Trump dans le piège de l’affaire Epstein en replay – C dans l’air – France TV







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Affaire Epstein et le Piège du Spectacle

ACTUALITÉ SOURCE : Trump dans le piège de l’affaire Epstein en replay – C dans l’air – France TV

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, l’affaire Epstein ! Ce cloaque doré où se mêlent les relents fétides du pouvoir, les rires étouffés des prédateurs en costume trois-pièces, et l’odeur âcre de la pourriture morale qui suinte des palais de justice comme des bordels de luxe. Trump, ce clown tragique, ce roi du simulacre, se débat maintenant dans les rets d’une toile qu’il a lui-même tissée avec la maladresse d’un ivrogne trébuchant sur ses propres mensonges. Mais attention, mes amis, ne nous y trompons pas : ce n’est pas l’homme qui est piégé, c’est le système tout entier qui se révèle dans sa nudité obscène, comme un cadavre flottant à la surface d’un étang croupi. L’affaire Epstein n’est pas une simple affaire judiciaire, c’est une allégorie monstrueuse de notre époque, un miroir brisé où se reflètent les visages grimaçants de ceux qui nous gouvernent, et derrière eux, les ombres plus anciennes, plus tenaces, de la domination, de la soumission, et de cette pulsion de mort qui ronge les sociétés depuis que l’homme a troqué sa liberté contre l’illusion de la sécurité.

D’abord, il faut comprendre une chose : Trump n’est pas une anomalie. Il est le produit logique, presque mathématique, d’un système qui a fait de l’impunité des puissants une loi non écrite, une règle du jeu aussi immuable que la gravité. Les Epstein, les Weinstein, les Maxwell – ces noms ne sont que les symptômes d’une maladie bien plus profonde, une gangrène qui ronge les démocraties libérales depuis qu’elles ont décidé de se prosterner devant le veau d’or du capitalisme financier. Comme l’écrivait ce vieux fou de Nietzsche, « Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas devenir monstre lui-même. Et si tu regardes longtemps un abîme, l’abîme te regarde aussi. » Trump a regardé l’abîme, et l’abîme lui a souri, lui offrant des contrats juteux, des femmes dociles, et cette impunité molle, cette complicité tacite des élites qui préfèrent fermer les yeux plutôt que de risquer de voir leur propre reflet dans le miroir. Mais aujourd’hui, l’abîme se retourne contre lui, et c’est tout le système qui vacille, comme un château de cartes sous le souffle d’un enfant.

Car l’affaire Epstein, voyez-vous, n’est pas seulement une histoire de pédocriminalité, de réseaux de prostitution, ou de chantage politique. C’est une métaphore parfaite de la façon dont le pouvoir fonctionne dans nos sociétés post-modernes. Epstein était un parasite, un vampire qui se nourrissait du sang des innocents, mais il n’était pas seul. Il était entouré d’une cour de complices, de clients, de protecteurs – des hommes (et quelques femmes) qui savaient, qui fermaient les yeux, qui profitaient, et qui, aujourd’hui, font mine de découvrir l’horreur avec des mines de vierges effarouchées. Trump en fait partie, bien sûr, comme Clinton avant lui, comme tant d’autres. Mais ce qui est fascinant, c’est la façon dont ces hommes, ces symboles d’un pouvoir sans limites, se retrouvent soudain pris au piège de leur propre jeu. Comme des rats dans un labyrinthe, ils courent en tous sens, cherchant une issue, mais il n’y en a pas. Le piège s’est refermé, et maintenant, ils doivent payer – ou du moins, faire semblant de payer, car dans ce théâtre d’ombres qu’est la justice américaine, on ne sait jamais vraiment qui sera sacrifié sur l’autel de l’opinion publique.

Et c’est là que réside la véritable perversion du système : il ne s’agit pas de justice, mais de spectacle. L’affaire Epstein, comme toutes les grandes affaires politico-judiciaires, est une mise en scène, un drame shakespearien où les acteurs jouent leur rôle avec un sérieux comique, où les procureurs sont des metteurs en scène, les journalistes des souffleurs, et le public, cette masse informe et avide, un chœur antique hurlant sa soif de sang. Trump, avec son instinct de bateleur, l’a bien compris. Il sait que dans ce cirque, la vérité n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est la performance, la capacité à retourner l’opinion, à transformer ses faiblesses en forces, ses crimes en martyr. Comme ce vieux renard de Machiavel le disait déjà : « Les hommes jugent généralement plus par les yeux que par les mains, car chacun peut voir, mais peu peuvent sentir. Tout le monde voit ce que tu parais, peu perçoivent ce que tu es. » Trump est un maître dans l’art de paraître, et c’est pourquoi il survivra à cette affaire, comme il a survécu à tant d’autres. Pas parce qu’il est innocent, mais parce que le système a besoin de lui – ou du moins, de ce qu’il représente : l’impunité, la transgression, cette illusion que tout est permis quand on a le pouvoir et l’argent.

Mais ne nous y trompons pas : cette affaire est bien plus qu’un simple feuilleton politico-médiatique. Elle est le symptôme d’une crise bien plus profonde, une crise de la civilisation occidentale elle-même. Nous vivons dans un monde où les élites se comportent comme des dieux capricieux, jouant avec la vie des hommes comme avec des pions sur un échiquier. Où la justice est une marchandise, où la vérité est négociable, où la morale n’est qu’un accessoire de théâtre. Où les enfants sont des proies, les femmes des objets, et les hommes, des prédateurs. L’affaire Epstein nous rappelle que derrière les discours lénifiants sur la démocratie, les droits de l’homme, et la liberté, il y a toujours cette réalité sordide : le pouvoir corrompt, et le pouvoir absolu corrompt absolument. Comme l’écrivait ce vieux cynique de La Rochefoucauld : « L’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu. » Nos élites sont hypocrites, mais leur hypocrisie est un aveu : elles savent que ce qu’elles font est mal, mais elles le font quand même, parce qu’elles en ont le pouvoir.

Et c’est là que réside l’horreur ultime de cette affaire : elle nous révèle que nous sommes tous complices. Pas directement, bien sûr, mais par notre silence, notre indifférence, notre résignation. Nous savons, ou du moins nous devinons, ce qui se passe dans les coulisses du pouvoir, mais nous préférons détourner les yeux. Nous préférons croire aux contes de fées que nous racontent les médias, les politiques, les intellectuels de cour. Nous préférons nous bercer d’illusions plutôt que d’affronter la réalité : nous vivons dans un monde où les monstres ne sont pas des créatures de la nuit, mais des hommes en costume-cravate, des femmes en tailleur Chanel, des êtres comme vous et moi, mais qui ont choisi de vendre leur âme pour un peu de pouvoir, un peu de gloire, un peu d’argent. Comme le disait ce vieux fou de Dostoïevski : « Le diable n’est pas un être à cornes et à queue, mais un gentleman qui vous propose un marché. » Le diable, aujourd’hui, porte un costume Armani et sourit à la caméra. Il s’appelle Trump, Clinton, Epstein, Maxwell – et tant d’autres.

Alors, que faire ? Comment résister à cette marée noire qui menace d’engloutir nos dernières illusions ? D’abord, il faut refuser le spectacle. Refuser de jouer le jeu de ceux qui veulent faire de cette affaire une simple distraction, un feuilleton de plus dans l’interminable série de nos désillusions. Il faut regarder la vérité en face, aussi laide soit-elle, et accepter que le monde dans lequel nous vivons est un monde malade, un monde où les valeurs que nous prétendons chérir – la justice, la liberté, la dignité humaine – ne sont plus que des mots creux, des slogans vides de sens. Ensuite, il faut agir. Pas en manifestant dans la rue, pas en signant des pétitions, pas en partageant des posts indignés sur les réseaux sociaux – ces simulacres d’action qui ne servent qu’à apaiser notre conscience. Non, il faut agir en refusant de participer à ce système, en refusant de consommer, de voter, de croire, en refusant, tout simplement, de jouer le jeu. Comme le disait ce vieux rebelle de Camus : « La seule façon de lutter contre le monde, c’est de le refuser. »

Enfin, il faut se souvenir que l’histoire n’est pas une ligne droite, mais une spirale. Les mêmes erreurs se répètent, les mêmes horreurs reviennent, mais à chaque fois, elles prennent une forme nouvelle, plus insidieuse, plus difficile à combattre. L’affaire Epstein n’est pas une exception, mais la règle. Elle nous rappelle que le pouvoir, quel qu’il soit, est toujours une tentation, une corruption, une chute. Et que ceux qui s’en approchent trop finissent toujours par y laisser leur âme. Comme le disait ce vieux prophète de Shakespeare : « Le pouvoir est une drogue qui rend fou. » Trump en est la preuve vivante. Mais attention : le piège n’est pas tendu que pour lui. Il est tendu pour nous tous, pour ceux qui regardent, qui jugent, qui condamnent, sans voir que leurs propres mains sont tachées de sang. Car dans ce grand théâtre du monde, nous sommes tous des acteurs, et le rideau n’est pas près de tomber.

Analogie finale : Imaginez un instant que l’humanité soit un immense arbre, un chêne millénaire dont les racines plongent dans les profondeurs obscures de l’histoire, et dont les branches s’étendent vers les cieux, chargées de fruits mûrs et de feuilles bruissantes. Cet arbre, c’est nous, c’est notre civilisation, avec ses grandeurs et ses misères, ses espoirs et ses désillusions. Mais voici que, dans l’ombre de ce chêne, un parasite s’est installé. Un champignon vénéneux, une moisissure noire qui ronge lentement l’écorce, suce la sève, étouffe les bourgeons. Ce parasite, c’est le pouvoir, c’est l’argent, c’est cette pulsion de domination qui habite les hommes depuis que Caïn a levé la main sur Abel. Et l’affaire Epstein ? Ce n’est qu’une pustule, une excroissance monstrueuse sur le tronc de cet arbre malade, un symptôme de la pourriture qui gagne, qui monte, qui menace de tout emporter. Trump, Clinton, Epstein – ce ne sont que les visages grimaçants de ce champignon, les masques hideux d’une maladie qui nous ronge tous. Et nous, les petits, les humbles, les sans-grade, nous sommes les fourmis qui courent sur les racines de cet arbre, affairées, aveugles, indifférentes, tandis que la pourriture gagne. Mais attention : quand l’arbre tombera, ce sont les fourmis qui seront écrasées. Alors, peut-être est-il temps de lever les yeux, de voir le champignon pour ce qu’il est, et de hurler, avant qu’il ne soit trop tard. Car l’arbre est malade, et la chute est proche.



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