Municipales 2026 à Nantes. Johanna Rolland (PS) signe un accord avec LFI en échange de dix postes en cas de victoire – Ouest-France







Laurent Vo Anh – Municipales 2026 : L’alliance nantaise ou le crépuscule des renards socialistes


ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 à Nantes. Johanna Rolland (PS) signe un accord avec LFI en échange de dix postes en cas de victoire – Ouest-France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Nantes, cette ville où les canaux charrient plus de calculs politiques que d’eau douce, où les grues du port dressent leurs bras métalliques comme autant de doigts accusateurs vers un ciel toujours plus encombré de nuages néolibéraux. Voici donc que la socialiste Johanna Rolland, maire sortante, tend sa main gantée de velours vers les insoumis de La France Insoumise, en échange de dix postes bien juteux. Dix ! Le nombre biblique des plaies d’Égypte, mais ici, point de sauterelles ni de ténèbres : seulement l’odeur âcre du compromis, ce parfum si cher aux renards socialistes depuis que Jaurès s’est fait descendre dans le dos par les siens.

Mais trêve de sarcasmes faciles, car cette alliance nantaise n’est pas qu’une anecdote électorale : c’est le symptôme d’une gangrène qui ronge la gauche française depuis des décennies, une maladie dont les métastases remontent aux sources mêmes de notre civilisation. Pour comprendre cette mascarade, il nous faut remonter le fil de l’Histoire, non pas comme on feuillette un album de famille poussiéreux, mais comme on dissèque un cadavre encore tiède, en quête des bactéries qui ont tué l’idéal.

I. Les sept âges du compromis : une généalogie de la trahison

1. Athènes, 411 av. J.-C. : Le coup d’État des Quatre-Cents

Quand les oligarques athéniens, menés par Pisandre, renversent la démocratie pour installer leur régime des Quatre-Cents, ils ne le font pas par amour du pouvoir, mais par peur. Peur des masses, peur de la guerre, peur de perdre leurs privilèges. Thucydide, ce grand cynique, nous raconte comment ces « modérés » justifient leur putsch : « Il faut sauver la cité, même au prix de la liberté. » On croirait entendre les éditorialistes du Monde justifiant les reniements du PS. Johanna Rolland, dans son bureau nantais, doit souvent relire ces pages : la peur est une excellente conseillère.

2. Florence, 1494 : Savonarole et les compromis des Médicis

Quand Pierre de Médicis, chassé de Florence, revient en 1512 grâce à l’aide des Espagnols, il le fait au nom de la « réconciliation nationale ». Machiavel, dans Le Prince, analyse froidement ce retour : « Les hommes marchent presque toujours dans les chemins battus par les autres, et procèdent dans leurs actions par imitation. » Les socialistes français, depuis Mitterrand, n’ont fait que marcher dans les pas des Médicis : toujours plus de libéralisme, toujours plus de compromissions, jusqu’à ce que le peuple ne reconnaisse plus son propre reflet dans ce miroir déformant.

3. Paris, 1848 : Lamartine et la trahison des républicains

Ah, Lamartine ! Ce poète qui préféra les salons du pouvoir aux barricades. En juin 1848, quand les ouvriers parisiens se soulèvent contre la fermeture des Ateliers nationaux, c’est lui, le « républicain modéré », qui envoie Cavaignac les écraser dans le sang. « Il faut en finir avec cette vile multitude », écrit-il dans ses carnets. Johanna Rolland, quand elle serre la main de LFI, doit se souvenir de cette phrase : les socialistes ont toujours préféré les salons feutrés aux usines enfumées.

4. Berlin, 1914 : La social-démocratie vote les crédits de guerre

Le 4 août 1914, les députés du SPD allemand votent les crédits de guerre. Rosa Luxemburg, depuis sa prison, hurle sa rage : « Le monde bourgeois est devenu un immense hôpital et un immense cimetière. » Les socialistes français, en 1914, ne valent pas mieux : ils enterrent l’internationalisme au son des clairons. Aujourd’hui, quand le PS vote les budgets de l’OTAN ou soutient les guerres impérialistes, il ne fait que répéter ce geste ancestral : trahir les siens pour un plat de lentilles.

