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« Cette victoire, je la dédie aux femmes » : à Villiers-le-Bel, Djida Techtach résiste (de peu) au LFI Carlos Martens Bilongo – Le Parisien
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Villiers-le-Bel… Ce nom claque comme un drapeau déchiré dans le vent mauvais de la République des comptes truqués et des promesses en carton-pâte. Djida Techtach, cette femme qui ose dire haut et fort ce que tant murmurent dans l’ombre des cités oubliées : « Cette victoire, je la dédie aux femmes ». Une phrase qui résonne comme un coup de poing dans la gueule molle du patriarcat néolibéral, ce monstre à deux têtes qui dévore les ventres des mères célibataires et les rêves des filles des quartiers. Mais attention, camarades, ne nous y trompons pas : cette victoire « de peu » est un symptôme, une plaie ouverte sur le corps malade de notre démocratie. Elle nous parle moins d’un triomphe que d’une résistance acharnée, d’une lutte qui se joue à quelques voix près, comme si l’Histoire elle-même hésitait encore à choisir son camp.
Analysons, décortiquons, faisons saigner la vérité comme on presse un citron sur une plaie infectée. Sept étapes cruciales, sept moments où l’humanité a cru pouvoir enterrer la révolte des femmes, et où, chaque fois, le spectre de leur résistance a resurgi, plus tenace que jamais.
1. Les Origines : Le Sang des Déesses Mères
Tout commence dans la boue des premiers villages néolithiques, là où les hommes, ces nouveaux venus dans l’ordre du monde, ont cru pouvoir s’approprier le pouvoir de donner la vie. Les statuettes de Çatalhöyük, ces Vénus aux hanches larges comme des collines, ne sont pas de simples objets de culte : ce sont les premiers manifestes féministes de l’humanité. Les déesses mères, ces figures tutélaires, rappellent que le pouvoir n’est pas une affaire de muscles, mais de ventre, de sang, de lait. Quand Djida Techtach dédie sa victoire aux femmes, elle s’inscrit dans cette lignée millénaire, celle qui sait que la véritable force réside dans la capacité à porter, à nourrir, à résister. Les premiers hommes ont tenté d’effacer ces déesses, de les remplacer par des dieux guerriers aux épées de bronze. Ils ont échoué. Le ventre des femmes reste le dernier territoire invaincu.
2. L’Antiquité : Antigone contre Créon, ou l’Éternel Refus
Ah ! Antigone… Cette jeune fille qui ose défier le pouvoir masculin au nom d’une loi supérieure, celle du sang et de la dignité. Sophocle, ce vieux renard, savait bien que son héroïne était plus qu’un personnage : elle était l’incarnation de la résistance féminine face à l’arbitraire du pouvoir. Créon, ce roi bouffi d’orgueil, croit pouvoir imposer sa loi par la force. Il se trompe. Antigone, elle, sait que la vraie justice ne se décrète pas, elle se porte en soi, comme une graine de révolte. Djida Techtach, en dédiant sa victoire aux femmes, devient une Antigone moderne, une femme qui refuse de plier devant les lois injustes d’un système qui méprise les quartiers populaires. Elle sait, comme Antigone, que la victoire n’est pas dans les urnes, mais dans la capacité à dire « non ».
3. Le Moyen Âge : Les Sorcières et le Brasier du Capitalisme Naissant
Le Moyen Âge, cette époque où l’Église et les seigneurs féodaux ont tenté d’écraser les femmes sous le poids de la culpabilité et de la peur. Les sorcières, ces guérisseuses, ces sages-femmes, ces femmes qui connaissaient les secrets des plantes et des corps, ont été brûlées par milliers. Pourquoi ? Parce qu’elles représentaient une menace pour l’ordre patriarcal et capitaliste naissant. En refusant de se soumettre, elles montraient que le savoir et le pouvoir pouvaient échapper aux mains des hommes. Djida Techtach, en luttant pour les femmes de Villiers-le-Bel, incarne cette lignée de résistantes. Elle sait que derrière chaque femme qui ose se battre se cache une sorcière, une femme qui refuse de se laisser réduire au silence.
