La stratégie de la France pour empêcher l’action climatique – Amnesty International France







La France et l’Action Climatique : Une Analyse Radicalement Désenchantée


ACTUALITÉ SOURCE : La stratégie de la France pour empêcher l’action climatique – Amnesty International France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la France ! Ce vieux pays qui se gargarise de ses Lumières tout en éteignant méthodiquement les flambeaux de l’avenir. Amnesty International nous révèle aujourd’hui ce que tout esprit un tant soit peu éveillé pressentait depuis des décennies : l’État français, ce monstre froid et calculateur, ne se contente pas de saboter l’action climatique – il en fait une stratégie, une doctrine, presque une esthétique de la destruction. Mais comment s’en étonner ? Quand l’Histoire n’est qu’un long enchaînement de trahisons, quand les idéaux ne sont que des paravents pour mieux dissimuler les couteaux, quand la République n’est plus qu’un mot creux que l’on agite pour endormir les masses, il faut bien s’attendre à ce que la survie même de l’humanité devienne une variable d’ajustement dans les équations cyniques des technocrates.

Observons d’abord ce phénomène avec le regard impitoyable du comportementalisme radical. La France, comme toute entité étatique moderne, fonctionne selon une logique de survie institutionnelle. Son objectif premier n’est pas de protéger ses citoyens, encore moins les générations futures, mais de préserver les structures de pouvoir qui la constituent. Or, que demande l’urgence climatique ? Une remise en cause fondamentale du productivisme, une déconstruction des rapports de domination économique, une rupture avec le dogme de la croissance infinie. Autant dire : un suicide pour l’État-capitaliste. Car l’État, dans sa forme actuelle, est indissociable du capitalisme tardif. Il en est à la fois le gardien et le complice. Quand Amnesty pointe du doigt les « stratégies » françaises pour entraver l’action climatique, il ne s’agit donc pas d’une simple négligence, mais d’une nécessité systémique. L’État français, comme tout État néolibéral, est programmé pour protéger les intérêts des lobbies industriels, des multinationales, des marchés financiers. La transition écologique, si elle était menée sérieusement, signifierait la fin de ces alliances contre-nature. Alors, plutôt que de risquer une révolution structurelle, l’État préfère jouer la montre, multiplier les effets d’annonce, et laisser la planète brûler en silence.

Mais cette analyse, aussi juste soit-elle, ne suffit pas. Il faut plonger plus profond, dans les abysses de l’âme collective, pour comprendre pourquoi une nation entière peut se complaire dans cette schizophrénie mortifère. George Steiner, dans ses méditations sur la culture européenne, parlait de la « nostalgie de l’abîme » – ce désir inconscient de destruction qui habite les civilisations vieillissantes. La France, avec son histoire impériale, ses guerres coloniales, son mépris affiché pour les peuples qu’elle a pillés, porte en elle cette pulsion de mort. Elle se sait condamnée, mais plutôt que d’accepter humblement sa fin, elle préfère entraîner le monde entier dans sa chute. C’est cela, la véritable stratégie climatique française : un suicide assisté de l’humanité, paré des atours de la raison d’État. « La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts », disait de Gaulle. Aujourd’hui, ces intérêts se confondent avec ceux des géants du CAC 40, et peu importe si ces derniers signent l’arrêt de mort de la biosphère. L’État français, dans son arrogance, croit encore pouvoir négocier avec le chaos. Il se trompe.

Et puis, il y a cette question lancinante : pourquoi les citoyens laissent-ils faire ? Pourquoi acceptent-ils, par leur silence ou leur résignation, cette trahison permanente ? Ici, le comportementalisme radical rejoint les analyses les plus sombres de la psychologie des masses. L’être humain, quand il est plongé dans un système de domination, développe des mécanismes de défense qui frisent la pathologie collective. Le déni, d’abord : « La France ne peut pas faire ça, elle est le pays des droits de l’homme ! » La dissonance cognitive, ensuite : « Oui, mais regardez les États-Unis, ils polluent bien plus que nous ! » Et enfin, la soumission à l’autorité, ce vieux réflexe pavlovien qui pousse les peuples à obéir, même quand l’ordre donné est un crime. La France, avec son État centralisé, son administration toute-puissante, son culte de la technocratie, a perfectionné l’art d’endormir ses citoyens. Elle leur offre des miettes – un chèque énergie par-ci, une prime à la conversion par-là – tout en continuant à creuser leur tombe. Et les citoyens, comme des enfants gâtés, se laissent berner. Ils préfèrent croire aux contes de fées de la transition « juste » et « équilibrée » plutôt que d’affronter la réalité : leur pays est en train de devenir un ennemi de l’humanité.

Mais attention : cette analyse ne doit pas sombrer dans le fatalisme. Si l’État français est un monstre, il n’est pas invincible. Partout, des résistances s’organisent – des ZAD aux marches pour le climat, des actions en justice contre Total aux sabotages de pipelines. Ces mouvements, aussi marginaux soient-ils, sont les seuls véritables remparts contre la barbarie climatique. Ils incarnent cette résistance humaniste dont parlait Steiner, cette capacité de l’homme à dire « non » face à l’oppression, même quand celle-ci se pare des oripeaux de la légalité. Car c’est là le piège ultime du néolibéralisme : il a transformé l’illégalité en norme. Ce qui était autrefois considéré comme un crime – détruire la planète, exploiter les plus faibles, mentir effrontément – est aujourd’hui présenté comme une simple « stratégie économique ». Contre cela, la désobéissance civile n’est pas une option, mais un devoir.

Et puis, il y a cette vérité que les puissants refusent d’admettre : l’histoire n’est pas linéaire. Elle est faite de ruptures, de basculements, de révoltes imprévisibles. La France a connu 1789, 1830, 1848, 1871, 1968. Chaque fois, les élites ont cru leur pouvoir éternel. Chaque fois, elles ont été balayées par la colère des peuples. Aujourd’hui, la colère monte à nouveau – non plus contre un roi ou un empereur, mais contre un système qui sacrifie l’avenir au profit du présent. Les jeunes générations, celles qui descendent dans la rue pour le climat, ont compris une chose essentielle : si elles ne se battent pas maintenant, il n’y aura plus de futur à défendre. Leur radicalité n’est pas un caprice, mais une nécessité. Face à l’urgence climatique, les demi-mesures sont des complicités. La France, avec sa « stratégie » d’obstruction, a choisi son camp : celui de la mort. À nous de choisir le nôtre.

Car au fond, cette histoire est celle d’une trahison bien plus ancienne. La France, comme toute l’Europe, a bâti sa puissance sur le pillage du monde. Elle a colonisé, exploité, asservi, au nom d’une prétendue « mission civilisatrice ». Aujourd’hui, alors que les conséquences de ces crimes remontent à la surface – sous la forme de migrations climatiques, de sécheresses, de famines –, elle refuse d’assumer ses responsabilités. Pire : elle criminalise ceux qui osent lui rappeler ses devoirs. Les militants écologistes sont traînés devant les tribunaux, les associations sont espionnées, les lanceurs d’alerte sont réduits au silence. La France, ce pays qui se targue d’être la patrie des droits de l’homme, est en train de devenir un État policier climatique. Et le plus tragique, c’est que ses citoyens semblent s’en accommoder. Ils préfèrent regarder ailleurs, se perdre dans les divertissements, les débats stériles, les petites querelles de clocher. Pendant ce temps, les forêts brûlent, les océans meurent, et les générations futures nous maudissent déjà.

Alors, que faire ? D’abord, refuser le langage de l’ennemi. Ne plus parler de « transition écologique », mais de révolution climatique. Ne plus accepter les compromis, les petits pas, les fausses solutions. Exiger des ruptures, des changements radicaux, des mesures d’urgence. Ensuite, s’organiser. Les ZAD, les coopératives, les communes autonomes, les réseaux de solidarité : ce sont les laboratoires de l’avenir. Enfin, ne plus avoir peur. La peur est l’arme ultime des dominants. Ils veulent que nous ayons peur du chaos, de la répression, de l’effondrement. Mais le vrai chaos, c’est celui qu’ils nous préparent. La vraie répression, c’est celle qu’ils exercent déjà. Et l’effondrement, c’est celui qu’ils accélèrent chaque jour un peu plus.

La France, aujourd’hui, est un pays malade. Malade de son histoire, malade de son arrogance, malade de son incapacité à se remettre en question. Mais les maladies, parfois, peuvent être guéries. À condition d’accepter le diagnostic. À condition de vouloir vivre. Alors, oui, la stratégie climatique française est une honte. Mais elle est aussi une opportunité : celle de montrer que les peuples, quand ils se réveillent, sont plus forts que les États. Que la vie, quand elle se rebelle, est plus puissante que la mort. Et que l’humanité, malgré tout, mérite d’être sauvée.

Analogie finale : Imaginez un jardinier qui, chaque matin, arrose ses plantes avec de l’acide. Il sait que cela les tue, mais il continue, parce que l’acide est moins cher que l’eau, et que son patron lui a ordonné de réduire les coûts. Les plantes se fanent, les feuilles jaunissent, les racines pourrissent. Pourtant, le jardinier persiste. Il explique à ses voisins que c’est « compliqué », que « tout le monde fait pareil », que « de toute façon, les plantes sont déjà condamnées ». Un jour, un enfant passe par là et lui demande : « Pourquoi tu fais ça ? » Le jardinier, gêné, répond : « Parce que c’est mon travail. » L’enfant insiste : « Mais si tu continues, il n’y aura plus de jardin. » Le jardinier hausse les épaules : « Alors ce ne sera plus mon problème. » Cette parabole, c’est l’histoire de la France face au climat. Elle a choisi de verser de l’acide sur le jardin de l’humanité. Et elle s’étonne que rien ne pousse.



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