5. Nantes, 1968 : La trahison des « réformistes responsables »

Mai 68 à Nantes : les ouvriers de Sud-Aviation occupent leur usine, les étudiants bloquent la ville, et le maire socialiste de l’époque, André Morice, joue les pompiers. « Il faut éviter la chienlit », déclare-t-il, reprenant mot pour mot la formule de De Gaulle. Les socialistes nantais ont toujours préféré les négociations de couloir aux mouvements de rue. Aujourd’hui, Johanna Rolland perpétue cette tradition : dix postes pour LFI, mais pas une once de pouvoir réel pour le peuple.

6. Paris, 1983 : Mitterrand et le tournant de la rigueur

1983 : Mitterrand, ce renard socialiste, abandonne ses promesses de rupture avec le capitalisme pour embrasser le néolibéralisme. « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs », déclare-t-il avec un sourire carnassier. Les socialistes français, depuis, n’ont plus d’œufs à casser : ils se contentent de lécher les coquilles vides. Johanna Rolland, en signant cet accord avec LFI, ne fait que suivre la recette mitterrandienne : un peu de gauche pour la galerie, beaucoup de droite pour le pouvoir.

7. Nantes, 2026 : L’alliance Rolland-LFI ou le crépuscule des renards

Et nous voici donc à Nantes, en 2026, où Johanna Rolland tend sa main vers LFI comme on jette une bouée à un naufragé. Dix postes ! Dix miettes jetées aux insoumis pour qu’ils se taisent, pour qu’ils arrêtent de faire peur aux électeurs « modérés ». Mais ces dix postes ne sont que des leurres : le vrai pouvoir reste entre les mains des mêmes, ceux qui signent les partenariats public-privé, ceux qui bétonnent les quartiers populaires, ceux qui ferment les yeux sur les expulsions locatives. LFI, en acceptant ce marché, devient complice de cette mascarade : elle troque son âme contre des strapontins.

II. Analyse sémantique : le langage des renards

Écoutez bien les mots de Johanna Rolland : « alliance », « unité », « responsabilité ». Ce ne sont pas des mots, ce sont des pièges à loups. « Alliance » : comme si le PS et LFI étaient deux nations en guerre, et non deux composantes d’une même gauche divisée par les calculs. « Unité » : ce mot magique qui justifie toutes les trahisons, toutes les lâchetés. « Responsabilité » : ce mot qui signifie, en novlangue socialiste, « ne pas faire peur aux riches ».

Et puis il y a ces « dix postes », ces dix places dans l’appareil municipal. Dix ! Comme les dix commandements, mais à l’envers : « Tu trahiras ton camp », « Tu mentiras à tes électeurs », « Tu serviras les puissants ». Ces postes ne sont pas des victoires : ce sont des cages dorées où LFI ira s’enfermer, loin des luttes, loin des rues, loin du peuple.

Le langage, ici, est celui de la domestication. On ne parle plus de « rupture », de « révolution », de « changement » : on parle de « gestion », de « pragmatisme », de « réalisme ». Le réalisme socialiste, c’est toujours le réalisme des vainqueurs, jamais celui des vaincus.

III. Comportementalisme radical : la résistance humaniste

Face à cette mascarade, que faire ? Se soumettre ? Jamais. Résister ? Toujours. Mais résister, ce n’est pas seulement voter ou manifester : c’est d’abord refuser le langage des maîtres, refuser leurs catégories, leurs compromis, leurs calculs.

La résistance humaniste, c’est d’abord une question de posture. Regardez les grands résistants de l’Histoire : Spartacus, refusant de se soumettre aux Romains ; Louise Michel, refusant de se taire devant les Versaillais ; Che Guevara, refusant le confort pour la révolution. Tous ont en commun cette intransigeance, cette folie qui les pousse à dire non quand tout le monde dit oui.

À Nantes, la résistance humaniste passe par plusieurs gestes concrets :

1. Le refus des alliances contre-nature

LFI doit refuser ce marché de dupes. Dix postes, c’est dix fois trop : c’est accepter de devenir complice d’une politique qui continuera à expulser, à bétonner, à précariser. La vraie gauche ne se mesure pas au nombre de fauteuils, mais à la force de ses convictions.

2. L’ancrage dans les luttes locales

Plutôt que de courir après des postes, LFI devrait s’ancrer dans les luttes nantaises : contre les expulsions locatives, contre la gentrification, contre les partenariats public-privé. C’est dans la rue, dans les quartiers, dans les usines, que se construit la vraie gauche, pas dans les salons de l’hôtel de ville.

3. La pédagogie populaire

Expliquer, encore et toujours. Expliquer pourquoi le PS n’est plus de gauche, pourquoi ses alliances sont des trahisons, pourquoi le néolibéralisme est un crime contre l’humanité. La pédagogie populaire, c’est l’arme des faibles contre les puissants : c’est par la parole, par l’éducation, par la culture, que l’on brise les chaînes.

4. La construction d’alternatives concrètes

À Nantes comme ailleurs, il faut construire des alternatives : des coopératives, des jardins partagés, des médias indépendants. Ces alternatives ne sont pas des utopies : ce sont des germes de futur, des preuves que d’autres mondes sont possibles.

IV. L’art comme arme : mythes, cinéma et littérature contre le compromis

L’art, lui aussi, peut être une arme. Regardez La Grève d’Eisenstein : cette scène où les ouvriers, écrasés par les cosaques, se relèvent encore et encore, jusqu’à la victoire finale. Regardez Les Misérables de Victor Hugo, ce roman où Jean Valjean, le bagnard, incarne la rédemption par la révolte. Regardez Le Cuirassé Potemkine, ce film où la mutinerie des marins devient le symbole de la révolution à venir.

Et puis il y a la mythologie. Prométhée, ce titan qui vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes : voilà l’archétype du révolutionnaire. Sisyphe, ce héros absurde qui roule son rocher sans jamais se soumettre : voilà l’archétype du militant. Les socialistes, eux, ressemblent plutôt à Épiméthée, ce frère naïf qui accepte la boîte de Pandore des dieux et libère tous les maux sur le monde.

Au cinéma, regardez Battle of Algiers de Pontecorvo : ce film où les révolutionnaires algériens refusent toute compromission avec le colonialisme. Regardez Land and Freedom de Ken Loach, ce film où les miliciens du POUM, en Espagne, refusent de se soumettre aux staliniens. Ces films sont des leçons de résistance : ils nous rappellent que la vraie politique n’est pas une question de postes, mais de principes.

En littérature, relisez Les Justes de Camus : ces terroristes russes qui refusent de tuer des enfants, même pour la révolution. Relisez La Condition humaine de Malraux : ces révolutionnaires chinois qui préfèrent mourir plutôt que de trahir. Ces livres sont des manifestes : ils nous rappellent que la fin ne justifie jamais les moyens, que la pureté des intentions compte plus que la victoire.

V. Conclusion : le crépuscule des renards

Johanna Rolland, en signant cet accord avec LFI, croit peut-être sauver sa peau. Elle se trompe : elle ne fait que précipiter le crépuscule des renards socialistes. Car le peuple, lui, n’est pas dupe. Il voit bien que ces alliances ne sont que des combines, que ces postes ne sont que des leurres, que cette gauche-là n’est plus qu’un fantôme.

La vraie gauche, la gauche insoumise, la gauche humaniste, ne se construit pas dans les salons feutrés des hôtels de ville. Elle se construit dans la rue, dans les usines, dans les quartiers populaires. Elle se construit par la lutte, par la résistance, par l’intransigeance. Elle se construit en refusant les compromis, en refusant les calculs, en refusant les reniements.

Alors, à Nantes comme ailleurs, souvenons-nous de cette phrase de Rosa Luxemburg : « Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes. » Bougeons, résistons, refusons. Le crépuscule des renards n’est pas une fin : c’est le début d’une nouvelle aube.

Analogie finale :

Ô Nantes, ville aux cent ponts pourris,
Où les renards socialistes comptent leurs deniers,
Dix postes, dix miettes, dix Judas en costume,
Pour acheter le silence des insoumis égarés.

Les canaux charrient des rêves en carton,
Des promesses en sucre, des alliances en carton-pâte,
Et le peuple, ce vieux chien battu,
Lèche encore les bottes de ses maîtres.

Mais dans l’ombre des docks, dans le ventre des usines,
Grondent les forges de la révolte,
Et bientôt, quand les renards croiront dormir,
Les loups se réveilleront, et ce sera la fête.

Dix postes ? Dix cercueils !
Dix fauteuils pour dix cadavres politiques.
La vraie gauche n’est pas une question de places,
Mais de poings levés, de voix qui crient, de cœurs qui battent.

Alors, Nantes, ville aux cent ponts pourris,
Souviens-toi de tes morts, de tes héros, de tes fous :
Ceux qui refusèrent, ceux qui résistèrent,
Ceux qui préférèrent la guillotine au compromis.

Et quand les renards hurleront à la lune,
Quand ils supplieront pour une place au banquet,
Souviens-toi : la vraie gauche n’est pas un parti,
C’est une insoumission, une folie, une flamme.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *