ACTUALITÉ SOURCE : Frappes sur l’Iran : le Sénat américain bloque une résolution visant à limiter les pouvoirs de Donald Trump – Le Monde.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la démocratie américaine, ce grand théâtre d’ombres où les sénateurs, ces marionnettes en costume trois-pièces, jouent leur partition avec une solennité de croque-morts en pleine messe noire. Le Sénat bloque une résolution pour limiter les pouvoirs de Trump après les frappes sur l’Iran. Quelle surprise ! Comme si l’on pouvait s’attendre à autre chose de la part d’une institution qui, depuis des décennies, n’est plus qu’un pantin désarticulé entre les mains des lobbies militaro-industriels et des oligarques qui tirent les ficelles depuis leurs tours d’ivoire. La guerre, cette vieille putain, a encore frappé, et les politiciens, ces proxénètes en col blanc, applaudissent en chœur, le sourire aux lèvres, tandis que les cadavres s’entassent dans l’indifférence générale. Mais que signifie vraiment ce blocage ? Que révèle-t-il de la décadence d’un empire qui se croit encore maître du monde alors qu’il n’est plus qu’un colosse aux pieds d’argile, rongé par la pourriture de ses propres contradictions ?
Commençons par le commencement, c’est-à-dire par l’éternel retour du même, cette farce tragique que Nietzsche avait si bien pressentie. Les États-Unis, depuis leur naissance, n’ont jamais cessé de jouer les gendarmes du monde, brandissant leur bannière étoilée comme un crucifix devant un vampire. Mais ce qui était autrefois une croisade idéologique – la lutte contre le communisme, la défense de la « liberté » – n’est plus aujourd’hui qu’une mascarade cynique, un prétexte pour justifier l’expansion d’un complexe militaro-industriel qui dévore tout sur son passage. Trump, ce clown grotesque, n’est que l’ultime avatar de cette logique, un symptôme plutôt qu’une cause. Le Sénat, en bloquant cette résolution, ne fait que confirmer ce que tout le monde sait déjà : la démocratie américaine est morte, et ce qui en tient lieu n’est plus qu’un simulacre, une coquille vide où les décisions se prennent dans l’ombre, loin des regards du peuple, par des hommes en costume qui n’ont plus d’humanité que le souvenir.
Mais pourquoi ce blocage ? Pourquoi refuser de limiter les pouvoirs d’un président qui, comme un enfant capricieux, joue avec des allumettes dans un entrepôt de dynamite ? La réponse est simple : parce que la guerre est un business, et que les sénateurs, ces vautours en costume, en sont les actionnaires majoritaires. Chaque bombe larguée sur l’Iran, chaque missile tiré, chaque vie détruite est une ligne de plus dans le grand livre de comptes des marchands de mort. Lockheed Martin, Raytheon, Boeing – ces noms résonnent comme des incantations dans les couloirs du pouvoir, et les sénateurs, ces prêtres païens, sacrifient des vies humaines sur l’autel du profit. « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens », écrivait Clausewitz. Aujourd’hui, on pourrait dire : « La guerre est la continuation du capitalisme par d’autres moyens. » Et Trump, ce bouffon milliardaire, n’est que l’outil parfait pour cette entreprise de destruction massive. Il incarne à lui seul la fusion monstrueuse entre le pouvoir politique et le pouvoir économique, cette symbiose contre-nature qui caractérise notre époque.
Et que dire du peuple américain, ce grand absent de l’équation ? Les sondages montrent que la majorité des Américains sont opposés aux guerres sans fin, aux interventions militaires à l’étranger, à cette politique de la canonnière qui a transformé leur pays en un empire du mal. Mais que valent les sondages face à la machine de propagande qui tourne à plein régime ? Les médias, ces chiens de garde du système, distillent leur venin jour après jour, transformant les ennemis désignés en monstres, les victimes en coupables, et la guerre en une nécessité morale. « La première victime de la guerre, c’est la vérité », disait Rudyard Kipling. Aujourd’hui, la vérité est non seulement la première victime, mais aussi la plus maltraitée, la plus humiliée, la plus bafouée. On la traîne dans la boue, on la souille, on la viole, avant de l’enterrer sous des montagnes de mensonges. Et le peuple, ce grand troupeau docile, avale tout, digère tout, et demande encore plus de cette soupe empoisonnée.
