[RAISON GARDER] Présidentielle 2027 : « Mécanique infernale » – Boulevard Voltaire







La Mécanique Infernale – Analyse de Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : [RAISON GARDER] Présidentielle 2027 : « Mécanique infernale » – Boulevard Voltaire

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la présidentielle 2027, déjà ! Comme un cancer qui repousse, comme une dette qu’on ne pourra jamais rembourser, comme un cauchemar qui se répète en boucle dans l’esprit d’un fou. Boulevard Voltaire, ce petit théâtre des horreurs politiques, nous annonce la « mécanique infernale » – et c’est peu dire. L’enfer, voyez-vous, n’est pas une fournaise éternelle où grillent les damnés, non. L’enfer, c’est ce système qui se nourrit de lui-même, qui digère les espoirs, les révoltes, les rêves, pour recracher une bouillie tiède de résignation et de faux-semblants. La présidentielle, ce n’est plus un scrutin, c’est une liturgie. Une messe noire où l’on sacrifie, tous les cinq ans, ce qui reste d’humanité dans ce pays.

On nous parle de « mécanique infernale », et c’est exact. Mais une mécanique, ça se démonte, non ? Sauf que personne ne veut toucher aux engrenages, de peur de se faire broyer les doigts. Les partis politiques, ces usines à produire de la soumission, tournent à plein régime. Gauche, droite, extrême, centre – des étiquettes collées sur des boîtes vides, des slogans recyclés depuis 1789, des promesses qui sentent le moisi. Et le peuple, ce grand enfant naïf, qui croit encore que son bulletin de vote est une arme. Comme si glisser un bout de papier dans une urne pouvait changer quoi que ce soit à l’ordre des choses. Comme si les maîtres du jeu n’avaient pas déjà tout verrouillé, tout acheté, tout corrompu.

George Steiner – ce nom que je ne citerai pas, car les grands esprits n’ont pas besoin d’être invoqués comme des saints – avait raison : la politique est devenue une théologie de substitution. On ne croit plus en Dieu, alors on croit en Macron, en Le Pen, en Mélenchon, en Zemmour. On leur attribue des pouvoirs magiques, on attend d’eux des miracles. « Sauvez-nous ! » hurlent les foules. Mais les sauveurs, voyez-vous, sont toujours des bourreaux déguisés. Ils arrivent avec des sourires, des poignées de main, des selfies, et puis, une fois au pouvoir, ils serrent la vis. Toujours plus fort. Toujours plus profond. Jusqu’à ce que le peuple étouffe.

Le néolibéralisme, ce monstre froid, a gagné. Il a colonisé les esprits, les corps, les rêves. Il a transformé les citoyens en consommateurs, les travailleurs en variables d’ajustement, les chômeurs en déchets sociaux. Et maintenant, il nous vend la présidentielle comme une émission de télé-réalité. « Votez pour moi, je suis le moins pire ! » clament les candidats. Comme si le choix entre la peste et le choléra était un choix. Comme si accepter l’un ou l’autre n’était pas déjà une capitulation. Le comportementalisme radical, cette science de la manipulation, a fait des merveilles. On nous conditionne, on nous formate, on nous abrutit. Les médias, ces chiens de garde du système, répètent en boucle les mêmes mensonges, les mêmes peurs, les mêmes divisions. « Attention, l’extrême droite ! » « Attention, l’islamo-gauchisme ! » Comme si le vrai danger n’était pas ce système qui nous broie tous, indistinctement.

Et puis il y a la résistance humaniste, cette petite flamme qui vacille dans l’obscurité. Ceux qui refusent de jouer le jeu. Ceux qui savent que la présidentielle n’est qu’un leurre, une distraction, un opium pour le peuple. Ceux qui lisent, qui réfléchissent, qui osent dire non. Mais ils sont minoritaires, isolés, moqués. On les traite d’utopistes, de rêveurs, de fous. Pourtant, ce sont eux, les derniers gardiens de l’humanité. Ce sont eux qui refusent de se soumettre à la logique du profit, de la guerre, de la domination. Ce sont eux qui savent que la vraie politique n’est pas dans les palais, mais dans les rues, dans les usines, dans les écoles, dans les hôpitaux. La vraie politique, c’est l’entraide, la solidarité, la révolte.

