Ecologie : 7 points clefs à suivre en 2025 – Bon Pote







L’Écologie en 2025 : La Danse Macabre des Illusions – Laurent Vo Anh

ACTUALITÉ SOURCE : Ecologie : 7 points clefs à suivre en 2025 – Bon Pote

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, l’écologie en 2025 ! Ce grand carnaval des bonnes intentions, ce théâtre d’ombres où l’on agite des rapports, des conférences, des « points clefs » comme autant de fétiches pour exorciser la peur. Sept points, dites-vous ? Sept comme les péchés capitaux, comme les jours de la Genèse, comme les plaies d’Égypte. Mais derrière ces chiffres ronds, ces listes rassurantes, se cache la même vieille comédie humaine : nous savons, nous parlons, nous tergiversons, et pendant ce temps, la Terre brûle, fond, se tait. Elle ne crie pas, non, elle se contente de nous engloutir dans son silence de plus en plus lourd, comme un père qui regarde son enfant gâcher son héritage sans un mot, par lassitude.

Commençons par le commencement, ou plutôt par l’illusion du commencement. Ces « points clefs » sont des leurres, des leurres magnifiques, polis par des décennies de rhétorique environnementale. Ils brillent comme des miroirs aux alouettes, reflétant nos espoirs, nos peurs, nos désirs de rédemption. Mais que sont-ils, au fond ? Des mots. Des mots creux, vidés de leur substance par l’usage incessant, par la machine à broyer les idéaux qu’est le capitalisme vert. « Transition écologique », « neutralité carbone », « économie circulaire » : ces termes sont devenus des mantras, répétés en boucle par des prêtres en costume-cravate, des gourous en col roulé, des politiques aux sourires carnassiers. Ils sonnent comme des incantations, mais ce sont des chants funèbres. Car derrière chaque « point clef », il y a une réalité sordide : celle d’un système qui dévore tout, y compris les solutions qu’il prétend promouvoir.

Prenons le premier de ces points, par exemple : la « sobriété énergétique ». Quelle belle idée ! Vivre avec moins, partager, renoncer à l’abondance toxique. Mais qui parle de sobriété ? Les mêmes qui, il y a trente ans, nous vendaient le rêve du tout-numérique, du tout-connecté, du toujours-plus. Les mêmes qui, aujourd’hui, nous expliquent que la solution à la crise climatique passe par des technologies encore plus voraces en ressources : les voitures électriques, les data centers, les fermes de serveurs qui engloutissent des fleuves entiers pour refroidir leurs machines. La sobriété, pour eux, c’est comme la vertu pour un libertin : une idée séduisante, mais qu’on ne mettra jamais en pratique. Car la sobriété, c’est la mort du profit. Et le profit, voyez-vous, est le seul dieu que ces gens adorent vraiment.

Et que dire de la « justice climatique » ? Ah, la justice ! Ce mot qui sonne comme une cloche fêlée, qui résonne dans les couloirs des COP comme un écho lointain de ce qu’il fut jadis. La justice climatique, c’est l’histoire d’une dette que les riches refusent de payer, d’une culpabilité qu’ils diluent dans des mécanismes de compensation aussi opaques que les comptes offshore des paradis fiscaux. On parle de « finance verte », de « marchés carbone », comme si l’on pouvait acheter le droit de continuer à détruire. Comme si l’on pouvait mettre un prix sur l’air, sur l’eau, sur la vie. Mais la Terre n’est pas une banque, et ses ressources ne sont pas des actifs négociables. La justice climatique, c’est l’histoire d’une escroquerie morale : on nous vend l’idée que le système peut se réformer de l’intérieur, alors qu’il est conçu pour broyer toute velléité de changement réel.

Et puis il y a ces « solutions technologiques », ces miracles modernes qui nous promettent de sauver la planète sans rien changer à nos modes de vie. Les énergies renouvelables, bien sûr, mais aussi la géo-ingénierie, les OGM « climato-résistants », les machines à capturer le CO2. Des chimères, des mirages. Car ces technologies, quand elles existent, sont accaparées par les mêmes acteurs qui ont créé le problème. Elles deviennent des outils de domination, des instruments de pouvoir. La géo-ingénierie, par exemple, c’est le rêve fou de jouer aux apprentis sorciers avec le climat, de manipuler les éléments comme on manipule les marchés. C’est l’arrogance de l’homme qui croit pouvoir tout contrôler, tout maîtriser, alors qu’il ne maîtrise même pas ses propres pulsions destructrices. Comme le disait ce vieux fou de Nietzsche : « L’homme est une corde tendue entre la bête et le surhomme, une corde au-dessus d’un abîme. » Mais nous, nous sommes tombés dans l’abîme, et nous croyons encore pouvoir nous rattraper en agitant des solutions techniques comme des talismans.

