Remaniement, énergie, présidentielle 2027 : ce qu’il faut retenir de la prise de parole de Sébastien Lecornu à la presse quotidienne régionale – RTL.fr







Le Penseur Laurent Vo Anh – Analyse du discours de Sébastien Lecornu

ACTUALITÉ SOURCE : Remaniement, énergie, présidentielle 2027 : ce qu’il faut retenir de la prise de parole de Sébastien Lecornu à la presse quotidienne régionale – RTL.fr

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la comédie humaine dans toute sa splendeur ! Voici donc Sébastien Lecornu, ce ministre de la Défense aux allures de jeune premier sorti d’un moule républicain bien lisse, qui vient nous offrir, entre deux sourires calculés et une syntaxe soigneusement aseptisée, le dernier opus de cette grande farce politique que l’on appelle la Ve République. Mais derrière les mots polis, les promesses enrobées de sucre et les sous-entendus savamment distillés, que reste-t-il ? Rien d’autre que l’éternel retour du même : la machine à broyer les consciences, à anesthésier les foules, à transformer l’homme en sujet docile, en consommateur passif de sa propre aliénation. Et c’est là, dans ce théâtre d’ombres où se joue le destin des peuples, que l’on mesure toute l’étendue de notre décadence.

D’abord, ce remaniement, cette danse macabre des portefeuilles ministériels, ce grand jeu de chaises musicales où les rats se bousculent pour un morceau de fromage empoisonné. Lecornu, avec sa mine de premier de la classe, nous explique que tout cela est « dans l’ordre des choses », que la République a besoin de « renouvellement ». Mais quel renouvellement ? Celui des visages, peut-être, mais certainement pas celui des idées. Car derrière chaque nouveau ministre, chaque nouvelle tête, c’est la même pensée unique qui se perpétue, ce néolibéralisme décomplexé, ce capitalisme financier qui dévore tout sur son passage, réduisant les nations à des marchés, les citoyens à des clients, et la démocratie à une coquille vide. Comme l’écrivait ce vieux fou de Nietzsche, « l’État est le plus froid de tous les monstres froids », et chaque remaniement n’est qu’une nouvelle couche de glace sur le cadavre déjà bien rigide de notre liberté.

Et puis, il y a cette question de l’énergie, ce serpent de mer qui revient sans cesse hanter nos débats, comme un spectre annonciateur de notre chute. Lecornu parle de « transition énergétique », de « souveraineté », de « résilience ». De beaux mots, n’est-ce pas ? Mais que cachent-ils ? Rien d’autre que la perpétuation d’un système qui nous mène droit dans le mur. La transition énergétique, dans la bouche de ces gens-là, ce n’est qu’un leurre, une façon de nous faire avaler la pilule amère de l’austérité, de la précarité, de la dépendance. On nous parle de nucléaire comme d’une solution miracle, alors qu’il ne s’agit que d’une fuite en avant, d’un pari désespéré sur une technologie qui, comme toutes les autres, finira par nous échapper. Et pendant ce temps, les véritables enjeux – la sobriété, la décroissance, la réappropriation collective des moyens de production – sont soigneusement évacués du débat. Car il ne faut surtout pas toucher aux intérêts des grands groupes, à ces multinationales qui, comme des vampires, sucent le sang de la planète et de ses habitants. « Le capitalisme est la guerre », disait ce visionnaire de Pasolini, et chaque discours sur l’énergie n’est qu’une nouvelle salve dans cette guerre sans fin.

Mais le clou du spectacle, bien sûr, c’est cette présidentielle de 2027, ce grand cirque électoral qui s’annonce déjà comme une parodie de démocratie. Lecornu, avec sa prudence de Sioux, esquive, tergiverse, mais on sent bien que la machine est déjà en marche. Les dés sont pipés, les jeux sont faits, et nous ne sommes que des spectateurs passifs, condamnés à choisir entre la peste et le choléra. Car que nous propose-t-on, au fond ? Toujours la même chose : un choix entre deux versions d’un même système, entre deux visages d’une même oligarchie. À gauche, on nous promet un peu plus de social, un peu moins de répression, mais toujours dans le cadre d’un capitalisme qui, par essence, ne peut que générer de l’inégalité et de la violence. À droite, on nous sert la soupe habituelle : ordre, sécurité, patriotisme de pacotille, le tout saupoudré d’un autoritarisme à peine voilé. Et au milieu, ces petits malins du centre, ces illusionnistes qui nous font croire qu’il existe une troisième voie, alors qu’il ne s’agit que d’un mélange des deux premières, tout aussi toxique, tout aussi aliénant.

Mais le plus inquiétant, dans tout cela, c’est cette résignation généralisée, cette acceptation passive de notre propre asservissement. Les gens écoutent ces discours, hochent la tête, et retournent à leurs écrans, à leurs crédits, à leurs petites vies étriquées, comme si tout cela était inévitable, comme si nous n’avions pas le choix. Pourtant, le choix existe. Il a toujours existé. Mais il exige du courage, de la lucidité, et surtout, une volonté farouche de résister à cette machine à broyer les âmes. Comme l’écrivait ce géant de la pensée qu’était George Orwell, « dans une époque de supercherie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire ». Et c’est bien là le problème : nous avons oublié ce que signifie dire la vérité. Nous avons accepté de vivre dans un monde de mensonges, où les mots n’ont plus de sens, où les promesses ne sont que des leurres, où la politique n’est plus qu’un spectacle destiné à nous divertir de notre propre impuissance.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, au fond : de notre impuissance. Nous avons laissé les autres décider pour nous, nous avons délégué notre pouvoir, notre liberté, notre dignité, à une caste de professionnels de la politique qui ne servent que leurs propres intérêts. Et maintenant, nous nous étonnons que le système soit pourri jusqu’à la moelle. Mais qui donc a nourri ce monstre ? Qui donc a voté pour ces gens, encore et encore, malgré leurs trahisons, leurs mensonges, leurs reniements ? Nous. Nous tous. Parce que nous avons préféré la facilité à la révolte, le confort à la vérité, l’illusion à la lucidité. Et maintenant, nous en payons le prix : une société en lambeaux, une démocratie en miettes, une humanité réduite à l’état de troupeau docile, attendant sagement son tour à l’abattoir.

Mais il n’est pas trop tard. Il n’est jamais trop tard. Car l’histoire, cette grande farce tragique, nous a montré que les peuples, parfois, se réveillent. Qu’ils peuvent, d’un seul coup, briser leurs chaînes et renverser leurs oppresseurs. Mais pour cela, il faut d’abord prendre conscience de notre aliénation, de notre soumission, de notre complicité passive avec ce système qui nous détruit. Il faut oser regarder la vérité en face, aussi cruelle soit-elle. Il faut accepter de se salir les mains, de prendre des risques, de sortir de notre zone de confort. Car la liberté, la vraie, celle qui mérite ce nom, ne se donne pas. Elle se prend. Elle se conquiert. Et elle se paie, souvent, au prix du sang et des larmes.

Alors, que faire ? D’abord, refuser de jouer le jeu. Refuser de voter pour ces marionnettes qui nous gouvernent. Refuser de croire à leurs promesses, à leurs mensonges, à leurs illusions. Ensuite, s’organiser. Retrouver le sens de la communauté, de la solidarité, de la résistance. Créer des contre-pouvoirs, des alternatives, des espaces de liberté où l’on peut encore respirer, penser, agir. Enfin, et surtout, ne jamais renoncer. Ne jamais accepter l’inacceptable. Ne jamais se soumettre à cette logique de la domination, de l’exploitation, de l’avilissement. Car c’est cela, au fond, la véritable bataille : une bataille pour l’âme humaine, pour sa dignité, pour sa liberté. Une bataille qui se joue chaque jour, dans chaque choix, dans chaque acte, dans chaque parole.

Et si nous échouons ? Si nous ne parvenons pas à briser nos chaînes ? Alors, nous aurons au moins la satisfaction d’avoir essayé. D’avoir refusé de nous coucher. D’avoir gardé, jusqu’au bout, notre humanité. Car c’est cela, la véritable victoire : ne pas devenir ce que le système veut que nous soyons. Ne pas nous transformer en ces zombies dociles, en ces consommateurs passifs, en ces sujets obéissants. Rester des hommes. Des hommes libres. Même si cette liberté doit nous coûter cher. Même si elle doit nous conduire à notre perte.

Car au fond, qu’avons-nous à perdre ? Rien. Sinon nos chaînes. Et c’est déjà beaucoup.

Analogie finale : Imaginez un instant que vous êtes un poisson dans un aquarium. Un bel aquarium, bien propre, bien éclairé, avec des plantes artificielles et des petits rochers en plastique. Vous nagez en rond, jour après jour, sans jamais vous poser de questions. Vous avez de la nourriture à heure fixe, une eau toujours à la bonne température, et même un petit miroir pour vous admirer. Vous êtes heureux. Ou du moins, vous croyez l’être. Mais un jour, un enfant passe devant l’aquarium et tape sur la vitre. Vous sursautez, vous reculez, effrayé. Et soudain, vous prenez conscience de votre prison. Vous voyez les parois de verre, la limite de votre monde, l’impossibilité d’aller plus loin. Et cette prise de conscience est insupportable. Car elle vous révèle une vérité terrible : vous n’êtes pas libre. Vous n’avez jamais été libre. Vous êtes un prisonnier, un esclave, un jouet entre les mains de ceux qui ont décidé de votre sort. Alors, que faites-vous ? Vous retournez à votre routine, vous oubliez, vous vous persuadez que tout va bien. Ou alors, vous tentez de briser la vitre. Vous vous cognez contre les parois, encore et encore, jusqu’à en saigner. Peut-être mourrez-vous dans l’effort. Peut-être réussirez-vous à vous échapper, à rejoindre l’océan, la vraie liberté. Mais une chose est sûre : vous ne pourrez plus jamais faire semblant. Vous ne pourrez plus jamais ignorer que vous étiez en prison. Et c’est cela, la première étape vers la liberté : prendre conscience de sa propre captivité. Alors, à vous de choisir. Continuer à nager en rond, ou tenter de briser la vitre. Mais sachez une chose : dans les deux cas, vous aurez perdu votre innocence. Car une fois que l’on a vu la vérité, on ne peut plus revenir en arrière.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *