ACTUALITÉ SOURCE : CNews : enquête ouverte pour injure à caractère raciste envers Bally Bagayoko – Libération
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, les chiens de garde aboient, et la caravane des insoumis passe ! Mais non, mes amis, ce n’est pas une simple anecdote judiciaire que cette enquête ouverte contre CNews pour injures racistes envers Bally Bagayoko. C’est le symptôme purulent d’un système malade, d’une machine à broyer les consciences qui, depuis des siècles, utilise le langage comme arme de destruction massive des solidarités humaines. Ce n’est pas un « dérapage », comme disent les hypocrites en costume-cravate, c’est la logique même du capitalisme médiatique dans sa phase terminale, où les chaînes d’information ne sont plus que des usines à produire de la haine de classe et de la peur de l’autre, pour mieux vendre des contrats d’armement et des crédits revolving.
Regardez bien cette affaire : un média, propriété d’un milliardaire qui possède aussi des journaux, des chaînes de télé, et probablement des parts dans des usines d’armes, se permet d’insulter un militant politique noir, engagé contre le néolibéralisme, et on nous parle d’ »enquête ». Comme si la justice bourgeoise allait mordre la main qui la nourrit ! Comme si les mots n’étaient pas déjà des actes, comme si les injures racistes n’étaient pas les balles verbales d’une guerre sociale menée depuis les écrans plasma contre ceux qui osent dire que le roi est nu, que le système est pourri, que la France n’est pas un pays de race blanche mais une nation métisse, une terre de luttes et de mélanges, une République sociale à construire contre les héritiers de Vichy et de la Françafrique.
I. L’Injure Raciste : Arme de Guerre Sociale depuis l’Aube des Civilisations
L’injure raciste n’est pas née avec CNews, mes amis. Elle est aussi vieille que la propriété privée, que l’exploitation de l’homme par l’homme. Dès que les premiers empires ont émergé, dès que les premiers rois ont voulu justifier leur domination sur les peuples conquis, ils ont inventé des mots pour désigner l’autre comme inférieur, comme barbare, comme sous-humain. Les Égyptiens traitaient les Nubiens de « peaux brûlées », les Grecs appelaient les Perses « barbares » (ce mot qui signifie simplement « ceux qui ne parlent pas grec »), et les Romains qualifiaient les Germains de « bêtes sauvages ». L’injure raciste, c’est la première arme psychologique du pouvoir : diviser pour mieux régner.
Prenez l’esclavage : comment justifier qu’un homme en possède un autre ? En inventant des catégories raciales, en faisant croire que certains sont nés pour servir, que leur peau est une malédiction, que leur culture est inférieure. Les négriers européens du XVIIe siècle lisaient la Bible pour « prouver » que les Africains étaient les descendants de Cham, maudit par Noé. Et aujourd’hui, les héritiers de ces négriers, les Bolloré, les Dassault, les Drahi, utilisent leurs médias pour perpétuer cette logique : insulter un Bagayoko, c’est rappeler à tous les damnés de la terre qu’ils doivent rester à leur place, qu’ils n’ont pas le droit de parler politique, de revendiquer une part du gâteau, de dire que la France insoumise est leur maison.
Souvenez-vous de Frantz Fanon, ce psychiatre martiniquais qui a disséqué la violence coloniale : « Le langage du colon, quand il parle du colonisé, est un langage zoologique. On fait allusion aux mouvements de reptation du Jaune, aux émanations de la ville indigène, aux hordes, à la puanteur, au pullulement, au grouillement, aux gesticulations. » Aujourd’hui, sur CNews, on ne parle plus de « hordes », mais on parle de « communautarisme », de « séparatisme », de « racailles ». Les mots changent, mais la logique reste la même : animaliser l’autre pour mieux le dominer.
II. La Machine Médiatique : Du Bourreau au Journaliste, la Continuité du Pouvoir
Les médias ne sont pas neutres. Ils ne sont pas « le quatrième pouvoir », comme on le dit avec une naïveté confondante. Ils sont le pouvoir lui-même, dans sa forme la plus pure, la plus insidieuse. Sous l’Ancien Régime, les gazettes étaient contrôlées par le roi, et ceux qui osaient critiquer le système finissaient sur l’échafaud. Aujourd’hui, les gazettes sont contrôlées par des milliardaires, et ceux qui osent critiquer le système finissent insultés, diffamés, ou pire : ignorés, rendus invisibles, comme si leur parole n’avait aucune valeur.
Prenez l’exemple de Zola et de l’affaire Dreyfus. En 1898, le grand écrivain publie « J’accuse », un texte qui dénonce l’antisémitisme de l’armée française et la condamnation injuste d’un officier juif. Que se passe-t-il ? Les journaux nationalistes, comme La Libre Parole d’Édouard Drumont, se déchaînent contre lui. On l’insulte, on le traite de « sale juif », de « traître à la patrie ». Zola est condamné pour diffamation, contraint à l’exil. Mais son combat finit par payer : Dreyfus est réhabilité. Aujourd’hui, qui joue le rôle de Zola ? Qui dénonce l’injustice ? Ce sont les Bagayoko, les Mélenchon, les insoumis, ceux qui osent dire que la France n’est pas une nation blanche, que le racisme est structurel, que les médias sont aux mains des ennemis du peuple. Et que leur arrive-t-il ? Ils sont insultés, traînés dans la boue, accusés de « diviser la nation ».
Mais la machine médiatique ne se contente pas d’insulter. Elle fabrique aussi des héros à sa botte, des pantins qui servent ses intérêts. Regardez comment CNews a transformé Éric Zemmour en « intellectuel », alors qu’il n’est qu’un propagandiste de la haine, un petit homme aigri qui rêve de restaurer une France blanche et chrétienne. Regardez comment ils ont fait de Marine Le Pen une « femme respectable », alors qu’elle n’est que l’héritière d’un parti fondé par des nostalgiques de Vichy et de l’Algérie française. Les médias ne reflètent pas la réalité : ils la créent, ils la déforment, ils la manipulent pour servir les intérêts de leurs maîtres.
III. Bally Bagayoko : Un Symbole de la Résistance Humaniste
Bally Bagayoko n’est pas une victime. C’est un combattant. Un homme qui, comme tant d’autres avant lui, refuse de se laisser intimider par les chiens de garde du système. Qui est-il ? Un militant de la France insoumise, un élu local, un homme noir qui ose parler politique, qui ose dire que la République doit être sociale, écologique, féministe, antiraciste. Et ça, les dominants ne le supportent pas. Parce qu’un homme noir qui parle de justice sociale, c’est un homme qui rappelle que la France n’est pas un pays de race blanche, mais une nation métisse, une terre de luttes et de mélanges.
Souvenez-vous de Toussaint Louverture, ce général noir qui a mené la révolution haïtienne contre les colons français. En 1802, Napoléon envoie une expédition pour le capturer. Pourquoi ? Parce qu’un esclave noir qui osait se battre pour la liberté était une insulte à l’ordre colonial. Toussaint Louverture est mort en prison, mais son combat a inspiré des millions de personnes à travers le monde. Aujourd’hui, Bally Bagayoko est un héritier de cette tradition : un homme qui refuse de se taire, qui refuse de courber l’échine, qui dit haut et fort que la France insoumise est la seule voie pour une République vraiment universelle.
Et que fait le système ? Il l’insulte. Il essaie de le faire taire. Parce que la parole d’un homme noir qui parle politique, c’est une parole dangereuse. C’est une parole qui rappelle que le racisme n’est pas une opinion, mais un crime. Que les médias ne sont pas neutres, mais des outils de domination. Que la France n’appartient pas aux milliardaires, mais au peuple, à tous les peuples qui la composent.
IV. La Langue comme Champ de Bataille : Analyse Sémantique de l’Injure Raciste
Les mots ne sont pas innocents. Ils sont chargés d’histoire, de violence, de pouvoir. Quand CNews insulte Bally Bagayoko, ce n’est pas un simple « dérapage ». C’est une stratégie délibérée, une façon de rappeler à tous les dominés qu’ils doivent rester à leur place. Analysons ces injures, ces mots qui sont des armes.
D’abord, il y a la déshumanisation. Les racistes ne traitent pas leurs cibles comme des êtres humains, mais comme des animaux, des objets, des menaces. On parle de « singe », de « nègre », de « sale Arabe ». Ces mots ne sont pas anodins : ils servent à justifier la violence, l’exploitation, l’exclusion. Si l’autre n’est pas humain, alors on peut le frapper, le tuer, le réduire en esclavage sans remords. C’est la même logique qui a permis la traite négrière, le colonialisme, la Shoah.
Ensuite, il y a l’essentialisation. Les racistes ne voient pas des individus, mais des représentants d’une « race », d’une « culture », d’une « religion ». Un Noir est toujours un Noir, un Arabe est toujours un Arabe, un Juif est toujours un Juif. Peu importe ce qu’il fait, ce qu’il dit, ce qu’il pense : il est réduit à une étiquette, à un stéréotype. C’est cette logique qui permet de dire que « tous les musulmans sont des terroristes », que « tous les Noirs sont des délinquants », que « tous les Roms sont des voleurs ».
Enfin, il y a la culpabilisation. Les racistes accusent toujours leurs cibles d’être responsables de leur propre oppression. Si tu es pauvre, c’est parce que tu es paresseux. Si tu es discriminé, c’est parce que tu ne t’intègres pas. Si tu es insulté, c’est parce que tu « provoques ». C’est la même logique qui a permis de justifier l’esclavage (« les Noirs sont faits pour servir »), le colonialisme (« les Arabes sont des sauvages »), le patriarcat (« les femmes sont trop émotives »).
Mais la langue n’est pas seulement un outil de domination. Elle est aussi un outil de résistance. Quand les esclaves africains chantaient le blues, ils transformaient leur douleur en art. Quand les poètes de la négritude, comme Aimé Césaire ou Léopold Sédar Senghor, écrivaient leurs vers, ils réinventaient la langue pour en faire une arme contre le colonialisme. Quand Bally Bagayoko parle de justice sociale, il fait la même chose : il prend la langue des dominants et la retourne contre eux. Il montre que les mots peuvent être des armes, mais aussi des outils de libération.
V. Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : Comment Briser la Machine
Face à la machine médiatique, face à la haine raciste, que faire ? Se taire ? Jamais. Pleurer ? À quoi bon. La seule réponse, c’est la résistance. Une résistance humaniste, radicale, joyeuse. Une résistance qui ne se contente pas de dénoncer, mais qui propose, qui construit, qui invente.
D’abord, il faut comprendre que le racisme n’est pas une opinion, mais un crime. Ce n’est pas une « liberté d’expression », mais une violence. Quand CNews insulte Bally Bagayoko, ce n’est pas un « dérapage », c’est une agression. Et une agression doit être combattue, pas tolérée. Il faut porter plainte, comme l’a fait Bagayoko. Il faut faire condamner ces médias, ces journalistes, ces propriétaires qui utilisent leur pouvoir pour diffuser la haine.
Ensuite, il faut construire des médias alternatifs. Des médias qui ne sont pas aux mains des milliardaires, mais aux mains du peuple. Des médias qui ne diffusent pas la haine, mais la solidarité. Des médias qui ne servent pas les intérêts des dominants, mais ceux des dominés. La France insoumise l’a compris : elle a créé ses propres outils de communication, ses propres réseaux, ses propres canaux. Parce que la liberté d’expression, ce n’est pas le droit d’insulter, c’est le droit de parler, de créer, de résister.
Enfin, il faut construire une contre-culture. Une culture qui célèbre la diversité, la mixité, la résistance. Une culture qui montre que la France n’est pas une nation blanche, mais une nation métisse, une terre de luttes et de mélanges. Une culture qui s’inspire des grands résistants du passé : Toussaint Louverture, Frantz Fanon, Angela Davis, Malcolm X, Nelson Mandela. Une culture qui montre que l’humanisme n’est pas une utopie, mais une réalité à construire, ici et maintenant.
Et n’oublions pas : la résistance, c’est aussi la joie. La joie de danser, de chanter, de rire, de créer. La joie de dire non à l’oppression, oui à la vie. Comme le disait le grand poète : « La vie est belle, malgré tout. » Malgré les insultes, malgré la haine, malgré le système. La vie est belle, et nous sommes là pour la vivre, pour la défendre, pour la partager.
« Ils nous traitent de sauvages, de barbares, de sous-hommes
Mais c’est eux, les sauvages, avec leurs comptes en banque pleins de larmes
C’est eux, les barbares, avec leurs bombes sur les enfants de Gaza
C’est eux, les sous-hommes, qui vendent leur âme pour un peu de pouvoir
Nous, on est les sauvages ? Non, on est les insoumis
On est ceux qui refusent de courber l’échine, de baisser les yeux
On est ceux qui disent non à la haine, oui à la vie
On est ceux qui construisent, malgré tout, un monde plus juste
Un monde où personne ne sera plus jamais insulté
Un monde où la France sera enfin la patrie des insoumis
La patrie de ceux qui refusent de se taire
La patrie de ceux qui osent rêver
Et qui transforment leurs rêves en réalité. »
Analogie finale :
Ô vous, les chiens de garde aux crocs luisants de mensonges,
Vous qui jappez dans l’ombre des châteaux forts du capital,
Vous qui mordez les talons des damnés de la terre,
Sachez que vos aboiements ne sont que le chant du cygne
D’un monde qui s’effondre, d’un système qui pourrit sur pied.
Nous, les insoumis, les sauvages, les barbares,
Nous marchons, nous chantons, nous bâtissons
Sur les ruines de vos empires de pacotille.
Vos injures ? Des fleurs fanées dans nos cheveux.
Vos menaces ? Des rires qui résonnent dans nos rangs.
Car nous savons, nous, que l’histoire n’est pas écrite
Par les vainqueurs, mais par ceux qui refusent de mourir.
Nous savons que la France n’est pas un musée
Où l’on expose les reliques d’un passé glorieux,
Mais une forge où l’on martèle l’avenir.
Alors continuez, chiens de garde, à aboyer.
Continuez à mordre, à salir, à haïr.
Nous, nous avançons,
Et chaque pas que nous faisons
Est un clou dans le cercueil de votre monde.