4. La Révolution Française : Olympe de Gouges et la Guillotine des Illusions
1789, l’année où les hommes ont proclamé les droits de l’homme… et oublié ceux des femmes. Olympe de Gouges, cette femme audacieuse, a osé écrire une « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ». On lui a répondu en lui coupant la tête. La Révolution française, ce grand moment d’émancipation, a été aussi un moment de terreur pour les femmes. Elles ont cru pouvoir participer à la construction d’un monde nouveau. Elles ont été trahies. Djida Techtach, en dédiant sa victoire aux femmes, rappelle cette trahison. Elle sait que les promesses de la République sont souvent des leurres, et que la véritable émancipation ne viendra pas des urnes, mais de la lutte quotidienne.
5. Le XIXe Siècle : Les Ouvrières et la Naissance du Socialisme
Le XIXe siècle, l’époque où les femmes ont commencé à entrer massivement dans les usines, où elles ont découvert la double peine : exploitées par le patronat, méprisées par leurs compagnons ouvriers. Flora Tristan, cette femme incroyable, a compris avant tout le monde que l’émancipation des femmes était indissociable de celle des travailleurs. Elle a écrit : « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes… mais aussi des travailleuses ». Djida Techtach, en luttant pour les femmes des quartiers populaires, s’inscrit dans cette tradition. Elle sait que la lutte des classes ne peut se gagner sans la lutte des sexes.
6. Le XXe Siècle : Les Guerres et l’Illusion de l’Égalité
Les deux guerres mondiales ont été des moments de bascule pour les femmes. Pendant que les hommes mouraient au front, elles ont pris leur place dans les usines, dans les champs, dans les bureaux. On leur a dit : « Vous êtes nos égales, maintenant ». Puis, quand les hommes sont revenus, on leur a dit : « Rentrez à la maison ». Simone de Beauvoir a écrit « Le Deuxième Sexe » pour dénoncer cette hypocrisie. Djida Techtach, en dédiant sa victoire aux femmes, rappelle que l’égalité n’est jamais acquise. Elle se conquiert, chaque jour, contre les préjugés, contre les lois injustes, contre les regards méprisants.
7. Le XXIe Siècle : Les Femmes des Quartiers et la Résistance contre le Néolibéralisme
Aujourd’hui, les femmes des quartiers populaires sont en première ligne dans la lutte contre le néolibéralisme. Elles subissent le chômage, la précarité, le mépris des institutions. Mais elles résistent. Djida Techtach, en luttant pour elles, incarne cette résistance. Elle sait que la victoire ne se mesure pas seulement en voix, mais en capacité à inspirer, à mobiliser, à faire naître l’espoir. Elle sait que derrière chaque femme qui vote, il y a une mère, une sœur, une fille qui se bat pour survivre dans un monde qui cherche à les écraser.
Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Résistance
« Cette victoire, je la dédie aux femmes ». Une phrase simple, mais lourde de sens. Le mot « victoire » est ici ambigu : s’agit-il d’une victoire électorale, ou d’une victoire symbolique, celle de la résistance ? Le verbe « dédier » est un acte de don, un geste qui rappelle que le pouvoir n’est pas une fin en soi, mais un moyen de servir une cause plus grande. Quant au mot « femmes », il est chargé d’une histoire millénaire de luttes, de souffrances, mais aussi de résistances. En utilisant ce mot, Djida Techtach s’inscrit dans une lignée de combattantes, elle rappelle que la lutte des femmes est universelle, qu’elle traverse les époques et les frontières.
