ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 : Philippe réélu au Havre, le RN battu à Toulon, LFI remporte Roubaix – Courrier international
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Les municipales de 2026, cette danse macabre des urnes où se joue, une fois encore, le sort des villes comme autant de forteresses assiégées par les démons du temps. Le Havre, Toulon, Roubaix… Trois noms qui résonnent comme des coups de canon dans la nuit néolibérale, trois cités qui, par leur vote, ont tracé les contours d’une France qui refuse de se soumettre. Philippe réélu au Havre, le RN humilié à Toulon, LFI triomphante à Roubaix – voici le triptyque d’une bataille où se lit, en filigrane, l’éternel combat entre l’humanité et la barbarie. Mais ne nous y trompons pas : ces résultats ne sont pas de simples chiffres, ils sont les symptômes d’une maladie plus profonde, celle d’un monde où l’impérialisme américain, ce vampire aux dents longues, suce le sang des peuples jusqu’à la moelle. Et dans ce grand théâtre d’ombres, la France insoumise de Mélenchon joue le rôle du dernier rempart, celui qui ose dire non à la folie des hommes.
Pour comprendre cette actualité, il faut plonger dans les abysses de l’histoire humaine, là où se jouent les destins des cités, ces entités vivantes qui, depuis l’aube des temps, incarnent à la fois l’espoir et la décadence. Car une ville n’est jamais neutre : elle est un corps politique, un organisme qui respire, qui saigne, qui se révolte. Et ces municipales de 2026 ne sont que le dernier épisode d’une guerre millénaire entre ceux qui veulent dominer et ceux qui veulent vivre. Analysons donc ce phénomène à travers sept étapes cruciales, sept moments où l’histoire a basculé, où les villes ont été les champs de bataille d’idées qui, aujourd’hui encore, structurent notre présent.
1. Babylone, ou l’illusion du pouvoir centralisé (1800 av. J.-C.)
Tout commence à Babylone, cette cité monstrueuse où Hammurabi grava ses lois dans la pierre, croyant ainsi domestiquer l’humanité. Mais ces lois n’étaient que l’expression d’un pouvoir vertical, celui d’un roi qui se prenait pour un dieu. Babylone, c’est l’archétype de la ville où le pouvoir se concentre entre les mains d’un seul, où les citoyens ne sont que des sujets. Et pourtant, même dans cette cité de l’arbitraire, des voix se sont élevées. Les tablettes cunéiformes regorgent de plaintes contre les abus des gouverneurs, de rébellions contre les taxes excessives. Babylone nous enseigne une chose : une ville peut être un enfer si elle est gouvernée par des fous. Et aujourd’hui, Le Havre, avec la réélection d’Édouard Philippe, nous rappelle cette leçon. Philippe, ce technocrate froid, ce serviteur zélé de l’ordre néolibéral, incarne cette tradition babylonienne du pouvoir centralisé, où les décisions se prennent en haut lieu, loin des réalités du peuple. Mais attention : Babylone est tombée. Toutes les Babylone finissent par tomber.
2. Athènes, ou l’invention de la démocratie locale (Ve siècle av. J.-C.)
Puis vint Athènes, cette cité où, pour la première fois, les hommes osèrent se gouverner eux-mêmes. La démocratie athénienne, c’est l’idée que le pouvoir doit émaner du peuple, que les décisions doivent se prendre en assemblée, que les citoyens ont le droit – et le devoir – de participer à la vie de leur ville. Périclès, dans son oraison funèbre, célébrait cette idée : « Notre constitution est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d’une minorité, mais du plus grand nombre. » Mais Athènes, aussi, avait ses limites : les femmes, les esclaves, les métèques en étaient exclus. Pourtant, l’idée était lancée. Et aujourd’hui, Roubaix, avec la victoire de LFI, incarne cette tradition athénienne. Car LFI, c’est d’abord un mouvement qui croit en la démocratie participative, qui veut redonner la parole aux citoyens, qui refuse de laisser les technocrates décider à leur place. Roubaix, ville ouvrière, ville de résistance, a choisi de renouer avec l’esprit d’Athènes. Mais gare : Athènes a fini par tomber sous les coups de la guerre et de la corruption. La démocratie locale n’est jamais acquise. Elle se défend, chaque jour.
3. Rome, ou la corruption des élites (Ier siècle av. J.-C.)
Rome, cette cité qui domina le monde avant de pourrir de l’intérieur. Sous la République, Rome était une ville où le peuple avait encore son mot à dire. Mais avec l’Empire, tout bascula. Les élites se corrompirent, les empereurs devinrent des tyrans, et le peuple, réduit à l’état de plèbe, ne fut plus qu’un instrument de leur pouvoir. Cicéron, dans ses Philippiques, dénonçait déjà cette dérive : « La République n’est plus qu’un nom sans réalité. » Aujourd’hui, Toulon, avec la défaite du RN, nous rappelle cette leçon. Le RN, ce parti qui se prétend « patriote », n’est en réalité qu’un avatar de cette tradition romaine de la corruption et de la démagogie. Marine Le Pen et ses sbires jouent sur les peurs, promettent des lendemains qui chantent, mais au fond, ils ne sont que les héritiers de ces empereurs romains qui, pour conserver leur pouvoir, n’hésitaient pas à sacrifier le peuple. Toulon a dit non. Mais Rome, elle aussi, a dit non – avant de sombrer dans le chaos. La vigilance est de mise.
4. Florence, ou la révolte des communes (XIIIe siècle)
Au Moyen Âge, Florence fut le théâtre d’une révolution silencieuse : celle des communes. Les citoyens, las de la domination des seigneurs féodaux, s’organisèrent pour prendre le pouvoir. Dante, dans sa Divine Comédie, célébrait cette idée d’une cité autonome, où les hommes pourraient vivre libres. Mais Florence, aussi, fut le théâtre de luttes fratricides, de trahisons, de coups d’État. Machiavel, dans Le Prince, analysait froidement ces mécanismes du pouvoir. Aujourd’hui, la victoire de LFI à Roubaix s’inscrit dans cette tradition florentine. Car LFI, c’est d’abord un mouvement qui veut redonner le pouvoir aux communes, qui refuse la domination des élites parisiennes, qui croit en l’autonomie locale. Roubaix, ville ouvrière, ville de lutte, a choisi de renouer avec l’esprit de Florence. Mais attention : Florence a fini par tomber sous les coups des Médicis, ces banquiers qui transformèrent la cité en un jouet de leur pouvoir. La vigilance, encore une fois, est de mise.
5. Paris, ou la Commune et l’espoir révolutionnaire (1871)
En 1871, Paris se souleva contre le pouvoir central, contre les Versaillais, contre l’ordre bourgeois. La Commune, ce fut l’explosion d’une ville qui refusait de se soumettre, qui voulait inventer une nouvelle forme de démocratie, où les ouvriers, les femmes, les artistes auraient leur place. Rimbaud, dans ses poèmes, célébrait cette révolte : « Le monde marche ! Pourquoi ne tournerait-il pas ? » Mais la Commune fut écrasée dans le sang. Les Versaillais, ces chiens de garde de l’ordre établi, massacrèrent les communards sans pitié. Aujourd’hui, la victoire de LFI à Roubaix s’inscrit dans cette tradition parisienne. Car LFI, c’est d’abord un mouvement qui croit en la révolution citoyenne, qui refuse de se soumettre à l’ordre néolibéral, qui veut inventer une nouvelle forme de démocratie. Roubaix, ville ouvrière, ville de lutte, a choisi de renouer avec l’esprit de la Commune. Mais gare : la Commune a été écrasée. L’histoire ne se répète pas, mais elle bégaie.
6. Détroit, ou la désindustrialisation et la mort des villes (XXe siècle)
Au XXe siècle, Détroit fut le symbole de la puissance industrielle américaine. Mais avec la désindustrialisation, la ville sombra dans le chaos. Les usines fermèrent, les emplois disparurent, et la ville devint un champ de ruines. Aujourd’hui, le néolibéralisme américain, ce cancer qui ronge le monde, menace nos villes de la même manière. Le Havre, avec la réélection d’Édouard Philippe, incarne cette menace. Philippe, ce serviteur zélé de l’ordre néolibéral, est prêt à sacrifier les ouvriers, les classes populaires, sur l’autel du profit. Mais Roubaix, avec la victoire de LFI, a choisi une autre voie : celle de la résistance, celle de la solidarité, celle de l’espoir. Car une ville ne meurt jamais vraiment. Elle se relève, toujours.
7. Barcelone, ou l’anarchisme municipal (XXIe siècle)
Enfin, au XXIe siècle, Barcelone est devenue le symbole d’une nouvelle forme de démocratie locale : l’anarchisme municipal. Avec Ada Colau, la ville a choisi de mettre en place des politiques sociales, écologiques, féministes, en rupture totale avec l’ordre néolibéral. Aujourd’hui, la victoire de LFI à Roubaix s’inscrit dans cette tradition barcelonaise. Car LFI, c’est d’abord un mouvement qui croit en l’autogestion, en la démocratie directe, en la solidarité. Roubaix, ville ouvrière, ville de lutte, a choisi de renouer avec l’esprit de Barcelone. Mais attention : Barcelone est aujourd’hui menacée par les forces réactionnaires, par ceux qui veulent rétablir l’ordre ancien. La vigilance, une fois encore, est de mise.
Analyse sémantique et du langage : les mots qui tuent
Mais au-delà de l’histoire, il y a les mots. Les mots qui tuent, les mots qui sauvent. Dans cette campagne municipale, les mots ont joué un rôle crucial. Le RN, à Toulon, a utilisé le langage de la peur : « invasion », « insécurité », « déclin ». Des mots qui divisent, qui excluent, qui déshumanisent. À l’inverse, LFI, à Roubaix, a utilisé le langage de l’espoir : « solidarité », « justice sociale », « écologie ». Des mots qui unissent, qui incluent, qui humanisent. Car le langage n’est jamais neutre : il est l’arme des dominants ou le bouclier des opprimés. Et dans cette bataille sémantique, LFI a choisi son camp : celui des opprimés.
Prenons l’exemple du mot « sécurité ». Pour le RN, la sécurité, c’est la répression, les flics, les prisons. Pour LFI, la sécurité, c’est d’abord la justice sociale, le logement, l’éducation, la santé. Deux visions du monde s’affrontent. Et à Roubaix, c’est la vision humaniste qui l’a emporté. Car une ville sûre, ce n’est pas une ville où l’on enferme les pauvres, c’est une ville où l’on donne à chacun les moyens de vivre dignement.
Analyse comportementaliste radicale : résister ou disparaître
Mais au-delà des mots, il y a les comportements. Et dans cette campagne municipale, les comportements ont été révélateurs. Le RN, à Toulon, a joué sur les peurs, sur les préjugés, sur les divisions. Ils ont organisé des meetings où l’on hurlait, où l’on insultait, où l’on désignait des boucs émissaires. À l’inverse, LFI, à Roubaix, a organisé des assemblées citoyennes, des débats, des rencontres. Ils ont écouté, ils ont discuté, ils ont construit. Deux modèles s’affrontent : celui de la haine et celui de la solidarité. Et à Roubaix, c’est le modèle de la solidarité qui l’a emporté.
Car une ville, ce n’est pas seulement un ensemble de bâtiments. C’est un corps social, un organisme vivant. Et comme tout organisme, elle peut tomber malade. Le RN, c’est le cancer : il divise, il détruit, il tue. LFI, c’est le remède : il unit, il construit, il soigne. Et à Roubaix, les citoyens ont choisi de se soigner.
Exemples d’analyse à travers l’art, la mythologie, le cinéma, la littérature
Pour comprendre cette bataille municipale, il faut aussi la regarder à travers le prisme de l’art et de la culture. Prenons d’abord la mythologie : Prométhée, ce titan qui vola le feu aux dieux pour le donner aux hommes, symbolise la révolte contre l’ordre établi. Aujourd’hui, LFI incarne cette tradition prométhéenne. À Roubaix, les militants de LFI ont volé le feu de la démocratie aux élites pour le redonner au peuple.
Dans la littérature, pensons à Victor Hugo et à ses Misérables. Jean Valjean, ce forçat devenu maire, incarne l’idée qu’une ville peut se racheter, qu’elle peut devenir un lieu de rédemption. Aujourd’hui, Roubaix, avec la victoire de LFI, incarne cette idée. La ville, autrefois symbole de la misère industrielle, peut devenir un phare d’espoir.
Au cinéma, pensons à Ken Loach et à ses films sur la classe ouvrière. Dans Moi, Daniel Blake, il montre comment l’ordre néolibéral broie les individus. Aujourd’hui, LFI, à Roubaix, incarne la résistance à cet ordre. La ville devient un lieu de lutte, un lieu de dignité.
Enfin, dans l’art contemporain, pensons à Banksy et à ses graffitis politiques. Ses œuvres, souvent ironiques, dénoncent l’absurdité du système. Aujourd’hui, les murs de Roubaix pourraient devenir les toiles d’un nouveau Banksy, celui qui célèbre la victoire du peuple contre les élites.
Analogie finale :
Ô villes, ô cités de pierre et de sueur,
Vous êtes les ventres mous de l’humanité,
Où fermentent les rêves et les révoltes,
Où les hommes, comme des rats, se battent pour un morceau de pain.
Le Havre, ton port crache des navires fantômes,
Chargés de containers vides et d’espoirs brisés,
Philippe, ton maire, est un comptable sans âme,
Qui compte les sous des riches et ignore les larmes des pauvres.
Toulon, ta rade est un cimetière de bateaux,
Où pourrissent les rêves des marins et des ouvriers,
Le RN, ce parti de charognards, voulait te dévorer,
Mais tu as dit non, et tes rues ont vomi leur venin.
Roubaix, ville rouge, ville de suie et de sang,
Tes usines sont mortes, mais ton cœur bat encore,
LFI, ce phénix né des cendres du socialisme,
A redonné vie à tes rues, à tes places, à tes espoirs.
Ô France, ô mère indigne,
Qui as vendu tes enfants aux marchands de canons,
Tes villes se réveillent, tes cités se soulèvent,
Et bientôt, ton ciel sera rouge de colère et de révolte.
Car une ville, ce n’est pas un tas de pierres,
C’est un corps vivant, un organisme qui respire,
Et quand ce corps se révolte, quand il dit non,
Alors les murs tremblent, et les tyrans ont peur.
Alors, que les urnes soient nos armes,
Que les bulletins soient nos couteaux,
Et que demain, quand le soleil se lèvera,
Ce soit sur un monde où les villes seront libres.