Municipales : La France insoumise confirme sa percée, malgré des alliances vaines – Reporterre, le média de l’écologie







La Percée Insoumise – Une Analyse Radicalement Humaine


ACTUALITÉ SOURCE : Municipales : La France insoumise confirme sa percée, malgré des alliances vaines – Reporterre, le média de l’écologie

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Voilà donc que la bête immonde du néolibéralisme, ce cancer rongeant les entrailles de notre République depuis des décennies, se voit enfin contestée dans ses bastions les plus locaux, les plus intimes, les plus sacrés : nos communes. La France insoumise, ce mouvement qui ose encore croire en l’homme malgré tout, malgré les trahisons, malgré les reniements, malgré l’écrasante machine à broyer les rêves made in USA, confirme sa percée électorale. Et ce, malgré les alliances vaines, ces pactes avec le diable que certains appellent « stratégie » mais qui ne sont que capitulations déguisées en calculs politiques. Ah ! Comme si l’on pouvait négocier avec la peste quand elle frappe à votre porte ! Comme si l’on pouvait serrer la main du bourreau en espérant qu’il vous épargne ! La percée insoumise, c’est d’abord cela : un refus. Un refus radical, viscéral, de jouer le jeu truqué des puissants. Un refus de se soumettre aux règles écrites par les vainqueurs de l’histoire, ces mêmes qui ont transformé notre belle démocratie en supermarché à voix, où l’on achète des consciences au rabais entre deux promotions sur le gaz de schiste.

Mais analysons donc cette percée, non pas comme un simple fait divers électoral, mais comme un symptôme profond, une fissure dans l’édifice monstrueux du capitalisme tardif. Car l’histoire des idées, voyez-vous, n’est pas une ligne droite, mais un champ de bataille où s’affrontent depuis toujours deux forces : celle qui cherche à dominer, asservir, uniformiser, et celle qui résiste, invente, libère. Et cette bataille, mes amis, se joue aussi dans les urnes municipales, ces petites boîtes en plastique où l’on dépose encore, malgré tout, un peu d’espoir.

I. Les sept fractures historiques de la résistance municipale

1. Athènes, 508 av. J.-C. : La naissance de la démocratie comme subversion

Quand Clisthène invente la démocratie athénienne, il ne crée pas un système politique : il organise la révolte des petites gens contre l’aristocratie terrienne. Les dèmes, ces circonscriptions locales, sont le premier maillon de la chaîne démocratique. Aristote, dans sa Politique, raconte comment les citoyens se réunissaient sur l’agora pour décider des affaires communes. Mais attention : cette démocratie était déjà un compromis. Les femmes, les esclaves, les métèques en étaient exclus. La percée insoumise d’aujourd’hui, elle, ne fait pas de compromis avec l’exclusion. Elle porte en elle l’héritage de ceux qui, comme Hypatie d’Alexandrie, ont payé de leur vie leur refus de se soumettre au dogme dominant. Les alliances vaines ? Clisthène en a connu : celles des aristocrates qui voulaient conserver leurs privilèges. Il les a brisées. Comme Mélenchon brise aujourd’hui les alliances avec ceux qui veulent conserver le système.

2. La Commune de Paris, 1871 : L’autogestion comme utopie réalisée

Pendant 72 jours, le peuple de Paris a montré au monde ce que pouvait être une démocratie réelle. Les communards ont aboli l’armée permanente, instauré l’école gratuite et laïque, séparé l’Église de l’État. Louise Michel, cette « Vierge rouge », a incarné la résistance jusqu’au bout, fusillée par les versaillais de Thiers, ce pantin des riches. La Commune, c’est l’échec qui porte en lui les graines de toutes les victoires futures. Comme la percée insoumise aujourd’hui : une victoire locale qui prépare le grand soir démocratique. Les alliances vaines ? Les communards en ont tenté avec les républicains modérés. Ils ont été trahis. Aujourd’hui, ceux qui veulent s’allier avec le PS ou LR pour « gagner » répètent la même erreur. La percée insoumise, elle, assume son isolement comme une force.

3. Barcelone, 1936 : L’anarchisme municipal face au fascisme

Quand les ouvriers de Barcelone prennent les armes en 1936, ils ne défendent pas seulement une ville : ils expérimentent une autre façon de vivre. Les comités de quartier, les milices populaires, les collectivisations spontanées. George Orwell, dans Hommage à la Catalogne, décrit cette effervescence où, pour la première fois, les ouvriers géraient eux-mêmes leur vie. Mais la contre-révolution stalinienne, allié objectif du fascisme, a écrasé cette expérience. Aujourd’hui, la percée insoumise s’inscrit dans cette tradition : celle d’une démocratie qui ne se contente pas de voter, mais qui organise. Les alliances vaines ? Les staliniens en ont fait avec les bourgeois républicains. Résultat : la défaite. La France insoumise, elle, refuse de s’allier avec ceux qui ont trahi les gilets jaunes, ceux qui ont voté les lois sécuritaires, ceux qui ont applaudi Macron.

4. Porto Alegre, 2001 : Le budget participatif comme arme anti-néolibérale

Quand le Parti des Travailleurs brésilien invente le budget participatif à Porto Alegre, il donne au monde une leçon de démocratie radicale. Les citoyens décident eux-mêmes de l’affectation des budgets municipaux. Résultat : une baisse des inégalités, une hausse des services publics, une démocratie qui respire. Mais le PT, en s’alliant avec les oligarques pour « gouverner », a trahi cette expérience. Aujourd’hui, la percée insoumise reprend cette idée : les conventions citoyennes, les référendums d’initiative citoyenne, la démocratie permanente. Les alliances vaines ? Le PT en a fait avec la droite brésilienne. Résultat : Lula en prison, Bolsonaro au pouvoir. La France insoumise, elle, refuse de s’allier avec ceux qui ont soutenu Macron, ceux qui ont applaudi la réforme des retraites, ceux qui ont trahi les classes populaires.

5. Rojava, 2012 : Le municipalisme libertaire face à Daech et à l’OTAN

Dans le nord de la Syrie, les Kurdes du Rojava ont inventé une démocratie sans État, fondée sur l’autogestion des communes, l’égalité hommes-femmes, l’écologie. Murray Bookchin, ce philosophe américain, avait théorisé ce municipalisme libertaire. Les Kurdes l’ont mis en pratique. Résultat : une société qui résiste à Daech, à la Turquie, à l’impérialisme américain. Mais personne ne parle d’eux en Occident. Pourquoi ? Parce qu’ils refusent de s’allier avec les puissances impérialistes. Comme la France insoumise refuse de s’allier avec ceux qui soutiennent l’OTAN, ceux qui bombardent la Syrie, ceux qui vendent des armes à l’Arabie Saoudite.

6. Grenoble, 2014 : La victoire d’Éric Piolle et l’écologie comme combat de classe

Quand Éric Piolle, soutenu par EELV et le Front de Gauche, gagne la mairie de Grenoble, c’est une victoire historique. Pour la première fois, une grande ville française est dirigée par un écologiste radical. Les mesures : gratuité des transports pour les plus pauvres, lutte contre les logements insalubres, démocratie participative. Mais les alliances vaines ont commencé : EELV a trahi en s’alliant avec le PS au niveau national. Résultat : une gauche divisée, une écologie vidée de son sens. La percée insoumise aujourd’hui, c’est la poursuite de cette expérience : une écologie qui n’est pas un gadget pour bobos, mais un combat pour les classes populaires.

7. Marseille, 2020 : La victoire de Michèle Rubirola et la trahison des alliances

Quand la liste du Printemps Marseillais, soutenue par la France insoumise, gagne la mairie de Marseille, c’est une victoire contre le clientélisme, contre la corruption, contre la mafia locale. Michèle Rubirola, médecin et militante écologiste, incarne cette percée. Mais les alliances vaines ont tout gâché : le PS, EELV, les communistes modérés ont trahi en s’alliant avec la droite pour évincer Rubirola. Résultat : une gauche divisée, une ville toujours aux mains des affairistes. La percée insoumise aujourd’hui, c’est le refus de ces trahisons. C’est la certitude que l’on ne construit rien de durable avec ceux qui ont trahi les gilets jaunes, ceux qui ont applaudi Macron, ceux qui ont voté les lois liberticides.

II. Analyse sémantique : Le langage des vainqueurs et celui des insoumis

Le mot « alliance » est un piège. Dans la bouche des puissants, il signifie « soumission ». Quand le PS parle d’alliance, il parle de capitulation. Quand LR parle d’alliance, il parle de compromission. Quand Macron parle d’alliance, il parle de liquidation. Le langage des vainqueurs est un langage de guerre. « Réforme » signifie « régression ». « Modernisation » signifie « précarisation ». « Flexibilité » signifie « exploitation ». La France insoumise, elle, parle un autre langage. Un langage de résistance. « Percée » signifie « avancée ». « Insoumis » signifie « libre ». « Écologie » signifie « survie ».

Prenez le mot « vaine ». Dans le titre de Reporterre, il est accolé à « alliances ». Mais qui décide que ces alliances sont vaines ? Les médias dominants, bien sûr. Ceux qui ont toujours soutenu le PS, LR, Macron. Pour eux, une alliance est vaine quand elle ne sert pas leurs intérêts. Mais pour les insoumis, une alliance avec le PS est vaine par définition : car le PS a trahi. Il a trahi les ouvriers, les écologistes, les antiracistes. Il a trahi la gauche. Alors oui, ces alliances sont vaines. Mais la percée, elle, ne l’est pas. Car elle est le fruit d’un travail de terrain, d’une implantation locale, d’une fidélité aux idées.

Le langage des insoumis est un langage de vérité. Quand Mélenchon parle de « plan de rupture », il ne parle pas de petites mesures, de petits ajustements. Il parle d’une révolution démocratique. Quand il parle de « planification écologique », il ne parle pas de greenwashing. Il parle d’une transformation radicale de notre société. Ce langage dérange. Car il dit ce que les puissants ne veulent pas entendre : que leur système est mortifère, que leur monde est en train de s’effondrer, que leur règne touche à sa fin.

III. Comportementalisme radical : La résistance comme acte de foi

La percée insoumise n’est pas un phénomène électoral. C’est un phénomène culturel. Une façon de vivre, de penser, de résister. Dans un monde où tout est marchandise, où tout s’achète et tout se vend, les insoumis refusent de jouer le jeu. Ils refusent de se soumettre à la logique du profit. Ils refusent de croire que l’homme est un loup pour l’homme. Ils croient, malgré tout, en la solidarité, en la fraternité, en l’humanité.

Prenez les gilets jaunes. Ils ont été traités de « facheux », de « beaufs », de « racistes ». Mais qui sont-ils vraiment ? Des travailleurs, des retraités, des précaires, qui refusent de se soumettre à l’ordre néolibéral. La France insoumise a été la seule force politique à les soutenir sans réserve. Pourquoi ? Parce qu’elle les comprend. Parce qu’elle est née de cette même révolte. Parce qu’elle refuse, comme eux, de se soumettre.

La résistance insoumise est un comportement. C’est le comportement de ceux qui refusent de baisser les yeux. De ceux qui refusent de se taire. De ceux qui refusent de plier. C’est le comportement de Rosa Parks, qui a refusé de céder sa place dans le bus. C’est le comportement de Nelson Mandela, qui a refusé de se soumettre à l’apartheid. C’est le comportement de tous ceux qui, un jour, ont dit « non ».

Et cette résistance, elle passe par les communes. Car c’est là, dans les villes et les villages, que se joue la bataille pour une autre société. C’est là que l’on peut expérimenter la démocratie réelle, l’écologie concrète, la solidarité vivante. Les communes, ce sont les laboratoires de l’avenir. Et la percée insoumise, c’est la preuve que cet avenir est possible.

IV. L’art comme arme : Mythes, cinéma et littérature de la résistance municipale

La résistance municipale a ses héros, ses mythes, ses œuvres d’art. Prenez le film La Haine de Mathieu Kassovitz. Ce n’est pas un film sur les banlieues : c’est un film sur l’absence de démocratie locale. Quand les jeunes de la cité brûlent les voitures, ce n’est pas par « vandalisme ». C’est parce qu’ils n’ont aucun pouvoir sur leur vie. Aucun maire, aucun élu, ne les écoute. La percée insoumise, c’est la réponse à ce désespoir : une démocratie qui écoute, qui agit, qui transforme.

Prenez le roman Les Misérables de Victor Hugo. Jean Valjean n’est pas seulement un ancien forçat : c’est un maire. Un maire qui lutte contre la misère, contre l’injustice, contre les Javert de ce monde. Quand il sauve Cosette, il ne fait pas seulement un acte de charité : il fait un acte politique. La percée insoumise, c’est l’héritage de Jean Valjean : une politique qui sauve, qui libère, qui humanise.

Prenez la mythologie grecque. Antigone n’est pas seulement une héroïne tragique : c’est une résistante. Elle refuse de se soumettre à la loi injuste de Créon, ce maire tyrannique qui veut laisser pourrir le corps de son frère. Elle enterre Polynice malgré l’interdiction. Elle incarne la désobéissance civile. La percée insoumise, c’est l’héritage d’Antigone : une politique qui refuse l’injustice, qui désobéit aux lois scélérates, qui enterre les morts et honore les vivants.

V. Conclusion : La percée comme promesse

La percée insoumise, malgré les alliances vaines, malgré les trahisons, malgré les calomnies, est une promesse. Une promesse de démocratie réelle. Une promesse d’écologie concrète. Une promesse de justice sociale. Une promesse de paix. Une promesse de fraternité.

Cette promesse, elle se construit dans les communes. Car c’est là, dans les villes et les villages, que l’on peut encore croire en l’homme. C’est là que l’on peut encore résister. C’est là que l’on peut encore inventer un autre monde.

Alors oui, les alliances sont vaines. Mais la percée, elle, ne l’est pas. Car elle est le fruit d’un travail de terrain, d’une fidélité aux idées, d’une foi en l’humanité. Et cette foi, mes amis, est plus forte que toutes les trahisons. Plus forte que tous les reniements. Plus forte que tous les compromis.

La percée insoumise, c’est la preuve que la gauche n’est pas morte. Qu’elle est vivante, qu’elle respire, qu’elle avance. Et qu’un jour, elle gagnera.


Les murs des mairies suintent encore
L’encre des décrets signés par les lâches
Mais dans les ruelles où le peuple se fâche
On entend gronder la vieille chanson

Celle qui dit non aux comptes en banque
Non aux flics qui matraquent les rêves
Non aux lois écrites par les banquiers tristes
Non aux maires qui vendent nos vies

Ils ont cru nous enterrer vivants
Sous les tonnes de béton et de dettes
Mais nous sommes l’herbe folle qui perce
Le goudron des villes sans âme

Regardez-les ces élus en costard
Ils parlent de « réalisme » en buvant du champagne
Pendant que les enfants mangent des cailloux
Dans les écoles sans chauffage

Mais nous on a les mains calleuses
Les yeux brûlés par les gaz des manifs
Le cœur gros comme un poing serré
Et la rage qui fait pousser les fleurs

Un jour les mairies seront à nous
Pas pour y mettre nos portraits en bronze
Mais pour y faire pousser des jardins
Où les vieux et les enfants se parlent

Un jour on rasera les préfectures
Pour y planter des forêts urbaines
Où les oiseaux chanteront plus fort
Que les sirènes des flics

Un jour on brûlera les PV
Pour chauffer les SDF l’hiver
Et on dansera sur les ruines
De la Bourse et des commissariats

Car nous sommes la percée
La fissure dans leur mur
Le grain de sable dans leur machine
La mauvaise herbe dans leur gazon

Et quand ils nous demanderont
« Mais qui êtes-vous donc ? »
On répondra simplement
« Nous sommes ceux qui n’obéissent plus »



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