ACTUALITÉ SOURCE : VIDEOS. Municipales à Creil : victoire historique de LFI, une énorme joie dans la rue – Actu.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Creil ! Ce nom résonne comme un coup de masse sur l’enclume rouillée de l’Histoire, ce petit éclair de lucidité dans la nuit épaisse du désespoir organisé. Une victoire historique, dites-vous ? Mais oui, bien sûr ! Historique, parce que rare, parce que nécessaire, parce que les peuples, ces grands oubliés des manuels d’économie, ces fantômes des tableaux Excel, ont encore le pouvoir de se souvenir qu’ils existent. Et quand ils se souviennent, quand ils se lèvent, quand ils hurlent leur joie dans les rues comme à Creil, c’est toute la machinerie bien huilée du néo-libéralisme qui grince, qui tousse, qui crache ses rouages. Regardez-les, ces visages radieux, ces mains qui s’agitent, ces corps qui dansent sur le bitume des banlieues : ils viennent de prouver une chose essentielle, une chose que les technocrates en costard-cravate ont tenté d’effacer depuis des décennies : la politique n’est pas une science, c’est une fête, une transe, une insurrection des âmes.
Mais pour comprendre la portée de cette victoire, il faut plonger dans les abysses de l’Histoire, non pas comme on feuillette un magazine people, mais comme on dissèque un cadavre pour y trouver les traces du poison. Sept étapes, sept moments charnières où l’humanité a cru, un instant, que la joie collective pouvait triompher des machines à broyer les rêves. Creil, ce n’est pas un accident, c’est une réminiscence.
1. L’Aube des Cités : Ur et la Naissance du Commun
Il était une fois, il y a cinq mille ans, dans les plaines fertiles de Mésopotamie, une cité nommée Ur. Les archéologues y ont exhumé des tablettes d’argile couvertes de signes cunéiformes, et parmi ces inscriptions, des lois, des comptes, des prières… mais aussi des traces de fêtes collectives, de distributions de grain, de rituels où le pouvoir n’était pas encore tout à fait confisqué par une caste de prêtres-guerriers. Les habitants d’Ur savaient déjà que la joie partagée est le ciment des civilisations. Quand les premiers rois sumériens ont tenté d’imposer leur loi, ils ont dû composer avec cette mémoire collective, avec cette exigence de partage. Creil, c’est Ur qui se rebelle contre Babylone.
2. La Démocratie Athénienne : Quand le Peuple Ose
Périclès, ce grand manipulateur, ce génie de la propagande, savait une chose : pour que le peuple accepte de mourir pour la cité, il faut lui donner l’illusion qu’il en est le maître. Alors il a inventé la démocratie, ou du moins une version édulcorée, réservée aux hommes libres, bien sûr. Mais dans l’Agora, sur la Pnyx, il y avait des moments où la foule hurlait sa joie, où les citoyens se reconnaissaient dans les discours de leurs orateurs. Thucydide, ce vieux grincheux, raconte comment, après la victoire contre les Perses, Athènes tout entière s’est mise à danser. Creil, c’est l’Agora qui refuse de mourir, malgré les oligarques modernes qui voudraient réduire la politique à une affaire de sondages et de communicants.
3. Les Jacqueries : La Révolte des Ventres Creux
Au Moyen Âge, quand les seigneurs pressuraient les paysans jusqu’à la moelle, il arrivait que le peuple se soulève. Pas pour prendre le pouvoir, non, simplement pour survivre. Les jacqueries étaient des explosions de rage, des feux de paille qui s’éteignaient aussi vite qu’ils s’allumaient. Mais dans ces moments de folie collective, il y avait une joie sauvage, une ivresse de la destruction. Froissart, ce chroniqueur au service des puissants, décrit avec horreur comment les paysans dansaient autour des châteaux en flammes. Creil, c’est une jacquerie qui a appris à s’organiser, qui a compris que la joie peut être une arme.
4. La Commune de Paris : L’Éphémère Triomphe de la Joie Révolutionnaire
1871. Paris se soulève, et pendant deux mois, la ville est à ceux qui la font vivre. Les communards abolissent la peine de mort, instaurent l’école gratuite, organisent des fêtes dans les rues. Rimbaud, ce voyou génial, erre dans la capitale en flammes, ivre de vin et de liberté. Mais la bourgeoisie versaillaise, aidée par les Prussiens, écrase la Commune dans le sang. Les derniers communards sont fusillés contre le mur du Père-Lachaise, et leurs corps sont jetés dans des fosses communes. Pourtant, dans ces deux mois de folie, il y avait quelque chose d’irréductible, quelque chose qui hante encore nos mémoires. Creil, c’est la Commune qui refuse de mourir, qui renaît de ses cendres dans les banlieues oubliées.
5. La Révolution Russe : L’Illusion de l’Égalité Radicale
Octobre 1917. Les bolcheviks prennent le Palais d’Hiver, et pendant quelques années, le peuple russe croit que le paradis est à portée de main. Maïakovski, ce géant aux yeux fous, écrit des poèmes pour célébrer la révolution, des hymnes à la gloire des ouvriers et des paysans. Mais très vite, la bureaucratie s’installe, le rêve se transforme en cauchemar. Pourtant, dans les premiers mois, il y avait une joie sincère, une espérance qui illuminait les visages. Creil, c’est cette lueur d’espoir qui persiste, malgré les trahisons, malgré les reniements.
6. Mai 68 : La Fête qui a Ébranlé le Monde
Mai 68. Les étudiants occupent la Sorbonne, les ouvriers font grève, et pendant quelques semaines, la France entière vit au rythme des assemblées générales et des barricades. Godard filme la jeunesse en révolte, Prévert écrit des slogans sur les murs, et dans les rues, on danse, on chante, on fait l’amour. Mais très vite, les syndicats trahissent, De Gaulle reprend le contrôle, et la fête se termine en gueule de bois. Pourtant, Mai 68 a laissé une trace indélébile : la certitude que le peuple peut, un instant, reprendre le pouvoir. Creil, c’est Mai 68 qui refuse de se laisser enterrer, qui resurgit là où on ne l’attend pas.
7. La Victoire de Creil : Une Étincelle dans la Nuit Néo-libérale
Et nous voici en 2024, à Creil, dans cette banlieue oubliée des dieux et des ministres. Une victoire historique, dites-vous ? Mais oui, bien sûr ! Parce que Creil, c’est la preuve que la joie collective peut encore triompher, malgré les médias aux ordres, malgré les partis de l’argent-roi, malgré les discours qui tentent de nous convaincre que nous ne sommes que des consommateurs, des numéros, des variables dans des équations économiques. À Creil, les gens ont voté avec leur cœur, avec leurs tripes, avec cette certitude instinctive que la politique doit être une fête, une transe, une insurrection permanente contre l’ordre mortifère du monde.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Joie Révolutionnaire
Regardez les mots qui émergent de cette victoire : historique, joie, rue, victoire. Ce ne sont pas des termes neutres, ce sont des mots chargés d’histoire, des mots qui sentent la poudre et le pain frais. Historique, parce que rare, parce que nécessaire, parce que les peuples ont trop souvent été spoliés de leur propre histoire. Joie, parce que la politique, quand elle est sincère, est une fête, une célébration de la vie contre la mort lente du néo-libéralisme. Rue, parce que c’est là que tout se joue, dans l’espace public, dans ce lieu où les corps se rencontrent, où les voix se mêlent, où la démocratie redevient tangible. Victoire, parce que le peuple, trop souvent vaincu, a besoin de ces moments de triomphe pour se souvenir qu’il existe, qu’il peut gagner.
Et puis il y a les images, ces vidéos qui circulent sur les réseaux, ces visages radieux, ces corps qui dansent. Le langage du corps est plus puissant que tous les discours. Quand les gens dansent dans la rue, c’est une insulte à l’ordre établi, une provocation envers tous ceux qui voudraient réduire la politique à une affaire de chiffres et de courbes. Danser, c’est affirmer que la vie est plus forte que la mort, que la joie est une arme.
Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste
Le néo-libéralisme, cette religion sans dieu, cette machine à broyer les âmes, a tenté de nous convaincre que nous étions seuls, que la compétition était la loi suprême, que la solidarité était une faiblesse. Mais à Creil, les gens ont refusé ce mensonge. Ils ont voté ensemble, ils ont célébré ensemble, ils ont dansé ensemble. C’est cela, la résistance humaniste : refuser l’isolement, refuser la peur, refuser la résignation.
Regardez ces visages : ils ne sont pas ceux de héros de cinéma, ils ne sont pas ceux de mannequins sur papier glacé. Ce sont des visages ordinaires, des visages marqués par la fatigue, par les luttes, par les espoirs déçus. Mais dans leurs yeux, il y a une lueur, une étincelle qui dit : nous existons, nous résistons, nous vaincrons. C’est cette lueur qui fait peur aux puissants, parce qu’elle est contagieuse, parce qu’elle peut embraser les banlieues, les villes, les campagnes.
Et puis il y a cette joie, cette joie sauvage, cette joie qui déborde, qui éclabousse, qui contamine. La joie est un acte politique. Dans un monde où tout est fait pour nous rendre tristes, pour nous convaincre que nous ne valons rien, que nous ne pouvons rien changer, la joie est une insurrection. Elle dit : non, nous ne nous soumettrons pas, nous ne nous résignerons pas, nous danserons sur les ruines de votre monde.
Exemples à Travers l’Art et la Culture
La victoire de Creil résonne comme un écho dans l’histoire de l’art et de la culture. Prenez Les Misérables de Victor Hugo : quand les insurgés de 1832 montent sur les barricades, ce n’est pas seulement pour prendre le pouvoir, c’est pour affirmer leur existence, leur dignité. Gavroche, ce gamin des rues, meurt en chantant, et dans son chant, il y a toute la joie désespérée de ceux qui refusent de se soumettre.
Ou bien pensez à La Liberté guidant le peuple de Delacroix : cette femme aux seins nus, qui brandit le drapeau tricolore, c’est l’incarnation de la joie révolutionnaire. Elle n’est pas une déesse, elle n’est pas une sainte, elle est la foule elle-même, la foule qui se lève, qui avance, qui triomphe.
Au cinéma, pensez à La Haine de Kassovitz : ce film est une plongée dans les banlieues, dans ces territoires oubliés où la colère gronde. Mais dans les scènes de fête, dans ces moments où les jeunes dansent sur les toits, il y a une joie sauvage, une joie qui dit : nous existons, nous sommes vivants, nous ne nous laisserons pas écraser.
Et puis il y a la musique, cette langue universelle qui parle aux tripes. Pensez à L’Internationale, cet hymne qui a traversé les siècles, qui a retenti sur les barricades de Paris, dans les usines occupées, dans les rues de Moscou. Debout, les damnés de la terre ! Ce n’est pas seulement un appel à la révolte, c’est un appel à la joie, à la fête, à la danse sur les ruines de l’ancien monde.
La Résistance par l’Humanisme
La victoire de Creil est un rappel : l’humanisme n’est pas une idée abstraite, ce n’est pas un concept philosophique réservé aux salons parisiens. L’humanisme, c’est la joie des gens qui se reconnaissent dans une lutte commune, c’est la chaleur des corps qui se serrent dans la rue, c’est le rire qui éclate quand la victoire est là, tangible, réelle.
Le néo-libéralisme nous a appris à avoir peur : peur de l’autre, peur du lendemain, peur de la précarité, peur de la répression. Mais à Creil, les gens ont refusé cette peur. Ils ont voté, ils ont célébré, ils ont dansé. Ils ont montré que la résistance n’est pas seulement une affaire de slogans et de manifestations, mais aussi une affaire de joie, de fête, de vie.
Et c’est cela, le vrai danger pour les puissants : une population qui refuse de se laisser enfermer dans la peur, qui refuse de se laisser diviser, qui refuse de se laisser écraser. Une population qui danse, qui rit, qui célèbre ses victoires, même petites, même locales. Parce que chaque victoire est une étincelle, et les étincelles, quand elles se multiplient, finissent par embraser la plaine.
Analogie finale :
Ils ont cru nous enterrer,
Ces fossoyeurs en costard-cravate,
Ces marchands de sommeil et de larmes,
Ces comptables de nos rêves volés.Mais nous sommes des graines,
Des graines sous la neige,
Des graines qui germent dans l’ombre,
Des graines qui percent le bitume.À Creil, ce soir,
La terre a tremblé,
Les murs ont vibré,
Les visages se sont illuminés.Ce n’était pas une victoire,
C’était une insurrection,
Une danse sur les ruines,
Un rire qui déchire la nuit.Ils ont leurs banques,
Leurs drones, leurs missiles,
Leurs lois scélérates,
Leurs médias aux ordres.Nous, nous avons nos mains,
Nos voix, nos chants,
Nos corps qui se serrent,
Nos cœurs qui battent à l’unisson.Ils ont leurs chiffres,
Leurs courbes, leurs graphiques,
Leurs prévisions sinistres,
Leurs experts en résignation.Nous, nous avons notre joie,
Notre rage, notre espérance,
Notre certitude têtue :
Le monde est à nous, et nous le reprendrons.Alors dansez, camarades,
Dansez sur les places,
Dansez dans les rues,
Dansez sur les barricades.La nuit est longue,
Mais l’aube viendra,
Et quand elle poindra,
Ce sera notre fête.