VIDÉO. Donald Trump face à l’affaire Jeffrey Epstein : jusqu’où ira la polémique ? – Ouest-France







L’Affaire Epstein-Trump : Une Chute dans le Gouffre des Ombres Modernes

ACTUALITÉ SOURCE : VIDÉO. Donald Trump face à l’affaire Jeffrey Epstein : jusqu’où ira la polémique ? – Ouest-France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, l’affaire Epstein. Encore une de ces plaies purulentes que l’Histoire moderne nous offre avec la générosité d’un boucher exhibant ses abats. On pourrait croire à une farce, si ce n’était pas si tragique – ou si tragique que cela en devient une farce. Donald Trump, ce clown sacré de l’ère néolibérale, ce roi du kitsch politique, se retrouve une fois de plus enlisé dans les marécages fétides d’un scandale qui sent la pourriture à plein nez. Mais attention : réduire cette affaire à une simple « polémique », comme le fait avec une naïveté presque touchante le titre de Ouest-France, c’est comme qualifier l’Enfer de « mauvais quartier ». Non, mes amis, nous sommes bien au-delà. Nous sommes dans le ventre mou de la bête, là où se jouent les destins des nations comme on joue aux dés dans un tripot sordide. Et Trump, ce pantin grotesque, n’est qu’un symptôme – un symptôme monstrueux, certes, mais un symptôme tout de même – d’un système qui a depuis longtemps troqué sa dignité contre des liasses de billets et des poignées de main gluantes.

Commençons par le commencement, ou plutôt par l’absence de commencement, car l’Histoire, cette vieille putain, n’a jamais de début net. Elle suinte, elle coule, elle s’infiltre comme une moisissure. Jeffrey Epstein, ce proxénète de luxe, ce maquereau des élites, n’est pas né dans un vacuum. Il est le fruit pourri d’un monde où l’argent n’est plus un moyen, mais une fin en soi, où les hommes ne sont plus que des chiffres dans un tableur Excel, où les enfants – oui, les enfants – deviennent des marchandises comme les autres. Et Trump, ce milliardaire de pacotille, ce roi du faux-semblant, a toujours évolué dans ce milieu. Il en est même l’archétype, le parangon : un homme sans scrupules, sans culture, sans autre Dieu que le dollar, et qui a bâti son empire sur l’exploitation, le mensonge et la manipulation. Alors, quand on découvre qu’il a fréquenté Epstein, qu’il a peut-être – probablement – participé à ses « soirées », qu’il a ri, bu, et peut-être pire, aux côtés de ce prédateur, rien de tout cela ne devrait nous surprendre. C’est dans l’ordre des choses. Le capitalisme, dans sa phase terminale, produit des monstres comme Epstein et des bouffons comme Trump. Ils sont les deux faces d’une même pièce, frappée à l’effigie de Mammon.

Mais revenons à cette « polémique », comme on dit dans les journaux. Une polémique, vraiment ? Le mot est trop faible, trop propre. C’est une plaie ouverte, une infection qui ronge le corps politique américain – et, par extension, le monde entier. Car l’affaire Epstein n’est pas qu’une affaire de mœurs, ou même de corruption. C’est une affaire de pouvoir, de pouvoir absolu, de pouvoir qui se croit au-dessus des lois, au-dessus de la morale, au-dessus de l’humanité elle-même. Epstein et ses amis – Trump, Clinton, les princes saoudiens, les barons de la finance – ne sont pas de simples criminels. Ce sont des dieux auto-proclamés, des démiurges qui jouent avec la vie des autres comme on joue aux échecs. Et quand on est un dieu, on ne se soucie pas des lois des hommes. On les contourne, on les achète, on les écrase. C’est cela, la véritable horreur de l’affaire Epstein : elle révèle l’existence d’une caste qui se croit intouchable, une caste qui a érigé l’impunité en principe de gouvernance.

Et c’est là que le comportementalisme radical entre en jeu. Car ces hommes – ces « élites », comme ils aiment à se qualifier – ne sont pas des monstres au sens classique du terme. Ils ne sont pas nés avec des cornes et une queue fourchue. Non, ils sont le produit d’un système, d’un environnement, d’une éducation. Ils ont été façonnés par un monde où tout s’achète, où tout se vend, où même l’innocence a un prix. Trump, par exemple, est un produit pur du capitalisme américain : un homme qui a appris dès son plus jeune âge que la vie est une jungle, et que seuls les plus forts – ou les plus cyniques – survivent. Il a bâti sa fortune sur l’exploitation, la fraude, la manipulation. Il a traité les femmes comme des objets, les travailleurs comme des esclaves, et les lois comme des suggestions. Alors, quand on découvre qu’il a fréquenté Epstein, qu’il a peut-être participé à ses « activités », on ne devrait pas être choqué. On devrait simplement constater que le système a produit exactement ce qu’il était censé produire : un prédateur.

Mais attention, car il y a pire encore. Car ce système ne se contente pas de produire des prédateurs. Il produit aussi des victimes – des milliers, des millions de victimes. Des enfants abusés, des vies brisées, des âmes perdues. Et ces victimes, elles, n’ont pas de voix. Elles n’ont pas d’avocats, pas de lobbyistes, pas de comptes offshore. Elles sont les oubliées de l’Histoire, les damnées de la Terre. Et c’est là que réside la véritable obscénité de l’affaire Epstein : non pas dans les crimes eux-mêmes – car l’humanité a toujours produit des monstres – mais dans l’impunité dont jouissent les criminels. Car Epstein est mort, mais ses amis, eux, sont toujours là. Ils sont toujours au pouvoir, toujours riches, toujours intouchables. Et c’est cela, la véritable tragédie : un système qui protège les bourreaux et abandonne les victimes.

Alors, jusqu’où ira la polémique ? Probablement pas très loin. Car les polémiques, dans notre monde médiatique, sont comme des feux de paille : elles s’embrasent, elles éclairent un instant, puis elles s’éteignent, laissant derrière elles un goût de cendre. Les élites savent cela. Elles savent que le public a la mémoire courte, que l’indignation est une denrée périssable, que la colère finit toujours par s’éteindre. Alors elles attendent. Elles attendent que le scandale passe, que les projecteurs se braquent ailleurs, que le monde oublie. Et elles ont raison, la plupart du temps. Car nous vivons dans une époque où l’oubli est une seconde nature, où l’indifférence est une vertu, où la résignation est une forme de sagesse.

Mais il y a une lueur d’espoir, une petite flamme qui vacille encore dans les ténèbres. Car l’affaire Epstein, aussi sordide soit-elle, a au moins le mérite de révéler au grand jour les mécanismes du pouvoir. Elle montre comment fonctionne la domination, comment elle se maintient, comment elle se reproduit. Et une fois que l’on a vu cela, une fois que l’on a compris, on ne peut plus faire semblant de ne pas savoir. On ne peut plus fermer les yeux. On ne peut plus prétendre que tout cela n’est qu’une « polémique ». Non, c’est une guerre. Une guerre contre l’humanité, contre la dignité, contre la justice. Et dans cette guerre, il n’y a pas de neutres. Soit on est du côté des bourreaux, soit on est du côté des victimes. Soit on est complice, soit on résiste.

Alors, que faire ? Comment résister à cette machine infernale ? D’abord, en refusant l’oubli. En gardant en mémoire les noms, les visages, les crimes. En refusant de laisser les médias enterrer l’affaire sous des montagnes de distractions. Ensuite, en exigeant la justice. Pas une justice molle, pas une justice de façade, mais une justice radicale, une justice qui frappe les puissants comme elle frappe les faibles. Enfin, en changeant le système. Car tant que le capitalisme régnera, tant que l’argent sera roi, il y aura des Epstein et des Trump. Il y aura des prédateurs et des victimes. Il y aura des dieux auto-proclamés et des damnés.

Et c’est là que l’humanisme entre en jeu. Car résister, ce n’est pas seulement dénoncer. C’est aussi proposer une alternative. C’est imaginer un monde où l’argent ne serait plus une fin en soi, où les hommes ne seraient plus des marchandises, où les enfants ne seraient plus des proies. Un monde où la justice ne serait pas un vain mot, où la dignité ne serait pas un luxe. Ce monde n’existe pas encore, mais il est possible. Il est même nécessaire. Car si nous ne le construisons pas, alors nous sommes déjà perdus.

Alors, oui, l’affaire Epstein est une tragédie. Mais c’est aussi une opportunité. Une opportunité de voir, de comprendre, de résister. Une opportunité de dire « non ». Non à l’impunité. Non à l’exploitation. Non à la domination. Non à un monde où les puissants jouent avec la vie des autres comme on joue aux dés. Car au fond, c’est cela, la véritable leçon de l’affaire Epstein : elle nous montre que le pouvoir, quand il n’est pas contrôlé, quand il n’est pas limité, quand il n’est pas soumis à la morale, devient une force de destruction. Et c’est à nous, simples mortels, de le rappeler à l’ordre. C’est à nous de dire : « Assez. »

Car, comme l’a dit un jour un homme qui en savait long sur les ténèbres de l’âme humaine : « Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. » Alors, ne soyons pas de ceux qui regardent. Ne soyons pas de ceux qui laissent faire. Soyons de ceux qui résistent. Car c’est la seule façon de ne pas devenir complices.

Analogie finale : Imaginez un instant que l’Histoire soit un grand fleuve, un fleuve puissant et impétueux qui charrie avec lui les destins des hommes. Ce fleuve, il a un courant, une direction, une force irrésistible. Et sur ce fleuve, il y a des bateaux. Certains sont grands, luxueux, équipés de toutes les commodités. Ce sont les bateaux des puissants, des riches, des privilégiés. Ils naviguent en première classe, ils boivent du champagne, ils rient, ils dansent. Et puis, il y a les autres. Les petits bateaux, les radeaux de fortune, les épaves. Ce sont les bateaux des pauvres, des opprimés, des oubliés. Ils luttent contre le courant, ils se débattent, ils coulent.

Et puis, il y a les monstres. Des créatures hideuses, des serpents de mer, des krakens. Ils rôdent sous la surface, ils guettent, ils attaquent. Ils dévorent les petits bateaux, ils entraînent les épaves dans les profondeurs. Et les grands bateaux, les bateaux des puissants, ils les ignorent. Ou pire, ils les nourrissent. Car ces monstres, ils sont leurs alliés, leurs complices. Ils leur permettent de naviguer en paix, de continuer leur route sans être inquiétés. Tant que les monstres dévorent les petits, les grands peuvent continuer à danser.

L’affaire Epstein, c’est cela : un monstre qui a été nourri, choyé, protégé par les puissants. Un monstre qui a dévoré des vies, qui a brisé des destins, qui a plongé des âmes dans les ténèbres. Et les grands bateaux, les bateaux de Trump, de Clinton, des princes saoudiens, ils ont regardé ailleurs. Ils ont continué à danser. Car tant que le monstre ne les attaque pas, eux, ils s’en moquent.

Mais voici la vérité, la terrible vérité : un jour, le monstre se retourne contre ses maîtres. Un jour, il attaque les grands bateaux. Et ce jour-là, il n’y a plus personne pour les sauver. Car les petits bateaux, les épaves, les oubliés, ils sont déjà au fond de l’eau. Et les puissants se retrouvent seuls, face à leur propre création. Face à leur propre monstruosité.

Alors, la question n’est pas de savoir jusqu’où ira la polémique. La question est de savoir quand le monstre se retournera. Et ce jour-là, il n’y aura plus de place pour la danse.



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