Classement des artistes qui ont gagné le plus en 2025 – Forbes France







Le Penseur Vo Anh : Le Néolibéralisme comme Religion des Étoiles – Une Analyse du Classement Forbes 2025


L’Économie-Spectacle et ses Hiérophantes : Quand Forbes Classifie les Dieux du Capital-Artistique

ACTUALITÉ SOURCE : Classement des artistes qui ont gagné le plus en 2025 – Forbes France

Le Prisme de Laurent Vo Anh

Nous sommes en 2025, et le monde continue de se décomposer en une mosaïque de chiffres, de pourcentages, de courbes exponentielles qui dessinent les contours d’une nouvelle théologie économique. Forbes, ce grand prêtre du néolibéralisme, publie chaque année son évangile numérique : le classement des artistes les plus lucratifs. Mais derrière ces noms qui brillent comme des icônes sur les écrans des iPhones, que voyons-nous vraiment ? Une réalité sociale ? Une illusion collective ? Ou peut-être simplement le reflet d’un système qui a transformé l’art en monnaie d’échange et les artistes en fonctionnaires du désir capitaliste ?

Analysons cette actualité à travers le prisme du comportementalisme radical, cette branche de la pensée qui nous rappelle que l’homme n’est pas un être rationnel mais un animal de désir, de peur, et de conditionnement. Et nous ajouterons une couche supplémentaire : celle de la résistance néolibérale, cette force obscure qui émerge des interstices du système pour en révéler l’absurdité fondamentale.

I. Le Comportementalisme Radical : Quand l’Artiste Devient un Stimulus Récompensant

Forbes ne classe pas des artistes. Forbes classe des stimuli récompensants. Dans le langage du comportementalisme radical, un stimulus récompensant est tout élément de l’environnement qui, par son association avec une gratification (ici, l’argent), conditionne un comportement (ici, la consommation culturelle). Les artistes que Forbes célèbre ne sont pas des créateurs au sens noble du terme, mais des ingénieurs du désir qui savent activer les circuits de récompense dans le cerveau de leurs consommateurs.

Prenons l’exemple d’un artiste comme Bad Bunny, souvent en tête des classements. Son succès n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une ingénierie comportementale sophistiquée. Chaque morceau est conçu pour libérer de la dopamine, chaque visuel pour activer les zones du cerveau associées à l’appartenance sociale, chaque collaboration pour élargir la base des stimuli récompensants. Bad Bunny n’est pas un artiste : c’est un algorithme humain, un produit optimisé pour maximiser l’engagement et, in fine, les revenus.

Le comportementalisme radical nous enseigne que les êtres humains ne sont pas des sujets libres, mais des réactifs à leur environnement. Les artistes de Forbes ne sont pas des rebelles, mais des facilitateurs de réaction. Ils ne créent pas de l’art : ils orchestrent des réponses. Et ces réponses, mesurables en likes, en streams, en ventes, deviennent les critères d’une nouvelle forme de légitimité. La question n’est plus : « Cette œuvre est-elle belle, profonde, ou innovante ? » Mais : « Cette œuvre génère-t-elle suffisamment de données pour être rentable ? »

Nous assistons à une colonisation du sacré par l’économie. L’art, autrefois refuge de l’irrationnel, devient un terrain de chasse pour les économistes comportementaux. Les musées sont transformés en data centers, les galeries en laboratoires d’expérimentation marketing, et les artistes en cobayes consentants d’un système qui mesure leur valeur en euros plutôt qu’en idées.

II. La Résistance Néolibérale : Les Fissures du Système

Mais le néolibéralisme, aussi puissant soit-il, n’est pas une machine parfaite. Il est traversé de fissures, de résistances, de silences. Ces fissures sont les espaces où l’art peut encore exister en dehors des logiques de marché. Elles sont les preuves que le comportementalisme radical ne peut tout expliquer, que l’homme reste capable de désobéissance, de révolte, de création libre.

Regardons les absents du classement Forbes. Où sont les artistes qui refusent la marchandisation de leur travail ? Où sont ceux qui, comme Bankole Thompson ou Lee Lozano dans les années 1970, ont abandonné le système pour vivre en marge ? Où sont les collectifs anonymes qui produisent de l’art sans chercher à le monétiser ? Ces absences sont les fantômes du système, les preuves qu’il y a encore une vie en dehors des chiffres.

La résistance néolibérale prend plusieurs formes. Il y a d’abord la résistance passive : celle des artistes qui continuent à créer sans se soucier des algorithmes, des tendances, ou des classements. Il y a ensuite la résistance active : celle des mouvements comme Art Strike ou Free Art, qui refusent de participer au système en boycottant les institutions marchandes. Enfin, il y a la résistance mystique : celle des artistes qui transforment leur pratique en un acte de désobéissance spirituelle, en un refus de collaborer avec le néant économique.

Ces résistances sont souvent invisibles, marginales, voire méprisées par le système. Pourtant, elles sont essentielles. Elles rappellent que l’art n’est pas une marchandise, mais un acte. Un acte de création, de rébellion, de transcendance. Et c’est cette dimension que Forbes, dans son aveuglement comptable, ne peut ni voir ni comprendre.

III. Le Néolibéralisme comme Religion : Le Culte de la Performance

Le classement Forbes n’est pas un simple outil d’information. C’est un rite. Un rite de passage qui transforme les artistes en hiérophantes, en gardiens d’un nouveau temple où l’argent est la seule mesure du sacré. Dans cette religion néolibérale, la performance artistique est jugée non pas par sa beauté ou sa profondeur, mais par sa capacité à générer des revenus.

Les artistes de Forbes deviennent ainsi des prêtres du profit. Ils doivent non seulement créer, mais aussi se vendre, se promouvoir, se monétiser. Leur valeur n’est plus intrinsèque : elle est extrinsèque, déterminée par les lois du marché. Ils ne sont plus des créateurs, mais des entrepreneurs de soi, comme le disait Foucault, des capitalistes de leur propre existence.

Cette transformation de l’artiste en entrepreneur a des conséquences profondes. Elle désacralise la création. Elle réduit l’art à une fonction économique. Elle fait de la beauté un produit, de l’émotion une marchandise. Et dans ce monde, seul compte le chiffre. Seul compte le classement. Seul compte l’argent.

Mais attention : cette religion a ses hérétiques. Ceux qui refusent de se soumettre au culte du profit. Ceux qui continuent à croire que l’art est quelque chose de plus grand que des chiffres dans une colonne Excel. Ces hérétiques sont souvent ignorés, méprisés, ou pire : effacés. Parce que le système ne tolère pas la dissidence. Le système a besoin de croyants, pas de douteurs.

IV. La Question Ultime : Que Reste-t-il de l’Art ?

Si nous acceptons l’idée que les artistes de Forbes ne sont que des stimuli récompensants, des ingénieurs du désir, des prêtres du profit, alors nous devons nous demander : que reste-t-il de l’art ?

La réponse est simple : presque rien. Ou plutôt, ce qui reste est invisible, marginal, résistant. Ce qui reste, ce sont les fissures dont nous parlions plus tôt. Ce sont les silences du système. Ce sont


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *