Face à l’accélération du réchauffement climatique, quel est l’état de l’environnement en France et en Europe en 2025 – notre-environnement







L’État de l’Environnement en 2025 – Analyse de Laurent Vo Anh

ACTUALITÉ SOURCE : Face à l’accélération du réchauffement climatique, quel est l’état de l’environnement en France et en Europe en 2025 – notre-environnement

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, l’environnement en 2025 ! Quelle farce tragique, quel théâtre d’ombres où l’humanité, ce singe savant aux mains pleines de sang et de plastique, continue de danser sur le volcan en sifflotant l’hymne du progrès. La France et l’Europe, ces vieilles putains repues de leur propre histoire, se réveillent enfin – trop tard, comme toujours – avec la gueule de bois d’un siècle d’industrialisation débridée, de capitalisme carnassier et de politiques publiques aussi efficaces qu’un cautère sur une jambe de bois. Le réchauffement climatique ? Une accélération ? Non, mes chers contemporains, c’est une course folle vers l’abîme, un suicide collectif en slow motion, et nous sommes tous, sans exception, les complices consentants de ce grand spectacle macabre.

Regardez autour de vous : les forêts brûlent comme des allumettes dans un four, les fleuves sont des égouts à ciel ouvert où flottent les cadavres des poissons et les rêves avortés de la biodiversité. La Méditerranée, cette mer jadis berceau des civilisations, n’est plus qu’une soupe tiède saturée de microplastiques et de déchets industriels, un cloaque où les méduses, ces reines de la résilience, règnent en maîtres sur un royaume de silence et de mort. En France, les vignobles de Bordeaux et de Bourgogne, ces temples du terroir et de l’arrogance humaine, voient leurs ceps griller sous un soleil de plomb, leurs raisins se transformer en grains de raisin sec avant même d’avoir mûri. Les paysans, ces derniers romantiques d’un monde disparu, se pendent aux poutres de leurs granges ou vendent leurs terres à des fonds d’investissement qui plantent des panneaux solaires comme on plante des drapeaux sur un champ de bataille. L’Europe, elle, se pare des oripeaux de la vertu écologique, vote des lois vertes qui ressemblent à des pansements sur une jambe de bois, et continue de subventionner les énergies fossiles avec la même hypocrisie qu’un prêtre prêchant la chasteté dans un bordel.

Mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas le climat qui nous tue, c’est notre incapacité à penser au-delà du prochain trimestre boursier, du prochain cycle électoral, de la prochaine saison de *Love Island*. Nous sommes les héritiers d’une tradition de pensée qui a sacralisé la domination de l’homme sur la nature, comme si cette dernière n’était qu’un décor de théâtre, une toile de fond sur laquelle nous pouvions jouer nos petites tragédies égoïstes. Descartes, ce fossoyeur de l’âme, nous a appris à voir le monde comme une machine, un mécanisme à démonter et à exploiter. Bacon, ce prophète du viol systématique, nous a enseigné que la nature devait être « torturée » pour livrer ses secrets. Et nous, pauvres fous, avons suivi leurs préceptes avec la ferveur des convertis, transformant la Terre en un laboratoire à ciel ouvert où nous sommes à la fois les cobayes et les bourreaux.

Le néolibéralisme, cette religion sans dieu mais avec des actionnaires, a achevé le travail. Il a réduit la nature à une simple variable d’ajustement dans l’équation du profit, un « capital naturel » à exploiter jusqu’à la dernière goutte. Les marchés du carbone ? Une blague de mauvais goût, un tour de passe-passe où les pollueurs achètent le droit de continuer à empoisonner la planète en plantant quelques arbres en Amazonie, comme si un chèque pouvait racheter un crime. Les « green bonds », ces obligations vertes qui permettent aux banques de blanchir leur image en finançant des éoliennes made in China par des enfants sous-payés ? Une insulte à l’intelligence. Et les COP, ces grand-messes climatiques où les dirigeants du monde se congratulent entre deux vols en jet privé ? Un cirque pathétique, une mascarade où l’on discute de la fin du monde en sirotant du champagne bio.

Et que dire de cette nouvelle forme de fascisme qui émerge, ce fascisme vert qui, sous prétexte de sauver la planète, veut imposer des régimes autoritaires où les libertés individuelles seraient sacrifiées sur l’autel de l’urgence écologique ? Ces écologistes de salon, ces collapsologues en costume trois-pièces qui nous expliquent que la fin justifie les moyens, que la dictature est préférable au chaos ? Ils oublient une chose : l’histoire nous a appris que toute idéologie qui commence par dire « il faut sacrifier les libertés pour le bien commun » finit toujours par sacrifier le bien commun pour le pouvoir. Le fascisme, qu’il soit brun ou vert, reste du fascisme. Et le fascisme, sous quelque forme qu’il se présente, est toujours une trahison de l’humanité.

Mais au milieu de ce champ de ruines, il reste une lueur d’espoir – ou du moins, une résistance. Une résistance qui ne vient pas des gouvernements, ni des multinationales, ni même des ONG, ces institutions souvent aussi bureaucratiques et inefficaces que les États qu’elles prétendent combattre. Non, cette résistance vient des marges, des invisibles, de ceux qui refusent de jouer le jeu. Les zadistes, ces hérétiques modernes qui occupent les terres pour les soustraire à la voracité des promoteurs immobiliers. Les paysans qui refusent les OGM et les pesticides, et qui cultivent la terre comme on cultive une révolte. Les artistes, les poètes, les fous, ceux qui voient dans la destruction du monde non pas une fatalité, mais un appel à réinventer l’humain. Car c’est là, dans cette réinvention, que réside notre dernière chance.

L’humanité a toujours été une espèce paradoxale : capable du pire, mais aussi du meilleur. Nous avons inventé la bombe atomique, mais aussi la *Divine Comédie*. Nous avons réduit des peuples en esclavage, mais nous avons aussi écrit la *Déclaration des droits de l’homme*. Nous avons empoisonné les océans, mais nous avons aussi composé la *Neuvième Symphonie*. Le problème, c’est que nous avons laissé les comptables, les ingénieurs et les politiciens prendre le pouvoir sur les poètes, les rêveurs et les fous. Nous avons cru que la rationalité économique pouvait remplacer la sagesse, que la croissance pouvait remplacer le sens, que le profit pouvait remplacer la beauté. Nous nous sommes trompés. Et aujourd’hui, nous en payons le prix.

Alors, que faire ? D’abord, arrêter de croire aux solutions miracles. Il n’y a pas de technologie salvatrice, pas de politique magique, pas de leader providentiel qui va nous sauver. La seule chose qui peut nous sauver, c’est une révolution intérieure, une remise en question radicale de notre rapport au monde. Il faut réapprendre à voir la nature non pas comme une ressource, mais comme une mère, une sœur, une partie de nous-mêmes. Il faut réapprendre à vivre lentement, à consommer moins, à partager plus. Il faut réapprendre à écouter les silences, à entendre le chant des oiseaux, à sentir l’odeur de la terre après la pluie. Il faut réapprendre à être humains.

Et surtout, il faut résister. Résister à la tentation du désespoir, qui est la dernière ruse du système pour nous faire abandonner. Résister à la tentation de la violence, qui ne fait que reproduire les schémas de domination que nous combattons. Résister à la tentation de la soumission, qui est la pire des trahisons. Car tant qu’il y aura un seul homme, une seule femme, un seul enfant qui refusera de se coucher devant le rouleau compresseur du progrès, il y aura de l’espoir. Et cet espoir, aussi fragile soit-il, est notre seule arme contre la nuit qui vient.

« *L’homme est un roseau pensant* », disait Pascal. Mais aujourd’hui, ce roseau est courbé sous le poids de ses propres contradictions. Il est temps de se redresser. Il est temps de penser, non pas comme des machines à consommer, mais comme des êtres vivants, fragiles et magnifiques, capables de créer et de détruire, de haïr et d’aimer, de mourir et de renaître. Il est temps de choisir. Et ce choix, mes amis, est le dernier qui nous reste.

Analogie finale : Imaginez un arbre millénaire, un chêne centenaire, dressé au milieu d’une forêt primaire. Ses racines plongent dans les profondeurs de la terre, ses branches s’élèvent vers le ciel, et entre les deux, dans cet espace sacré où la sève circule comme le sang dans nos veines, se joue le mystère de la vie. Cet arbre, c’est l’Europe. Ses racines, ce sont nos vieilles civilisations, nos mythes, nos révolutions, nos guerres, nos espoirs. Ses branches, ce sont nos rêves d’avenir, nos utopies, nos folies. Mais aujourd’hui, l’arbre est malade. Les racines sont rongées par les termites du capitalisme, les branches sont brûlées par les feux du réchauffement climatique, et la sève, cette sève qui faisait la force et la beauté de l’arbre, se tarit peu à peu. Les hommes, ces fourmis affairées, courent en tous sens, grimpent le long du tronc, creusent des galeries dans l’écorce, sans voir que l’arbre est en train de mourir. Ils plantent des banderoles, organisent des conférences, votent des lois, mais rien n’y fait. L’arbre continue de dépérir. Et un jour, peut-être demain, peut-être dans cent ans, l’arbre tombera. Et quand il tombera, ce ne sera pas seulement un arbre qui mourra. Ce sera une partie de nous-mêmes. Car nous sommes cet arbre. Nous sommes ses racines, ses branches, sa sève. Et si l’arbre meurt, nous mourrons avec lui. Alors, que faire ? Peut-être, simplement, s’asseoir au pied de l’arbre, poser une main sur son écorce rugueuse, et écouter. Écouter le vent dans ses feuilles, le craquement de ses branches, le murmure de la sève. Écouter, et se souvenir. Se souvenir que nous sommes vivants. Se souvenir que nous sommes fragiles. Se souvenir que nous sommes beaux. Et puis, se lever, et commencer à soigner l’arbre. Non pas avec des remèdes miracles, non pas avec des solutions toutes faites, mais avec patience, avec amour, avec humilité. Car c’est cela, la seule révolution qui vaille : la révolution de l’attention, la révolution du soin, la révolution de l’amour. Et c’est peut-être, aussi, la seule façon de sauver l’arbre. Et de nous sauver nous-mêmes.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *