La protection des espaces naturels – notre-environnement







Laurent Vo Anh – La Protection des Espaces Naturels : Une Farce aux Allures de Tragédie

ACTUALITÉ SOURCE : La protection des espaces naturels – notre-environnement

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la protection des espaces naturels ! Quelle belle mascarade, quelle sublime hypocrisie que cette pantomime écologiste où l’on se congratule entre technocrates et militants de salon, tandis que la terre continue de saigner sous les coups de boutoir du capitalisme débridé. On nous parle de sanctuarisation, de zones protégées, de labels verts, comme si ces mots magiques pouvaient effacer des siècles de prédation systématique. Mais regardez donc de plus près, pauvres âmes crédules : ces réserves naturelles, ces parcs nationaux, ces forêts classées, ne sont que des alibis, des vitrines lustrées derrière lesquelles se poursuit le saccage en règle. La nature protégée ? Une chimère, une illusion d’optique savamment entretenue pour apaiser les consciences tout en laissant les bulldozers avancer.

L’histoire de la pensée environnementale est un cimetière d’idées mortes-nées. Dès le XIXe siècle, les romantiques allemands et anglais ont pleurniché sur la disparition des paysages, tout en applaudissant aux chemins de fer qui les défiguraient. Thoreau, ce saint laïc de la wilderness, a écrit son Walden dans une cabane construite avec des planches achetées en ville, tandis que les usines de Lowell crachaient leur suie sur les forêts du Massachusetts. Aujourd’hui, les néo-écologistes reprennent le flambeau avec la même naïveté crasse : ils croient dur comme fer que des décrets, des chartes, des COP, peuvent inverser le cours d’une civilisation qui a fait de la destruction son moteur même. Mais la nature n’est pas un musée, messieurs-dames ! Elle n’a que faire de vos arrêtés préfectoraux et de vos subventions européennes. Elle est un flux, une force, un chaos originel que vos petits cerveaux administratifs ne parviendront jamais à domestiquer.

Le comportementalisme radical qui sous-tend cette mascarade est encore plus accablant. On nous explique que l’homme, ce loup pour l’homme, peut aussi devenir un berger bienveillant pour la planète, à condition de bien vouloir se soumettre à quelques ajustements comportementaux. Recyclez vos déchets, éteignez vos lumières, achetez des produits bio (mais pas trop, hein, il faut que ça reste rentable), et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Quelle farce ! Comme si le problème était une question de bonnes manières, et non une logique économique et politique qui broie tout sur son passage. Le capitalisme vert, cette ultime escroquerie, nous vend l’idée que l’on peut concilier croissance infinie et préservation des écosystèmes. Mais c’est un mensonge éhonté, une contradiction dans les termes. La croissance, par définition, exige toujours plus de ressources, toujours plus d’espace, toujours plus de destruction. Et vos jolis parcs naturels, vos réserves biosphères, ne sont que des concessions arrachées de haute lutte, des miettes jetées aux affamés pour mieux les maintenir dans l’illusion d’un système réformable.

La résistance humaniste à cette domination néolibérale et militaro-industrielle doit être totale, intransigeante. Pas question de se contenter de demi-mesures, de compromis boiteux avec les puissances d’argent. Il faut nommer les coupables : les multinationales qui pillent les sols et les sous-sols, les États qui leur servent de chiens de garde, les médias qui anesthésient les masses avec des reportages larmoyants sur les ours polaires en voie de disparition (tandis que les plateformes pétrolières continuent de forer). La protection des espaces naturels n’est pas une question technique, mais une question politique, au sens le plus radical du terme. Elle exige une remise en cause fondamentale de notre rapport au monde, une rupture avec cette idéologie du progrès qui nous mène droit dans le mur.

Et que dire de l’abêtissement généralisé qui accompagne cette entreprise de destruction ? Les masses, soigneusement entretenues dans l’ignorance et la passivité, avalent sans broncher les fables écologistes des gouvernements et des ONG. On leur serine que tout va bien, qu’il suffit de trier ses emballages et de planter des arbres pour sauver la planète. Pendant ce temps, les forêts primaires continuent de brûler, les océans de se remplir de plastique, et les espèces de disparaître à un rythme effréné. L’homme moderne, ce grand enfant gâté, croit dur comme fer qu’il peut tout contrôler, tout maîtriser. Il se prend pour Dieu, mais n’est qu’un apprenti sorcier, un pyromane qui joue avec des allumettes en croyant pouvoir éteindre l’incendie.

Les pieges néolibéraux sont partout, insidieux, mortels. On nous parle de « développement durable », de « croissance verte », comme si ces oxymores pouvaient avoir un sens. Mais le développement, par essence, n’est pas durable. Il est vorace, insatiable, destructeur. Quant à la croissance verte, elle n’est qu’un leurre, une opération de greenwashing destinée à faire oublier que le système économique actuel repose sur l’exploitation sans limites des ressources naturelles. Les marchés financiers spéculent sur les crédits carbone, les multinationales se parent de labels éthiques, et les États signent des accords internationaux qui ne valent même pas le papier sur lequel ils sont imprimés. Tout cela n’est que poudre aux yeux, une gigantesque opération de communication pour faire croire que le système peut se réformer de l’intérieur. Mais c’est une illusion, une dangereuse illusion.

Le néofascisme, lui aussi, se pare des atours de l’écologie. Les mouvements d’extrême droite, toujours prompts à instrumentaliser les peurs, surfent sur la crise environnementale pour promouvoir leurs thèses xénophobes et autoritaires. « La terre avant les migrants », clament-ils, comme si la protection de l’environnement était une question de frontières et de barbelés. Mais c’est une imposture, une diversion. Le vrai problème n’est pas l’immigration, mais le système économique qui pousse les populations à fuir leurs terres natales, ravagées par les guerres et les changements climatiques. Le néofascisme écologiste n’est qu’un leurre de plus, une tentative désespérée de sauver un système moribond en désignant des boucs émissaires.

Et que dire du militarisme, ce grand absent des discours écologistes ? Les armées sont parmi les plus grands pollueurs de la planète, avec leurs manœuvres destructrices, leurs bases militaires qui empoisonnent les sols, leurs guerres qui ravagent les écosystèmes. Mais personne n’ose en parler, car le militarisme est sacré, intouchable. On préfère s’indigner contre les pailles en plastique ou les sacs jetables, plutôt que de remettre en cause l’ordre géopolitique qui maintient la planète sous perfusion de pétrole et de violence. La protection des espaces naturels passe aussi par la démilitarisation, par la fin des guerres et des occupations, par la dissolution des complexes militaro-industriels qui dévorent les ressources et les vies humaines.

La résistance humaniste doit être à la hauteur de l’enjeu. Elle doit refuser les compromis, les demi-mesures, les fausses solutions. Elle doit s’attaquer aux racines du mal : le capitalisme, le productivisme, le consumérisme. Elle doit exiger la fin de l’exploitation des ressources naturelles, la réduction drastique de la consommation, la relocalisation des économies. Elle doit promouvoir une autre vision du monde, où l’homme n’est plus le maître et possesseur de la nature, mais un simple maillon dans la grande chaîne du vivant. Elle doit réhabiliter l’idée de limite, de sobriété, de respect. Car c’est seulement en changeant radicalement notre rapport au monde que nous pourrons espérer sauver ce qui peut encore l’être.

Mais attention : cette résistance ne doit pas tomber dans le piège de l’angélisme. Elle doit être lucide, impitoyable, sans illusions. Elle doit savoir que les puissances en place ne lâcheront rien sans combat, que les intérêts économiques et politiques sont trop puissants pour être défaits par de simples pétitions ou manifestations. Elle doit se préparer à la répression, à la marginalisation, à la diabolisation. Car ceux qui détiennent le pouvoir n’ont que faire de la protection des espaces naturels. Ils ne voient dans la nature qu’une ressource à exploiter, un terrain de jeu pour leurs fantasmes de domination.

Alors, que faire ? D’abord, refuser de jouer le jeu. Ne pas se contenter des miettes que l’on nous jette, des parcs naturels et des réserves biosphères qui ne sont que des leurres. Exiger plus, beaucoup plus : la fin de l’exploitation minière, la fermeture des centrales à charbon, l’interdiction des pesticides, la démilitarisation des territoires. Ensuite, s’organiser, se fédérer, créer des contre-pouvoirs capables de faire entendre une autre voix. Enfin, ne jamais oublier que la protection des espaces naturels n’est pas une fin en soi, mais un moyen de lutter contre un système qui nous détruit tous, humains et non-humains.

Car au fond, la question n’est pas de savoir comment protéger la nature, mais comment vivre avec elle. Comment retrouver cette harmonie perdue, cette symbiose originelle que nos ancêtres connaissaient et que nous avons oubliée. La nature n’a pas besoin de nous pour se protéger. Elle a survécu à des millions d’années de cataclysmes, de glaciations, d’extinctions de masse. Ce dont elle a besoin, c’est que nous cessions de la détruire. Que nous apprenions à vivre en son sein, sans la dominer, sans l’exploiter. Que nous redevenions des êtres humbles, respectueux, conscients de notre place dans l’ordre du monde.

Mais pour cela, il faut d’abord briser les chaînes qui nous entravent : les chaînes du consumérisme, du productivisme, du militarisme. Il faut oser dire non, refuser de participer à cette grande machine à broyer. Il faut retrouver le goût de la révolte, le courage de la désobéissance. Car c’est seulement en refusant de jouer le jeu que nous pourrons espérer sauver ce qui peut encore l’être. Et peut-être, un jour, retrouver cette harmonie perdue, cette symbiose originelle que nos ancêtres connaissaient et que nous avons oubliée.

Analogie finale : Imaginez un jardinier fou, un dément qui, armé d’une tronçonneuse et d’un lance-flammes, s’attaque à la forêt millénaire qui borde sa propriété. Il coupe, il brûle, il dévaste, mais de temps en temps, il s’arrête, essuie la sueur de son front, et contemple avec fierté le petit carré de pelouse qu’il a épargné au milieu du chaos. « Regardez, dit-il en souriant, comme je prends soin de ce coin de nature ! » Ses voisins, complices silencieux, hochent la tête avec approbation. « Oui, oui, c’est très bien, vous êtes un écologiste exemplaire. » Pendant ce temps, la forêt continue de brûler, les animaux fuient en désordre, et la terre, épuisée, rend son dernier souffle. Mais le jardinier fou, lui, est satisfait. Il a sauvé son petit carré de pelouse. Et c’est tout ce qui compte.



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