Derrière tout cela, il y a une vérité qui dérange, une vérité que personne ne veut entendre : l’écologie, telle qu’on nous la vend, est une écologie de salon. Une écologie pour les bobos, pour les classes moyennes éduquées, pour ceux qui peuvent se payer le luxe de trier leurs déchets et de rouler en vélo électrique. Une écologie qui ignore superbement les millions de personnes qui crèvent de faim, qui étouffent dans les mégapoles surpeuplées, qui fuient les guerres et les désastres climatiques. Une écologie qui ne remet jamais en cause les fondements du système : la croissance infinie, la consommation de masse, l’exploitation des hommes et de la nature. Une écologie qui, au fond, est une écologie de la résignation. Car elle nous dit : « Oui, le monde va mal, mais voici sept points clefs pour le sauver. Suivez le guide, et tout ira bien. »

Mais le guide, voyez-vous, est un menteur. Il nous mène en bateau, comme Ulysse menait ses hommes vers les sirènes. Et nous, nous sommes assez naïfs pour croire que cette fois, ce sera différent. Que cette fois, les solutions seront à la hauteur des problèmes. Que cette fois, l’humanité saura se montrer à la hauteur de sa propre intelligence. Mais l’histoire nous apprend une autre leçon : l’homme est un animal qui répète inlassablement les mêmes erreurs, qui se berce des mêmes illusions, qui court vers les mêmes précipices en sifflotant. Comme le disait ce vieux pessimiste de Cioran : « L’homme est un animal qui se suicide avec méthode. » Et l’écologie, telle qu’on nous la présente, est une méthode de plus pour nous aider à nous suicider en douceur, en nous donnant l’illusion de faire quelque chose.

Alors, que faire ? Faut-il jeter l’écologie avec l’eau du bain ? Non, bien sûr. Mais il faut cesser de croire aux contes de fées. Il faut regarder la réalité en face : le système est pourri jusqu’à la moelle, et aucune « transition » ne pourra le sauver. Il faut cesser de croire que les solutions viendront d’en haut, des élites, des experts, des politiques. Elles viendront d’en bas, des luttes, des résistances, des révoltes. Elles viendront de ceux qui refusent de jouer le jeu, qui refusent de se soumettre à la logique du profit et de la croissance. Elles viendront de ceux qui, comme le disait ce vieux révolutionnaire de Camus, « préfèrent la justice sans la révolution à la révolution sans la justice ».

Car l’écologie, la vraie, n’est pas une question de « points clefs » ou de « feuilles de route ». C’est une question de survie. Une question de dignité. Une question de résistance. Résistance à l’oppression, à l’exploitation, à la destruction. Résistance à l’idée que nous sommes condamnés à vivre dans un monde de plus en plus invivable, de plus en plus inhumain. Résistance à l’idée que nous n’avons pas le choix, que nous devons nous soumettre aux lois du marché, aux diktats des multinationales, aux caprices des puissants. Car nous avons le choix. Nous avons toujours eu le choix. Mais il faut avoir le courage de le faire, ce choix. Le courage de dire non. Le courage de se battre.

Et c’est là que le bât blesse. Car nous sommes une civilisation de lâches. Nous préférons les illusions aux réalités, les compromis aux combats, les demi-mesures aux révolutions. Nous préférons croire que tout ira bien, que les « points clefs » nous sauveront, que les experts trouveront une solution. Nous préférons fermer les yeux, nous boucher les oreilles, et continuer à danser sur le volcan. Comme le disait ce vieux prophète de Kafka : « Il y a un but, mais pas de chemin ; ce que nous appelons chemin n’est que notre hésitation. »

Alors, en 2025, que faire de ces sept points clefs ? Rien. Ou plutôt, les prendre pour ce qu’ils sont : des leurres, des leurres magnifiques, mais des leurres tout de même. Et continuer à se battre, malgré tout. Continuer à résister, malgré tout. Continuer à espérer, malgré tout. Car l’espoir, voyez-vous, n’est pas une question de probabilités. C’est une question de volonté. Une question de foi. Foi en l’homme, malgré tout ce qu’il a fait, malgré tout ce qu’il continue de faire. Foi en la vie, malgré tout ce qui la menace, malgré tout ce qui la nie. Foi en l’avenir, malgré tout ce qui nous pousse à désespérer.

Car au fond, l’écologie n’est pas une question de points clefs ou de feuilles de route. C’est une question d’amour. Amour de la Terre, amour de la vie, amour de l’humanité. Et cet amour, voyez-vous, ne se mesure pas en tonnes de CO2 évitées ou en hectares de forêt préservés. Il se mesure en actes, en engagements, en sacrifices. Il se mesure en résistance. En résistance à l’oppression, à l’exploitation, à la destruction. En résistance à l’idée que nous sommes condamnés à vivre dans un monde de plus en plus invivable, de plus en plus inhumain. En résistance à l’idée que nous n’avons pas le choix.

Alors, en 2025, ne nous contentons pas de suivre ces sept points clefs. Ne nous contentons pas de croire que les solutions viendront d’en haut. Prenons notre destin en main. Battons-nous. Résistons. Aimons. Car c’est la seule chose qui nous reste. La seule chose qui vaille la peine d’être vécue. La seule chose qui puisse nous sauver.

Analogie finale : Imaginez un homme perdu dans une forêt en flammes. Autour de lui, tout n’est que cendres et fumée. Il court, il cherche une issue, mais plus il avance, plus les flammes se rapprochent. Soudain, il tombe sur un panneau : « 7 points clefs pour survivre à un incendie de forêt ». Il s’arrête, il lit, il réfléchit. Puis il regarde autour de lui, et il comprend : le panneau est lui-même en train de brûler. Les flammes lèchent déjà ses bords, noircissent ses lettres. Alors, que fait-il ? Il peut continuer à lire, à suivre les instructions, à espérer que ces sept points le sauveront. Ou il peut jeter le panneau, et courir. Courir comme si sa vie en dépendait. Car sa vie en dépend. Et la nôtre aussi.



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