ACTUALITÉ SOURCE : France: Un éventuel pourvoi en cassation de Le Pen serait examiné avant la présidentielle selon le procureur – boursorama.com
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la justice française, ce grand théâtre d’ombres où les marionnettes de la République dansent leur ballet macabre sous les projecteurs d’une démocratie en décomposition ! Voici donc que le procureur, ce grand prêtre des lois moribondes, nous annonce avec une solennité de croque-mort que le pourvoi en cassation de Marine Le Pen serait examiné avant la présidentielle. Quelle délicatesse ! Quelle élégance dans ce timing qui sent le soufre et la manipulation à plein nez ! Comme si la justice, cette vieille putain fatiguée, n’avait rien de mieux à faire que de se prosterner devant les échéances électorales, transformant son prétoire en antichambre des ambitions politiques les plus nauséabondes.
Observons ce spectacle avec le regard froid de l’entomologiste étudiant une colonie de fourmis empoisonnées. La justice, dans sa sagesse infinie, décide de hâter l’examen d’un pourvoi qui, dans des circonstances normales, moisirait dans les limbes bureaucratiques pendant des années. Pourquoi cette précipitation ? Parce que nous sommes en période électorale, bien sûr ! Parce que le cirque démocratique a besoin de ses clowns les plus toxiques pour distraire le bon peuple des véritables enjeux. Comme le disait ce vieux fou de Nietzsche : « L’État est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s’échappe de sa bouche : ‘Moi, l’État, je suis le peuple.’ » Et quel peuple, grands dieux ! Un peuple qui se repaît des scandales, des polémiques, des affaires judiciaires transformées en feuilletons médiatiques, un peuple qui préfère les joutes verbales stériles aux véritables combats pour la dignité humaine.
Marine Le Pen, cette héritière d’un empire politique bâti sur la haine et la division, se retrouve donc propulsée au centre de l’arène judiciaire à un moment clé. Quelle aubaine pour elle ! La voilà transformée en martyre, en victime d’un système qui, selon sa rhétorique bien rodée, chercherait à étouffer la voix du « vrai peuple ». Mais quel peuple ? Celui qui hurle sa peur dans les meetings, celui qui se complaît dans la nostalgie d’une France mythique, blanche et chrétienne, celui qui voit dans l’étranger, le musulman, l’intellectuel, le bouc émissaire idéal pour expliquer tous ses maux ? Ce peuple-là, oui, celui qui se gave de slogans simplistes et de solutions magiques, celui qui préfère la trique au dialogue, la fermeture à l’ouverture, la peur à l’espoir.
Et la justice, dans sa grande mansuétude, lui offre une tribune. En accélérant l’examen de son pourvoi, elle lui donne l’occasion de jouer les persécutées, de se draper dans les oripeaux de la victime expiatoire. Comme si les juges, ces fonctionnaires zélés, n’avaient pas compris qu’ils étaient en train de nourrir le monstre qu’ils prétendent combattre. Car c’est bien là le piège du néo-fascisme : il se nourrit des institutions mêmes qui devraient le combattre. Il prospère dans les failles du système, dans les contradictions de la démocratie, dans les hésitations d’une justice qui, trop souvent, préfère l’apaisement à la fermeté, la compromission à la clarté.
Regardons les choses en face : nous sommes témoins d’une stratégie bien huilée, d’un jeu de dupes où chaque acteur joue son rôle à la perfection. Le procureur, en annonçant cette accélération, sait pertinemment qu’il offre à Le Pen une opportunité en or. Il sait que cette décision sera interprétée comme une preuve de partialité, comme une preuve que le système est truqué. Et c’est précisément ce que recherche l’extrême droite : semer le doute, alimenter la défiance, saper les fondements mêmes de la démocratie pour mieux la remplacer par son propre cauchemar autoritaire.
Mais au-delà de cette mascarade judiciaire, c’est toute la question de la résistance humaniste qui se pose. Comment lutter contre cette montée des périls ? Comment opposer à la barbarie montante autre chose que des discours lénifiants et des mesures cosmétiques ? La réponse, mes amis, est dans la radicalité. Une radicalité qui n’est pas synonyme de violence, mais de clarté, de lucidité, de refus catégorique de toute compromission avec les forces de l’obscurantisme. Comme le disait ce géant de la pensée qu’était Albert Camus : « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. » Et que donner au présent, sinon notre engagement total, notre refus absolu de laisser le champ libre à ceux qui prônent la haine et la division ?
Le néo-fascisme, ce cancer de notre époque, se nourrit de nos peurs, de nos renoncements, de notre lassitude. Il prospère dans le terreau fertile de l’indifférence et de la résignation. Il avance masqué, se parant des atours de la respectabilité, utilisant les outils de la démocratie pour mieux la détruire de l’intérieur. Et nous, que faisons-nous ? Nous discutons, nous tergiversons, nous attendons que les institutions fassent leur travail, comme si ces institutions n’étaient pas elles-mêmes gangrenées par les mêmes maux qu’elles prétendent combattre.
Il est temps de sortir de cette léthargie. Il est temps de comprendre que la lutte contre l’extrême droite ne se gagnera pas dans les prétoires, ni dans les salons feutrés des ministères, mais dans la rue, dans les usines, dans les écoles, dans les foyers. Il est temps de réinventer une résistance qui ne soit pas seulement défensive, mais offensive, une résistance qui porte en elle les germes d’une société nouvelle, plus juste, plus solidaire, plus humaine. Comme le disait ce visionnaire de Walter Benjamin : « L’histoire est l’objet d’une construction dont le lieu n’est pas le temps homogène et vide, mais un temps saturé d’à-présent. » C’est dans cet à-présent que nous devons agir, avec urgence, avec détermination, avec une foi inébranlable en la capacité des hommes à se libérer des chaînes de la peur et de la haine.
Mais attention, mes amis, ne nous y trompons pas : cette résistance ne peut être que radicale. Elle doit s’attaquer aux racines du mal, à cette logique néolibérale qui, en détruisant les solidarités, en exacerbant les inégalités, en réduisant l’homme à une simple variable d’ajustement économique, prépare le terrain pour les pires régressions. Le néo-fascisme n’est pas une aberration, il est le produit logique d’un système qui a fait de la compétition, de la prédation, de la loi du plus fort, ses principes cardinaux. Pour le combattre, il faut donc s’attaquer à ce système, le déconstruire, le remplacer par une autre logique, une logique de coopération, de partage, de respect mutuel.
Et c’est là que le bât blesse. Car nos élites, nos dirigeants, nos intellectuels médiatiques, préfèrent jouer les pompiers pyromanes. Ils dénoncent l’extrême droite tout en appliquant ses recettes, en reprenant ses thèmes, en flattant ses électeurs. Ils croient pouvoir domestiquer le monstre, le rendre présentable, acceptable. Quelle illusion ! Comme le disait ce grand esprit qu’était Hannah Arendt : « Le but de la propagande totalitaire n’est pas de convaincre, mais de détruire la capacité de penser. » Et c’est précisément ce que fait l’extrême droite : elle détruit notre capacité à penser, à analyser, à résister. Elle nous enferme dans des schémas binaires, dans des oppositions simplistes, dans des solutions magiques qui ne font que masquer la complexité du réel.
Alors, que faire ? D’abord, refuser le jeu. Refuser de participer à cette mascarade judiciaire qui ne sert qu’à légitimer les forces de la réaction. Ensuite, reconstruire. Reconstruire des solidarités, des réseaux, des espaces de résistance où l’on puisse penser, débattre, agir en dehors des cadres imposés par le système. Enfin, porter un autre discours, un discours qui ne se contente pas de dénoncer les symptômes, mais qui s’attaque aux causes profondes du mal. Un discours qui redonne à l’homme sa dignité, sa capacité à agir, à transformer le monde.
