ACTUALITÉ SOURCE : Comprendre le changement climatique : causes et impacts en France – notre-environnement
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, le changement climatique ! Ce grand théâtre des lamentations modernes, où l’on agite des chiffres comme des reliques saintes, où l’on se flagelle collectivement devant l’autel de la catastrophe annoncée, tout en continuant à baiser la terre avec la même frénésie qu’un chien en rut sur un coussin de soie. La France, ce vieux pays qui se croit encore le phare du monde, découvre avec une stupeur de vierge effarouchée que le ciel lui tombe sur la tête. Mais que croyaient-ils donc, ces héritiers des Lumières, ces adorateurs du progrès infini ? Que la nature était une putain docile, toujours prête à écarter les cuisses pour leurs usines, leurs SUV et leurs smartphones ? La terre n’est pas une esclave, messieurs-dames. Elle est une mère, et comme toute mère, elle finit par se lasser des enfants gâtés qui la souillent sans vergogne.
Les causes, nous dit-on, sont connues : émissions de CO₂, déforestation, industrialisation à outrance, capitalisme débridé. Tout cela est vrai, bien sûr, mais c’est aussi une manière commode de réduire le problème à une équation technique, comme si le mal était une simple panne de moteur qu’un bon mécanicien pourrait réparer. Non, le changement climatique n’est pas une panne. C’est une malédiction. Une malédiction que nous avons nous-mêmes invoquée, génération après génération, en croyant que la raison humaine pouvait tout dominer, tout calculer, tout exploiter. Nous avons oublié que l’homme n’est pas un dieu. Il n’est qu’un singe arrogant qui a appris à allumer des feux et à écrire des traités de morale en brûlant ses propres forêts.
Et voici que la France, ce pays qui se targue d’être la patrie des droits de l’homme, découvre avec horreur que ses côtes s’érodent, que ses vignobles grillent sous le soleil, que ses rivières se transforment en lits de cailloux. Les impacts, nous dit l’article, sont multiples : canicules mortelles, inondations dévastatrices, disparition des espèces, crises agricoles. Tout cela est documenté, chiffré, analysé. Mais où est la colère ? Où est la révolte ? On nous sert des rapports, des conférences, des accords internationaux, comme si le problème était une question de bonne volonté, de coopération entre nations bienveillantes. Mais le monde n’est pas une grande famille unie. C’est un champ de bataille où les plus forts écrasent les plus faibles, où les prédateurs se repaissent des proies, où les idéologies se dévorent entre elles comme des rats dans une cage.
Le capitalisme, ce grand pourvoyeur de malheurs, a transformé la planète en un supermarché à ciel ouvert. Tout y est à vendre : l’air, l’eau, les forêts, les animaux, même les rêves des hommes. Et nous, pauvres consommateurs hypnotisés, nous courons après les promotions, les nouveautés, les gadgets qui nous promettent le bonheur en trois clics. Nous sommes des hamsters dans une roue, tournant de plus en plus vite, jusqu’à l’épuisement. Le néolibéralisme, cette religion sans dieu, nous a convaincus que la liberté consistait à choisir entre deux marques de lessive ou entre deux partis politiques qui défendent les mêmes intérêts. La démocratie est devenue un spectacle, une mascarade où les électeurs sont des spectateurs passifs, applaudissant ou sifflant selon les humeurs du moment. Et pendant ce temps, les vrais maîtres du monde, ces oligarques invisibles qui tirent les ficelles, continuent à engraisser leurs comptes en banque en pillant les ressources de la terre.
Mais il y a pire encore. Il y a cette résignation molle, cette acceptation passive du désastre, comme si le changement climatique était une fatalité, une punition divine à laquelle nous ne pourrions échapper. Nous sommes devenus des zombies, des morts-vivants qui errent dans un monde en ruine en murmurant des prières écologistes. « Il faut recycler », « Il faut manger bio », « Il faut voter pour les verts ». Comme si ces petits gestes pouvaient arrêter l’apocalypse. Comme si le système allait se réformer tout seul, par la seule force de notre bonne conscience. Mais le système ne se réforme pas. Il se reproduit, il se renforce, il s’adapte. Il a déjà intégré l’écologie dans son discours, transformant la révolte en marché, la colère en produit de consommation. Les entreprises polluantes financent des campagnes de « sensibilisation », les gouvernements signent des accords vides de sens, et les médias nous abreuvent d’images de catastrophes pour mieux nous vendre des solutions illusoires. C’est le grand cirque de la culpabilisation : on nous fait porter le poids du désastre, on nous dit que c’est de notre faute, que nous sommes tous responsables, alors que les vrais coupables continuent à prospérer dans l’ombre.
