Présidentielle 2027 : un candidat unique pour la droite et le centre ? – Franceinfo







L’Unité Mortifère – Analyse de Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : Présidentielle 2027 : un candidat unique pour la droite et le centre ? – Franceinfo

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la grande farce démocratique se poursuit, mes chers pantins désarticulés ! La droite et le centre, ces deux vieilles putains du parlementarisme bourgeois, songent à s’unir sous les draps froissés de l’élection présidentielle de 2027. Une fusion des chairs molles, un mariage de raison entre les héritiers dégénérés de la IIIe République et les valets zélés du néolibéralisme macronien. Quelle belle mascarade ! Comme si l’Histoire, cette grande prostituée, n’avait pas déjà suffisamment ri de nos illusions unitaires. Regardez-les, ces politiciens en costume-cravate, ces marchands de sommeil institutionnel, qui croient encore pouvoir sauver leur peau en s’agglutinant comme des mouches sur un cadavre. Le cadavre, c’est la France, bien sûr, cette vieille nation épuisée, vidée de sa sève par des décennies de trahisons et de renoncements.

Mais analysons, puisque c’est là notre triste devoir, cette nouvelle tentative de phagocytose politique. L’idée d’un candidat unique pour la droite et le centre n’est pas neuve, non, elle est même d’une banalité affligeante. Elle relève de cette logique gestionnaire qui a transformé la politique en une simple question de « bonnes pratiques » managériales. On fusionne les services, on mutualise les coûts, on rationalise les effectifs. Pourquoi ne pas faire de même avec les partis ? Après tout, LR et le centre macronien ne sont-ils pas les deux faces d’une même pièce, frappée à l’effigie de l’ordre établi ? La droite traditionnelle, avec ses relents de gaullisme de supermarché et ses nostalgies coloniales, et le centre, ce magma informe de technocrates et d’opportunistes, ont en commun une même foi aveugle dans les dogmes du marché, de la croissance infinie et de la soumission aux diktats de Bruxelles. Leur union n’est pas une surprise, c’est une évidence, une nécessité presque biologique, comme la fusion de deux cellules cancéreuses pour mieux ronger le corps social.

Observons, voulez-vous, les mécanismes de cette union contre nature. D’abord, il y a la peur. La peur de l’extrême droite, bien sûr, cette vieille compagne de route des bourgeoisies apeurées. Le Rassemblement National, avec ses relents de xénophobie et de nationalisme cocardier, sert de repoussoir commode. « Regardez, semblent dire les partisans de l’union, si nous ne nous unissons pas, ces barbares prendront le pouvoir ! » Mais cette peur est un leurre, une illusion d’optique savamment entretenue. Car l’extrême droite n’est que le symptôme d’un mal plus profond, celui de la désintégration du lien social, de la précarisation généralisée, de la guerre de tous contre tous. En se focalisant sur le symptôme, on oublie la maladie. Et la maladie, c’est le capitalisme tardif, ce monstre froid qui dévore les âmes et les corps, qui transforme les hommes en consommateurs compulsifs et les nations en zones de libre-échange.

Ensuite, il y a l’illusion de la puissance. Un candidat unique, pense-t-on, aurait plus de poids, plus de légitimité. Mais c’est là une erreur de perspective, une confusion entre la quantité et la qualité. Un bloc monolithique, c’est comme un gros rocher : il est lourd, certes, mais il ne bouge pas. Il écrase, il étouffe, il ne crée rien. La politique, la vraie, celle qui fait l’Histoire, est affaire de contradictions, de tensions, de conflits. C’est dans la friction des idées, dans la confrontation des visions du monde, que naissent les grandes transformations. Une droite et un centre unis, c’est comme un ciel sans nuages : beau, peut-être, mais stérile. Où est la pluie qui fait germer les graines ? Où est l’orage qui nettoie l’atmosphère ?

Et puis, il y a cette idée, si profondément ancrée dans l’esprit des élites, que la politique est une affaire de techniciens, de spécialistes, de « gens sérieux ». Comme si gouverner un pays était comparable à gérer une entreprise. Comme si les hommes et les femmes n’étaient que des variables dans une équation économique. Cette vision technocratique du monde est le fruit empoisonné des Lumières, de cette croyance naïve en la raison toute-puissante, en la science salvatrice. Mais la raison, mes amis, est une arme à double tranchant. Elle peut éclairer, certes, mais elle peut aussi aveugler. Elle peut construire, mais elle peut aussi détruire. Les camps de la mort nazis étaient des modèles d’organisation rationnelle. Les bombes atomiques qui ont rasé Hiroshima et Nagasaki étaient le fruit d’une science pure, désincarnée, déconnectée de toute éthique. La technocratie, c’est la politique sans l’âme, sans la passion, sans la folie nécessaire à toute grande aventure humaine.

N’oublions pas, non plus, le rôle des médias dans cette mascarade. Les grands groupes de presse, ces chiens de garde du système, poussent à l’union des droites comme on pousse un troupeau vers l’abattoir. Ils créent l’illusion du choix, du débat, de la démocratie, alors qu’ils ne font que servir les intérêts de leurs maîtres. Leurs éditorialistes, ces petits marquis en costume trois-pièces, nous expliquent doctement que l’union est nécessaire, qu’elle est la seule voie possible. Mais qui sont-ils pour nous dire ce qui est possible et ce qui ne l’est pas ? Qui sont-ils pour tracer les limites de notre imagination politique ? Ces gens-là n’ont jamais connu la faim, la peur, l’humiliation. Ils vivent dans leurs beaux quartiers, protégés par leurs gardes du corps et leurs comptes en banque bien garnis. Leur vision du monde est celle des dominants, des possédants, des satisfaits. Ils ne voient pas, ou ne veulent pas voir, la souffrance des millions de Français qui galèrent, qui survivent, qui désespèrent.

Et que dire de cette gauche, cette pauvre gauche, qui se débat dans les rets de ses propres contradictions ? Divisée, affaiblie, incapable de proposer une alternative crédible, elle assiste, impuissante, à la fusion des droites. Certains de ses représentants, ces socialistes de salon, ces écologistes de pacotille, rêvent même de rejoindre le grand barnum de l’union nationale. Comme si l’on pouvait guérir la gangrène en l’enduisant de miel. Comme si l’on pouvait éteindre un incendie en y jetant de l’essence. La gauche, la vraie, celle des luttes, des barricades, des rêves brisés et des espoirs renaissants, est morte, assassinée par ses propres enfants. Elle a trahi ses idéaux, elle a renié ses promesses, elle s’est vendue au plus offrant. Et maintenant, elle pleurniche, elle se lamente, elle implore la clémence de ses bourreaux.

Mais revenons à notre sujet, à cette union des droites qui se profile à l’horizon. Que nous dit-elle, cette union, de l’état de notre démocratie ? Elle nous dit que la politique est devenue un jeu de dupes, une comédie où les acteurs changent, mais où les rôles restent les mêmes. Elle nous dit que les partis ne sont plus que des coquilles vides, des machines à produire du consensus mou, de la soupe tiède pour estomacs fragiles. Elle nous dit que l’idéologie a cédé la place au pragmatisme, que les grands récits ont été remplacés par des petits calculs, que les rêves ont été enterrés sous des montagnes de dettes et de contraintes budgétaires. Elle nous dit, enfin, que la démocratie représentative est en train de mourir, étouffée par son propre poids, asphyxiée par ses contradictions internes.

Alors, que faire, me direz-vous ? Faut-il se résigner, baisser les bras, accepter cette union des droites comme une fatalité ? Non, mille fois non ! La résignation, c’est la mort de l’esprit. C’est le renoncement à tout ce qui fait de nous des êtres humains : la capacité de rêver, de lutter, de nous révolter. Mais la résistance ne passe pas par les urnes, par ces boîtes en carton où l’on dépose, tous les cinq ans, nos espoirs déçus. La résistance, c’est dans la rue qu’elle se joue, dans les usines, dans les universités, dans les quartiers populaires. C’est dans la solidarité, dans l’entraide, dans le refus de se soumettre. C’est dans la création de nouvelles formes de vie, de nouvelles manières d’être ensemble, en dehors des cadres imposés par le système.

« L’homme est un animal politique », disait Aristote. Oui, mais la politique, la vraie, n’est pas celle des partis et des élections. Elle est dans l’agora, dans le débat, dans la confrontation des idées. Elle est dans la capacité à imaginer un autre monde, à le désirer, à se battre pour lui. Elle est dans cette flamme qui brûle en chacun de nous, cette flamme que les puissants cherchent à éteindre, mais qui, toujours, renaît de ses cendres. Alors, ne nous laissons pas abuser par les sirènes de l’union des droites. Ne nous laissons pas enfermer dans leurs catégories, leurs schémas, leurs mensonges. Inventons, créons, résistons. Car c’est là, et nulle part ailleurs, que se joue notre avenir.

Et n’oublions pas cette vérité fondamentale, cette vérité que les dominants cherchent à nous faire oublier : nous sommes plus nombreux qu’eux. Plus nombreux, et plus forts. Car nous avons la jeunesse, l’énergie, la colère. Nous avons la vérité de notre côté. Et la vérité, mes amis, finit toujours par triompher. Même si, parfois, il faut attendre des siècles.

Analogie finale : Imaginez, si vous le voulez bien, un grand arbre, un chêne centenaire, planté au milieu d’une forêt. Ses racines sont profondes, ses branches s’étendent vers le ciel, et ses feuilles bruissent doucement dans le vent. Cet arbre, c’est la démocratie, ou du moins ce qu’il en reste. Autour de lui, des jardiniers zélés, vêtus de costumes gris, s’affairent. Ils taillent, élaguent, greffent. Ils veulent faire de cet arbre un bonsaï, une petite chose fragile et domestiquée, qu’ils pourront exposer dans leur salon. Ils veulent le plier à leur volonté, le faire entrer dans le cadre étroit de leurs schémas mentaux. Mais l’arbre résiste. Il pousse, il grandit, il déborde. Ses branches cassent les vitres, ses racines soulèvent les dalles. Il est indomptable, incontrôlable. Et c’est là sa force.

Les jardiniers, eux, ne comprennent pas. Ils s’obstinent, ils s’acharnent. Ils veulent à tout prix faire entrer l’arbre dans leur petit cadre. Ils parlent d’union, de consensus, de pragmatisme. Mais l’arbre, lui, sait une chose qu’ils ignorent : la vie ne se laisse pas enfermer. Elle déborde, elle explose, elle se répand. Elle est comme l’eau, qui finit toujours par trouver son chemin, même à travers les roches les plus dures. Alors, mes amis, soyons comme cet arbre. Soyons indomptables, incontrôlables. Refusons les cadres, les schémas, les mensonges. Inventons notre propre chemin, notre propre vérité. Car c’est là, et nulle part ailleurs, que se trouve notre liberté.



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