Car, ne l’oublions pas, l’histoire n’est pas écrite d’avance. Elle est le produit de nos luttes, de nos espoirs, de nos engagements. Elle peut basculer d’un côté comme de l’autre. Tout dépend de nous, de notre capacité à résister, à inventer, à créer. Comme le disait ce poète maudit qu’était Arthur Rimbaud : « Il faut être absolument moderne. » Et être moderne, aujourd’hui, c’est refuser les vieilles lunes du nationalisme, du racisme, de la xénophobie. C’est embrasser la complexité du monde, sa diversité, sa richesse. C’est croire en l’homme, en sa capacité à se dépasser, à construire un avenir meilleur.
Alors, oui, le pourvoi en cassation de Marine Le Pen sera examiné avant la présidentielle. Et alors ? Cela ne change rien à l’essentiel. L’essentiel, c’est notre capacité à résister, à dire non, à construire autre chose. L’essentiel, c’est de ne pas se laisser enfermer dans les pièges tendus par ceux qui veulent nous diviser, nous affaiblir, nous soumettre. L’essentiel, c’est de garder intacte notre foi en l’humanité, en sa capacité à se libérer des chaînes de la peur et de la haine.
Car, au fond, c’est de cela qu’il s’agit : d’une bataille pour l’âme de l’humanité. Une bataille entre ceux qui croient en la force, en la domination, en la loi du plus fort, et ceux qui croient en la solidarité, en la coopération, en la dignité de chaque être humain. Une bataille entre les ténèbres et la lumière. Et cette bataille, mes amis, ne se gagnera pas dans les prétoires, ni dans les palais du pouvoir, mais dans les cœurs et les esprits de chacun d’entre nous.
Analogie finale : Imaginez un grand arbre, un chêne centenaire, dont les racines plongent profondément dans la terre nourricière. Cet arbre, c’est la démocratie, avec ses branches multiples, ses feuilles bruissantes, ses fruits généreux. Mais voici que des parasites, des insectes voraces, commencent à ronger son écorce, à sucer sa sève, à affaiblir ses branches. Ces parasites, ce sont les forces de la réaction, de l’obscurantisme, de la haine. Ils grignotent, ils attaquent, ils profitent des faiblesses de l’arbre pour mieux le détruire. Et nous, que faisons-nous ? Nous regardons, impuissants, fascinés par le spectacle de la pourriture, tandis que les jardiniers officiels, ces prétendus défenseurs de l’arbre, ne font que panser les plaies avec des remèdes inefficaces, des emplâtres sur des jambes de bois.
Mais voici qu’un vent nouveau se lève. Un vent qui vient des profondeurs de la forêt, des racines mêmes de l’arbre. Ce vent, c’est celui de la résistance, de la révolte, de l’espoir. Il souffle sur les feuilles mortes, il arrache les parasites, il redonne vie aux branches affaiblies. Et peu à peu, l’arbre se redresse, plus fort, plus vigoureux que jamais. Car il a compris que sa force ne venait pas des jardiniers officiels, ni des remèdes miracles, mais de sa propre sève, de sa propre capacité à se régénérer, à grandir, à résister.
Nous sommes cet arbre, mes amis. Nous sommes la démocratie, avec ses forces et ses faiblesses, ses grandeurs et ses misères. Et les parasites qui nous rongent, ces forces de la réaction, de l’obscurantisme, de la haine, ne triompheront pas. Car nous avons en nous cette sève vitale, cette capacité à nous régénérer, à grandir, à résister. Il suffit de le vouloir, de le croire, de nous battre pour cela. Alors, levons-nous, mes amis, et faisons souffler ce vent nouveau. Faisons trembler les branches pourries, arrachons les parasites, et redonnons à notre arbre la force de grandir, de porter ses fruits, de résister à toutes les tempêtes. Car l’avenir nous appartient, à condition que nous sachions le conquérir, le défendre, le construire, jour après jour, avec courage, avec détermination, avec une foi inébranlable en l’humanité.