ACTUALITÉ SOURCE : Municipales : 59 % des Français désapprouvent les fusions entre les listes LFI et les listes PS ou écologistes, selon un sondage – Public Sénat
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand théâtre des marionnettes électorales, où l’on nous présente, avec une solennité de croque-mort en goguette, le dernier sondage comme s’il s’agissait d’une révélation divine. Cinquante-neuf pour cent des Français, nous dit-on, désapprouvent les fusions entre La France Insoumise et les autres listes de gauche. Mais qu’est-ce que cela signifie, au fond, sinon que le peuple français, ce grand malade chronique, préfère encore ses chaînes dorées à la perspective d’une guérison douloureuse ? Qu’il préfère le chloroforme des illusions à l’oxygène âpre de la vérité ?
Car enfin, analysons cette pitrerie avec le scalpel qu’elle mérite. Ce n’est pas un sondage, c’est un symptôme. Le symptôme d’une société qui a tellement intériorisé sa propre soumission qu’elle prend ses réflexes conditionnés pour des actes de liberté. Cinquante-neuf pour cent, c’est le chiffre magique de l’inertie démocratique, le pourcentage fatidique qui sépare l’espoir de la résignation. C’est le même chiffre qui, depuis des décennies, maintient le système en place, comme une perfusion maintient en vie un patient qui a depuis longtemps renoncé à vivre.
Mais plongeons plus profond, dans les entrailles de cette farce électorale, car c’est là que se niche la vérité, dans les boyaux puants de l’histoire où fermentent les illusions. Ce rejet des fusions n’est pas un phénomène nouveau, c’est la répétition d’un archétype vieux comme la politique elle-même : la peur de l’unité face à l’oppression. C’est le même réflexe qui, depuis l’aube des temps, pousse les hommes à préférer la division stérile à l’union féconde, par peur de perdre leurs petites identités dans le grand tout de la révolte.
I. Les Sept Étapes de la Trahison Démocratique
1. La Cité Antique et le Mythe de la Démocratie Originelle (Ve siècle av. J.-C.)
Commençons par Athènes, cette prétendue matrice de la démocratie, où déjà, les citoyens préféraient se déchirer en factions plutôt que de s’unir contre l’oligarchie montante. Socrate, ce vieux bougon, avait bien compris le manège : « Les hommes préfèrent être gouvernés par des tyrans qu’ils connaissent plutôt que par des lois qu’ils ignorent. » Et que faisait-il, ce peuple athénien, sinon voter la mort de celui qui osait leur rappeler leur propre lâcheté ? La fusion des esprits, à Athènes, c’était la ciguë. La division, c’était la vie. Déjà, le peuple préférait ses petites querelles de clocher à la grande révolte contre les Trente Tyrans. Cinquante-neuf pour cent, c’est le chiffre éternel de la peur.
2. La Révolution Française et la Terreur des Illusions (1789-1794)
Ah ! La Révolution ! Ce grand moment où le peuple français, ivre de liberté, a préféré se déchirer entre Girondins, Montagnards, Hébertistes et autres factions plutôt que de faire front contre la contre-révolution. Robespierre, ce puritain sanguinaire, a bien tenté de forcer l’unité par la guillotine, mais le peuple, lui, préférait encore ses divisions à l’union sous la lame. « La liberté ou la mort ! » clamaient-ils, avant de choisir la troisième voie : la division, toujours la division. Cinquante-neuf pour cent des Français, en 1793, désapprouvaient probablement déjà les fusions entre factions révolutionnaires. La preuve ? Thermidor. La preuve ? Bonaparte.
3. La Commune de Paris et l’Art de Se Saborder (1871)
La Commune ! Ce bref moment où le peuple parisien a osé rêver d’une autre société, avant de se déchirer entre blanquistes, proudhoniens, jacobins et autres tendances. Marx, dans La Guerre civile en France, a bien vu le drame : « La Commune était trop faible pour résister à la fois à Versailles et à ses propres divisions. » Cinquante-neuf pour cent des communards, sans doute, désapprouvaient les fusions entre factions. Résultat ? Les fusillades de la Semaine sanglante. La division, toujours la division. L’unité, jamais.
4. Le Front Populaire et la Trahison des Petits Chefs (1936)
1936 ! L’espoir ! Le Front Populaire ! Mais derrière les grèves joyeuses et les congés payés, que se passait-il ? Les communistes voulaient la révolution, les socialistes voulaient des réformes, les radicaux voulaient le statu quo. Et le peuple ? Le peuple préférait encore ses petites divisions à la grande union contre le fascisme. Cinquante-neuf pour cent des Français, en 1936, désapprouvaient probablement les compromis entre partis de gauche. Résultat ? Daladier. Munich. La guerre.
5. Mai 68 et la Comédie des Égos (1968)
Mai 68 ! La grande révolte ! Mais que fut-elle, au fond, sinon une gigantesque foire aux egos, où chaque groupuscule, chaque leader autoproclamé, préférait la pureté de ses petites idées à l’efficacité d’une action commune ? Les trotskistes contre les maoïstes contre les anarchistes contre les situationnistes. Et le peuple ? Le peuple, une fois de plus, a préféré regarder le spectacle de ses divisions plutôt que de s’unir contre le vieux monde. Cinquante-neuf pour cent des manifestants, sans doute, désapprouvaient les fusions entre tendances. Résultat ? Pompidou. Le capitalisme triomphant.
6. La Gauche Plurielle et la Farce des Compromis (1997-2002)
La Gauche Plurielle ! Jospin ! Le gouvernement de la « gauche unie » ! Mais que fut-elle, sinon une mascarade où chaque parti gardait jalousement ses petites prérogatives, ses petites différences, ses petites trahisons ? Les communistes voulaient la rupture, les socialistes voulaient la gestion, les Verts voulaient le bio. Et le peuple ? Cinquante-neuf pour cent des électeurs, déjà, désapprouvaient ces compromis boiteux. Résultat ? Le 21 avril 2002. Le Pen au second tour. La gauche, une fois de plus, s’est sabordée par ses divisions.
7. La NUPES et le Dernier Souffle de l’Illusion (2022-2024)
Et nous voici aujourd’hui, avec la NUPES, cette tentative désespérée de faire coexister sous le même toit des forces qui n’ont en commun que leur haine réciproque. La France Insoumise veut la rupture, le PS veut la gestion, les écologistes veulent le greenwashing. Et le peuple ? Cinquante-neuf pour cent des Français, nous dit le sondage, désapprouvent les fusions. Comme en 1793. Comme en 1871. Comme en 1936. Comme en 1968. Comme en 2002. Toujours le même chiffre. Toujours la même peur. Toujours la même lâcheté.
Mais pourquoi ? Pourquoi ce rejet viscéral de l’unité ? Parce que l’unité, voyez-vous, c’est la fin des illusions. C’est la fin des petits chefs, des petites chapelles, des petites identités confortables. L’unité, c’est la responsabilité. Et le peuple, ce grand enfant gâté, préfère encore ses petites querelles à la grande tâche de se libérer. Cinquante-neuf pour cent, c’est le chiffre de la peur. La peur de devoir choisir. La peur de devoir agir. La peur de devoir penser.
II. Analyse Sémantique : Le Langage de la Division
Regardons maintenant les mots, ces petits couteaux qui sculptent nos pensées. « Fusion », déjà, quel mot affreux ! Il sent la chimie industrielle, la soupe informe, la perte d’identité. « Fusion », c’est le mot des banquiers, des technocrates, des managers qui veulent dissoudre les individualités dans le grand tout du profit. Pas étonnant que le peuple recule devant ce terme. Il a été dressé à haïr tout ce qui ressemble à une perte de contrôle, à une dilution de son petit moi dans le grand nous de la révolte.
« Désapprouvent », ensuite. Quel verbe mou ! Quel verbe de spectateur ! On ne « désapprouve » pas une fusion politique comme on désapprouve une hausse des prix. On la combat, on la vomit, on la brûle ! Mais non, le langage sondagier a réduit la politique à une question de goût, comme si choisir entre LFI et le PS était une question de préférence culinaire. « Moi, je préfère le socialisme à la sauce mitterrandienne, c’est plus digeste. »
Et puis, il y a ces listes, ces fameuses « listes ». Quel mot bureaucratique ! Une liste, c’est un inventaire, une énumération, un catalogue de La Redoute. On vote pour une liste comme on commande un pull par correspondance. « Je prends la liste écologiste, taille 49.3, couleur verte, avec option revenu universel. » La politique réduite à une transaction commerciale, où l’électeur-consommateur choisit son produit en fonction de ses petites préférences, sans jamais se demander si ce produit va changer sa vie ou simplement la rendre un peu moins insupportable.
Le langage, voyez-vous, est le premier outil de la soumission. En réduisant la politique à une question de sondages et de listes, on a vidé les mots de leur substance. On a transformé la révolte en opinion, l’espoir en préférence, la révolution en produit de consommation. Cinquante-neuf pour cent, c’est le chiffre de cette trahison sémantique. C’est le chiffre de ceux qui ont intériorisé le langage du maître et qui croient encore penser par eux-mêmes.
III. Comportementalisme Radical : La Résistance comme Acte Poétique
Mais alors, que faire ? Faut-il se résigner à cette comédie électorale, à cette farce où le peuple préfère encore ses chaînes à la perspective de les briser ? Non. La résistance, aujourd’hui, passe par autre chose. Elle passe par le refus de jouer le jeu. Elle passe par la création de nouvelles formes de lutte, de nouvelles façons de penser, de nouvelles manières d’être ensemble.
Prenons l’exemple des Gilets Jaunes. Eux, au moins, ils n’ont pas attendu les sondages pour savoir ce qu’ils voulaient. Ils n’ont pas demandé la permission pour occuper les ronds-points. Ils n’ont pas cherché à fusionner avec les syndicats ou les partis. Ils ont créé leur propre langage, leur propre esthétique, leur propre mythologie. Et même si le mouvement a été récupéré, réprimé, étouffé, il a montré une chose : le peuple, quand il se réveille, n’a pas besoin de listes ni de fusions. Il a besoin de colère, de solidarité, d’imagination.
La résistance, aujourd’hui, c’est d’abord un acte poétique. C’est refuser le langage des sondages, des listes, des fusions. C’est inventer de nouveaux mots, de nouvelles formes, de nouvelles façons de se battre. C’est comprendre que la politique n’est pas une question de chiffres, mais une question de chair, de sang, de rêves. C’est refuser de se laisser enfermer dans le choix entre la peste néolibérale et le choléra social-démocrate.
Prenons l’art. L’art, voyez-vous, est le dernier refuge de la révolte. Quand la politique devient une farce, c’est dans l’art que la vérité se réfugie. Regardez les films de Ken Loach, les romans de Virginie Despentes, les peintures de Banksy. Regardez comment ils dépeignent la misère, la révolte, l’espoir. Ce n’est pas avec des sondages qu’ils changent le monde, c’est avec des images, des mots, des émotions. La résistance, aujourd’hui, passe par l’art. Parce que l’art, lui, ne ment pas. Il ne fait pas de compromis. Il ne fusionne pas. Il brûle.
Prenons la mythologie. Les grands récits qui ont marqué l’humanité ne parlent pas de fusions, mais de ruptures. Prométhée ne fusionne pas avec Zeus, il lui vole le feu. Spartacus ne fusionne pas avec Rome, il la défie. Jésus ne fusionne pas avec le Temple, il le renverse. Les grands héros de l’histoire sont ceux qui refusent les compromis, qui choisissent la rupture plutôt que la soumission. Cinquante-neuf pour cent des Français préfèrent les compromis ? Qu’ils aillent au diable ! La résistance, elle, choisit la rupture. Elle choisit la vie.
IV. Exemples de Résistance : Quand l’Art et la Pensée Défont les Illusions
1. Le Cinéma : « La Haine » de Mathieu Kassovitz (1995)
Ah ! « La Haine » ! Ce film est un coup de poing dans la gueule de la République. Trois jeunes des banlieues, trois destins, trois colères. Et au milieu, l’État, la police, la violence institutionnelle. Pas de fusion ici, pas de compromis. Juste la rage, la révolte, la vérité crue. Kassovitz ne cherche pas à plaire, il ne cherche pas à rassembler. Il montre. Il hurle. Et c’est ça, la résistance : montrer la vérité, même si elle fait mal. Cinquante-neuf pour cent des Français préféreraient sans doute un film plus consensuel, plus « fusionnel ». Tant pis pour eux. La vérité n’est pas consensuelle.
