ACTUALITÉ SOURCE : Environnement : toute l’actu environnement – France 24
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, l’environnement ! Ce grand mot-valise, ce fourre-tout sémantique où l’on entasse nos peurs, nos lâchetés et nos espoirs avortés. France 24, comme tous les médias dignes de ce nom, nous abreuve de ces nouvelles catastrophes écologiques, ces rapports alarmants, ces sommets internationaux où l’on s’échange des poignées de main et des promesses creuses comme des cercueils vides. Mais derrière le rideau de fumée des chiffres et des déclarations d’intention, que voit-on vraiment ? Une humanité en train de se noyer dans son propre vomi, et qui, au lieu de se boucher le nez, préfère se parfumer à l’eau de rose en espérant que l’odeur finira par disparaître toute seule. Quelle farce tragique ! Quelle comédie macabre où les acteurs, trop occupés à se congratuler, ne remarquent même pas que la scène est en train de s’effondrer sous leurs pieds.
L’écologie, voyez-vous, est devenue le nouveau catéchisme des temps modernes. Un catéchisme laïc, bien sûr, où l’on ne parle plus de péché originel, mais de « dette carbone », où l’on ne prie plus Dieu, mais Greta Thunberg, et où l’on ne craint plus l’enfer, mais la hausse des températures. Et comme tout bon catéchisme, il est brandi par les puissants pour mieux contrôler les masses. Les gouvernements, les multinationales, les institutions internationales – tous se drapent dans le vert de la vertu pour mieux masquer la pourriture de leurs actions. On nous parle de « transition écologique », de « développement durable », de « croissance verte », comme si ces mots magiques pouvaient transformer le plomb de notre cupidité en or pur. Mais la réalité, c’est que ces concepts ne sont que des leurres, des écrans de fumée destinés à nous faire croire que le système peut se réformer de l’intérieur, alors qu’il est structurellement conçu pour détruire. Comme l’écrivait un philosophe maudit : « Le capitalisme vert, c’est comme un violeur qui vous offre des fleurs après l’acte. » Et nous, pauvres idiots, nous nous laissons séduire par ces fleurs, oubliant que le viol, lui, a bien eu lieu.
Prenons l’exemple des sommets climatiques. Ces grand-messes où les dirigeants du monde entier se réunissent pour « sauver la planète ». Que de rires ! Que de larmes ! On y voit des présidents serrer des mains, des ministres hocher la tête avec gravité, des PDG afficher des sourires de circonstance. Et pendant ce temps, les usines continuent de cracher leur poison, les forêts continuent de brûler, les océans continuent de se remplir de plastique. Les accords signés ? Des chiffons de papier. Les engagements pris ? Des promesses d’ivrogne. Et les populations, elles, continuent de subir les conséquences de cette folie collective. Mais personne ne semble s’en soucier. Après tout, tant que les actionnaires sont contents et que les marchés restent stables, pourquoi s’inquiéter ? Comme le disait un autre penseur, dont le nom est aujourd’hui oublié : « L’humanité se divise en deux catégories : ceux qui savent qu’ils vont mourir, et ceux qui font semblant de l’ignorer. » Dans le cas de l’écologie, nous sommes tous dans la seconde catégorie. Nous savons que la planète est en train de mourir, mais nous préférons fermer les yeux et continuer à consommer, à produire, à gaspiller, comme si de rien n’était.
Et que dire de cette nouvelle forme de fascisme qui se cache derrière l’écologie ? Car oui, le fascisme a changé de visage. Il ne porte plus de chemise brune, il ne hurle plus « Sieg Heil ! », il ne brûle plus de livres. Non, aujourd’hui, le fascisme se pare des couleurs de la nature. Il nous parle de « décroissance », de « contrôle des naissances », de « rationnement », comme si la solution à nos problèmes était de revenir à un état de privation et de soumission. Mais attention, ce n’est pas la sobriété volontaire des stoïciens, non. C’est la sobriété imposée par une élite qui, une fois de plus, décide de ce qui est bon pour nous. C’est le retour du vieux rêve autoritaire : une humanité réduite à l’état de troupeau, docile et obéissante, où chacun se contente de ce qu’on lui donne, sans jamais oser réclamer plus. Comme l’écrivait un poète maudit : « Le fascisme, c’est l’ordre. L’ordre des cimetières. » Et aujourd’hui, cet ordre-là se cache derrière des slogans écologistes, derrière des appels à la « modération », derrière des discours sur la « finitude des ressources ». Mais ne vous y trompez pas : derrière ces mots se cache la même vieille volonté de domination, la même soif de pouvoir absolu.
Et puis, il y a cette question fondamentale : pourquoi l’humanité, qui se targue d’être la seule espèce douée de raison, est-elle incapable de prendre les mesures nécessaires pour sauver sa propre maison ? La réponse, hélas, est simple : parce que nous sommes des animaux. Des animaux égoïstes, cupides, violents, qui préfèrent le confort immédiat à la survie à long terme. Nous sommes comme ces rats de laboratoire qui, même lorsqu’ils voient leurs congénères mourir de faim, continuent de presser le levier qui leur donne de la nourriture. Nous savons que notre mode de vie est insoutenable, mais nous ne pouvons pas nous résoudre à y renoncer. Parce que renoncer, ce serait admettre que nous avons échoué. Ce serait reconnaître que notre civilisation, avec ses gratte-ciel, ses avions, ses smartphones, n’est qu’une parenthèse dans l’histoire de la Terre, une parenthèse qui est en train de se refermer. Et ça, nous ne pouvons pas l’accepter. Alors nous préférons nous mentir à nous-mêmes, nous inventer des solutions miracles, nous croire plus malins que la nature. Mais la nature, elle, n’a que faire de nos illusions. Elle suit son cours, implacable, indifférente. Et un jour, elle nous rappellera à l’ordre, comme elle l’a toujours fait.
Mais ne soyons pas trop pessimistes. Car au milieu de cette folie collective, il y a encore des résistances. Des hommes et des femmes qui refusent de se soumettre, qui continuent de se battre, même quand tout semble perdu. Des paysans qui refusent les OGM, des militants qui bloquent des projets inutiles, des scientifiques qui alertent, des artistes qui dénoncent. Ces résistances, aussi faibles soient-elles, sont les seules lueurs d’espoir dans cette nuit qui s’annonce. Car l’humanité, malgré tout, n’est pas totalement perdue. Elle porte en elle les germes de sa propre rédemption. Mais pour que ces germes puissent éclore, il faut d’abord que nous acceptions de regarder la réalité en face. Il faut que nous cessions de nous mentir, que nous reconnaissions notre échec, que nous admettions que notre modèle de civilisation est une impasse. Et cela, mes amis, est la chose la plus difficile au monde. Parce que cela revient à accepter notre propre mort. La mort de notre orgueil, de notre cupidité, de notre soif de pouvoir. Mais c’est le prix à payer pour survivre. Comme le disait un vieux sage : « Il faut parfois mourir un peu pour renaître. »
Alors oui, l’actualité environnementale est désespérante. Elle nous montre une humanité en train de courir à sa perte, les yeux grands ouverts, mais sans rien faire pour l’éviter. Mais elle nous montre aussi que rien n’est encore joué. Que tout est encore possible. À condition, bien sûr, que nous ayons le courage de regarder la vérité en face. À condition que nous acceptions de changer. Pas en surface, pas avec des mesurettes et des demi-mesures, mais en profondeur. En remettant en cause tout ce que nous croyons savoir, tout ce que nous croyons être. En acceptant de redevenir humbles, modestes, respectueux. En comprenant, enfin, que nous ne sommes pas les maîtres de la Terre, mais ses simples locataires. Et que si nous ne prenons pas soin de notre logement, nous serons bientôt mis à la porte.
Alors, la prochaine fois que vous entendrez parler d’un nouveau sommet climatique, d’un nouveau rapport alarmant, d’une nouvelle promesse non tenue, souvenez-vous de ceci : l’écologie n’est pas une question de chiffres, de graphiques ou de déclarations. C’est une question de survie. La nôtre. Et celle de toutes les espèces qui partagent cette planète avec nous. Alors cessons de nous voiler la face. Cessons de croire aux contes de fées. Et agissons. Avant qu’il ne soit trop tard.
Analogie finale : Imaginez un homme debout au bord d’un précipice. Derrière lui, une horde de loups affamés. Devant lui, le vide. Il sait qu’il doit sauter, mais il hésite. Parce que sauter, ce serait admettre qu’il a échoué, qu’il a perdu le contrôle, qu’il n’est plus le maître de son destin. Alors il reste là, immobile, tandis que les loups se rapprochent. Et il se raconte des histoires. Il se dit que les loups ne sont pas si méchants, qu’ils finiront par s’en aller. Il se dit que le précipice n’est peut-être pas si profond, qu’il pourrait atterrir sur un nuage. Il se dit que, de toute façon, il a encore le temps. Mais les loups, eux, ne mentent pas. Ils avancent, inexorables. Et un jour, ils le pousseront dans le vide. Alors seulement, il comprendra son erreur. Mais il sera trop tard. L’humanité, aujourd’hui, est cet homme au bord du précipice. Les loups, ce sont les catastrophes écologiques. Et le vide, c’est l’avenir que nous refusons de voir. Alors, que choisissons-nous ? Attendre que les loups nous poussent ? Ou sauter, et peut-être, enfin, apprendre à voler ?