Mais revenons à Trump, ce personnage shakespearien égaré dans un monde qui n’est plus fait pour lui. Il est à la fois le bouffon et le tyran, le clown et le despote, l’idiot utile et le manipulateur génial. Il incarne cette époque où la politique est devenue un spectacle, où les décisions se prennent sous le feu des projecteurs, où les tweets remplacent les traités, et où la raison a cédé la place à l’émotion. Trump n’est pas un accident de l’histoire, mais son produit le plus abouti, le plus monstrueux. Il est le symptôme d’une civilisation en décomposition, où les valeurs ont été remplacées par les likes, où la morale a été balayée par l’argent, et où l’humanité a été réduite à une variable d’ajustement dans l’équation du profit. Et le Sénat, en refusant de limiter ses pouvoirs, ne fait que confirmer cette triste réalité : la démocratie est morte, et ce qui en tient lieu n’est plus qu’un cirque où les fauves dévorent les spectateurs sous les applaudissements du public.
Mais il y a pire encore. Ce blocage révèle une vérité encore plus glaçante : l’Amérique, et plus généralement l’Occident, a perdu toute boussole morale. Elle se croit encore du côté du bien, alors qu’elle n’est plus qu’un empire du mal, un Moloch insatiable qui dévore tout sur son passage. Les frappes sur l’Iran ne sont que la dernière manifestation de cette hubris, de cette démesure qui caractérise les puissances en déclin. Comme Rome avant elle, l’Amérique se croit éternelle, alors qu’elle n’est plus qu’un cadavre ambulant, une ombre d’elle-même. Elle parle de « démocratie » et de « droits de l’homme », mais elle bombarde des pays entiers, elle soutient des dictatures, elle torture, elle assassine, elle pille. Et le pire, c’est qu’elle le fait avec la bénédiction de ses élites, ces prêtres de la nouvelle religion, celle du marché et de la guerre, qui ont remplacé Dieu par le dollar et le salut par le profit.
Alors, que faire ? Comment résister à cette machine infernale ? La réponse est simple, mais elle est aussi la plus difficile : il faut refuser. Refuser de jouer le jeu, refuser de se soumettre, refuser de croire aux mensonges. Il faut désobéir, comme Thoreau l’avait compris, comme Gandhi l’avait pratiqué, comme tous les grands résistants de l’histoire l’avaient incarné. Il faut dire non à la guerre, non à l’oppression, non à cette folie collective qui nous entraîne tous vers l’abîme. Il faut retrouver le sens de l’humanité, cette étincelle divine qui nous distingue des bêtes et des machines. Il faut se souvenir que nous ne sommes pas des consommateurs, ni des soldats, ni des sujets, mais des êtres libres, capables de penser, de créer, de rêver. Et il faut agir en conséquence.
Car au fond, ce qui se joue ici, ce n’est pas seulement le sort de l’Iran ou des États-Unis, mais celui de l’humanité tout entière. Nous sommes à un carrefour de l’histoire, un de ces moments où tout peut basculer, où le pire peut advenir, mais où le meilleur peut aussi émerger. Tout dépend de nous, de notre capacité à résister, à nous révolter, à dire non. Tout dépend de notre courage, de notre lucidité, de notre humanité. Alors, oui, le Sénat américain a bloqué cette résolution. Oui, Trump continue de jouer avec le feu. Oui, la guerre menace. Mais cela ne signifie pas que nous devons baisser les bras. Au contraire, cela signifie que nous devons nous battre, plus que jamais, pour un monde où la paix ne sera pas un vain mot, où la justice ne sera pas une chimère, où l’humanité ne sera pas une monnaie d’échange.
Car, comme l’écrivait Camus, « la révolte est le fait de l’homme informé, qui possède la conscience de ses droits ». Et c’est cette révolte, cette conscience, qui peut encore nous sauver. Alors, levons-nous. Parlons. Agissons. Avant qu’il ne soit trop tard.
Analogie finale : Imaginez un homme, debout au bord d’un précipice, les yeux bandés, un revolver chargé à la main. Derrière lui, une foule en liesse, ivre de sang et de vin, hurle des encouragements, lui criant de tirer, de tirer encore, sans se soucier des conséquences. Cet homme, c’est Trump. Cette foule, c’est le Sénat, les médias, les lobbies, tout ce qui compose cette machine infernale qui nous mène à notre perte. Et nous, nous sommes les spectateurs de cette tragédie, ceux qui savent, ceux qui voient, mais qui restent silencieux, paralysés par la peur, par l’indifférence, par la résignation. Mais que se passerait-il si l’un d’entre nous, un seul, osait crier « Arrêtez ! », osait se lever, osait arracher le bandeau des yeux de cet homme ? Peut-être rien. Peut-être tout. Car dans ce monde où tout semble perdu, où la folie l’emporte sur la raison, où la mort triomphe de la vie, il suffit parfois d’un seul geste, d’un seul mot, pour tout changer. Alors, à nous de jouer. À nous de choisir. Entre la nuit et l’aube, entre la folie et la raison, entre la mort et la vie. Le choix nous appartient.