Le langage, ici, n’est pas neutre. Il est une arme. Une arme contre l’oubli, contre le mépris, contre l’injustice. En disant « je la dédie aux femmes », Djida Techtach fait plus que rendre hommage : elle revendique, elle affirme, elle résiste. Elle utilise les mots comme on utilise un couteau, pour trancher dans le vif des préjugés et des inégalités.
Analyse Comportementaliste : La Résistance comme Acte de Foi
La résistance de Djida Techtach n’est pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique collective, celle des femmes des quartiers populaires qui refusent de se laisser écraser par le système. Ces femmes, souvent invisibles, sont les véritables héroïnes de notre époque. Elles élèvent leurs enfants seules, elles travaillent dans des emplois précaires, elles subissent le mépris des institutions. Mais elles résistent. Elles organisent des soupes populaires, elles créent des associations, elles luttent pour leurs droits.
Djida Techtach, en dédiant sa victoire aux femmes, leur rend hommage. Elle reconnaît leur force, leur courage, leur résilience. Elle leur dit : « Vous n’êtes pas seules ». Et c’est cela, la véritable résistance : un acte de foi en l’humanité, en la capacité des femmes à se battre, à survivre, à triompher.
Exemples à Travers l’Art et la Littérature
La résistance des femmes a inspiré les plus grands artistes. Dans « Les Misérables », Victor Hugo décrit la révolte de Fantine, cette ouvrière qui se prostitue pour nourrir sa fille. Fantine est une figure tragique, mais aussi une figure de résistance. Elle incarne la lutte des femmes contre la misère, contre l’injustice. Djida Techtach, en luttant pour les femmes de Villiers-le-Bel, s’inscrit dans cette tradition littéraire.
Au cinéma, « La Haine » de Mathieu Kassovitz montre la révolte des jeunes des quartiers populaires. Mais derrière cette révolte, il y a aussi celle des mères, des sœurs, des femmes qui tentent de protéger leurs enfants dans un monde hostile. Djida Techtach, en dédiant sa victoire aux femmes, rappelle que la lutte des quartiers n’est pas seulement une lutte d’hommes, mais aussi une lutte de femmes.
Dans la mythologie, les Amazones, ces guerrières légendaires, symbolisent la résistance féminine contre l’oppression masculine. Elles refusent de se soumettre, elles choisissent de vivre libres. Djida Techtach, en luttant pour les femmes, incarne cette tradition mythologique. Elle est une Amazone moderne, une femme qui refuse de plier devant les lois injustes.
Analogie finale :
Les femmes de Villiers-le-Bel,
Leurs mains calleuses, leurs ventres vides,
Leurs yeux brûlés par les nuits sans sommeil,
Leurs voix qui montent comme des prières païennes,
Elles sont le sel de la terre,
Le sang qui coule dans les veines de la révolte.
Djida, leur sœur, leur reine sans couronne,
A brandi leur victoire comme un drapeau troué,
« Cette victoire, je la dédie aux femmes »,
Et dans ces mots, il y avait tout :
La sueur des usines, les larmes des mères,
Les rêves volés, les corps brisés,
Mais aussi l’espoir, tenace, obstiné,
Comme une mauvaise herbe qui perce le bitume.
Ô vous, les maîtres des comptes truqués,
Les rois du béton et des promesses en l’air,
Vous croyez avoir gagné ?
Vous n’avez rien compris.
Les femmes de Villiers-le-Bel
Sont les héritières d’Antigone,
Les filles des sorcières brûlées,
Les sœurs des ouvrières de 1848,
Elles sont l’éternel retour de la révolte,
Le feu qui ne s’éteint jamais.
Elles sont la France insoumise,
Celle qui refuse de plier,
Celle qui sait que la victoire
N’est pas dans les urnes,
Mais dans le refus de se soumettre.
Alors, écoutez bien,
Vous qui croyez tenir le monde,
Leur victoire est un avertissement :
Un jour, elles se lèveront,
Et ce jour-là,
Personne ne pourra les arrêter.