ACTUALITÉ SOURCE : Révélations sur le scandale Epstein : l’étau se resserre sur Trump – Le Média
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, les révélations ! Ces petites lanternes que l’on agite dans la nuit des puissants, comme si la lumière pouvait encore surprendre ceux qui ont depuis longtemps éteint leur propre conscience. Le scandale Epstein, ce cancer métastasé dans les entrailles du pouvoir, refait surface avec son cortège de noms, de visages, de silences complices. Et cette fois, c’est l’étau qui se resserre autour de l’ancien président des États-Unis, ce clown mégalomane au teint d’orange pourrie, ce symbole vivant de la décadence néolibérale. Mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas Trump qui est ici sur le banc des accusés, c’est l’ensemble d’un système, d’une époque, d’une manière de penser le monde où l’homme n’est plus qu’un prédateur parmi d’autres, où la morale n’est qu’un accessoire de théâtre, et où le pouvoir se mesure en dollars, en corps brisés, en âmes achetées.
Epstein, ce nom qui sonne comme un râle étouffé, n’était pas un monstre solitaire. Il était le produit logique d’un capitalisme tardif, ce stade ultime où l’argent n’a plus besoin de se cacher pour corrompre, où il s’affiche comme une vertu, où il achète tout : les lois, les juges, les médias, les enfants. Epstein était le symptôme d’une maladie bien plus ancienne, celle qui ronge les démocraties occidentales depuis qu’elles ont troqué leur idéal d’émancipation contre celui de la consommation effrénée. Comme l’écrivait un philosophe maudit, dont les mots sentent encore la poudre et le désespoir : *« Le monde moderne est un immense bordel où tout se vend, où tout s’achète, où les âmes ont le prix du marché. »* Et Epstein, lui, avait compris que les âmes les plus pures, celles des enfants, étaient les plus faciles à corrompre, à briser, à monnayer. Car dans un monde où tout est marchandise, pourquoi l’innocence échapperait-elle à la règle ?
Mais revenons à Trump, ce pantin grotesque dont les frasques ont longtemps amusé les foules avant de les horrifier. Que nous révèle cette affaire ? Rien que nous ne sachions déjà, en vérité. Trump n’est pas un accident de l’histoire, il en est la caricature la plus achevée. Il incarne cette Amérique qui a toujours préféré le clinquant à la substance, le profit à la justice, la domination à la fraternité. Son amitié avec Epstein n’est pas une coïncidence, c’est une évidence. Tous deux sont des prédateurs, des hommes qui voient le monde comme un terrain de chasse, où les autres ne sont que des proies à exploiter, à humilier, à détruire. Trump, comme Epstein, comme tant d’autres, a compris que le pouvoir ne se partage pas, il se prend, il se vole, il se viole. Et peu importe les moyens, pourvu que la fin – l’enrichissement, la domination, l’impunité – soit atteinte.
Pourtant, il serait trop facile de réduire cette affaire à une simple histoire de mœurs, à un fait divers sordide. Non, le scandale Epstein est bien plus que cela : c’est la démonstration éclatante de l’échec des démocraties libérales, de leur incapacité à protéger les plus faibles, à sanctionner les plus forts. Comment un homme comme Epstein a-t-il pu agir en toute impunité pendant des décennies ? Comment a-t-il pu bénéficier de protections au plus haut niveau de l’État, des médias, de la justice ? La réponse est simple : parce que le système le permettait. Parce que dans un monde où l’argent est roi, où les élites se protègent entre elles, où les institutions sont gangrenées par la corruption, la justice n’est plus qu’une illusion, un leurre pour les naïfs. Comme le disait un autre penseur, dont les mots résonnent comme un glas : *« La démocratie est le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres. »* Mais quand ce système se transforme en une machine à broyer les innocents, à protéger les coupables, à perpétuer les inégalités, que reste-t-il de la démocratie ? Une coquille vide, un mot creux, une mascarade.