Et puis il y a cette autre menace, plus sournoise encore : le néo-fascisme. Car le changement climatique n’est pas seulement une crise environnementale. C’est aussi une crise politique, une crise de civilisation. Quand les ressources se raréfient, quand les frontières deviennent des lignes de front, quand les peuples se sentent menacés, les vieux démons resurgissent. Les démagogues attisent les peurs, désignent des boucs émissaires, promettent un retour à un âge d’or mythique. « La France aux Français », « L’Europe d’abord », « Make America Great Again ». Ces slogans ne sont pas des solutions. Ce sont des cris de guerre. Des appels à la barbarie. Le fascisme n’est pas mort. Il a seulement changé de visage. Il se pare aujourd’hui des couleurs de l’écologie, du patriotisme, de la défense des « valeurs traditionnelles ». Mais sous le masque vert, c’est toujours la même bête immonde qui gronde : la haine de l’autre, la peur de la différence, la soif de pouvoir absolu.
Et nous, que faisons-nous ? Nous regardons, impuissants, le monde sombrer dans le chaos. Nous sommes comme ces passagers d’un navire en perdition, qui continuent à danser sur le pont en ignorant les cris des naufragés. Nous avons perdu le sens du sacré, le respect de la vie, la conscience de notre propre fragilité. Nous croyons que la technologie nous sauvera, que les scientifiques trouveront une solution, que les politiques prendront les bonnes décisions. Mais la technologie n’est qu’un outil. Elle peut détruire autant que construire. Les scientifiques sont des hommes, avec leurs limites, leurs faiblesses, leurs compromissions. Et les politiques ? Ils sont les serviteurs du système, pas ses maîtres. Ils ne changeront rien, parce qu’ils n’ont pas intérêt à changer quoi que ce soit.
Alors que reste-t-il ? La résistance. Pas cette résistance molle et consensuelle des écologistes de salon, mais une résistance radicale, intransigeante, une résistance qui refuse les compromis, qui dit non à l’ordre établi, qui se bat pour un autre monde. Une résistance humaniste, oui, mais pas au sens où l’entendent les bien-pensants. Une résistance qui ne se contente pas de recycler ses déchets, mais qui brûle les temples du capitalisme. Une résistance qui ne se contente pas de voter pour les verts, mais qui renverse les gouvernements. Une résistance qui ne se contente pas de prier pour la planète, mais qui la venge.
Car la terre n’a pas besoin de nos prières. Elle a besoin de notre colère. Elle a besoin que nous brisions les chaînes qui nous lient au système, que nous rejetions les illusions du progrès, que nous retrouvions le chemin de la révolte. Les anciens Grecs croyaient que la démesure des hommes attirait la colère des dieux. Aujourd’hui, c’est la terre elle-même qui se rebelle. Elle nous envoie des signes, des avertissements, des catastrophes. Mais nous ne voulons pas entendre. Nous préférons nous boucher les oreilles, fermer les yeux, continuer à danser sur le volcan. Jusqu’à ce que le volcan nous engloutisse.
Le changement climatique n’est pas une question technique. C’est une question métaphysique. C’est la confrontation de l’homme avec ses propres limites, avec sa propre folie. Nous avons cru que nous pouvions dominer la nature. Nous avons cru que nous étions les maîtres du monde. Mais la nature se venge. Et sa vengeance sera terrible.
« L’homme est un loup pour l’homme », disait Hobbes. Aujourd’hui, nous pourrions dire : « L’homme est un cancer pour la terre ». Nous avons transformé la planète en un gigantesque hôpital, où les métastases du capitalisme rongent les organes vitaux. Et nous, médecins impuissants, nous regardons le patient mourir en nous demandant ce que nous aurions pu faire. Mais il est trop tard pour les regrets. Il est temps d’agir. Pas avec des mots, pas avec des rapports, pas avec des conférences. Avec des actes. Avec la rage de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Avec l’espoir fou de ceux qui croient encore que le monde peut être sauvé.
Car le monde peut être sauvé. Mais pas par ceux qui le dirigent. Pas par les puissants, pas par les riches, pas par les savants. Par nous. Par les fous, les rêveurs, les révoltés. Par ceux qui refusent de se soumettre, qui refusent de baisser les bras, qui refusent de croire que tout est perdu. La terre n’est pas condamnée. Elle est blessée, oui, mais elle peut guérir. À condition que nous cessions de la torturer. À condition que nous retrouvions le respect, l’humilité, la sagesse des anciens. À condition que nous acceptions enfin que nous ne sommes pas les maîtres du monde, mais seulement ses gardiens.
Analogie finale : Imaginez un homme qui construit sa maison sur un volcan. Il sait que le volcan est actif, il sait qu’il peut entrer en éruption à tout moment. Mais il se dit : « Je suis intelligent, je suis fort, je suis moderne. Je vais construire des murs solides, des systèmes d’alarme, des abris anti-lave. Je vais dompter le volcan. » Alors il construit sa maison, il la meuble, il y invite ses amis, il y organise des fêtes. Et puis un jour, le volcan entre en éruption. La lave dévale les pentes, engloutit la maison, carbonise tout sur son passage. L’homme, dans son dernier souffle, murmure : « Je ne comprends pas. J’avais tout prévu. » Mais il n’avait rien prévu. Il avait seulement refusé de voir la vérité en face : le volcan n’est pas une menace à dompter. C’est une force de la nature, une puissance sacrée, une entité vivante qui ne se soumet pas aux caprices des hommes. Nous sommes cet homme. Et la terre est ce volcan.