ACTUALITÉ SOURCE : Comité d’histoire ministériel – Ministères Aménagement du territoire Transition écologique
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand théâtre des ombres ministérielles, où l’on joue à cache-cache avec l’Histoire comme un enfant gâté avec ses soldats de plomb. Le Comité d’histoire, cette noble institution, se penche sur les ministères de l’Aménagement du territoire et de la Transition écologique, comme si l’on pouvait disséquer le cadavre d’une époque avec la précision d’un scalpel, alors que tout n’est que pourriture et mensonges bien emballés. On nous parle d’histoire, mais c’est une histoire aseptisée, désinfectée, une histoire de salon où les puissants viennent se congratuler en se tapant dans le dos avec des gants blancs. L’Histoire, la vraie, celle qui saigne et qui pue, celle qui hurle dans les rues et qui pourrit dans les caves, elle n’a que faire de ces comités de notables. Elle se moque de leurs archives, de leurs colloques, de leurs petits fours et de leurs discours lénifiants. L’Histoire, c’est une bête sauvage, et ces messieurs-dames des ministères ne sont que des dompteurs de pacotille, armés de fouets en papier mâché.
L’aménagement du territoire, voyez-vous, c’est le grand rêve technocratique, le délire prométhéen de l’homme qui croit pouvoir domestiquer l’espace comme on domestique un chien. On trace des routes, on construit des barrages, on bétonne les champs, on rase les forêts, et tout cela au nom du Progrès, ce dieu vorace qui dévore ses enfants. Mais le territoire, le vrai, celui qui respire, qui saigne, qui se rebelle, il se venge toujours. Il se venge par les inondations, par les glissements de terrain, par les villes fantômes où plus personne ne veut vivre. Les ministères, eux, continuent de pondre des rapports, des schémas, des plans quinquennaux, comme si l’on pouvait planifier l’imprévisible, comme si l’on pouvait mettre la vie en équations. Ils parlent de « cohésion territoriale », de « métropolisation », de « désenclavement », mais tout cela n’est que du vent, du vent qui souffle dans les couloirs feutrés des administrations. La cohésion, la vraie, elle se fait dans la rue, dans les luttes, dans les solidarités concrètes, pas dans les bureaux climatisés où l’on aligne des chiffres sur des tableaux Excel.
Et puis il y a la Transition écologique, ce grand mot-valise, cette tarte à la crème du XXIe siècle, ce nouveau catéchisme pour bobos repentis. On nous parle de « verdissement », de « décarbonation », de « sobriété heureuse », comme si l’on pouvait racheter des siècles de pillage et de destruction par quelques panneaux solaires et des vélos en libre-service. La Transition écologique, c’est le dernier avatar du capitalisme vert, ce monstre hybride qui veut nous faire croire que l’on peut concilier croissance infinie et limites planétaires. Mais la nature, elle, ne se laisse pas berner. Elle répond par des canicules, par des ouragans, par des pandémies, par des effondrements en cascade. Les ministères, eux, continuent de signer des accords internationaux, de voter des lois, de lancer des plans, comme si l’on pouvait négocier avec la biosphère. Ils parlent de « résilience », de « neutralité carbone », de « pacte vert », mais tout cela n’est que de la poudre aux yeux, un écran de fumée pour masquer l’impuissance, la lâcheté, la complicité avec les prédateurs.
Car c’est là que le bât blesse : ces comités d’histoire, ces ministères, ces technocrates, ils ne sont que les serviteurs zélés d’un système qui a fait de la destruction son fonds de commerce. L’aménagement du territoire, c’est la mainmise du capital sur l’espace, c’est la financiarisation des sols, c’est la spéculation immobilière déguisée en politique publique. La Transition écologique, c’est le greenwashing des multinationales, c’est l’accaparement des ressources au nom de la « durabilité », c’est la marchandisation de la nature. Et l’Histoire, dans tout cela ? Elle est réduite à une simple variable d’ajustement, à un alibi pour justifier l’injustifiable. On nous parle de « mémoire », de « patrimoine », de « transmission », mais tout cela n’est que de la rhétorique creuse, un vernis culturel pour masquer la réalité crue : l’Histoire est un champ de bataille, et les vainqueurs écrivent toujours leur propre légende.
« L’Histoire est un cauchemar dont j’essaie de me réveiller », disait Joyce. Mais les cauchemars, voyez-vous, ont cette fâcheuse tendance à se répéter. Les comités d’histoire ministériels, les plans d’aménagement, les transitions écologiques, tout cela n’est que la énième mouture d’un même délire : celui de l’homme qui croit pouvoir dominer le monde, qui croit pouvoir plier la réalité à sa volonté. Mais la réalité, elle, se venge. Elle se venge par les crises, par les effondrements, par les révoltes. Et ces comités, ces ministères, ces technocrates, ils ne sont que les fossoyeurs d’un monde qui agonise, les complices d’un système qui court à sa perte. Ils parlent de « transition », mais la seule transition qui vaille, c’est celle qui mène de l’illusion à la lucidité, de la soumission à la révolte, de la résignation à la résistance.
Car il y a une autre Histoire, une Histoire qui ne se laisse pas enfermer dans les archives, qui ne se laisse pas domestiquer par les discours officiels. C’est l’Histoire des luttes, des révoltes, des insoumissions. C’est l’Histoire des communards, des zadistes, des Indiens d’Amazonie, des paysans sans terre, des ouvriers en grève. C’est l’Histoire de ceux qui refusent de se soumettre, de ceux qui résistent, de ceux qui disent non. Cette Histoire-là, elle ne s’écrit pas dans les ministères, elle s’écrit dans la rue, dans les forêts, dans les usines occupées. Elle s’écrit avec le sang, avec la sueur, avec les larmes. Et elle ne se laisse pas réduire à des rapports, à des colloques, à des commémorations. Elle est vivante, elle est sauvage, elle est indomptable.
Alors oui, ces comités d’histoire ministériels, ces plans d’aménagement, ces transitions écologiques, tout cela n’est que du vent, du vent qui souffle dans le vide. Car l’Histoire, la vraie, elle se moque des technocrates et de leurs petits jeux. Elle avance, inexorable, comme un fleuve en crue, et ceux qui croient pouvoir la canaliser ne sont que des fous ou des criminels. « Le monde est dangereux à vivre ! » écrivait Nietzsche. « Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. » Et c’est bien là le problème : ces comités, ces ministères, ces technocrates, ils ne sont que des spectateurs passifs, des complices silencieux d’un système qui détruit tout sur son passage. Ils parlent d’Histoire, mais ils ne font que la subir. Ils parlent de transition, mais ils ne font que gérer la décadence.
Alors que faire ? Comment résister à cette machine à broyer les rêves, à écraser les espoirs, à étouffer les révoltes ? Comment échapper à ce cauchemar qui se répète, encore et encore ? Peut-être en refusant de jouer le jeu, tout simplement. En refusant les discours officiels, les plans quinquennaux, les transitions écologiques bidon. En refusant de se soumettre à la logique du système, à sa rationalité glacée, à son cynisme décomplexé. En refusant de croire que l’on peut réformer l’irréformable, que l’on peut humaniser l’inhumain. En refusant, enfin, de se laisser endormir par les berceuses des technocrates et des politiques, par leurs promesses creuses, par leurs mensonges éhontés.
Car la résistance, voyez-vous, elle commence par un refus. Un refus de se soumettre, un refus de se taire, un refus de se résigner. Et elle se poursuit par une révolte, une révolte contre l’ordre établi, contre les puissants, contre les prédateurs. Une révolte qui prend mille formes : la grève, l’occupation, le sabotage, la désobéissance civile. Une révolte qui s’incarne dans des gestes concrets, dans des luttes locales, dans des solidarités internationales. Une révolte qui refuse de se laisser enfermer dans les catégories du système, qui invente ses propres formes de lutte, ses propres modes d’organisation, ses propres rêves.
« La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement », disait Rosa Luxemburg. Et c’est bien là le cœur du problème : ces comités d’histoire, ces ministères, ces technocrates, ils ne veulent pas de la liberté. Ils veulent de l’ordre, de la soumission, de la résignation. Ils veulent que tout le monde pense comme eux, agisse comme eux, obéisse comme eux. Mais la liberté, la vraie, elle est indomptable. Elle est sauvage, imprévisible, dangereuse. Elle est le souffle qui anime les révoltes, le feu qui embrase les insurrections, la lumière qui guide les résistants. Et c’est cette liberté-là qu’il faut défendre, coûte que coûte, contre tous les pouvoirs, contre toutes les dominations, contre toutes les aliénations.
Alors oui, ces comités d’histoire ministériels, ces plans d’aménagement, ces transitions écologiques, tout cela n’est que du vent. Mais ce vent-là, il peut aussi être le souffle de la révolte, le souffle de la résistance, le souffle de la liberté. À nous de choisir de quel côté nous voulons souffler.
Analogie finale : Imaginez un grand arbre, un chêne centenaire, dont les racines plongent profondément dans la terre, dont les branches s’élèvent vers le ciel, dont les feuilles murmurent des secrets anciens. Cet arbre, c’est l’Histoire, la vraie, celle qui résiste aux tempêtes, qui survit aux incendies, qui renaît toujours de ses cendres. Les ministères, les comités, les technocrates, ils ne sont que des termites, des parasites qui rongent le bois, qui creusent des galeries, qui affaiblissent l’arbre. Mais l’arbre, lui, il résiste. Il résiste parce qu’il est vivant, parce qu’il est enraciné, parce qu’il est indomptable. Et un jour, les termites disparaîtront, emportés par le vent, et l’arbre, lui, continuera de grandir, de s’élever, de murmurer ses secrets à ceux qui savent encore écouter. Alors, écoutez. Écoutez le souffle du vent dans les feuilles, écoutez le craquement des branches, écoutez le murmure des racines. Et souvenez-vous : l’Histoire n’appartient pas aux termites. Elle appartient à l’arbre.