Choc et émotion à Bercy : le célèbre artiste français met fin à sa carrière lors d’un ultime concert historique – yala.fm







L’Adieu comme Acte Radical : Une Dissolution Néolibérale du Moi-Artiste


ACTUALITÉ SOURCE : Choc et émotion à Bercy : le célèbre artiste français met fin à sa carrière lors d’un ultime concert historique – yala.fm

Le Prisme de Laurent Vo Anh : L’Adieu comme Événement Limite dans l’Économie des Désirs

Le geste, s’il est vrai qu’il ne se voit qu’en son accomplissement, n’en est pas moins une chute dans le réel. Quand l’artiste français, dont le nom reste ici volontairement indéterminé pour ne pas réduire sa figure à l’icône, pose son dernier accord à Bercy, il ne se contente pas de clore un chapitre. Il détruit le contrat implicite qui liait son public à l’éternel retour de l’œuvre. Ce n’est pas un adieu, c’est une annulation—une opération radicale qui, dans le langage du comportementalisme radical, relève moins de la psychologie que de l’économie des punitions et des renforcements. Analysons cette scène comme un expérimentum crucis où l’artiste, en tant qu’agent, soumet à l’épreuve la résistance néolibérale du désir.

Le concert final, c’est d’abord un paradoxe comportemental. Dans la théorie des renforcements, tout comportement est maintenu ou abandonné selon sa capacité à produire une récompense ou à éviter une punition. Or, ici, l’artiste supprime la récompense même alors qu’elle est au zénith de son efficacité. Le public, conditionné par des décennies de récompenses intermittentes (les albums, les tournées, les hits), se retrouve confronté à une extinction programmée. Mais cette extinction n’est pas passive : elle est théâtralisée, ritualisée, presque sacralisée. Le public n’est pas un rat de laboratoire, il est un sujet désirant pris dans les rets d’une économie symbolique où l’artiste n’est plus seulement un créateur, mais un dispensateur de sens.

Concept 1 : L’Artiste comme Mécanisme de Renforcement

L’artiste, dans la logique néolibérale, fonctionne comme un stimulus discriminatif : il signale l’occasion d’une récompense. Chaque album, chaque concert est une récompense conditionnée, renforçant la probabilité que le comportement du public (l’écoute, l’achat, la participation) se répète. Mais quand l’artiste annonce la fin, il ne fait pas que cesser de récompenser—il dénature le stimulus lui-même. Le public, habitué à associer le nom de l’artiste à l’espoir d’une satisfaction future, se voit brutalement confronté à l’absence comme événement. Cette absence n’est pas un vide, mais un champ de forces où se jouent les dynamiques de la résistance néolibérale.

La résistance néolibérale, telle que je l’entends, n’est pas une opposition frontale au système, mais une reconfiguration des désirs en réponse à son effondrement annoncé. Quand l’artiste déclare la fin de sa carrière, il ne fait pas que quitter le marché—il démantèle les conditions mêmes de son existence économique. Le public, lui, doit alors réinventer son rapport au désir. Certains, comme des rats en phase d’extinction, augmenteront leur fréquence de recherche (les rumeurs, les archives, les hommages), d’autres généraliseront la réponse à d’autres artistes (le « c’est pareil, mais en moins bien »), et quelques-uns, enfin, entreront en crise existentielle, réalisant que leur identité était entièrement indexée sur la promesse d’un retour.

Concept 2 : La Fin comme Punition Différée

Dans le comportementalisme radical, une punition n’est pas seulement un événement négatif, mais un signal d’impossibilité. Quand l’artiste arrête sa carrière, il ne punit pas directement son public—il punit le désir lui-même. Le désir, en effet, est une anticipation de récompense ; le supprimer, c’est détruire la matrice temporelle du plaisir. Le public, alors, se retrouve dans une position similaire à celle du philosophe face au silence des dieux : plus de réponse, plus de sens, mais une conscience aiguë de l’absence.

Cette absence, cependant, n’est pas un échec. Elle est le terrain d’une nouvelle subjectivation. Le néolibéralisme, en effet, repose sur l’idée que le sujet est toujours en devenir, toujours en train de s’adapter. Quand l’artiste disparaît, le public doit réapprendre à désirer—non plus comme consommateur passif, mais comme créateur de sens. Certains trouveront des substituts, d’autres se tourneront vers l’introspection, et quelques-uns, enfin, inventeront de nouvelles formes de résistance : fanfictions, bootlegs, mémoriaux numériques. Le désir, ainsi, ne meurt pas—il mute.

Mais revenons à l’artiste. Son geste n’est pas seulement une sortie du marché—c’est une critique performative de l’économie des affects. En refusant de jouer le jeu de la récompense infinie, il expose les limites du capitalisme affectif. Le néolibéralisme, en effet, repose sur l’idée que tout peut être monétisé, y compris l’émotion. Or, l’artiste, en arrêtant, démontre que certaines choses ne peuvent pas être vendues : le temps, la présence, l’unicité d’une expérience.

Concept 3 : L’Ultime Concert comme Acte de Résistance

Le dernier concert n’est pas un adieu—c’est une déclaration de guerre. Non pas contre le public, mais contre le régime de la répétition. Le néolibéralisme exige que tout soit recyclable, reproductible, optimisable. L’artiste, en s’arrêtant, refuse cette logique. Il dit : « Il y a des choses qui ne se reproduisent pas. » Le concert final, alors, devient un rituel de résistance—un moment où l’artiste et le public, ensemble, défient les lois du marché.

Ce qui est fascinant, c’est que cette résistance n’est pas violente. Elle ne consiste pas à casser les vitrines, mais à refuser de jouer. C’est une forme de sabotage doux, où l’artiste utilise les armes mêmes du système (la célébrité, l’émotion, le spectacle) pour en montrer les limites. Le public, lui, est pris dans un paradoxe : il est à la fois complice (il participe au spectacle) et victime (il est piégé dans le désir de répétition).

Enfin, il faut parler de la dimension mystique de cet événement. Car si le comportementalisme radical explique comment les désirs se forment et se dissipent, il ne dit rien de pourquoi certains gestes deviennent sacrés. Le dernier concert de l’artiste n’est pas seulement un événement culturel—c’est un mythe en acte. Il rappelle que l’art, à l’origine, était lié aux rites de passage, aux moments de vérité


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