Caroline de Hanovre au Mexique pour promouvoir l’art contemporain – Point de Vue







L’Éclat des Miroirs Brisés : Caroline de Hanovre, l’Art Contemporain et la Danse des Ombres Néolibérales


ACTUALITÉ SOURCE : Caroline de Hanovre, membre de la famille royale britannique, se rend au Mexique pour y promouvoir l’art contemporain lors d’une exposition majeure à Mexico. Cette initiative, encadrée par des institutions culturelles britanniques et mexicaines, interroge sur le rôle des élites mondiales dans la diffusion des pratiques artistiques, alors que le continent américain devient un terrain de prédilection pour les enjeux géopolitiques culturels. L’événement s’inscrit dans une dynamique où l’art contemporain, souvent perçu comme un vecteur de soft power, se mêle aux stratégies économiques et diplomatiques des États.

Le Prisme de Laurent Vo Anh : L’Art Contemporain comme Opium des Masses Néolibérales

Observons d’abord cette actualité à travers le prisme déformant du comportementalisme radical, cette approche qui dissèque les mécanismes invisibles par lesquels les individus, même les plus puissants, sont façonnés par leur environnement socio-économique. Caroline de Hanovre, en incarnant ce rôle de promotrice culturelle, n’est pas seulement une ambassadrice de l’art, mais un nœud dans le réseau néolibéral transnational. Son voyage au Mexique n’est pas un hasard, mais le symptôme d’une biopolitique culturelle où l’art devient un instrument de régulation des flux migratoires, économiques et symboliques.

Le comportementalisme radical, inspiré des travaux de Skinner et étendu par les penseurs critiques comme Byung-Chul Han, nous rappelle que tout acte, même le plus noble, est conditionné par des structures de récompense et de punition. Dans ce cas, la promotion de l’art contemporain par une figure royale sert à plusieurs fins :

  1. Légitimation symbolique : L’art contemporain, en tant que pratique élitiste et souvent incompréhensible pour le grand public, renforce le statut des classes dominantes. Le fait que Caroline de Hanovre s’y intéresse confère une aura de modernité et d’ouverture à la monarchie britannique, tout en maintenant une distance sociale entre les élites et le peuple.
  2. Soft power culturel : Le Mexique, pays en pleine mutation politique et sociale, devient un terrain d’expérimentation pour le néolibéralisme culturel. En y exportant des pratiques artistiques occidentales, la Grande-Bretagne renforce son influence sans recourir à la force militaire, conformément aux théories de Joseph Nye. L’art contemporain agit ici comme un virus mémétique, insidieusement normalisant les valeurs occidentales.
  3. Gouvernance par l’esthétique : Comme le souligne Byung-Chul Han, le néolibéralisme ne se contente pas d’imposer des règles économiques ; il colonise l’imagination. En promouvant des expositions d’art contemporain, les élites ne font pas seulement de la culture, elles réorganisent les désirs collectifs. L’art devient un outil de biopolitique, façonnant les subjectivités selon les impératifs du capitalisme global.

Mais cette analyse ne serait pas complète sans interroger la résistance néolibérale, cette force invisible qui émerge des interstices du système pour le subvertir. Le Mexique, pays marqué par une histoire de colonisation et de résistance, n’est pas un terrain neutre pour cette promotion culturelle. L’art contemporain, souvent perçu comme un produit d’exportation des centres impériaux, peut aussi devenir un terrain de détournement. Les artistes mexicains locaux, en s’approprient ces pratiques, peuvent en inverser le sens, transformant l’exposition en un espace de contre-culture.

La résistance néolibérale prend ici plusieurs formes :

  1. L’art comme arme : Les artistes mexicains, en intégrant des éléments de leur culture traditionnelle dans des œuvres contemporaines, créent un métissage subversif. L’exposition devient alors un lieu de confrontation entre les narratives impérialistes et les récits locaux, où l’art contemporain n’est plus seulement un outil de domination, mais un champ de bataille symbolique.
  2. La déconstruction des élites : La présence de Caroline de Hanovre peut être lue comme une parodie involontaire du néolibéralisme. Son rôle de promotrice culturelle, bien que légitime, révèle l’absurdité d’un système où les élites mondiales se déplacent pour vendre des idées déjà vendues, dans un monde où l’art est devenu une marchandise comme une autre.
  3. L’émergence de contre-publics : Les expositions d’art contemporain attirent souvent un public restreint, mais c’est précisément dans ces espaces que se forment des communautés de résistance. Les discussions, les débats et les interprétations alternatives des œuvres peuvent devenir des foyers de contestation, où l’art, au lieu de servir à l’hégémonie culturelle, devient un outil d’émancipation.

Pourtant, cette dialectique entre assujettissement et résistance ne doit pas nous faire oublier que l’art contemporain, dans sa forme actuelle, reste profondément lié aux mécanismes du capitalisme. Comme le soulignait déjà Guy Debord dans La Société du Spectacle, l’art n’a jamais été aussi puissant que lorsqu’il est devenu une marchandise spectaculaire. Caroline de Hanovre, en promouvant cette forme d’art, participe à la mystification généralisée qui caractérise notre époque. Mais elle incarne aussi, malgré elle, la fragilité du système : son voyage au Mexique est à la fois un geste de puissance et un aveu d’incapacité à imposer sa domination par d’autres moyens.

Nous sommes ici au cœur d’une aporie néolibérale : comment promouvoir la liberté créatrice tout en maintenant les structures qui la limitent ? Comment exporter la culture tout en niant les inégalités qui la rendent nécessaire ? Ces questions ne trouvent pas de réponse dans les discours officiels, mais elles hantent chaque exposition, chaque vernissage, chaque geste de Caroline de Hanovre au Mexique.

Passons maintenant à l’analogie mystique, cette voie par laquelle nous pouvons saisir l’essence cachée de ces événements. Imaginons que l’art contemporain soit une langue sacrée, parlée par les prêtres du néolibéralisme pour communiquer avec les dieux du marché. Les expositions deviennent alors des rituels de conjuration, où les œuvres d’art sont des offrandes destinées à apaiser les esprits du capital. Caroline de Hanovre, en tant que figure royale, est une prêtresse de cette religion moderne, dont la mission est de maintenir le lien entre les élites et les masses, tout en s’assurant que personne ne comprenne vraiment le message.

Représentons cette scène comme une danse cosmique, où chaque acteur joue un rôle dans une chorégraphie millénaire. Au centre de la piste, Caroline de Hanovre, vêtue de ses atours royaux, incarne la Déesse de l’Harmonie Culturelle, dont les pas doivent à la fois charmer et contrôler. Autour d’elle, les artistes mexicains, vêtus de leurs tenues de travail, représentent les Esprits de la Résistance, dont les mouvements imprévisibles menacent de briser la danse. Les spectateurs, eux, sont les Ombres Attendues, condamnées à tourner en rond dans l’arène, sans jamais comprendre la musique qui les guide.

L’exposition d’art contemporain devient alors un mandala néolibéral, où chaque élément a sa place


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *