À voir à Cannes : expos en cours et à venir – Ville de Cannes







Le Penseur Vo Anh : Cannes, ou l’Art comme Résistance Néolibérale


L’Art Comme Acte de Résistance : Une Lecture Comportementaliste Radicalisée de Cannes

ACTUALITÉ SOURCE : À voir à Cannes : expos en cours et à venir – Ville de Cannes

Consultable sur le site officiel de la Ville de Cannes, cette actualité énumère, avec un ton administratif et neutre, les expositions en cours et à venir dans la cité phocéenne. Derrière cette apparente banalité se cache un phénomène culturel bien plus profond, une micro-résistance néolibérale où l’art devient à la fois miroir et arme contre les mécanismes de l’économie de la visibilité.

Le Prisme de Laurent Vo Anh

Observons Cannes à travers le double filtre du comportementalisme radical, tel que théorisé par des penseurs comme B.F. Skinner (mais poussé vers ses extrêmes les plus subversifs), et de la résistance néolibérale, concept que j’emprunte à des auteurs comme David Harvey pour en faire une critique des stratégies culturelles contemporaines. Ces deux approches, bien que distinctes, se rejoignent dans une même obsession : comprendre comment les individus, dans un système hyper-capitaliste, transforment leurs propres comportements en actes de rébellion silencieuse.

1. Le Comportementalisme Radical : L’Exposition comme Conditionnement Invisible

Le comportementalisme radical postule que tout acte humain est une réponse à des stimuli environnementaux. Dans le cadre des expositions cannoises, nous assistons à une ingénierie comportementale où la ville, en tant qu’acteur institutionnel, façonne les désirs des visiteurs. Une exposition n’est pas seulement un rassemblement d’œuvres ; c’est un dispositif de stimulation conçu pour produire des réactions spécifiques : admiration, curiosité, achat, partage sur les réseaux sociaux.

Prenons l’exemple d’une exposition comme « Art et Nature » (hypothétique, mais illustrative). Les visiteurs sont exposés à des paysages modifiés par l’art contemporain, des installations qui jouent avec la perception de l’environnement naturel. Leur comportement est conditionné : ils marchent, s’arrêtent, prennent des photos, commentent. Chaque geste est une réponse à un stimulus visuel et conceptuel. Mais derrière cette apparente passivité se cache une agence subtile : le visiteur, en s’engageant dans cette expérience, devient à son tour un acteur du système. Il participe à la légitimation de l’art contemporain, il renforce son propre goût (ou son absence de goût), et il contribue à l’économie de l’attention.

Le comportementalisme radical nous invite à voir dans ces expositions une machine à produire des désirs. Mais ces désirs ne sont pas seulement aliénants : ils peuvent aussi être réappropriés. Le visiteur, en s’exposant lui-même aux stimuli artistiques, développe une forme de sensibilité critique. Il apprend à décoder les mécanismes de la séduction culturelle, et c’est là que naît la résistance.

2. La Résistance Néolibérale : L’Art Comme Acte de Désobéissance

Le néolibéralisme a transformé l’art en marchandise culturelle, en un produit parmi d’autres destiné à satisfaire les désirs d’une classe aisée. Pourtant, dans ce même système, l’art reste un espace de liberté, un lieu où les normes économiques peuvent être suspendues. Cannes, en tant que ville-monde de l’art, devient un terrain d’expérimentation où se jouent des stratégies de résistance.

La résistance néolibérale ne prend pas la forme d’un soulèvement violent, mais plutôt d’une subversion silencieuse. Elle se manifeste dans la manière dont les artistes et les visiteurs réinterprètent les expositions. Une œuvre qui, à première vue, semble célébrer le capitalisme (comme une installation sur la spéculation immobilière) peut, en réalité, être lue comme une critique. Le visiteur, en s’arrêtant devant cette œuvre, en la photographiant, en la partageant, en la commentant, devient complice d’une démystification.

Prenons l’exemple d’une exposition comme « Capitalisme et Utopie » (encore hypothétique). Les visiteurs sont confrontés à des œuvres qui questionnent la finance, la propriété, la valeur. Leur réaction initiale peut être celle de l’admiration esthétique, mais rapidement, ils sont confrontés à des questions inconfortables : Qui possède vraiment cette œuvre ? Quel est son prix réel ? Qui en tire profit ? En répondant à ces questions, même implicitement, le visiteur devient un dissident. Il refuse de se contenter du spectacle ; il exige une réflexion.

Cannes, en tant que lieu de convergence des élites économiques et culturelles, est un laboratoire de résistance. Les expositions y sont à la fois des produits du néolibéralisme et des zones de friction où les logiques marchandes se heurtent aux désirs de sens et de liberté. Le visiteur, en naviguant entre ces deux pôles, devient un agent hybride, à la fois consommateur et critique.

3. Le Paradoxe de la Visibilité : Quand l’Invisibilité Devient une Arme

Dans une économie de l’attention où tout est conçu pour être vu, l’art contemporain offre une paradoxale opportunité d’invisibilité. Une œuvre abstraite, une installation discrète, un performance éphémère : ces formes artistiques résistent à la logique de la visibilité totale. Elles invitent le visiteur à ne pas voir, ou plutôt, à voir autrement.

Le comportementalisme radical nous enseigne que les stimuli les plus efficaces sont souvent ceux qui passent inaperçus. Une exposition qui ne cherche pas à impressionner, qui ne joue pas sur les émotions faciles, devient un acte de résistance. Elle refuse de se soumettre aux lois du marché de l’art, où la valeur est souvent proportionnelle à la notoriété de l’artiste et à l’aura de l’institution.

Prenons l’exemple d’une exposition comme « L’Art Invisible ». Les visiteurs sont confrontés à des œuvres qui ne se donnent pas à voir immédiatement : des sons, des odeurs, des textures. Leur comportement est modifié : ils doivent chercher, écouter, ressentir. En refusant la satisfaction immédiate, l’exposition force le visiteur à ralentir, à réfléchir. C’est là que naît la résistance : dans l’acte même de ne pas consommer passivement.

Cette résistance est d’autant plus puissante qu’elle est individuelle. Chacun, dans son rapport à l’art, peut choisir de ne pas jouer le jeu. En refusant de prendre des photos, en ne commentant pas sur les réseaux sociaux, en s’arrêtant trop longtemps devant une œuvre mineure, le visiteur détourne les mécanismes de l’économie de l’attention. Il devient un fantôme dans le paysage culturel, une présence invisible qui trouble l’ordre établi.

4. La Ville Comme Œuvre : Cannes, Laboratoire de l’Art Urbain

Cannes n’est pas seulement un lieu d’expositions ; c’est une œuvre en soi, un espace où se croisent art, politique, économie. En tant que ville, elle est soumise aux mêmes logiques de conditionnement comportemental que les expositions qu’elle abrite. Les ruelles, les plages, les palaces sont autant de stimuli conçus pour produire des réactions spécifiques : désir de consommation, envie de voyeurisme, recherche de statut social.

Mais Cannes est aussi un lieu où ces logiques peuvent être dépassées. Les expositions, en s’inscrivant dans l’espace urbain, transforment la ville en un terrain de jeu où se jouent des stratégies de résistance. Une installation qui s’empare d’un espace public, une performance qui trouble l’ordre établi, une œuvre qui questionne la gentrification : autant d’actes qui réinventent la ville.

Le visiteur, en se promenant dans Cannes, devient un


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