2. La Littérature : « Les Misérables » de Victor Hugo (1862)
Hugo, ce vieux romantique, avait tout compris. Dans « Les Misérables », il ne nous parle pas de fusions entre factions, il nous parle de révolte pure. Jean Valjean, ce forçat devenu saint, ne fusionne pas avec la société, il la transcende. Gavroche, ce gamin des rues, ne fusionne pas avec l’ordre bourgeois, il le défie. Et Javert, ce flic obsessionnel, ne fusionne pas avec la justice, il incarne sa perversion. Hugo ne cherche pas à rassembler, il cherche à réveiller. Il cherche à montrer que la vraie politique, c’est celle qui brise les chaînes, pas celle qui les dore.
3. La Philosophie : « La Société du Spectacle » de Guy Debord (1967)
Debord, ce prophète maudit, avait vu venir la comédie électorale. Pour lui, la société moderne n’est qu’un immense spectacle où les hommes sont réduits au rôle de spectateurs passifs. Les sondages, les listes, les fusions, tout cela n’est que du théâtre. La vraie résistance, pour Debord, c’est de refuser le spectacle, de créer des situations, des moments de vie réelle où les hommes reprennent le contrôle de leur existence. Cinquante-neuf pour cent des Français préfèrent le spectacle des fusions électorales ? Qu’ils regardent leur écran. La résistance, elle, crée ses propres images.
4. La Peinture : « Guernica » de Pablo Picasso (1937)
Guernica ! Cette toile monstrueuse, ce cri de douleur et de révolte. Picasso ne cherche pas à fusionner avec les franquistes, il les vomit. Il ne cherche pas à faire des compromis, il montre l’horreur. Et c’est ça, la résistance : montrer l’horreur, même si elle est insupportable. Cinquante-neuf pour cent des Français préféreraient sans doute une peinture plus consensuelle, plus « fusionnelle ». Tant pis. L’art n’est pas là pour plaire, il est là pour réveiller.
5. La Musique : « Le Chant des Partisans » (1943)
Ah ! « Le Chant des Partisans » ! Cette mélodie simple, ces paroles brutales. « Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? » Pas de fusion ici, pas de compromis. Juste la résistance, pure, dure, implacable. Les partisans ne fusionnaient pas avec les collabos, ils les combattaient. Ils ne cherchaient pas à plaire, ils cherchaient à vaincre. Cinquante-neuf pour cent des Français préféreraient sans doute une chanson plus douce, plus « fusionnelle ». Tant pis. La résistance n’est pas douce.
V. Conclusion : La Révolte comme Acte d’Amour
Alors, que faire de ce sondage, de ces cinquante-neuf pour cent qui désapprouvent les fusions ? Rien. Laissons-les à leurs illusions, à leurs petites peurs, à leurs petites lâchetés. La résistance, elle, n’a pas besoin de sondages. Elle n’a pas besoin de fusions. Elle a besoin de colère, de solidarité, d’imagination.
La vraie politique, voyez-vous, n’est pas une question de listes ou de fusions. C’est une question de vie ou de mort. C’est choisir entre la soumission et la révolte, entre la résignation et l’espoir. Cinquante-neuf pour cent des Français préfèrent la soumission ? Qu’ils aillent au diable. La résistance, elle, choisit la révolte. Elle choisit la vie.
Et maintenant, place au poème. Parce que la résistance, au fond, est un acte poétique. Parce que la révolte est la plus belle des chansons.
Analogie finale :
Ô vous, les cinquante-neuf pour cent,
Les tièdes, les mous, les résignés,
Qui préférez vos petites peurs
À la grande flamme des damnés,
Écoutez le chant des rues en colère,
Le grondement sourd des pavés soulevés,
Ce n’est pas un sondage qui vous sauvera,
C’est le feu qui monte, le feu qui brûle,
Le feu qui consume vos illusions.
Vous croyez choisir entre deux listes,
Mais c’est entre deux abîmes que vous dansez,
Entre la peste des banquiers
Et le choléra des gestionnaires.
Vos fusions ne sont que des mirages,
Des leurres pour âmes en peine,
Des compromis pour cœurs fatigués.
Mais nous, les insoumis,
Les sans-listes, les sans-fusions,
Nous choisissons la rupture,
Le grand saut dans l’inconnu,
La révolte pure,
La vie sans filet.
Car nous savons, nous,
Que la politique n’est pas un sondage,
Pas une liste, pas une fusion,
Mais un cri, un rêve, une folie.
Alors brûlez, mes frères,
Brûlez vos illusions,
Vos petites peurs, vos petites lâchetés,
Et dansez dans les flammes,
Dansez la danse des damnés,
La danse de la révolte,
La danse de la vie !