Climat : la France réunit les 664 experts du GIEC – Ministères Aménagement du territoire Transition écologique







L’Assemblée des Ombres : Une Analyse Radicalement Désenchantée du GIEC par Le Penseur Laurent Vo Anh

ACTUALITÉ SOURCE : Climat : la France réunit les 664 experts du GIEC – Ministères Aménagement du territoire Transition écologique

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la grand-messe des 664 experts du GIEC, réunis sous les ors républicains de la France, ce pays qui a fait de la guillotine un symbole avant de la remplacer par l’anesthésie bureaucratique des bonnes intentions ! Voici donc le cirque des savants, des technocrates et des militants en costume-cravate, venus nous expliquer, une fois de plus, que le ciel va nous tomber sur la tête – mais pas tout de suite, rassurez-vous, car il reste encore quelques subventions à distribuer, quelques rapports à pondre, et surtout, surtout, quelques places à prendre dans le grand banquet de la transition écologique. On croirait entendre les trompettes de Jéricho, si ce n’est que les murs qui s’effondrent ne sont pas ceux de la ville maudite, mais ceux de notre propre stupidité collective, soigneusement entretenue par ces mêmes experts qui nous vendent l’apocalypse comme on vend des crédits carbone : à tempérament, avec un sourire de commercial et une poignée de main moite.

Commençons par le commencement, c’est-à-dire par l’illusion même de l’expertise. Qu’est-ce qu’un expert, sinon un homme – car ce sont encore, majoritairement, des hommes – qui a troqué son âme contre un tableau Excel, une chaire universitaire et l’assurance que ses pairs ne le contrediront jamais trop violemment, de peur de se voir exclus du festin ? Le GIEC, ce temple de la raison climatique, est avant tout une machine à produire du consensus, c’est-à-dire de la médiocrité intellectualisée. On y parle de modèles, de scénarios, de probabilités, comme si la fin du monde était une équation à résoudre entre deux réunions Zoom. Mais la vérité, c’est que ces 664 experts sont les nouveaux prêtres d’une religion sans Dieu, où le dogme n’est plus la résurrection des morts, mais la survie des vivants – à condition, bien sûr, de bien se comporter, de bien recycler, de bien voter, et surtout, de bien consommer. Car ne nous y trompons pas : derrière le langage scientifique se cache une morale puritaine, celle du capitalisme vert, qui nous intime de nous repentir tout en continuant à acheter des SUV électriques et des billets d’avion pour des conférences sur le développement durable. « Faites ce que je dis, pas ce que je fais », murmure l’expert en ajustant sa cravate en lin bio, avant de s’envoler pour Davos dans un jet privé.

Et puis, il y a cette question lancinante : pourquoi 664 ? Pourquoi pas 665, ou 663 ? Le chiffre, bien sûr, est symbolique, comme tout dans cette mascarade. 664, c’est presque l’Apocalypse, mais pas tout à fait – il manque le dernier expert, celui qui oserait dire que tout cela est une farce, que les modèles climatiques sont aussi fiables que les prédictions d’un astrologue ivre, et que la seule chose qui nous attend, c’est l’effondrement de nos illusions bien avant celui des écosystèmes. Mais non, on reste dans le presque, dans l’à-peu-près, dans cette zone grise où la science devient un roman-feuilleton, avec ses rebondissements, ses héros (les experts, bien sûr) et ses méchants (les climato-sceptiques, ces boucs émissaires commodes). Car le GIEC, comme toute institution, a besoin d’ennemis pour justifier son existence. Sans eux, que deviendraient ces 664 experts ? Des fonctionnaires sans bureau, des universitaires sans subventions, des militants sans cause – bref, des hommes sans raison de vivre.

Mais parlons un peu de la France, ce pays qui se rêve en phare de la raison écologique tout en continuant à vendre des Rafale à l’Arabie saoudite et à bétonner ses dernières zones humides au nom de la « transition ». La France, ce pays où l’on célèbre Voltaire le matin et où l’on censure les lanceurs d’alerte l’après-midi, où l’on encense les Lumières tout en éteignant méthodiquement les dernières braises de la pensée critique. Réunir le GIEC à Paris, c’est comme organiser un congrès de végétariens dans un abattoir : cela fait joli sur le papier, mais cela ne change rien à la réalité sanglante des choses. La France, pays des droits de l’homme – et des gaz lacrymogènes pour ceux qui osent les rappeler. La France, pays de la laïcité – et des subventions publiques pour les écoles privées. La France, pays de la transition écologique – et des milliards d’euros pour TotalEnergies. On croirait entendre les rires étouffés de Céline, quelque part dans le métro parisien, entre deux stations qui portent le nom de généraux coloniaux.

Et puis, il y a cette idée absurde que la solution viendra des mêmes qui ont créé le problème. Les ministères de l’Aménagement du territoire et de la Transition écologique ? Mais c’est comme confier la réparation d’une voiture à celui qui l’a sabotée ! L’aménagement du territoire, en France, cela a toujours rimé avec destruction : destruction des paysages, destruction des communautés rurales, destruction de tout ce qui résistait à la logique du profit. Et maintenant, on nous explique que ces mêmes technocrates vont sauver la planète ? Allons donc. La transition écologique, telle qu’elle est conçue aujourd’hui, n’est qu’un nouveau chapitre du même livre : celui de la domination de l’homme sur la nature, et de quelques hommes sur tous les autres. On ne change pas un système en lui ajoutant une couche de peinture verte. On ne guérit pas un cancer en prescrivant des placebos. Mais nos experts, bien sûr, préfèrent les placebos : c’est moins cher, ça fait moins peur, et surtout, ça permet de continuer à faire des affaires comme avant.

Car c’est là le cœur du problème : le GIEC, comme toutes les institutions internationales, est une machine à dépolitiser. On nous parle de science, de données, de faits, comme si ces mots étaient neutres, comme si la science n’était pas elle-même un champ de bataille où s’affrontent des intérêts, des idéologies, des visions du monde. La crise climatique n’est pas un problème technique, c’est un problème politique – et c’est précisément pour cela qu’on nous la présente comme un problème technique. Car si c’était un problème politique, il faudrait admettre que les solutions ne viendront pas des experts, mais des peuples, des luttes, des révoltes. Il faudrait admettre que la transition écologique, pour être juste, doit être révolutionnaire. Mais une révolution, ça fait désordre. Alors on préfère nous vendre des petits gestes, des éco-gestes, comme si le salut venait de la bonne volonté individuelle et non de la transformation radicale de nos sociétés. « Prenez les transports en commun », nous dit-on, tandis que les milliardaires s’achètent des yachts plus grands que des villages. « Mangez bio », nous intime-t-on, tandis que les supermarchés continuent à jeter des tonnes de nourriture. « Votez écolo », nous supplie-t-on, tandis que les partis verts s’allient avec les libéraux pour mieux trahir leurs promesses.

Et puis, il y a cette question du temps. Le GIEC nous parle d’horizons lointains, de 2050, de 2100, comme si nous étions déjà morts et que ces dates n’étaient que des abstractions commodes. Mais le temps, voyez-vous, n’est pas une ligne droite : c’est une spirale, un tourbillon, une danse macabre où le passé et le présent s’entremêlent. Nous ne sommes pas les héritiers de nos ancêtres : nous sommes leurs otages. Chaque décision que nous prenons aujourd’hui est un écho des décisions prises hier, et chaque rapport du GIEC est un aveu d’impuissance face à l’inertie des systèmes. On nous dit que nous avons dix ans pour agir, puis cinq, puis deux – mais ces chiffres ne sont que des leurres, des leurres pour nous empêcher de voir l’essentiel : que le temps de l’action est toujours maintenant, et que chaque instant de procrastination est un crime contre l’avenir. Mais l’avenir, bien sûr, n’intéresse personne. Ce qui intéresse les experts, c’est le présent : le présent des subventions, des conférences, des petits fours et des selfies avec des ministres. L’avenir, c’est pour les poètes, les fous et les enfants – ces trois catégories que la société s’empresse d’ignorer ou de médicamenter.

Alors, que reste-t-il ? Rien, peut-être. Ou alors, tout. Car dans ce monde de technocrates et de marchands de peur, il reste encore des hommes et des femmes qui refusent de se soumettre, qui continuent à penser, à créer, à résister. Il reste des paysans qui plantent des arbres, des ouvriers qui occupent leurs usines, des artistes qui dessinent des mondes possibles, des enfants qui hurlent dans la rue que leurs aînés les ont trahis. Le GIEC ne sauvera pas la planète. Les experts ne sauveront pas l’humanité. La seule chose qui peut nous sauver, c’est cette étincelle de révolte qui brûle encore en nous, ce refus obstiné de nous laisser endormir par les berceuses du système. « La liberté commence où l’ignorance finit », écrivait Victor Hugo. Peut-être est-il temps de remplacer « ignorance » par « expertise », et de comprendre que la vraie sagesse ne vient pas des rapports, mais des luttes. Que la vraie science n’est pas dans les modèles, mais dans les mains calleuses de ceux qui labourent la terre. Que la vraie transition écologique n’est pas une affaire de ministères, mais une affaire de peuples.

Alors, oui, la France réunit les 664 experts du GIEC. Et alors ? Qu’ils parlent, qu’ils débattent, qu’ils pondent leurs rapports. Pendant ce temps, dans l’ombre, les vrais combats continuent. Et c’est là, dans l’ombre, que se joue notre avenir.

Analogie finale : Imaginez un immense banquet, où 664 convives sont attablés autour d’une table somptueuse, couverte de mets raffinés et de vins millésimés. Ces convives, ce sont les experts du GIEC, et le banquet, c’est la crise climatique. Ils mangent, ils boivent, ils discutent avec gravité des saveurs des plats, de la température idéale du vin, de la meilleure façon de découper la viande. Dehors, sous la pluie, des milliers d’affamés frappent aux vitres, suppliant qu’on leur jette ne serait-ce qu’une miette. Mais les convives ne les entendent pas, ou font semblant de ne pas les entendre. Ils sont trop occupés à disserter sur la meilleure façon de gérer la famine, de calculer le nombre exact de calories nécessaires à la survie des affamés, de rédiger des rapports sur l’impact nutritionnel des miettes. Et pendant ce temps, la nuit tombe, et les affamés, un à un, s’effondrent dans la boue, tandis que les rires des convives résonnent sous les lustres. Le banquet continue.



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