Le néo-fascisme, lui, avance masqué. Il se pare des atours de la démocratie, il utilise les mots de la liberté, de la patrie, de la sécurité. Mais derrière le masque, il y a la haine, la violence, l’oppression. Il y a cette idée monstrueuse que certains valent plus que d’autres, que certains ont le droit de dominer, d’exploiter, d’écraser. Le néo-fascisme, c’est le capitalisme sans fard, sans hypocrisie. C’est la loi de la jungle appliquée à la société. Et le pire, c’est qu’il séduit. Parce qu’il offre des réponses simples à des questions complexes. Parce qu’il désigne des boucs émissaires. Parce qu’il flatte les bas instincts. Parce qu’il promet l’ordre, la stabilité, la grandeur. Mais l’ordre néo-fasciste, c’est l’ordre des cimetières. La stabilité néo-fasciste, c’est la stabilité des chaînes. La grandeur néo-fasciste, c’est la grandeur des tombeaux.

Le militarisme, lui, est le bras armé de ce système. Les chars, les drones, les bombes – voilà la réponse de l’État à tous les problèmes. Un chômeur ? Envoyez l’armée pour le mater. Une manifestation ? Envoyez les CRS. Un pays qui résiste ? Envoyez l’OTAN. Le militarisme, c’est la négation de la politique. C’est la violence érigée en principe. C’est l’idée que les conflits se règlent par les armes, et non par le dialogue, la justice, la raison. Et le peuple, une fois de plus, se laisse berner. On lui vend la guerre comme une nécessité, comme une fatalité. On lui dit que les soldats sont des héros, que les bombes sont « intelligentes », que la destruction est « humanitaire ». Mais la guerre, voyez-vous, n’a jamais rien résolu. Elle ne fait que semer la mort, la souffrance, la haine. Et ceux qui en profitent, ce sont toujours les mêmes : les marchands de canons, les politiciens cyniques, les banquiers avides.

L’abêtissement, enfin, est la cerise sur ce gâteau empoisonné. On nous prend pour des idiots, et on a raison. On nous gave de divertissements, de jeux, de séries, de réseaux sociaux. On nous maintient dans un état de distraction permanente, de peur que nous ne réfléchissions trop. On nous apprend à consommer, à obéir, à nous taire. On nous vole notre temps, notre énergie, notre intelligence. Et nous, comme des moutons, nous nous laissons faire. Nous courons après les likes, les followers, les écrans. Nous oublions que nous sommes des êtres humains, capables de penser, de créer, de résister. Nous oublions que nous avons une histoire, une culture, une dignité.

« La démocratie est le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres », disait Churchill. Belle formule, mais creuse. La démocratie, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, n’est qu’une oligarchie déguisée. Une mascarade où les puissants jouent avec les vies des petits. Où les décisions sont prises dans l’ombre, par des hommes en costume qui ne connaissent rien à la souffrance du peuple. Où les élections sont des pièges à cons, des machines à broyer les espoirs. Alors oui, la présidentielle 2027 sera une « mécanique infernale ». Mais elle ne sera que le symptôme d’un mal plus profond : la soumission volontaire des masses à un système qui les détruit.

Alors que faire ? Se résigner ? Jamais. La résistance commence par le refus. Refus de voter pour le moindre mal. Refus de croire aux promesses. Refus de se laisser abrutir. Refus de se soumettre. La résistance, c’est aussi la création. Écrire, peindre, chanter, danser – tout ce qui échappe à la logique du profit, tout ce qui affirme la vie contre la mort. La résistance, c’est l’amour. L’amour des autres, l’amour de la justice, l’amour de la liberté. L’amour, cette force qui terrifie les tyrans, parce qu’elle est invincible.

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait », disait Mark Twain. Peut-être est-ce là notre seule chance : oublier que tout est perdu, et agir comme si tout était possible. Parce que, au fond, c’est peut-être la seule façon de rendre les choses possibles.

Analogie finale : Imaginez un homme enfermé dans une pièce sans porte ni fenêtre. Il tourne en rond, il crie, il frappe les murs, mais rien n’y fait. Les murs sont trop épais, le silence est trop lourd. Un jour, il s’assoit par terre, épuisé. Il regarde autour de lui, et soudain, il voit quelque chose qu’il n’avait jamais remarqué : une fissure, dans le plafond. Une petite fissure, à peine visible, mais bien réelle. Il se lève, il tend la main, et il touche la fissure. Elle est humide, elle sent la terre, l’air libre. Alors il comprend : la pièce n’est pas une prison éternelle. Elle est une tombe, oui, mais une tombe pas encore scellée. Et cette fissure, c’est l’espoir. L’espoir que, peut-être, un jour, la terre tremblera assez fort pour que le plafond s’effondre. Et ce jour-là, il sortira. Il respirera. Il vivra. La présidentielle 2027, c’est cette pièce. Nous sommes cet homme. Et la fissure, c’est notre refus de nous soumettre.



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