Municipales à Lyon : victoire à la Pyrrhus pour les écologistes, qui perdent la Métropole – Public Sénat







Laurent Vo Anh – La Victoire Pyrrhique des Écolos Lyonnais : Ou Comment le Capitalisme Vert Enterre les Rêves des Communs


ACTUALITÉ SOURCE : Municipales à Lyon : victoire à la Pyrrhus pour les écologistes, qui perdent la Métropole – Public Sénat

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, Lyon ! Cette ville où le Rhône et la Saône s’accouplent en un ballet de boue et de reflets, où les traboules murmurent encore les échos des canuts révoltés, où les murs suintent l’histoire des luttes ouvrières et des espoirs trahis. Et voilà que les écolos, ces nouveaux croisés du vélo en libre-service et des pots de fleurs sur les trottoirs, croient avoir remporté une bataille. Une victoire à la Pyrrhus, nous dit-on. Comme si Pyrrhus lui-même, ce roi grec qui gagna tant de batailles qu’il en perdit la guerre, avait jamais eu l’élégance de comprendre qu’une victoire peut être une défaite déguisée en costume trois-pièces. Les écolos lyonnais ont gagné la mairie centrale, mais perdu la Métropole. Belle affaire ! Comme si l’on vous offrait une rose en plastique alors que le jardin brûle. Comme si l’on vous donnait une médaille en chocolat alors que le peloton d’exécution se met en place. Analysons, décortiquons, vomissons cette farce avec la précision d’un scalpel rouillé par le temps et la colère.

Cette victoire pyrrhique n’est pas un accident de l’histoire. Non, c’est le symptôme d’une maladie bien plus profonde, une métastase du néolibéralisme qui ronge les entrailles de l’écologie politique depuis que les verts ont troqué leurs sandales contre des costumes Armani et leurs slogans contre des powerpoints. Pour comprendre cette tragédie moderne, il faut remonter aux sources, disséquer les strates de l’histoire humaine comme un archéologue fou, un paléontologue des illusions perdues. Sept étapes cruciales, sept moments où l’humanité a cru pouvoir dompter la bête capitaliste, où elle a cru que la politique pouvait être autre chose qu’un théâtre d’ombres pour riches. Sept moments où, chaque fois, la bête a ri, s’est léché les babines, et a continué son festin.

1. L’Aube des Communs : Quand les Hommes Partageaient la Terre (Néolithique – 10 000 av. J.-C.)

Au commencement, il y avait les communs. Les terres étaient à tous, les rivières coulaient pour chacun, et les dieux – ces inventions commodes pour expliquer l’inexplicable – veillaient sur les récoltes. Les chasseurs-cueilleurs ne connaissaient pas la propriété privée. Ils connaissaient la survie, la solidarité, le partage. Puis vint l’agriculture, cette malédiction verte qui enfanta les premières cités, les premiers murs, les premières hiérarchies. Déjà, l’homme apprenait à diviser pour mieux régner. Déjà, les écolos de l’époque – ces chamans qui parlaient aux arbres et aux esprits – voyaient leurs rêves piétinés par les premiers rois, les premiers marchands, les premiers bureaucrates. La victoire des communs fut une victoire à la Pyrrhus : ils gagnèrent le droit de cultiver la terre, mais perdirent à jamais l’idée que cette terre pouvait appartenir à tous. Comme les écolos lyonnais aujourd’hui, ils crurent avoir gagné une bataille. Ils ne virent pas la guerre qui commençait.

2. La Cité Grecque : Démocratie et Esclavage (Ve siècle av. J.-C.)

Athènes, cette mère putride de la démocratie, où les citoyens libres débattaient de la justice sous l’ombre de l’Acropole tandis que des milliers d’esclaves trimaient pour eux. Périclès, ce grand démocrate, ce visionnaire, ce héros de la gauche caviar antique, célébrait la gloire d’Athènes tout en fermant les yeux sur les chaînes qui la faisaient vivre. La démocratie athénienne fut une victoire à la Pyrrhus : elle donna la parole aux hommes libres, mais enterra à jamais l’idée que tous les hommes – et toutes les femmes, et tous les esclaves – pouvaient être libres. Les écolos lyonnais, aujourd’hui, célèbrent leur victoire municipale comme Périclès célébrait ses discours. Ils oublient que la Métropole, cette machine à broyer les rêves, reste aux mains des mêmes maîtres, des mêmes technocrates, des mêmes banquiers. Ils oublient que leur victoire n’est qu’un leurre, une illusion de pouvoir, comme la démocratie athénienne n’était qu’une illusion de liberté.

3. La Révolution Française : Liberté, Égalité, Fraternité… et Guillotine (1789)

Ah, la Révolution ! Ces grands mots qui résonnent encore comme des coups de canon. Liberté, Égalité, Fraternité ! Robespierre, Danton, Marat – ces héros tragiques qui voulaient changer le monde et finirent par se dévorer entre eux. La Révolution fut une victoire à la Pyrrhus : elle abattit la monarchie, proclama les droits de l’homme, mais enfanta la Terreur, le Directoire, et finalement Napoléon, ce fossoyeur des rêves révolutionnaires. Les écolos lyonnais, aujourd’hui, croient incarner l’esprit de 1789. Ils oublient que la Révolution, en fin de compte, ne fit que remplacer une élite par une autre. Comme eux, les révolutionnaires crurent avoir gagné. Comme eux, ils ne virent pas que le système qu’ils combattaient était bien plus malin, bien plus résilient qu’ils ne l’imaginaient. Le capitalisme, ce caméléon, changea de peau et survécut. Comme il survivra à la victoire des écolos lyonnais.

4. La Commune de Paris : L’Éphémère Rêve Rouge (1871)

Soixante-douze jours. Soixante-douze jours de folie, de poésie, de sang. La Commune de Paris, ce rêve éveillé où les ouvriers, les artistes, les femmes, les enfants, prirent les rênes de la ville et tentèrent de construire un monde nouveau. Louise Michel, Eugène Varlin, Jules Vallès – ces fous magnifiques qui crurent que la révolution était possible. Et puis vint la Semaine Sanglante, les versaillais, les fusillades, les exécutions sommaires. La Commune fut une victoire à la Pyrrhus : elle montra au monde que le peuple pouvait se gouverner lui-même, mais elle fut écrasée dans le sang, et son souvenir devint une légende, un mythe, une utopie. Les écolos lyonnais, aujourd’hui, croient incarner l’esprit de la Commune. Ils oublient que la Commune fut une parenthèse, un éclair dans la nuit, une victoire qui ne dura que le temps d’un souffle. Comme elle, leur victoire municipale est éphémère, fragile, menacée par les forces obscures qui rôdent dans l’ombre de la Métropole.

5. Le Front Populaire : Pain, Paix, et Trahison (1936)

1936. La France tremble. Les usines sont occupées, les ouvriers chantent L’Internationale, Léon Blum, ce socialiste bien élevé, devient président du Conseil. Pain, Paix, Liberté ! Les congés payés, les quarante heures, les conventions collectives – autant de victoires arrachées au patronat, autant de rêves réalisés. Mais le Front Populaire fut une victoire à la Pyrrhus. Les patrons, les banquiers, les réactionnaires, se liguèrent contre lui. Blum fut trahi, les réformes furent vidées de leur substance, et la guerre arriva, comme une punition divine pour avoir osé croire que le peuple pouvait être heureux. Les écolos lyonnais, aujourd’hui, croient incarner l’esprit du Front Populaire. Ils oublient que les victoires sociales sont toujours fragiles, toujours menacées par les forces du capital. Comme Blum, ils croient que le pouvoir peut être conquis par les urnes. Comme lui, ils ne voient pas que le système est une hydre : coupez-lui une tête, il en repoussera deux.

