Racing Besançon x Football Ecologie France ! – Racing Besançon







Le Penseur Laurent Vo Anh – Racing Besançon x Football Écologie France


ACTUALITÉ SOURCE : Racing Besançon x Football Écologie France ! – Racing Besançon

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Le football, ce grand opéra des masses, ce cirque moderne où l’on parade en short pour mieux oublier l’odeur de la pourriture qui monte des gradins. Et voilà que le Racing Besançon, ce modeste club de province, s’allie à Football Écologie France, comme si l’on pouvait marier le diable et l’eau bénite sans que l’un ne souille l’autre. Quelle farce ! Quelle comédie grotesque où l’on croit encore aux miracles verts, aux promesses de rédemption par le compost et les maillots en fibre de bambou. Mais regardez bien, mes amis : derrière les sourires de circonstance et les communiqués lénifiants, se cache la même vieille mécanique du pouvoir, la même illusion que l’on peut réformer le monde sans en changer les fondements. Le football, comme toute institution, est un monstre sacré, un Moloch qui dévore les consciences et recrache des slogans. Et l’écologie, dans ce grand barnum, n’est qu’un nouveau costume, une parure de plus pour habiller l’indécence de notre époque.

On nous parle de « football durable », de « stades verts », de « mobilité douce » pour les supporters. Comme si ces mots pouvaient effacer les milliers de kilomètres parcourus par les joueurs en jet privé, les tonnes de plastique jetées après chaque match, les sponsors qui financent ces belles paroles tout en exploitant les ouvriers du Bangladesh. L’écologie, ici, n’est qu’un alibi, une caution morale pour des clubs qui continuent de fonctionner comme des entreprises capitalistes, avec leurs actionnaires, leurs dettes, leurs licenciements. Le Racing Besançon, en s’alliant à Football Écologie France, ne fait que suivre la mode du « greenwashing », cette pratique éhontée qui consiste à repeindre en vert les murs d’une prison pour faire croire qu’elle est devenue un jardin d’Éden. Mais les barreaux, eux, restent bien en place. Et les prisonniers, c’est-à-dire nous, les spectateurs, les supporters, les citoyens, continuons de tourner en rond dans cette arène, applaudissant à chaque nouveau tour de piste.

Car le football, ne nous y trompons pas, est un outil de domination. Un outil parmi d’autres, mais particulièrement efficace, car il flatte les instincts les plus bas tout en se parant des couleurs de la fraternité. Il est le miroir grossissant de nos sociétés : compétitif, inégalitaire, violent. Il célèbre la performance individuelle tout en prétendant incarner l’esprit d’équipe. Il encense les héros d’un jour pour mieux oublier les anonymes qui triment dans l’ombre. Et maintenant, il se pare des atours de l’écologie, comme si l’on pouvait concilier l’inconciliable : le profit et la préservation, la croissance et la sobriété, la gloire et la modestie. « Regardez, nous disent-ils, nous plantons des arbres ! Nous recyclons les bouteilles ! Nous compensons nos émissions de CO2 ! » Comme si ces gestes dérisoires pouvaient effacer l’empreinte écologique monstrueuse d’un sport qui, par essence, est un gaspillage organisé. Comme si l’on pouvait expier ses péchés en faisant pénitence avec des gobelets consignés.

Et que dire de cette écologie-là, cette écologie molle, cette écologie de salon, qui se contente de petits gestes sans jamais remettre en cause les structures du pouvoir ? Elle est l’héritière directe de cette pensée libérale qui croit que le monde peut être sauvé par la bonne volonté des individus, sans toucher aux rapports de force, sans ébranler les fondements du système. Elle est l’écologie des bobos, des cadres supérieurs qui roulent en Tesla et mangent bio, mais qui ferment les yeux sur les usines polluantes qui fabriquent leurs smartphones. Elle est l’écologie des politiques, des technocrates qui parlent de « transition écologique » tout en signant des traités de libre-échange qui accélèrent la destruction de la planète. Elle est l’écologie des clubs de football, qui plantent des arbres en Afrique pour compenser les vols en première classe de leurs joueurs. Une écologie de pacotille, une écologie du mensonge.

« L’homme est un loup pour l’homme », disait Hobbes. Mais aujourd’hui, l’homme est un mouton pour le système. Un mouton qui bêle des slogans écologistes tout en continuant de brouter l’herbe empoisonnée du capitalisme. Un mouton qui croit encore aux vertus du dialogue, de la concertation, de la « prise de conscience », comme si les puissants allaient un jour se réveiller avec une soudaine envie de partager leurs richesses. Non, mes amis, le monde ne changera pas par la bonne volonté des uns ou des autres. Il changera par la force, par la révolte, par la destruction des idoles. Et le football, dans ce grand théâtre des illusions, est l’une de ces idoles les plus tenaces, l’un de ces temples où l’on vient se prosterner pour oublier l’horreur du monde.

Car le football, c’est aussi l’opium du peuple. Un opium moderne, plus efficace que la religion, plus envoûtant que la politique. Il anesthésie les masses, les détourne des vraies questions, les enferme dans le spectacle. « Panem et circenses », disaient les Romains. Du pain et des jeux. Aujourd’hui, nous avons les supermarchés et les stades. Nous avons les écrans géants et les maillots à 100 euros. Nous avons les joueurs millionnaires et les supporters endettés. Et maintenant, nous avons aussi les « stades écoresponsables », les « matchs zéro déchet », les « clubs engagés ». Comme si ces rustines pouvaient colmater les brèches d’un système qui s’effondre. Comme si l’on pouvait sauver le Titanic en repeignant les cabines en vert.

Mais attention, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Je ne suis pas contre l’écologie. Je suis contre cette écologie-là, cette écologie de façade, cette écologie qui se contente de symptômes sans jamais s’attaquer aux causes. Je suis contre cette écologie qui croit que l’on peut réformer le capitalisme sans le détruire. Je suis contre cette écologie qui fait le jeu des puissants, qui leur donne bonne conscience, qui leur permet de continuer à exploiter, à polluer, à dominer, tout en se présentant comme les sauveurs de la planète. « La terre n’est pas un héritage de nos parents, mais un emprunt à nos enfants », disait Antoine de Saint-Exupéry. Mais aujourd’hui, la terre est une marchandise, un produit de consommation, un terrain de jeu pour les prédateurs. Et le football, dans ce grand casino, n’est qu’une table de plus où l’on mise l’avenir de l’humanité.

Alors que faire ? Faut-il boycotter le football ? Faut-il brûler les stades ? Faut-il cracher sur les maillots verts ? Non, bien sûr. La solution n’est pas dans la destruction, mais dans la subversion. Dans le détournement. Dans la réappropriation. Le football, comme tout outil de domination, peut aussi être un outil de libération. À condition de le sortir des mains des marchands, des politiques, des technocrates. À condition de le rendre aux gens, aux vrais gens, ceux qui jouent pour le plaisir, ceux qui vibrent sans arrière-pensée, ceux qui voient dans ce sport autre chose qu’un business ou un spectacle. À condition de le dépouiller de ses oripeaux capitalistes, de ses sponsors polluants, de ses stars millionnaires. À condition de le ramener à ce qu’il devrait être : un jeu, un loisir, une passion. Pas une religion. Pas une industrie. Pas un instrument de pouvoir.

Et l’écologie, dans tout ça ? Elle doit être radicale, ou elle ne sera rien. Elle doit s’attaquer aux racines du mal, pas aux feuilles. Elle doit remettre en cause le productivisme, le consumérisme, le libéralisme. Elle doit refuser les compromis, les demi-mesures, les faux-semblants. Elle doit être révolutionnaire, ou elle ne sera qu’un leurre de plus, une illusion de plus, un mensonge de plus. « Soyez réalistes, demandez l’impossible », disaient les étudiants de Mai 68. Aujourd’hui, il faut être réaliste : le monde que nous connaissons est condamné. Il faut donc demander l’impossible : un autre monde. Un monde où le football ne sera plus un business, mais un jeu. Un monde où l’écologie ne sera plus un argument marketing, mais une évidence. Un monde où l’homme ne sera plus un loup pour l’homme, mais un frère pour son prochain.

Mais attention, ne nous berçons pas d’illusions. Ce monde-là ne viendra pas tout seul. Il ne naîtra pas des bonnes intentions, des petits gestes, des déclarations d’intention. Il naîtra de la lutte, de la résistance, de la révolte. Il naîtra de la prise de conscience que nous sommes tous, à des degrés divers, complices de ce système. Et que pour en sortir, il faut d’abord en sortir soi-même. Il faut refuser les compromis, les arrangements, les accommodements. Il faut dire non. Non aux sponsors polluants. Non aux stades géants. Non aux joueurs millionnaires. Non à l’écologie de pacotille. Non au football-business. Non au monde tel qu’il est.

« Le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose. C’est ce que chacun en sait », écrivait Albert Camus. Alors sachons. Sachons que le football, aujourd’hui, est un miroir de notre société. Un miroir déformant, certes, mais un miroir tout de même. Et ce qu’il nous renvoie, c’est l’image d’un monde malade, d’un monde en crise, d’un monde qui court à sa perte. Mais c’est aussi l’image d’un monde qui résiste, qui lutte, qui espère. Un monde où des clubs comme le Racing Besançon s’allient à des associations comme Football Écologie France, non pas par cynisme, mais par conviction. Un monde où des hommes et des femmes refusent de se résigner, refusent de baisser les bras, refusent de croire que tout est perdu. Un monde où l’on peut encore rêver, espérer, agir.

Alors oui, le mariage du Racing Besançon et de Football Écologie France est une farce. Mais c’est une farce nécessaire. Une farce qui nous rappelle que le monde peut être autre chose que ce qu’il est. Une farce qui nous invite à ne pas désespérer, à ne pas renoncer, à ne pas nous laisser engloutir par le cynisme et la résignation. Une farce qui, peut-être, contient en germe les graines d’un monde meilleur. Un monde où le football sera enfin ce qu’il aurait toujours dû être : un jeu, un plaisir, une passion. Un monde où l’écologie ne sera plus un argument marketing, mais une évidence. Un monde où l’homme ne sera plus un loup pour l’homme, mais un frère pour son prochain.

Mais pour que ce monde advienne, il faut d’abord le vouloir. Il faut le désirer. Il faut se battre pour lui. Et ce combat commence ici, maintenant, dans nos cœurs, dans nos esprits, dans nos actes. Il commence par un refus : le refus de se laisser berner par les illusions du système. Il commence par une prise de conscience : la conscience que nous sommes tous responsables, tous coupables, tous complices. Et il se poursuit par une action : l’action de ceux qui refusent de se résigner, qui refusent de baisser les bras, qui refusent de croire que tout est perdu. « Le monde se sauvera par les fous », disait Nietzsche. Alors soyons fous. Soyons fous de rage, fous d’espoir, fous de vie. Et peut-être, alors, le monde se sauvera-t-il.

Analogie finale : Imaginez un arbre, un grand chêne centenaire, planté au milieu d’un champ de béton. Ses racines, profondes et tortueuses, s’étendent sous les fondations des buildings, sous les parkings, sous les autoroutes. Ses branches, larges et généreuses, offrent un abri aux oiseaux, aux insectes, aux enfants qui viennent y jouer. Mais autour de lui, le monde gronde. Les machines tournent, les usines crachent leur fumée, les hommes courent, pressés, indifférents. L’arbre résiste. Il pousse, malgré tout, malgré la pollution, malgré l’indifférence, malgré la folie des hommes. Et un jour, un homme s’arrête. Il lève les yeux. Il voit l’arbre. Il voit sa beauté, sa force, sa résistance. Et quelque chose en lui se brise, puis se reconstruit. Il comprend, enfin, que le monde n’est pas seulement fait de béton et d’acier, de vitesse et de profit. Il comprend que la vie, la vraie vie, est là, dans cet arbre, dans cette résistance silencieuse, dans cette beauté fragile et tenace. Alors il s’assoit au pied de l’arbre. Il écoute le vent dans les feuilles. Il respire. Et pour la première fois depuis longtemps, il se sent vivant. Le Racing Besançon et Football Écologie France, c’est cet arbre. Une résistance silencieuse, une beauté fragile, une lueur d’espoir dans un monde qui court à sa perte. Et nous, nous sommes cet homme. Celui qui s’arrête, qui regarde, qui comprend. Celui qui, peut-être, se réveille.



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