Municipales à Paris : « Il a été courageux de ne pas s’allier à LFI »… Chez les soutiens d’Emmanuel Grégoire, soulagement et allégresse – Le Parisien







Le Penseur Laurent Vo Anh – Municipales à Paris : La lâcheté en habit de lumière


ACTUALITÉ SOURCE : Municipales à Paris : « Il a été courageux de ne pas s’allier à LFI »… Chez les soutiens d’Emmanuel Grégoire, soulagement et allégresse – Le Parisien

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, Paris ! Cette ville-lumière qui n’éclaire plus que les coffres-forts des promoteurs immobiliers et les sourires en plastique des technocrates en costard-cravate. Cette cité où l’on célèbre aujourd’hui le « courage » de trahir les derniers espoirs d’une gauche qui ose encore croire en autre chose qu’en la soumission aux dogmes néolibéraux. Le Parisien nous rapporte, avec cette allégresse de croque-mort bien nourri, que les soutiens d’Emmanuel Grégoire exultent : « Il a été courageux de ne pas s’allier à LFI ». Courageux ? Non, mes chers petits marquis de la pensée unique, vous avez simplement choisi la lâcheté en habit de lumière, cette lâcheté qui sent le désinfectant des couloirs de Bercy et le cuir des fauteuils de première classe.

Mais plongeons, voulez-vous, dans les entrailles de cette trahison, non pas comme on feuillette un magazine people, mais comme on dissèque un cadavre politique pour en comprendre la putréfaction. Car cette petite phrase, « il a été courageux de ne pas s’allier à LFI », est un concentré de toute l’histoire humaine, une fable moderne où se rejoue, encore et toujours, le combat éternel entre ceux qui veulent dominer et ceux qui veulent libérer. Suivez-moi, à travers les siècles, les livres et les rêves brisés, pour comprendre comment l’humanité en est arrivée à célébrer sa propre servitude volontaire.

1. L’origine du mépris : La cité grecque et le rejet de la démocratie radicale

Remontons à Athènes, cette matrice de notre pensée politique. Déjà, dans l’Agora, deux camps s’affrontaient : d’un côté, les démocrates radicaux, menés par des figures comme Cléon, qui voulaient étendre le pouvoir au peuple, aux artisans, aux marins ; de l’autre, les aristocrates, comme Alcibiade, qui méprisaient cette plèbe et rêvaient d’alliances avec les puissants de Sparte ou de Perse. Platon, dans La République, théorise ce mépris : la démocratie, pour lui, est un régime où les chiens de garde de la cité, les philosophes-rois, doivent se tenir éloignés des « excès » du peuple. N’est-ce pas là, déjà, l’archétype de notre Emmanuel Grégoire ? Un homme qui préfère serrer la main des banquiers plutôt que de tendre l’oreille aux revendications des Gilets Jaunes ou des travailleurs de la RATP ? Le « courage » de ne pas s’allier à LFI, c’est le même que celui d’Alcibiade trahissant Athènes pour Sparte : un calcul de courtisan, pas un acte de bravoure.

2. La trahison des clercs : Le Moyen Âge et la collusion avec le pouvoir

Au XIIe siècle, dans les couloirs sombres des cathédrales, les clercs devaient choisir : servir Dieu ou servir le roi. Beaucoup choisirent le roi. Pierre Abélard, ce génie rebelle, fut condamné pour avoir osé penser hors des dogmes de l’Église. Ses ennemis, comme Bernard de Clairvaux, le traînèrent dans la boue en le qualifiant de « danger pour la foi ». N’est-ce pas là le même procès que l’on fait aujourd’hui à Jean-Luc Mélenchon ? « Danger pour la République », « diviseur », « populiste » – les mots changent, mais la peur reste la même : celle des puissants face à ceux qui osent dire que le roi est nu. Les soutiens de Grégoire, en célébrant son « courage », ne font que répéter le geste des inquisiteurs : mieux vaut brûler l’hérétique que de remettre en cause l’ordre établi.

3. Les Lumières et la peur du peuple : Robespierre contre les girondins

La Révolution française fut un laboratoire sanglant de cette lâcheté. D’un côté, Robespierre et les Montagnards, qui voulaient pousser la révolution jusqu’à l’égalité réelle, quitte à effrayer les bourgeois ; de l’autre, les girondins, comme Brissot, qui préféraient s’allier aux modérés et aux royalistes pour « stabiliser » la situation. « La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres », disaient-ils. Traduction : « Ne touchons pas aux privilèges, et surtout pas à la propriété ». Le « courage » de Grégoire, c’est celui de Brissot refusant de s’allier aux sans-culottes : un courage de salon, qui sent le thé et les petits fours, pas la poudre et le sang des barricades.

4. Le XIXe siècle : Le socialisme trahi par les « républicains de raison »

En 1848, alors que les ouvriers parisiens dressent des barricades, les républicains modérés, comme Lamartine, préfèrent s’allier aux monarchistes plutôt que de soutenir les socialistes. « La République doit être sage », déclarent-ils. Sage ? Comme un chien bien dressé, oui. Le « courage » de ne pas s’allier aux révolutionnaires, c’est celui de ces bourgeois qui, après avoir écrasé les insurgés dans le sang, se congratulent en buvant du champagne. Marx, dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, décrit cette trahison avec une ironie cinglante : « La bourgeoisie préfère l’ordre à la justice, même si cet ordre est celui de la baïonnette ». Remplacez « bourgeoisie » par « élites parisiennes » et « baïonnette » par « police municipale », et vous avez le portrait de nos modernes girondins.

5. Le XXe siècle : Le Front populaire et la peur de l’unité

En 1936, alors que le fascisme menace l’Europe, les radicaux-socialistes, menés par Édouard Daladier, refusent de s’allier pleinement au Front populaire. « Il faut modérer les ardeurs », disent-ils. Modérer ? Comme on modère un feu de forêt en pissant dessus. Léon Blum, lui, tente l’unité, mais il est trahi par ceux-là mêmes qui devraient être ses alliés. Le « courage » de Grégoire, c’est celui de Daladier signant les accords de Munich : un courage de capitulation, qui préfère serrer la main d’Hitler plutôt que de risquer une alliance avec les communistes. Aujourd’hui, c’est la même peur qui anime nos « républicains de raison » : mieux vaut s’allier avec Macron, ce fossoyeur des services publics, que de risquer une alliance avec LFI, ce « danger » pour la « stabilité » (lire : pour les profits des actionnaires).

6. La guerre froide et la diabolisation de la gauche radicale

Dans les années 1950, alors que les États-Unis imposent leur hégémonie sur l’Europe de l’Ouest, les sociaux-démocrates français, comme Guy Mollet, choisissent le camp de l’OTAN contre celui de l’indépendance nationale. « Il faut être réaliste », disent-ils. Réaliste ? Comme un chien qui lèche la main de son maître en espérant une caresse. Sartre, dans Les Mains sales, met en scène cette trahison : Hoederer, le révolutionnaire, est assassiné par ceux qui préfèrent le compromis avec les puissants. Le « courage » de Grégoire, c’est celui de Mollet envoyant les paras en Algérie : un courage de bourreau, qui préfère écraser les colonisés plutôt que de risquer une alliance avec les anticolonialistes.

7. Le XXIe siècle : La gauche libérale et la haine de Mélenchon

Aujourd’hui, la trahison a pris les traits d’Emmanuel Grégoire, ce clone parisien de Macron, ce technocrate qui préfère les dîners en ville aux réunions de section. Son « courage » ? Refuser l’alliance avec LFI, c’est-à-dire refuser de combattre frontalement le néolibéralisme, ce cancer qui ronge nos services publics, nos hôpitaux, nos écoles. C’est le même « courage » que celui des sociaux-démocrates allemands, qui préfèrent gouverner avec les conservateurs plutôt que de risquer une alliance avec Die Linke. Comme le disait Brecht : « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ». Ce ventre, aujourd’hui, c’est celui de la gauche libérale, qui préfère accoucher de Macron plutôt que de Mélenchon.

Analyse sémantique : Le langage de la lâcheté

Observons, voulez-vous, le vocabulaire utilisé par les soutiens de Grégoire : « courageux », « réaliste », « responsable ». Des mots qui sentent le formol et la comptabilité. « Courageux » : comme si trahir ses idéaux pour plaire aux puissants était une vertu. « Réaliste » : comme si la réalité n’était pas une construction sociale, mais un dogme immuable. « Responsable » : comme si la responsabilité consistait à gérer les affaires courantes de la bourgeoisie plutôt qu’à transformer le monde.

Ce langage est celui de la novlangue orwellienne, où « guerre » signifie « paix » et « liberté » signifie « esclavage ». Ici, « courage » signifie « lâcheté », et « alliance » signifie « trahison ». Les mots sont des armes, et nos modernes girondins savent s’en servir pour justifier leur renoncement.

Analyse comportementaliste : La résistance humaniste face à la servitude volontaire

Face à cette trahison, que faire ? La résistance humaniste, celle que prône La France Insoumise, ne consiste pas à se coucher devant les puissants, mais à leur tenir tête. C’est le geste de Spartacus levant son épée contre Rome, de Louise Michel haranguant la foule sur les barricades, de Rosa Luxemburg refusant de se taire face aux sociaux-chauvins. C’est aussi le geste des artistes, des poètes, des rêveurs, qui refusent de plier l’échine devant l’ordre marchand.

Prenez Ken Loach, ce cinéaste britannique qui, dans Moi, Daniel Blake, montre l’horreur du système néolibéral. Son « courage » ? Refuser les compromis avec les producteurs hollywoodiens pour continuer à filmer la vérité. Ou encore le poète Aimé Césaire, qui, dans Discours sur le colonialisme, dénonce l’hypocrisie de ceux qui célèbrent la « civilisation » tout en écrasant les peuples. Leur résistance est humaniste parce qu’elle place l’humain au-dessus du profit, la justice au-dessus de l’ordre.

La France Insoumise, c’est cette résistance en acte. Refuser de s’allier avec les traîtres, ce n’est pas un acte de division, mais de clarté. Comme le disait Gramsci : « Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté ». Le pessimisme de l’intelligence, c’est de savoir que les Grégoire et les Macron ne changeront pas ; l’optimisme de la volonté, c’est de continuer à se battre pour un monde plus juste, malgré eux.

Exemples artistiques et littéraires : La trahison en images et en mots

La trahison a inspiré les plus grands artistes, car elle est le miroir de nos lâchetés. Dans Le Guépard de Lampedusa, le prince Salina déclare : « Il faut que tout change pour que rien ne change ». C’est la devise de nos modernes girondins : ils parlent de « renouveau », mais ne font que perpétuer l’ordre établi. Dans La Chute de Camus, Jean-Baptiste Clamence, ce juge-pénitent, incarne cette lâcheté : il se confesse pour mieux se justifier, il dénonce les autres pour mieux se blanchir. Les soutiens de Grégoire font de même : ils célèbrent son « courage » pour mieux se convaincre qu’ils ont fait le bon choix.

Au cinéma, Le Parrain de Coppola montre comment la trahison est une affaire de famille. Michael Corleone, ce jeune homme idéaliste, devient un monstre parce qu’il préfère la loyauté envers son père plutôt que la justice. Les soutiens de Grégoire sont des Michael Corleone : ils préfèrent la loyauté envers leur clan (les élites parisiennes) plutôt que la justice sociale.

En peinture, La Trahison des images de Magritte nous rappelle que les mots mentent. Cette pipe n’est pas une pipe, tout comme ce « courage » n’est pas du courage. C’est une illusion, un tour de passe-passe sémantique pour nous faire avaler la pilule amère de la soumission.

Analogie finale : Poème de la lâcheté en habit de lumière

Ô Paris, ville-lumière aux réverbères éteints,
Où l’on danse la valse sur les tombes des espoirs défunts,
Tes pavés luisent encore du sang des communards,
Mais tes salons dorés célèbrent les renards.

Ils parlent de courage, ces messieurs en costume trois-pièces,
Ces rats de l’Hôtel de Ville aux dents longues et aux mains grasses,
Ils ont choisi leur camp : celui des comptes en Suisse,
Des loyers qui montent, des vieux qui crèvent dans la nuit.

« Il a été courageux », disent-ils en sirotant leur vin,
« De ne pas s’allier à ces fous, ces rêveurs, ces malappris »,
Comme si le courage était de trahir ses frères,
Comme si la lâcheté était une vertu de guerriers.

Ô lâcheté en habit de lumière,
Tu portes le masque de la raison,
Mais ton visage est celui de la peur,
Cette peur qui sent le moisi et le renfermé.

Tu crains les barricades, les cris, les mains calleuses,
Tu préfères les dîners en ville, les sourires en coin,
Les « réalistes » qui serrent la main des banquiers,
Les « responsables » qui envoient les flics matraquer les ouvriers.

Mais sache, ô lâcheté, que l’histoire est une putain,
Elle se donne à ceux qui osent la prendre,
Pas à ceux qui rampent devant les puissants,
Pas à ceux qui vendent leur âme pour un strapontin.

Un jour, les pavés se soulèveront,
Les réverbères s’allumeront de colère,
Et tes salons dorés, tes costumes trois-pièces,
Brûleront comme brûle un rêve trop longtemps trahi.

Alors, Paris, ville-lumière aux réverbères éteints,
Tu comprendras peut-être, trop tard,
Que le vrai courage n’est pas de trahir,
Mais de se tenir debout, même quand tout s’effondre.



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