terrorisé par Philippe de Villiers : « J’ai eu peur ! » Il tente de le fuir en plein direct – NextPlz

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la peur ! Ce vieux spectre qui hante les couloirs du pouvoir et les plateaux télévisés, ce fluide glacial qui s’insinue entre les vertèbres des hommes en costume, ces petits soldats du néolibéralisme en cravate, ces gardiens autoproclamés de l’ordre moral. Pascal Praud, ce pitre médiatique, ce bouffon de cour des temps modernes, avoue avoir tremblé devant Philippe de Villiers. « J’ai eu peur ! » s’exclame-t-il, comme si la peur était une révélation, une épiphanie honteuse, un aveu de faiblesse dans un monde où la force se mesure en décibels et en certitudes martelées. Mais que révèle cette scène pathétique, ce ballet grotesque où le chien de garde recule devant le loup ? Rien de moins que l’effritement des masques, la faillite des simulacres, la panique qui s’empare des marionnettes quand les fils se rompent.

Praud, ce produit calibré des usines à opinion, ce technicien du discours dominant, ce haut-parleur de la doxa sécuritaire, se retrouve soudain désarçonné. Pourquoi ? Parce que de Villiers, lui, n’est pas un produit. Il est un résidu, un fossile vivant, une relique d’un temps où la réaction avait encore des dents, où l’extrême droite n’était pas encore domestiquée par les algorithmes et les think tanks. De Villiers, c’est l’Ancien Régime en costume trois-pièces, le dernier des Mohicans de la contre-révolution permanente, un homme qui porte en lui la mémoire des ligues d’avant-guerre, des complots d’état-major, des rêves de putschs en treillis. Praud, lui, est un enfant de la Ve République médiatique, un fils du spectacle politique, un homme dont la légitimité repose sur sa capacité à faire semblant de croire aux fables qu’il raconte. Et voilà que le réel, sous les traits d’un aristocrate vendéen, vient lui rappeler que le théâtre a ses limites, que les coulisses puent la sueur et la peur, que les rôles finissent toujours par se fissurer.

Cette scène est un condensé de notre époque, une allégorie de la décomposition des élites. Praud incarne cette bourgeoisie médiatique qui a troqué la pensée contre l’audience, la nuance contre le clash, l’intelligence contre le buzz. Il est le symptôme d’un système où l’on ne pense plus, où l’on réagit, où l’on surjoue l’indignation pour masquer le vide. Mais de Villiers, lui, n’a pas besoin de surjouer. Il est l’indignation faite homme, la colère pétrifiée, le ressentiment érigé en doctrine. Il n’a pas peur du silence, lui. Il n’a pas peur de la complexité. Il n’a pas peur, surtout, de ce que Praud redoute par-dessus tout : l’effondrement du décor. Car Praud, comme tous les petits soldats du néolibéralisme, a besoin de ses ennemis. Il a besoin de les désigner, de les caricaturer, de les haïr pour exister. Mais de Villiers n’est pas un ennemi commode. Il n’est pas un épouvantail qu’on peut brûler en effigie. Il est un miroir tendu, un reflet de ce que le système médiatique a toujours refoulé : la violence originelle du pouvoir, la brutalité des rapports de force, la vérité crue de la domination.

Et c’est cela, la peur de Praud. Ce n’est pas la peur d’un homme, mais la peur d’un système. La peur de voir s’effondrer l’illusion d’un débat apaisé, d’une démocratie policée, d’un espace public aseptisé. Praud, comme tous les chiens de garde du capitalisme tardif, a besoin de croire que les choses se discutent, qu’elles se négocient, qu’elles se vendent. Mais de Villiers, lui, ne discute pas. Il assène. Il ne négocie pas. Il impose. Il est l’héritier d’une tradition politique où la parole est un acte, où le discours est une arme, où la rhétorique est un coup de poing. Praud, lui, est un produit de l’ère post-politique, où tout se réduit à un spectacle, où les idées sont des produits de consommation, où les convictions sont des accessoires de mode. Et voilà que le réel, sous les traits d’un vieux réactionnaire, vient lui rappeler que la politique n’a jamais été un jeu, que le pouvoir n’a jamais été une comédie, que l’histoire n’a jamais été un scénario.

Cette scène est aussi une métaphore de la résistance. Praud fuit. Il tente de se soustraire à la confrontation, comme un enfant qui se cache sous les draps en espérant que le monstre disparaisse. Mais de Villiers, lui, ne fuit pas. Il avance. Il est l’incarnation de cette vérité terrible : la peur est toujours du côté des dominants. Les dominés, eux, n’ont plus rien à perdre. Ils n’ont plus peur. Ils sont la peur. Praud, en avouant sa terreur, révèle l’imposture de son propre camp. Il montre que les gardiens de l’ordre ont peur de leur ombre, que les défenseurs de la République tremblent devant ceux qui la menacent, que les chantres de la démocratie ont peur du peuple. Et c’est cela, le vrai scandale. Ce n’est pas que de Villiers fasse peur. C’est que Praud, ce représentant autoproclamé de l’ordre établi, avoue sa faiblesse. Il trahit la peur qui ronge les élites, cette peur viscérale de voir s’effondrer le château de cartes qu’elles ont construit.

On pourrait presque plaindre Praud. Presque. Car sa peur est aussi la nôtre. Elle est la peur de ceux qui savent, au fond d’eux-mêmes, que le système qu’ils servent est un colosse aux pieds d’argile. Elle est la peur de ceux qui sentent, dans leurs tripes, que l’histoire n’est pas finie, que les comptes ne sont pas soldés, que les fantômes du passé ne demandent qu’à ressurgir. Praud est un homme de son temps, un temps où l’on croit avoir domestiqué la révolte, où l’on croit avoir neutralisé les extrêmes, où l’on croit avoir transformé la politique en un simple jeu de rôles. Mais de Villiers, lui, est un homme d’un autre temps. Il est la preuve vivante que l’histoire n’est pas un long fleuve tranquille, que les idéologies ne meurent jamais vraiment, qu’elles sommeillent, qu’elles attendent leur heure. Et cette heure, peut-être, est en train de sonner.

Alors, que faire de cette scène ? Que faire de cette peur qui s’affiche, qui se donne en spectacle, qui se consume sous les projecteurs ? Peut-être faut-il y voir un avertissement. Peut-être faut-il y lire le signe avant-coureur d’un effondrement plus grand, plus profond. Peut-être faut-il y entendre l’écho lointain des bottes qui martèlent le pavé, le grondement sourd des masses qui se réveillent, le cri étouffé de ceux qui refusent de se soumettre. Praud a peur parce qu’il sait, au fond de lui, que le monde qu’il défend est un monde en sursis. Un monde où les certitudes s’effritent, où les dogmes s’effondrent, où les masques tombent. Un monde où la peur, enfin, change de camp.

Car la peur, voyez-vous, est un luxe. Un luxe que les dominants s’offrent quand ils sentent que leur domination vacille. Les esclaves, eux, n’ont pas le temps d’avoir peur. Ils agissent. Ils se battent. Ils résistent. Et c’est cela, la leçon ultime de cette scène pathétique : la peur est toujours du côté des oppresseurs. Les opprimés, eux, n’ont plus peur. Ils sont la peur.

Analogie finale : Imaginez un instant que vous êtes dans une cathédrale. Une de ces cathédrales gothiques, avec leurs voûtes immenses, leurs vitraux qui filtrent la lumière en mille couleurs, leurs piliers qui semblent monter jusqu’au ciel. Vous êtes là, au milieu de la nef, et vous levez les yeux. Tout est silence, tout est grandeur. Et puis, soudain, un craquement. Un bruit sec, comme un os qui se brise. Vous regardez autour de vous, et vous voyez une fissure. Une petite fissure, presque invisible, qui court le long d’un pilier. Et puis une autre. Et encore une autre. Les craquements se multiplient, deviennent un grondement. La cathédrale tremble. Les vitraux vibrent. Les piliers vacillent. Et vous comprenez, dans un éclair de lucidité, que tout cela va s’effondrer. Que tout cela n’est qu’un décor, une illusion, un château de cartes. Que les pierres, les voûtes, les vitraux, tout cela n’est que poussière et que cendres. Et vous avez peur. Une peur atroce, viscérale, qui vous glace le sang. Parce que vous savez que vous êtes seul. Que personne ne viendra vous sauver. Que personne ne peut rien faire. Que tout cela est inéluctable. Et c’est cela, la peur de Praud. C’est la peur de l’homme qui sent la cathédrale trembler sous ses pieds. C’est la peur de l’homme qui sait que l’histoire, cette grande cathédrale des illusions humaines, est en train de s’effondrer. Et qu’il n’y a rien, absolument rien, qu’il puisse faire pour l’empêcher.



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