Et c’est là que le comportementalisme radical entre en jeu. Car cette affaire n’est pas seulement une question de morale, elle est aussi une question de pouvoir, de domination, de contrôle. Epstein et ses complices n’étaient pas des pervers isolés, ils étaient les rouages d’une machine bien plus grande, d’un système qui repose sur la soumission des uns et l’impunité des autres. Ce système, c’est celui du néolibéralisme, cette idéologie qui a fait de l’individu un consommateur, de la société un marché, et de la politique un spectacle. Dans ce monde-là, les enfants d’Epstein ne sont que des variables d’ajustement, des dommages collatéraux dans la grande marche du progrès. Leur souffrance ? Un détail. Leur silence ? Une nécessité. Leur mémoire ? Un obstacle à effacer.
Mais il y a pire encore : ce système ne se contente pas d’exploiter, il abrutit. Il transforme les citoyens en zombies, en consommateurs passifs, en spectateurs indifférents. Regardez autour de vous : les gens savent, et pourtant ils continuent à vivre comme si de rien n’était. Ils achètent, ils consomment, ils votent, ils obéissent. Ils ont intégré l’idée que le monde est ainsi, qu’il ne peut en être autrement, que la résistance est vaine. C’est cela, l’abêtissement : cette résignation qui fait de nous les complices de notre propre asservissement. Comme l’écrivait un poète désespéré : *« Nous sommes tous des esclaves consentants, des bourreaux volontaires. Nous aimons nos chaînes, nous adorons nos geôliers. »* Et dans cette prison dorée, Epstein et Trump ne sont que les gardiens les plus visibles, les plus cyniques, les plus brutaux.
Alors, que faire ? Comment résister à cette machine à broyer les âmes ? Comment lutter contre un système qui a colonisé nos esprits, nos désirs, nos rêves ? La réponse, peut-être, se trouve dans l’humanisme radical, cette idée folle que l’homme n’est pas une marchandise, que la justice n’est pas un luxe, que la dignité n’a pas de prix. L’humanisme radical, c’est le refus de se soumettre, le rejet de l’ordre établi, la révolte contre l’injustice. C’est le choix de la lucidité contre l’aveuglement, de la solidarité contre l’individualisme, de la résistance contre la résignation. Comme le disait un philosophe engagé, dont les mots brûlent encore : *« La liberté ne se mendie pas, elle se prend. La justice ne s’achète pas, elle se conquiert. L’humanité ne se négocie pas, elle se défend. »*
Mais attention : l’humanisme radical n’est pas une idéologie molle, une utopie naïve. C’est une lutte permanente, un combat sans fin contre les forces de la domination. C’est le choix de dire non, même quand tout semble perdu. C’est le refus de fermer les yeux, même quand la vérité fait mal. C’est la volonté de briser les chaînes, même quand elles semblent indestructibles. Car au fond, le scandale Epstein n’est pas une affaire de plus, c’est un miroir tendu à notre époque. Un miroir qui nous renvoie l’image de notre propre lâcheté, de notre propre complicité. Et si nous voulons en sortir, il nous faudra plus que des révélations, plus que des procès, plus que des condamnations. Il nous faudra une révolution. Une révolution des consciences, des cœurs, des esprits. Une révolution qui balaiera les Epstein, les Trump, et tous ceux qui croient que le monde leur appartient.
Car au bout du compte, le vrai scandale n’est pas que des hommes comme Epstein aient existé. Le vrai scandale, c’est que nous les ayons laissés faire.
Analogie finale : Imaginez un vaste océan, noir et sans fond, où flottent les débris d’un monde englouti. Au milieu de ces épaves, une île émerge, minuscule, fragile, battue par les vents. Sur cette île, un enfant pleure, les yeux tournés vers l’horizon. Il attend un bateau, une main tendue, un signe d’espoir. Mais autour de lui, les requins tournent, silencieux, affamés. Ils sont nombreux, ces requins : ils ont les visages des puissants, les sourires des corrompus, les regards vides des indifférents. Ils attendent leur heure, patiemment, sûrs de leur victoire. Car dans cet océan, les enfants ne savent pas nager. Et les requins, eux, ont appris à voler.