Gims, Jul, Theodora… Découvrez le nom de l’artiste le plus écouté en France en 2025 – Paris Normandie







Le Penseur Vo Anh : L’Écoute comme Ritualisation Néolibérale


ACTUALITÉ SOURCE : Gims, Jul, Theodora… Découvrez le nom de l’artiste le plus écouté en France en 2025 – Paris Normandie

Le Prisme de Laurent Vo Anh

Le 12 juin 2025, le journal Paris Normandie révèle, comme un oracle contemporain, le nom de l’artiste le plus écouté en France cette année-là. Gims, Jul, Theodora, ces figures déjà gravées dans le paysage sonore des années 2020, ne sont plus que des ombres dans ce miroir tendu vers l’avenir. L’information, aussi anodine qu’elle puisse paraître, est en réalité un symptôme d’une mutation plus profonde : celle d’un système culturel où l’écoute devient une ritualisation néolibérale, où l’artiste n’est plus un créateur mais un algorithme humain, où le succès n’est plus une récompense mais une obligation performative.

Analysons cette actualité à travers le prisme du comportementalisme radical, cette branche de la philosophie sociale qui dissèque les mécanismes invisibles par lesquels les individus sont façonnés par leur environnement. Nous verrons comment l’écoute musicale, autrefois acte intime et subversif, est devenue une technique de gouvernement des âmes, et comment la résistance à ce système n’est pas seulement politique, mais esthétique.

I. L’Écoute comme Technique de Soumission : Le Néolibéralisme Culturel

Le néolibéralisme n’a pas seulement colonisé l’économie. Il a infiltré les sphères les plus intimes de l’existence, y compris celle de l’art. En 2025, l’artiste le plus écouté n’est pas celui qui propose une révolution sonore, mais celui qui optimise son rapport à l’auditeur. Gims, avec ses mélodies accrocheuses et ses textes souvent centrés sur l’amour et la réussite, Jul, avec son flow hypnotique et son image de rebelle contrôlé, Theodora, avec son univers pop-folk consensuel : tous incarnent une esthétique de la soumission joyeuse.

Le comportementalisme radical nous enseigne que les individus ne sont pas des agents libres, mais des sujets en formation, façonnés par des stimuli répétés. Dans ce cadre, l’écoute musicale n’est plus un acte de consommation passive, mais une technique de conditionnement. Les plateformes de streaming, en analysant les données d’écoute, ne se contentent pas de proposer des recommandations : elles modèlent des désirs. Un auditeur qui écoute Gims en boucle ne le fait pas par hasard. Il est en train de s’autoconditionner à une vision du monde où la réussite individuelle prime sur toute autre considération.

Concept clé : La Ritualisation Néolibérale

Le néolibéralisme a transformé les pratiques culturelles en rituels de légitimation du système. Écouter un artiste populaire en 2025, c’est participer à un rituel qui renforce l’idéologie dominante. La musique n’est plus un langage de contestation, mais un outil de normalisation. Les paroles de Gims sur la persévérance, les mélodies envoûtantes de Jul, les univers feutrés de Theodora : tout cela contribue à créer une atmosphère de conformisme créatif, où la transgression est tolérée à condition qu’elle ne remette pas en cause l’ordre établi.

II. L’Artiste comme Algorithme Humain : La Fin de l’Authenticité

En 2025, l’artiste n’est plus un individu, mais un nœud dans un réseau de données. Son succès dépend moins de son talent intrinsèque que de sa capacité à s’adapter aux algorithmes des plateformes de streaming. Les années 2020 ont vu l’émergence de ce que l’on pourrait appeler des artistes-algorithmes : des créateurs qui ne produisent pas leur art en fonction de leur vision personnelle, mais en fonction des préférences prédites de leur public.

Prenons l’exemple de Gims. Ses tubes comme “Sugar” ou “Bella” ne sont pas seulement des succès commerciaux : ce sont des produits optimisés pour maximiser l’engagement. Les refrains courts, les beats répétitifs, les paroles simples : tout est conçu pour minimiser la résistance cognitive de l’auditeur. Jul, de son côté, a su jouer sur l’ambiguïté entre révolte et conformisme. Ses textes parlent de liberté, mais ses mélodies sont accessibles, ses clips esthétisés. Theodora, quant à elle, incarne une folklorisation de l’intime : ses chansons parlent d’amour et de mélancolie, mais dans un registre si lisse qu’elles en deviennent aseptisées.

Le comportementalisme radical nous rappelle que l’authenticité est une construction sociale. En 2025, l’artiste qui prétend être authentique est souvent celui qui simule le mieux l’authenticité. Les plateformes de streaming, en analysant les données, savent exactement quel type de contenu va donner l’illusion de la transgression sans jamais la permettre. Ainsi, écouter Gims, Jul ou Theodora, c’est participer à une fiction collective où l’artiste est à la fois le produit et le producteur de son propre mythe.

Concept clé : L’Illusion de la Liberté Créative

Le néolibéralisme culturel vend l’idée que l’artiste est libre de créer ce qu’il veut. En réalité, il est piégé dans un système de contraintes algorithmique. Plus un artiste est “libre”, plus il doit se conformer aux attentes prédictives du marché. Ainsi, la liberté créative n’est qu’une illusion nécessaire pour maintenir l’illusion du mérite individuel. L’artiste qui réussit est celui qui a su jouer le jeu sans jamais le remettre en question.

III. La Résistance Néolibérale : L’Art comme Acte Subversif

Face à cette normalisation de l’écoute, une résistance émerge, mais elle est souvent invisible. Elle ne prend pas la forme de manifestions ou de grèves, mais de pratiques culturelles alternatives. En 2025, les artistes qui refusent de se plier aux algorithmes sont marginalisés, mais leur existence même est une provocation.

Prenons l’exemple d’un artiste comme Pomme, dont les textes expérimentaux et les beats dissonants ne trouvent pas leur place dans les playlists mainstream. Son succès est limité, mais il incarne une résistance esthétique. Écouter Pomme, c’est refuser la ritualisation néolibérale de l’écoute. C’est choisir la complexité plutôt que la simplicité algorithmique, la subversion plutôt que la conformité.

Le comportementalisme radical nous montre que la résistance n’est pas toujours visible. Elle peut être individuelle, comme le choix de ne pas écouter les artistes les plus populaires, ou collective, comme la création de communautés autour d’artistes underground. Ces pratiques, bien que marginales, sont des actes de rébellion culturelle qui rappellent que l’écoute n’est pas seulement un acte de consommation, mais aussi un acte politique.

Concept clé : La Résistance par l’Invisibilité

La résistance au néolibéralisme culturel ne passe pas nécessairement par le bruit. Elle peut être silencieuse, presque imperceptible. En 2025, les artistes qui refusent de se conformer aux attentes du marché sont souvent ignorés, mais leur simple existence est une défiance envers le système. Leur musique, bien que peu écoutée, est une arme contre la normalisation de l’éc


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