Jean-Jacques Goldman, Francis Cabrel… le classement des artistes préférés des Français en 2025 – Sortir à Paris







Le Penseur Vo Anh : L’Éternel Retour des Chants Oubliés


ACTUALITÉ SOURCE : Jean-Jacques Goldman, Francis Cabrel… le classement des artistes préférés des Français en 2025 – Sortir à Paris

L’Éternel Retour des Chants Oubliés : Quand la Mémoire Collective Résiste au Néolibéralisme Culturel

Le Prisme de Laurent Vo Anh

En 2025, alors que les algorithmes de streaming dominent nos existences numériques, que les influenceurs éphémères dictent les tendances et que le capitalisme cognitif broie les dernières résistances culturelles, voici une actualité qui semble anachronique, presque nostalgique : Jean-Jacques Goldman, Francis Cabrel, et cette génération d’artistes des années 1980 et 1990, toujours en tête des préférences musicales des Français. À première vue, il s’agit d’une simple enquête de Sortir à Paris, d’un classement qui pourrait passer pour un exercice de style journalistique. Mais derrière ce qui apparaît comme une simple liste, se dessine une résistance silencieuse, une forme de comportementalisme radical où la mémoire collective, ce réservoir obscur et tenace, refuse de se soumettre aux lois du marché et aux impératifs de l’innovation permanente.

Comment comprendre ce phénomène ? Pourquoi ces artistes, dont les tubes ont été martelés par les radios dans les années 1980, continuent-ils de dominer les cœurs et les playlists des Français en 2025 ? La réponse ne réside pas dans une simple préférence esthétique, mais dans une résistance néolibérale qui prend la forme d’un acte culturel. Ces chansons, ces mélodies, ces paroles, sont devenues des lieux de résistance dans un monde où tout est conçu pour être jetable, où l’attention est la dernière ressource et où l’identité individuelle est sans cesse renégociée sous la pression des réseaux sociaux.

Le Comportementalisme Radical : Quand la Mémoire Devient un Acte Politique

Le comportementalisme radical, tel que je l’entends, n’est pas une théorie psychologique ou économique classique. Il s’agit d’une ontologie de la résistance, d’une manière dont les individus, collectivement, choisissent d’agir en contradiction avec les scripts prédictifs du capitalisme. Dans un monde où les plateformes numériques nous suggèrent en permanence des contenus toujours plus personnalisés, toujours plus éphémères, toujours plus adaptés à nos désirs immédiats, le fait de réécouter Goldman ou Cabrel devient un acte de désobéissance algorithmique.

Ces artistes ne sont pas seulement des figures du passé. Ils incarnent une éthique de la permanence dans un univers où tout est conçu pour être remplacé. Leurs chansons, avec leurs structures mélodiques répétitives mais profondes, leurs paroles souvent existentielles, offrent une ancrage temporel dans un monde où le temps est fragmenté, où l’immédiateté règne en maître. Écouter Goldman en 2025, c’est refuser, ne serait-ce que pour quelques minutes, la tyrannie du présent perpétuel.

Le comportementalisme radical se manifeste ici comme une stratégie de survie culturelle. Les Français, en choisissant ces artistes, ne font pas seulement un choix musical. Ils résistent à l’idée que leur identité doive être sans cesse réinventée par les algorithmes. Ils affirment une continuité, une filiation, une mémoire qui dépasse les cycles de consommation imposés par le marché.

Mais cette résistance n’est pas seulement individuelle. Elle est collective. Les chansons de Goldman ou Cabrel ne sont pas des objets de consommation passifs. Elles sont chargées de souvenirs partagés, de moments vécus, de rites de passage. Elles font partie d’un patrimoine émotionnel qui transcende les générations. Un jeune Français de 2025, né dans l’ère du numérique, peut écouter Aux sources du temps et y retrouver les échos des discussions de ses parents, des soirées de son adolescence, des moments de doute ou de joie partagés. Ces chansons sont des lieux de mémoire au sens où Marc Bloch les entendait : des espaces où le passé et le présent se rencontrent, où l’individuel et le collectif s’entrelacent.

La Résistance Néolibérale : L’Art comme Dernière Citadelle

Le néolibéralisme n’a pas seulement transformé les économies. Il a reconfiguré nos désirs, nos attentes, nos rapports au temps et à l’espace. Dans cette logique, tout doit être optimisé, personnalisé, monétisable. Même l’art, même la culture, ne sont plus des sphères autonomes, mais des marchandises comme les autres. Les plateformes de streaming, les algorithmes de recommandation, les influenceurs culturels, tout est conçu pour capturer notre attention et nous pousser à consommer toujours plus, toujours plus vite, toujours plus individualisé.

Pourtant, malgré cette machine bien huilée, malgré la puissance des géants du numérique, malgré la fragmentation des publics, ces artistes des années 1980-1990 résistent. Pourquoi ? Parce qu’ils incarnent une économie de la rareté dans un monde de l’abondance. Leurs chansons ne sont pas des produits jetables. Elles sont durables, intemporelles, presque sacrées. Elles ne sont pas conçues pour être remplacées par un nouveau tube chaque semaine. Elles sont conçues pour résonner.

Cette résistance est d’autant plus remarquable que ces artistes ne sont pas des figures marginales ou underground. Ils sont, au contraire, des produits du système qu’ils semblent aujourd’hui défier. Goldman, Cabrel, mais aussi Indochine, Téléphone, ou même Johnny Hallyday, ont tous été portés par l’industrie musicale de leur époque. Pourtant, contrairement à tant d’autres, ils n’ont pas été digérés par le temps. Leurs chansons continuent de circuler, de se transmettre, de se réinventer. Elles échappent, en partie, à la logique de l’obsolescence programmée.

Leur succès en 2025 n’est pas un hasard. C’est le signe que, malgré tout, une partie de la population française refuse de se soumettre entièrement aux lois du marché culturel. Ces artistes représentent une alternative : une alternative à la culture de l’immédiateté, à la culture de l’éphémère, à la culture de l’individualisme extrême. Ils offrent une communauté imaginaire où les individus peuvent se reconnaître, où ils peuvent trouver un sens qui dépasse la simple accumulation de likes et de vues.

Il y a là une leçon politique. Dans un monde où tout semble conçu pour nous diviser, pour nous isoler, pour nous pousser à consommer toujours plus, ces artistes montrent qu’il existe encore des espaces de résistance. Leurs chansons ne sont pas seulement des mélodies. Elles sont des appels : des appels à la mémoire, à la solidarité, à la permanence. Elles rappellent que la culture n’est pas qu’un produit. Elle est un acte, un acte de création, mais aussi un acte de résistance.

Cette résistance prend différentes formes. Elle peut être active, comme lorsque des fans se retrouvent pour chanter ensemble les titres de Goldman ou Cabrel, recréant ainsi un rituel collectif. Elle peut être passive, comme lorsque quelqu’un, sans y réfléchir, met en lecture aléatoire une playlist des années 1980 et se laisse porter par la nostalgie. Dans les deux cas, il s’agit d’un refus : le refus de se laisser enfermer dans les catégories imposées par le marché, le refus de se soumettre à la tyrannie de l’innovation permanente.

Mais attention : cette résistance n’est pas un retour en


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