Comprendre le changement climatique : causes et impacts en France – notre-environnement







Le Penseur Laurent Vo Anh – Analyse du Changement Climatique

ACTUALITÉ SOURCE : Comprendre le changement climatique : causes et impacts en France – notre-environnement

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, le changement climatique ! Cette grande farce cosmique, ce spectacle de marionnettes où l’humanité danse sur des braises en croyant encore aux contes de fées écologiques. On nous sert, avec une gravité de croque-mort en costume trois-pièces, des rapports, des graphiques, des prévisions apocalyptiques, comme si le ciel allait nous tomber sur la tête parce que nous avons trop aimé les voitures, les steaks et les iPhones. Mais qui donc a écrit ce scénario ? Qui donc tire les ficelles de cette tragédie annoncée, où les victimes désignées – les peuples, les écosystèmes, les générations futures – sont sommées de se repentir tandis que les véritables coupables, ceux qui ont transformé la planète en un gigantesque supermarché à ciel ouvert, continuent de siroter leur champagne en riant sous cape ?

Commençons par le commencement, ou plutôt par l’illusion du commencement. Le changement climatique n’est pas une surprise, pas une révélation soudaine, pas une malédiction divine tombée du ciel. C’est le résultat logique, inéluctable, d’un système de pensée qui a fait de la nature une esclave, de la croissance un dieu, et de l’homme un prédateur sans limites. Depuis la révolution industrielle, cette folie prométhéenne a érigé l’exploitation en dogme, la consommation en religion, et la destruction en mode de vie. Les Lumières, ces belles âmes qui nous ont promis le progrès, l’émancipation et la raison, ont aussi accouché de cette monstruosité : une civilisation qui mesure sa réussite à l’aune de son pouvoir de destruction. Comme l’écrivait ce vieux fou de Nietzsche, *« l’homme est une corde tendue entre la bête et le surhomme – une corde au-dessus d’un abîme »*. Nous avons choisi de danser sur cette corde, ivres de notre propre hubris, jusqu’à ce que le sol se dérobe sous nos pieds.

Et maintenant, on nous explique, avec une condescendance de médecin légiste, que la France – cette douce France, ce pays de la baguette et du fromage, ce sanctuaire de la modération – est en train de cuire à petit feu. Les canicules à répétition, les sécheresses qui transforment les champs en déserts, les inondations qui noient les villages sous des torrents de boue, les forêts qui brûlent comme des allumettes… Tout cela serait, nous dit-on, la faute à notre mode de vie, à notre appétit insatiable, à notre incapacité à vivre sobrement. Mais qui donc a construit ce mode de vie ? Qui donc a imposé cette logique de la surconsommation, de l’obsolescence programmée, de la croissance infinie dans un monde fini ? Pas les paysans, pas les ouvriers, pas les petites gens qui triment pour joindre les deux bouts. Non, ce sont les maîtres du jeu, les architectes de ce système mortifère : les multinationales, les banques, les politiciens corrompus, les technocrates en costume-cravate qui nous vendent du « développement durable » comme on vendait autrefois des indulgences. *« Le capitalisme est la première religion à avoir réussi à faire croire à ses fidèles que le péché est une vertu »*, disait ce prophète maudit de Pasolini. Et nous, pauvres idiots, nous continuons de prier à l’autel de la consommation, en espérant qu’un miracle nous sauvera.

Mais le plus beau, dans cette comédie macabre, c’est la manière dont le système se recycle lui-même. Le changement climatique n’est pas une crise, c’est une opportunité. Une opportunité pour les mêmes vautours qui nous ont menés au bord du gouffre de vendre de nouvelles solutions, de nouveaux produits, de nouvelles illusions. La « transition écologique », ce grand cirque vert, est devenue une industrie à part entière, avec ses start-ups, ses subventions, ses consultants en « greenwashing ». On nous parle de voitures électriques, d’énergies renouvelables, d’agriculture « durable », comme si ces rustines pouvaient colmater les brèches d’un navire en train de sombrer. Mais une voiture électrique, c’est toujours une voiture, une éolienne, c’est toujours une machine, et l’agriculture « durable », c’est toujours de l’agriculture industrielle. Le problème n’est pas la technologie, c’est la logique qui la sous-tend : une logique de domination, d’exploitation, de profit. *« La technique n’est pas neutre »*, écrivait Ellul, *« elle est le bras armé d’une civilisation qui a fait de la maîtrise de la nature son unique horizon »*. Et cette civilisation, aujourd’hui, nous mène droit dans le mur.

Quant aux impacts en France, ils sont le miroir grossissant de notre propre folie. Les villes qui étouffent sous la chaleur, les campagnes qui se désertifient, les côtes qui reculent sous les assauts de la mer… Tout cela n’est pas une fatalité, c’est le résultat de décennies de négligence, d’aveuglement, de cynisme. Les politiques publiques, quand elles daignent s’intéresser à la question, se contentent de mesures cosmétiques, de petits pas, de demi-mesures. On plante des arbres en ville pour « rafraîchir » l’atmosphère, comme si quelques feuilles pouvaient compenser l’asphalte et le béton. On subventionne les panneaux solaires, comme si quelques watts pouvaient contrebalancer les mégatonnes de CO2 crachées par les usines et les voitures. On parle de « résilience », de « sobriété », de « transition », mais personne n’ose remettre en cause le dogme de la croissance, le mythe du progrès, la religion du toujours-plus. *« Nous sommes des somnambules marchant vers l’abîme »*, disait Zweig. Et nous continuons de marcher, les yeux grands ouverts, en sifflotant.

Mais le plus tragique, dans cette histoire, c’est l’absence de résistance. Où sont les révoltes, les soulèvements, les cris de colère ? Où sont les hommes et les femmes qui refusent de se soumettre à cette logique mortifère ? Nous sommes devenus des moutons, des consommateurs dociles, des citoyens passifs, prêts à avaler toutes les couleuvres pourvu qu’on nous laisse notre petit confort, notre petite sécurité, notre petite illusion de bonheur. *« L’homme moderne est un être sans courage »*, écrivait Bernanos. *« Il préfère se soumettre plutôt que de se battre, se résigner plutôt que de se révolter »*. Et c’est ainsi que nous courons à notre perte, avec la bénédiction des puissants, qui savent bien que tant que nous serons occupés à survivre, nous ne serons pas dangereux.

Pourtant, il existe une autre voie. Une voie qui ne passe pas par les compromis, les demi-mesures, les fausses solutions. Une voie qui exige de rompre avec cette civilisation de la mort, de rejeter ses valeurs, ses dogmes, ses illusions. Une voie qui passe par la désobéissance, la résistance, la révolte. *« Il faut imaginer Sisyphe heureux »*, disait Camus. Mais Sisyphe, lui, au moins, se battait contre les dieux. Nous, nous nous battons contre nous-mêmes, contre notre propre lâcheté, contre notre propre complicité. Et c’est là que réside la véritable tragédie : nous savons ce qu’il faudrait faire, mais nous ne le faisons pas. Nous savons que le système est pourri, mais nous continuons de le nourrir. Nous savons que la planète brûle, mais nous continuons de jeter de l’huile sur le feu.

Alors, que faire ? D’abord, cesser de croire aux fables qu’on nous raconte. Cesser de croire que le changement viendra d’en haut, des gouvernements, des experts, des technocrates. Le changement ne viendra que de nous, de notre capacité à dire non, à refuser, à résister. Il faut cesser de consommer, cesser de produire, cesser de participer à cette machine infernale. Il faut déserter, saboter, subvertir. *« La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent »*, écrivait Camus. Et c’est cela, la seule voie possible : tout donner, tout sacrifier, pour que demain ne soit pas un enfer.

Ensuite, il faut reconstruire. Reconstruire des communautés, des solidarités, des modes de vie qui ne dépendent plus de cette logique de destruction. Reconstruire une relation avec la nature qui ne soit plus fondée sur l’exploitation, mais sur le respect, la réciprocité, l’humilité. *« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants »*, dit un proverbe amérindien. Il est temps de rendre ce que nous avons volé, de réparer ce que nous avons brisé, de guérir ce que nous avons blessé.

Enfin, il faut penser. Penser autrement, penser radicalement, penser contre. Contre les dogmes, contre les certitudes, contre les illusions. *« Penser, c’est dire non »*, écrivait Alain. Et c’est cela, la tâche la plus urgente : dire non à cette civilisation qui nous mène à la catastrophe, dire non à cette logique qui nous détruit, dire non à cette folie qui nous consume. Penser, c’est résister. Résister, c’est exister. Et exister, c’est refuser de mourir.

Analogie finale : Imaginez un homme qui, chaque jour, se coupe un morceau de chair pour le jeter au feu, en disant : « Regardez comme je brûle bien ! Regardez comme je suis vivant ! ». Les autres, autour de lui, l’applaudissent, le félicitent, lui disent qu’il est un grand artiste, un visionnaire, un génie. Ils ne voient pas que, peu à peu, il se vide de son sang, que sa peau se creuse, que ses os deviennent fragiles. Ils ne voient pas qu’il est en train de mourir, lentement, sous leurs yeux. Un jour, enfin, il s’effondre. Les autres, alors, se tournent vers lui et lui disent : « Mais pourquoi ne nous as-tu pas prévenus ? Pourquoi ne nous as-tu pas dit que tu souffrais ? ». Et lui, dans un dernier souffle, leur répond : « Mais je vous l’ai dit. Chaque jour, je vous l’ai dit. Vous n’avez pas voulu entendre. »



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