«Séduire au-delà de la gauche» : pourquoi le socialiste Jérôme Guedj se lance dans la présidentielle – Libération







L’Échiquier des Ombres – Jérôme Guedj et la Danse Macabre des Illusions Perdues

ACTUALITÉ SOURCE : « Séduire au-delà de la gauche » : pourquoi le socialiste Jérôme Guedj se lance dans la présidentielle – Libération

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la présidentielle ! Ce grand carnaval où les pantins, les idéologues fatigués et les ambitieux sans scrupules viennent se donner en spectacle, comme des chiens affamés tournant autour d’un os rongé jusqu’à la moelle. Jérôme Guedj, socialiste égaré dans un monde qui a depuis longtemps enterré le socialisme sous les décombres du néolibéralisme triomphant, se lance dans cette mascarade avec l’espoir naïf de « séduire au-delà de la gauche ». Quelle blague ! Quelle pitoyable illusion ! Comme si, en 2024, dans ce pays où le peuple est anesthésié par les écrans, les algorithmes et les promesses creuses, un homme pouvait encore incarner autre chose qu’un fantôme du passé, un vestige d’une époque où les mots « justice sociale » et « solidarité » avaient encore un sens. Mais non. Aujourd’hui, ces mots ne sont plus que des coquilles vides, des reliques que l’on exhibe comme des trophées dans un musée des horreurs politiques.

Guedj, comme tant d’autres avant lui, croit encore au pouvoir des idées. Quelle naïveté ! Les idées, mon pauvre ami, ne sont plus que des armes de distraction massive, des leurres pour égarer les foules tandis que les véritables maîtres du jeu – les oligarques, les technocrates, les marchands d’armes et les financiers – continuent de tirer les ficelles dans l’ombre. La gauche ? Elle a depuis longtemps cessé d’exister comme force politique cohérente. Elle n’est plus qu’un label, une marque déposée, un logo que l’on agite pour rassurer les âmes sensibles avant de les trahir une fois de plus. Regardez-les, ces socialistes d’opérette, ces écologistes de salon, ces insoumis en costume trois-pièces : ils parlent de révolution tout en sirotant des cocktails dans les salons feutrés du pouvoir. Ils dénoncent le capitalisme le jour et serrent la main des patrons le soir. Ils pleurent sur les migrants tout en votant des lois sécuritaires. Ils sont les fossoyeurs de leurs propres idéaux, et Guedj, malgré ses airs de bon élève, n’échappe pas à cette règle.

Mais pourquoi se lance-t-il, alors ? Pourquoi ce besoin désespéré de jouer les sauveurs, les redresseurs de torts, les derniers chevaliers d’une cause perdue ? Parce que l’homme, voyez-vous, est un animal politique, et le politique, aujourd’hui, n’est plus qu’un théâtre d’ombres où chacun vient jouer son rôle avant de disparaître dans les coulisses de l’oubli. Guedj, comme tant d’autres, est un produit de cette époque malade, un symptôme de cette décadence qui ronge nos sociétés. Il croit encore à la démocratie, à la représentation, au débat d’idées. Il croit encore que les urnes peuvent changer quelque chose, que les mots peuvent encore peser face aux tanks, aux banques et aux lobbies. Quelle innocence ! Quelle ignorance crasse de l’histoire ! Les urnes, mon ami, ne sont que des pièges à cons. Elles servent à légitimer l’ordre établi, à donner l’illusion d’un choix alors que tout est déjà joué d’avance. Les élections ne sont qu’un rituel, une messe laïque où l’on vient communier avec l’illusion du pouvoir populaire, avant de retourner à sa condition de sujet obéissant.

Et puis, il y a cette idée grotesque de « séduire au-delà de la gauche ». Comme si la gauche, aujourd’hui, était autre chose qu’un repoussoir, un épouvantail que l’on agite pour effrayer les classes moyennes. La gauche, dans l’imaginaire collectif, c’est le désordre, l’assistanat, la gabegie, le laxisme. C’est l’ennemi intérieur, le bouc émissaire idéal. Alors, séduire au-delà de la gauche ? Autant essayer de vendre de la glace à un Esquimau. Autant prêcher l’abstinence dans un bordel. Guedj croit-il vraiment que les électeurs de droite, les petits-bourgeois apeurés, les réactionnaires de tout poil, vont soudain se convertir à ses idées parce qu’il aura su trouver les mots justes ? Parce qu’il aura su « moderniser » son discours, comme on modernise une vieille voiture en lui collant un autocollant « écolo » sur le capot ? Non, mon ami. La droite, aujourd’hui, c’est le fascisme light, le nationalisme rampant, la xénophobie décomplexée. C’est le rejet de tout ce que la gauche a pu incarner, même de manière caricaturale. Alors, séduire au-delà de la gauche ? C’est comme essayer de convertir un loup en agneau. Une perte de temps. Une utopie dangereuse.

Mais au fond, peu importe. Guedj, comme tous les autres, n’est qu’un pion sur l’échiquier du pouvoir. Un pion que l’on avance, que l’on sacrifie, que l’on oublie. Son rôle, dans cette comédie, est de diviser un peu plus la gauche, de brouiller un peu plus les pistes, de donner l’illusion d’un débat alors que tout est déjà verrouillé. Il est le symptôme d’une maladie plus profonde : celle d’une société qui a perdu tout repère, toute boussole, toute capacité à penser l’avenir autrement que comme une répétition infinie du présent. Nous vivons dans l’ère du vide, comme l’a si bien dit un philosophe dont plus personne ne se souvient. Une ère où les idéologies sont mortes, où les utopies sont devenues des dystopies, où les rêves se sont transformés en cauchemars. Et dans ce désert, Guedj vient planter son drapeau, comme un Don Quichotte des temps modernes, chargeant contre des moulins à vent en croyant combattre des géants.

Et puis, il y a cette question lancinante : pourquoi lui ? Pourquoi pas un autre ? Parce que, voyez-vous, la politique aujourd’hui n’est plus qu’un concours de beauté, un défilé de vanités où chacun vient exhiber ses atours en espérant séduire le public. Guedj a peut-être un peu plus de charisme que les autres, un peu plus d’éloquence, un peu plus de cette aura de l’intellectuel engagé qui plaît tant aux médias. Mais au fond, il n’est qu’un produit de plus dans cette grande foire aux illusions. Un produit marketing, conçu pour plaire à une certaine frange de l’électorat, celle qui croit encore aux vertus du débat démocratique, celle qui n’a pas encore compris que la démocratie, aujourd’hui, n’est plus qu’un mot creux, une coquille vide que l’on agite pour mieux masquer la réalité du pouvoir.

Car le pouvoir, aujourd’hui, n’est plus dans les urnes. Il est dans les mains de ceux qui contrôlent l’argent, les médias, les algorithmes. Il est dans les mains des multinationales, des banques, des fonds d’investissement. Il est dans les mains de ceux qui décident, dans l’ombre, des guerres, des crises, des famines. La politique, celle des Guedj et des autres, n’est plus qu’un théâtre d’ombres, un spectacle pour les masses, une distraction pour empêcher les gens de voir la vérité : que nous sommes tous des esclaves consentants, des marionnettes dans un jeu qui nous dépasse, des pantins dont on tire les ficelles depuis les coulisses du pouvoir.

Alors, oui, Guedj se lance dans la présidentielle. Et alors ? Que peut-il faire, sinon ajouter un peu plus de bruit à ce vacarme assourdissant ? Que peut-il espérer, sinon être avalé par la machine, digéré par le système, recraché comme un os rongé ? La présidentielle, aujourd’hui, n’est plus qu’un cirque, un grand spectacle où les clowns se succèdent pour amuser la galerie. Et Guedj, malgré ses airs de sérieux, n’est qu’un clown de plus dans ce grand cirque. Un clown triste, peut-être, un clown qui croit encore à son numéro, mais un clown tout de même.

Et nous, dans tout ça ? Nous sommes les spectateurs, les consommateurs de ce spectacle. Nous sommes ceux qui regardent, qui applaudissent, qui sifflent, qui votent, qui oublient. Nous sommes ceux qui croient encore, malgré tout, que quelque chose peut changer, que la politique peut encore être autre chose qu’une farce. Nous sommes les dupes, les naïfs, les éternels optimistes. Et Guedj, avec son discours de « séduction au-delà de la gauche », n’est qu’un miroir tendu vers nous, un miroir qui nous renvoie notre propre image : celle d’un peuple perdu, d’une société en déroute, d’une civilisation qui a oublié ce que signifiait le mot « humanité ».

Alors, oui, Guedj se lance. Et après ? Rien. Rien ne changera. Les riches resteront riches, les pauvres resteront pauvres, les guerres continueront, les frontières se fermeront, les inégalités grandiront. Et nous, nous continuerons à regarder ce spectacle, à croire à ces illusions, à espérer contre toute raison. Parce que c’est ça, la grande tragédie de l’homme : il préfère l’illusion à la vérité, le mensonge au réel, le rêve à la lucidité. Et Guedj, avec ses beaux discours et ses promesses creuses, n’est qu’un marchand de rêves de plus dans ce grand marché aux illusions.

« L’homme est un animal politique », disait Aristote. Oui, mais aujourd’hui, l’animal politique n’est plus qu’un animal en cage, un animal qui tourne en rond dans sa prison dorée, un animal qui croit encore à la liberté alors qu’il n’est plus qu’un esclave. Guedj, avec sa candidature, n’est qu’un rappel de cette triste vérité : nous sommes tous des prisonniers, et la présidentielle n’est qu’une fenêtre entrouverte sur un monde qui n’existe plus.

Analogie finale : Imaginez un homme perdu dans le désert, assoiffé, épuisé, les lèvres gercées par le soleil. Il marche depuis des jours, guidé par un mirage : une oasis, un lac, une source d’eau fraîche. Il tend les bras, il court, il croit enfin toucher au but. Mais quand il arrive, il n’y a rien. Rien que du sable, du vent, le néant. Et pourtant, il continue. Il se relève, il repart, il cherche un autre mirage, une autre illusion. Jérôme Guedj, c’est cet homme. La présidentielle, c’est ce mirage. Et nous, nous sommes tous ces hommes, errant dans le désert de nos illusions, cherchant désespérément une oasis qui n’existe pas. Nous sommes les fous du désert, les damnés de l’espoir, les éternels insatisfaits. Et le pire, c’est que nous le savons. Nous savons que c’est une illusion, mais nous y croyons quand même. Parce que l’alternative, c’est le désespoir. Et le désespoir, voyez-vous, est une chose que l’homme ne peut pas supporter. Alors, nous préférons le mensonge à la vérité, l’illusion à la lucidité. Nous préférons Guedj et ses promesses creuses à la réalité de notre impuissance. Nous préférons marcher vers le néant plutôt que de nous arrêter et de regarder en face l’abîme qui nous attend. C’est ça, la grande tragédie de l’humanité : nous préférons la mort lente de l’illusion à la vérité brutale de notre condition. Et Guedj, avec sa candidature, n’est qu’un symptôme de plus de cette maladie mortelle : l’espoir.



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