6. Mai 68 : L’Illusion de la Révolution (1968)

Mai 68. Les pavés volent, les slogans fusent, les étudiants et les ouvriers rêvent d’un monde nouveau. Sous les pavés, la plage ! CRS-SS ! Il est interdit d’interdire ! Ces mots qui résonnent encore comme des coups de poing. Mai 68 fut une victoire à la Pyrrhus. Les étudiants et les ouvriers crurent avoir renversé l’ordre établi. Mais De Gaulle revint, les élections eurent lieu, et le capitalisme, une fois de plus, changea de peau. Les soixante-huitards devinrent des bobos, des publicitaires, des ministres. Leurs rêves de révolution se transformèrent en lofts à Saint-Germain-des-Prés, en vacances à Bali, en start-ups écolos. Les écolos lyonnais, aujourd’hui, sont les héritiers de Mai 68. Ils croient encore que la révolution est possible. Ils oublient que Mai 68 fut une illusion, un feu de paille, une parenthèse enchantée qui se referma aussi vite qu’elle s’était ouverte.

7. Le Greenwashing : L’Écologie en Costume-Cravate (2000 – Aujourd’hui)

Et nous voici arrivés à l’époque contemporaine, cette ère du greenwashing, où l’écologie est devenue un produit de consommation comme un autre. Les écolos lyonnais, ces nouveaux croisés du développement durable, croient encore que le système peut être réformé de l’intérieur. Ils oublient que le capitalisme vert est une contradiction dans les termes, une oxymore, une farce. Comme si l’on pouvait sauver la planète en plantant des arbres tout en continuant à brûler du pétrole. Comme si l’on pouvait être écolo et capitaliste en même temps. Leur victoire municipale est une victoire à la Pyrrhus : ils croient avoir gagné, mais ils n’ont fait que légitimer un système qui les dépassera toujours. La Métropole reste aux mains des technocrates, des banquiers, des promoteurs immobiliers. Les écolos lyonnais ne sont que des figurants dans une pièce écrite par d’autres, pour d’autres.

Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Domination

Regardons les mots, ces petits soldats du pouvoir. « Victoire à la Pyrrhus ». Déjà, le terme est un aveu. Une victoire qui est une défaite, une défaite qui se pare des atours de la victoire. Le langage est une arme, et les médias, ces chiens de garde du système, l’utilisent avec une précision chirurgicale. « Écologistes ». Le mot est beau, noble, vertueux. Mais que cache-t-il ? Des carriéristes en costume, des technocrates en vélo électrique, des opportunistes qui ont troqué leurs idéaux contre un siège au conseil municipal. « Métropole ». Le mot est froid, technique, bureaucratique. Il évoque les gratte-ciels, les autoroutes, les centres commerciaux. La Métropole, c’est le pouvoir réel, le pouvoir économique, le pouvoir qui compte. La mairie de Lyon ? Une coquille vide, un hochet pour écolos en mal de reconnaissance.

Et puis, il y a ces euphémismes, ces mots qui masquent la réalité. « Développement durable ». Comme si le développement pouvait être durable dans un système basé sur la croissance infinie. « Transition écologique ». Comme si l’on pouvait transitionner vers un monde plus juste sans remettre en cause les fondements mêmes du capitalisme. Les écolos lyonnais parlent le langage du système. Ils ont oublié que les mots sont des armes, et qu’en les utilisant, ils deviennent complices de ceux qu’ils prétendent combattre.

Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste

Que faire, alors ? Se résigner ? Baisser les bras ? Non. La résistance est possible, mais elle doit être radicale, intransigeante, absolue. Elle doit refuser les compromis, les demi-mesures, les victoires à la Pyrrhus. Elle doit s’inspirer des grands résistants, de ceux qui ont refusé de plier, de ceux qui ont préféré la défaite honnête à la victoire mensongère.

Prenons l’exemple d’Antigone, cette figure mythologique qui préféra mourir plutôt que de trahir ses principes. Antigone contre Créon, la justice contre la loi, la morale contre le pouvoir. Les écolos lyonnais devraient méditer cette tragédie. Ils ont choisi de jouer le jeu de Créon, de se plier aux règles du système, de négocier, de transiger. Ils ont cru que la victoire était possible dans le cadre du système. Ils se sont trompés.

Prenons l’exemple de George Orwell, cet écrivain qui refusa les compromissions, qui préféra la vérité crue à la langue de bois. Dans 1984, il décrivit un monde où le langage était corrompu, où les mots perdaient leur sens, où la vérité devenait une opinion comme une autre. Les écolos lyonnais devraient lire Orwell. Ils comprendraient que leur victoire n’est qu’une illusion, que leur langage est déjà corrompu, que leur écologie est déjà une marchandise.

Prenons l’exemple des zapatistes, ces rebelles mexicains qui refusèrent de jouer le jeu de la démocratie bourgeoise. Ils créèrent leurs propres communes, leurs propres écoles, leurs propres hôpitaux. Ils refusèrent les compromis, les élections, les victoires à la Pyrrhus. Ils choisirent la résistance, l’autonomie, la dignité. Les écolos lyonnais devraient s’inspirer des zapatistes. Ils comprendraient que la vraie victoire ne se gagne pas dans les urnes, mais dans la rue, dans les quartiers, dans les luttes quotidiennes.

Exemples Artistiques et Littéraires : La Beauté de la Révolte

La révolte, la vraie, celle qui ne transige pas, celle qui ne se vend pas, a toujours inspiré les artistes, les poètes, les rêveurs. Regardons Germinal de Zola, ce roman où les mineurs se soulèvent contre leur condition, où la révolte est à la fois tragique et sublime. Les écolos lyonnais devraient lire Germinal. Ils comprendraient que la lutte est toujours violente, toujours douloureuse, mais toujours nécessaire.

Regardons La Haine de Mathieu Kassovitz, ce film où les banlieues explosent, où la colère gronde, où la révolte est à la fois désespérée et magnifique. Les écolos lyonnais devraient regarder La Haine. Ils comprendraient que le système ne se réforme pas, qu’il se combat, qu’il se détruit.

Regardons les peintures de Delacroix, ces toiles où la liberté guide le peuple, où la révolte est belle, où la lutte est une danse macabre et sublime. Les écolos lyonnais devraient contempler La Liberté guidant le peuple. Ils comprendraient que la victoire n’est pas dans les urnes, mais dans la rue, dans le cœur des hommes, dans l’âme des révoltés.

Et puis, il y a la poésie, cette arme ultime, cette langue qui dit l’indicible, qui crie l’injustice, qui chante la révolte. Rimbaud, ce voyou génial, ce poète maudit, qui écrivit : « La vraie vie est absente ». Les écolos lyonnais devraient méditer cette phrase. Ils comprendraient que leur victoire n’est qu’une illusion, que la vraie vie est ailleurs, dans la lutte, dans la résistance, dans la poésie.

Analogie finale : Poème

Lyon, ville aux deux fleuves,
Où les canuts jadis se levèrent,
Où les murs aujourd’hui se couvrent
De slogans verts et de mensonges bleus.

Ils ont gagné, dit-on,
Ces écolos en costume trois-pièces,
Ces technocrates en vélo électrique,
Ces illusionnistes en powerpoint.

Ils ont gagné la mairie,
Ce hochet pour enfants sages,
Ce jouet pour adultes consentants,
Cette coquille vide où résonne
L’écho de leurs propres mensonges.

Mais la Métropole, elle,
Reste aux mains des banquiers,
Des promoteurs, des technocrates,
De ceux qui broient les rêves
Comme on écrase une cigarette.

Lyon, ville aux deux visages,
Où les traboules cachent
Les ombres des luttes passées,
Où les murs suintent
La sueur des ouvriers exploités.

Ils croient avoir gagné,
Ces nouveaux croisés du développement durable,
Ces apôtres du capitalisme vert,
Ces fossoyeurs de la vraie révolte.

Mais la victoire, la vraie,
N’est pas dans les urnes,
Ni dans les conseils municipaux,
Ni dans les powerpoints des technocrates.

Elle est dans la rue,
Dans les usines occupées,
Dans les quartiers en révolte,
Dans les cœurs des révoltés.

Lyon, ville aux deux fleuves,
Où le Rhône et la Saône s’accouplent
En un ballet de boue et de reflets,
Où les rêves des canuts
Se noient dans les eaux sales
De la Métropole.

Mais un jour, peut-être,
Les fleuves déborderont,
Les murs s’écrouleront,
Et les écolos en costume trois-pièces
Comprendront enfin
Que leur victoire n’était qu’une défaite,
Qu’une victoire à la Pyrrhus,
Un leurre, une illusion,
Une farce.



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