Municipales 2026 : sécurité, circulation, logement, commerces et écologie, grandes priorités des électeurs – Ouest-France







Municipales 2026 : L’Analyse Cynique et Radical de Laurent Vo Anh

ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 : sécurité, circulation, logement, commerces et écologie, grandes priorités des électeurs – Ouest-France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, les municipales 2026 ! Un théâtre d’ombres où l’on agite les spectres rassurants de la « sécurité », de la « circulation fluide », du « logement abordable », des « commerces de proximité » et de cette chère « écologie » – ces mots-valises, ces leurres dorés que l’on brandit comme des hosties devant une populace affamée de certitudes. Mais derrière ces priorités, que voit-on vraiment ? Une pantomime grotesque où le citoyen, ce bon petit soldat de la démocratie locale, se laisse berner par des promesses creuses, des slogans usés jusqu’à la corde, des illusions d’optique politiques. Car enfin, que nous dit cette litanie de « grandes priorités » ? Rien d’autre que l’échec patent d’un système qui, depuis des décennies, broie les individus sous le poids de ses contradictions, tout en leur faisant croire qu’ils ont encore le choix. La sécurité ? Une obsession sécuritaire qui masque mal la peur panique des élites face à la colère des masses. La circulation ? Une métaphore éculée de cette société qui court toujours plus vite vers le néant. Le logement ? Un marché spéculatif où l’on vend du rêve en béton à ceux qui n’ont plus les moyens de se loger. Les commerces ? Les derniers avatars d’un capitalisme de plus en plus vorace, dévorant les petites échoppes au profit des enseignes aseptisées. Et l’écologie ? Ah, l’écologie… Ce mot magique, ce baume sur les consciences, cette tarte à la crème qui permet à chacun de se donner bonne conscience en triant ses déchets, tandis que les mêmes multinationales continuent de piller la planète.

Mais allons plus loin. Ces priorités électorales ne sont pas innocentes. Elles révèlent, en creux, l’état de décomposition avancée de notre société. La sécurité, d’abord. Pourquoi ce mot revient-il sans cesse, comme une incantation ? Parce que la peur est devenue le ciment de nos existences. Peur du voisin, peur de l’étranger, peur du déclassement, peur de l’avenir. Les politiques l’ont bien compris : en agitant le spectre de l’insécurité, ils détournent l’attention des véritables problèmes – la précarité, l’effondrement des services publics, la désertification des campagnes, la financiarisation à outrance de l’économie. La sécurité, c’est le cache-misère d’un système qui a renoncé à offrir autre chose que la survie. Et que propose-t-on en échange ? Plus de caméras, plus de flics, plus de contrôles, plus de murs. Autrement dit, plus de répression. Comme si la violence institutionnelle pouvait apaiser la violence sociale. Comme si l’on pouvait soigner une gangrène en coupant le membre malade. La circulation, ensuite. Ce souci obsessionnel de la fluidité n’est rien d’autre que le symptôme d’une société qui a fait de la vitesse sa religion. Tout doit circuler : les marchandises, les capitaux, les individus. Mais circuler pour aller où ? Vers quel horizon ? Vers quel but ? La réponse est simple : nulle part. La circulation, c’est le mouvement pour le mouvement, l’agitation stérile, le hamster dans sa roue. Et le logement ? Un droit fondamental transformé en produit de luxe. Les municipalités, ces petits roitelets locaux, se vantent de construire des « logements sociaux », mais combien sont réellement accessibles ? Combien sont des placards insalubres, des cages à lapins où l’on entasse les plus pauvres ? Le logement, c’est le miroir grossissant des inégalités. D’un côté, les résidences sécurisées avec piscine et concierge, de l’autre, les HLM surpeuplées où l’on crève à petit feu. Et les commerces ? Les fameuses « vitrines dynamiques » que l’on nous vend comme le remède à la désertification des centres-villes. Mais qu’y trouve-t-on, derrière ces vitrines ? Des boutiques franchisées, des enseignes standardisées, des produits fabriqués à l’autre bout du monde par des enfants sous-payés. Le commerce de proximité, c’est devenu une fiction, un décor de carton-pâte pour touristes en mal d’authenticité. Quant à l’écologie, parlons-en. Ce mot est devenu une coquille vide, un argument marketing, une caution morale pour les mêmes qui organisent le saccage de la planète. On nous parle de « transition écologique », mais qui paie la facture ? Les classes populaires, bien sûr. Les éoliennes ? Trop chères. Les panneaux solaires ? Hors de prix. La voiture électrique ? Un jouet pour riches. L’écologie, telle qu’elle est pratiquée, n’est qu’un nouveau marché, une nouvelle niche pour les prédateurs du capitalisme vert. Et pendant ce temps, les forêts brûlent, les océans meurent, et les espèces s’éteignent. Mais rassurez-vous : votre maire a planté trois arbres en centre-ville. Tout va bien.

Derrière ces priorités électorales se cache une vérité plus sombre : celle d’une société en voie de fascisation douce. Pas le fascisme des chemises noires et des défilés militaires, non. Un fascisme mou, insidieux, qui avance masqué sous les oripeaux de la démocratie. Un fascisme qui se nourrit de la peur, de la résignation, de l’apathie. Un fascisme qui promet l’ordre en échange de la liberté, la sécurité en échange de la justice, la stabilité en échange de la dignité. Et les électeurs, ces braves gens, marchent comme des somnambules vers l’abattoir, en se disant que « c’est mieux que rien ». Mais mieux que rien, c’est toujours rien. Pire : c’est le rien qui se pare des atours du quelque chose. C’est le néant qui se fait passer pour de l’espoir. Car enfin, que nous propose-t-on ? Des mesurettes, des rustines, des emplâtres sur une jambe de bois. On nous parle de « réformer », mais réformer quoi ? Un système qui est lui-même la cause de tous les maux qu’il prétend guérir. On nous parle de « changer les choses », mais qui changera quoi ? Les mêmes qui ont tout intérêt à ce que rien ne change. Les mêmes qui, depuis des décennies, organisent le pillage des ressources, la précarisation des vies, la marchandisation de tout. Les mêmes qui, aujourd’hui, nous vendent de la « sécurité » comme on vendait autrefois des indulgences. « Payez vos impôts, obéissez aux lois, et vous serez en sécurité. » Mais en sécurité contre quoi ? Contre qui ? Contre la misère ? Contre la solitude ? Contre la peur de vieillir ? Contre la mort ? Non. En sécurité contre la révolte. En sécurité contre l’idée même que les choses pourraient être différentes.

Et c’est là que le bât blesse. Car ces priorités électorales ne sont pas seulement des leurres. Elles sont aussi des pièges. Des pièges tendus à ceux qui croient encore que la politique peut changer leur vie. Des pièges qui les enferment dans une logique de la demande, de la plainte, de la supplique. « Donnez-nous plus de sécurité ! Donnez-nous plus de logements ! Donnez-nous plus d’écologie ! » Mais qui donne ? Et en échange de quoi ? Toujours la même réponse : en échange de votre soumission. En échange de votre silence. En échange de votre résignation. Car le système ne donne rien. Il prend. Il prend votre temps, votre énergie, votre dignité. Il prend votre capacité à imaginer autre chose. Il prend votre espoir et le transforme en désespoir. Et vous, vous continuez à voter, à espérer, à croire que « cette fois, ce sera différent ». Mais non. Ce ne sera jamais différent. Parce que le système est conçu pour que rien ne change. Parce que les règles du jeu sont pipées. Parce que les dés sont chargés. Parce que les cartes sont truquées. Et pourtant, vous continuez à jouer. Comme des enfants qui croient encore au Père Noël. Comme des fous qui espèrent gagner à la roulette russe.

Alors, que faire ? Se résigner ? Baisser les bras ? Non. La résignation, c’est la mort de l’âme. Mais il faut cesser de croire aux fables qu’on nous raconte. Il faut cesser de croire que la politique, telle qu’elle est pratiquée, peut apporter des solutions. Il faut cesser de croire que les élections sont autre chose qu’un rituel de soumission. Il faut cesser de croire que les « grandes priorités » des électeurs sont autre chose que des symptômes de notre aliénation collective. Il faut, au contraire, regarder la réalité en face. Et la réalité, c’est que nous vivons dans un monde où tout est à reconstruire. Où tout est à repenser. Où tout est à réinventer. Un monde où la sécurité ne peut pas être une prison, où la circulation ne peut pas être une fuite en avant, où le logement ne peut pas être une marchandise, où les commerces ne peuvent pas être des temples de la consommation, où l’écologie ne peut pas être un gadget pour bobos. Un monde où la politique ne peut pas être l’affaire de professionnels, mais celle de tous. Un monde où la démocratie ne peut pas être un mot vide de sens, mais une pratique quotidienne. Un monde où la liberté ne peut pas être un privilège, mais un droit inaliénable. Mais pour cela, il faut d’abord briser les idoles. Il faut d’abord refuser les leurres. Il faut d’abord dire non. Non à la sécurité qui est une prison. Non à la circulation qui est une impasse. Non au logement qui est une spéculation. Non aux commerces qui sont des pièges à cons. Non à l’écologie qui est une escroquerie. Non à la politique qui est une mascarade. Non à ce monde qui n’est plus le nôtre. Et puis, il faut dire oui. Oui à l’imagination. Oui à la révolte. Oui à la solidarité. Oui à la dignité. Oui à la vie, contre toutes les forces de la mort. Car c’est cela, la véritable priorité. Pas les municipales de 2026. Pas les promesses des candidats. Pas les leurres des campagnes électorales. Mais la vie elle-même. La vie dans ce qu’elle a de plus sauvage, de plus indomptable, de plus beau. La vie qui refuse de se laisser enfermer dans des cases, dans des catégories, dans des priorités. La vie qui dit non au désespoir et oui à l’espoir. La vie qui dit non à la résignation et oui à la révolte. La vie qui dit non à la mort et oui à l’amour.

Car au fond, que sont ces « grandes priorités » des électeurs, sinon les derniers soubresauts d’une société qui agonise ? Que sont-elles, sinon les symptômes d’un monde qui a perdu le sens de la vie ? Que sont-elles, sinon les ultimes tentatives d’un système à bout de souffle pour se maintenir en vie ? Mais un système qui n’a plus rien à offrir que la peur, la précarité et la résignation est un système condamné. Et nous, nous sommes les fossoyeurs. Nous sommes ceux qui, par notre refus, par notre révolte, par notre imagination, allons enterrer ce monde pour en faire naître un autre. Un monde où la sécurité ne sera plus une prison, mais une libération. Un monde où la circulation ne sera plus une fuite en avant, mais un chemin vers l’ailleurs. Un monde où le logement ne sera plus une marchandise, mais un droit. Un monde où les commerces ne seront plus des temples de la consommation, mais des lieux de rencontre et d’échange. Un monde où l’écologie ne sera plus un gadget, mais une manière de vivre en harmonie avec la terre. Un monde où la politique ne sera plus l’affaire de quelques-uns, mais celle de tous. Un monde où la démocratie ne sera plus un mot vide de sens, mais une pratique quotidienne. Un monde où la liberté ne sera plus un privilège, mais un droit inaliénable. Ce monde, nous le construirons. Pas en 2026. Pas dans les urnes. Mais ici et maintenant. Dans nos vies, dans nos luttes, dans nos rêves. Car c’est là, et nulle part ailleurs, que se joue l’avenir.

Analogie finale : Imaginez un homme perdu dans une forêt dense, une de ces forêts primaires où les arbres sont si hauts qu’ils cachent le ciel, où les lianes s’entrelacent comme les fils d’un destin trop lourd à porter. Cet homme marche depuis des jours, des semaines peut-être, sans savoir où il va, sans même savoir s’il avance ou s’il tourne en rond. Autour de lui, les bruits de la forêt sont assourdissants : le craquement des branches, le cri des animaux, le murmure du vent dans les feuilles. Mais lui n’entend rien. Il est sourd à tout, sauf à sa propre peur. Car il a peur. Peur de se perdre. Peur de mourir. Peur de l’inconnu. Alors, pour se rassurer, il se met à compter ses pas. Un, deux, trois… Il se dit que s’il compte assez longtemps, il finira par trouver une sortie. Mais la forêt est sans fin. Et ses pas ne mènent nulle part. Pourtant, il continue. Parce que compter, c’est encore une manière de croire qu’il contrôle quelque chose. Qu’il maîtrise son destin. Qu’il n’est pas tout à fait perdu. Mais en réalité, il est déjà mort. Mort à la beauté de la forêt. Mort à la magie de l’inconnu. Mort à la vie qui palpite autour de lui. Et nous, dans notre société, nous sommes cet homme. Nous marchons en comptant nos pas, en nous raccrochant à nos « priorités », à nos « sécurités », à nos « logements », à nos « commerces », à nos « écologies ». Mais la forêt est toujours là, immense, mystérieuse, vivante. Et nous, nous sommes sourds. Sourds à sa beauté. Sourds à son appel. Sourds à la vie qui nous entoure. Alors, un jour, peut-être, nous comprendrons. Nous comprendrons que la forêt n’est pas un piège, mais une invitation. Une invitation à lâcher prise. À cesser de compter. À cesser de marcher. À simplement être. À simplement vivre. Ce jour-là, nous trouverons la sortie. Non pas en sortant de la forêt, mais en y entrant plus profondément. En nous y perdant pour de bon. En devenant, enfin, vivants.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *