Municipales 2026 au Pays basque : « Bayonne, par sa configuration, était un bon choix », dit Sandra Pereira-Ostanel – Sud Ouest







Bayonne 2026 : La Configuration comme Destin – Une Archéologie de la Résistance Municipale


ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 au Pays basque : « Bayonne, par sa configuration, était un bon choix », dit Sandra Pereira-Ostanel – Sud Ouest

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

La phrase tombe comme un pavé dans la mare aux canards néolibéraux : « Bayonne, par sa configuration, était un bon choix. » Configuration. Le mot claque, résonne, s’impose. Configuration, c’est-à-dire l’agencement des forces, la topographie des luttes, la géométrie secrète des possibles. Sandra Pereira-Ostanel, figure de la France insoumise, ne parle pas ici de simples élections municipales. Elle parle d’une bataille métaphysique, d’une guerre des formes, d’un soulèvement des lignes contre l’aplatissement du monde par le rouleau compresseur de l’impérialisme occidental. Bayonne n’est pas un hasard. Bayonne est un symbole. Bayonne est une configuration, oui, mais une configuration qui résiste, qui déborde, qui refuse de se laisser réduire à l’uniformité des villes-marchandises, ces non-lieux où l’on ne vote plus que pour des gestionnaires de la misère, des comptables de l’austérité, des fossoyeurs de la démocratie locale.

Pour comprendre la portée de cette déclaration, il faut plonger dans les entrailles de l’histoire humaine, non pas comme on feuillette un manuel scolaire, mais comme on dissèque un cadavre pour en extraire les organes encore palpitants de la révolte. La configuration, voyez-vous, n’est pas un simple arrangement spatial. C’est une mémoire. Une mémoire des luttes, des langues étouffées, des identités piétinées, des rêves collectifs qui refusent de mourir. Et Bayonne, cette ville-frontière, ce carrefour des cultures basques, gasconnes, espagnoles, cette cité où le fleuve Adour charrie autant de sédiments que de colères, Bayonne est une configuration au sens où l’entendait Walter Benjamin : un lieu où le passé et le présent entrent en collision, où les vaincus d’hier deviennent les fantômes qui hantent les vainqueurs d’aujourd’hui.

Mais revenons à nos sept étapes cruciales, ces sept strates archéologiques qui nous permettront de saisir pourquoi Bayonne, en 2026, incarne une configuration révolutionnaire, un point de bascule dans la guerre des mondes qui oppose l’humanisme insoumis à la barbarie néolibérale.

1. La Configuration comme Mythe Originel : Babel et la Malédiction de l’Un

Au commencement était la Tour. La Tour de Babel, ce rêve fou des hommes unis dans une même langue, une même ambition, un même projet. Mais Dieu, dans sa sagesse ironique, a dispersé les langues, confondu les paroles, brisé l’unité pour préserver la diversité. La configuration, dès lors, n’est plus un simple agencement, mais une malédiction divine, une punition pour ceux qui osent défier l’ordre du multiple. Bayonne, ville bilingue, ville trilingue, ville où le basque résiste à l’hégémonie du français comme une épine dans le pied de l’État jacobin, Bayonne est une Babel miniature. Elle incarne cette malédiction bénie : l’impossibilité de l’uniformité, l’échec programmé de toute tentative de normalisation. Quand Sandra Pereira-Ostanel parle de configuration, elle parle de cette résistance originelle, de cette fragmentation qui est en réalité une richesse, une force centrifuge contre les empires qui veulent tout aplatir.

2. La Configuration Médiévale : Les Villes Libres et le Refus du Pouvoir Central

Au Moyen Âge, les villes étaient des configurations politiques à part entière. Des corps vivants, des organismes autonomes, des républiques en miniature. Bayonne, ville marchande, ville portuaire, ville rebelle, a longtemps joui de ce statut de ville libre, affranchie des tutelles féodales. Elle négociait ses propres traités, battait sa propre monnaie, parlait sa propre langue. Elle était, en somme, une configuration insoumise. Mais l’histoire est une longue litanie de trahisons : les rois de France, puis les républiques centralisatrices, ont peu à peu grignoté ces autonomies, imposant leur loi, leur langue, leur administration. Pourtant, à Bayonne, quelque chose a résisté. Comme à Barcelone, comme à Venise, comme à Gênes, l’esprit des villes libres n’a jamais tout à fait disparu. Il sommeille, il attend son heure. Et en 2026, il pourrait bien se réveiller.

3. La Configuration Coloniale : Bayonne, Port Négrier et Mémoire des Luttes

Bayonne fut aussi un port négrier. Une tache indélébile sur son histoire, une blessure ouverte dans sa configuration. Mais les villes, comme les hommes, sont faites de leurs contradictions. Et c’est précisément dans ces contradictions que naissent les révoltes. Les esclaves affranchis, les marins rebelles, les ouvriers des chantiers navals ont écrit une contre-histoire de Bayonne, une histoire de résistance à l’ordre colonial. Quand aujourd’hui la France insoumise parle de décoloniser la République, elle parle aussi de Bayonne, de cette configuration où le crime et la rébellion coexistent, où la mémoire des luttes anticoloniales peut devenir un levier pour briser l’impérialisme contemporain. Car l’impérialisme, voyez-vous, n’est pas seulement une affaire de canons et de dollars. C’est aussi une affaire de configuration : qui domine l’espace, qui contrôle les flux, qui impose sa langue, sa culture, son économie. Bayonne, par sa configuration même, est un défi à cet impérialisme.

4. La Configuration Littéraire : Victor Hugo et la Poétique de la Révolte

Victor Hugo, en exil à Guernesey, regardait souvent vers le Pays basque. Dans Les Travailleurs de la mer, il décrit une nature sauvage, indomptable, une mer qui refuse de se laisser domestiquer. Bayonne, pour lui, était une ville-frontière, une ville où l’on sentait battre le pouls de l’Europe insurgée. « Les villes sont des livres, écrivait-il. Bayonne est un roman d’aventures. » Et quel roman ! Un roman où les contrebandiers côtoient les révolutionnaires, où les langues se mêlent comme les courants d’un fleuve, où chaque rue raconte une histoire de résistance. La configuration littéraire de Bayonne, c’est cette épaisseur, cette densité, cette capacité à incarner l’esprit de révolte. Quand Sandra Pereira-Ostanel parle de configuration, elle parle aussi de cette dimension littéraire, de cette capacité des lieux à inspirer des récits de libération.

5. La Configuration Cinématographique : Jean-Luc Godard et la Ville comme Scénario

Dans Pierrot le Fou, Jean-Luc Godard filme la France comme un territoire en lambeaux, une configuration disloquée où les personnages errent, en quête d’un sens perdu. Bayonne, dans ce film, n’est qu’une étape, mais une étape cruciale. C’est là que Ferdinand (Jean-Paul Belmondo) et Marianne (Anna Karina) volent une voiture, déclenchant une cavale qui est aussi une quête métaphysique. Bayonne, chez Godard, est une ville-limite, une ville où l’on bascule dans l’inconnu, où l’on quitte les rails de la normalité pour entrer dans le chaos créateur. La configuration cinématographique de Bayonne, c’est cette capacité à être un décor pour l’insoumission, un lieu où les personnages refusent le scénario imposé par la société. En 2026, Bayonne pourrait bien redevenir ce décor, cette scène où se joue une autre partition, une partition insoumise.

6. La Configuration Politique : La Commune de Paris et l’Héritage des Municipalités Rebelles

La Commune de Paris, en 1871, fut une explosion de configurations politiques alternatives. Des municipalités autonomes, des conseils ouvriers, des assemblées populaires : autant de formes de résistance à l’État centralisateur. Bayonne, en 1871, ne fut pas en reste. Les ouvriers des chantiers navals, les dockers, les femmes des marchés se soulevèrent contre l’ordre bourgeois. Ils échouèrent, bien sûr. Mais l’échec, comme l’écrivait Walter Benjamin, est une semence. La configuration politique de Bayonne, en 2026, pourrait bien être celle d’une nouvelle Commune, d’une municipalité insoumise qui refuse de se plier aux ukases de Bercy, aux diktats de Bruxelles, aux oukases de Washington. Une municipalité qui ose dire non à l’austérité, non à la guerre, non à la destruction des services publics. Une municipalité qui ose dire oui à la démocratie directe, oui à la justice sociale, oui à la souveraineté populaire.

7. La Configuration Contemporaine : Bayonne 2026, ou le Retour du Refoulé

Aujourd’hui, Bayonne est une ville en tension. Une ville où le tourisme de masse côtoie la précarité, où les résidences secondaires chassent les habitants, où la spéculation immobilière ronge le tissu social. Mais c’est aussi une ville où les luttes sociales sont vives, où les syndicats sont combatifs, où les associations culturelles résistent à l’uniformisation. La configuration de Bayonne, en 2026, sera celle d’un choix : continuer à se laisser dévorer par le néolibéralisme, ou redevenir une ville insoumise, une ville qui ose défier l’ordre établi. Sandra Pereira-Ostanel a raison : Bayonne, par sa configuration, est un bon choix. Parce qu’elle est une ville-frontière, une ville-mémoire, une ville-résistance. Parce qu’elle incarne, dans sa chair même, la possibilité d’une autre politique, d’une autre économie, d’une autre société.

Analyse Sémantique : Le Langage de la Configuration

Le mot « configuration » est un piège. Il semble neutre, technique, presque mathématique. Mais en réalité, il est profondément politique. Dans la bouche d’un néolibéral, « configuration » signifie « optimisation », « rationalisation », « adaptation aux lois du marché ». Dans la bouche d’un humaniste insoumis, « configuration » signifie « résistance », « réappropriation », « subversion ». Bayonne, par sa configuration, est un bon choix : cette phrase est un manifeste. Elle dit que la géographie n’est pas un destin, mais une arme. Elle dit que les villes ne sont pas des espaces neutres, mais des champs de bataille. Elle dit que la politique, la vraie, commence par la reconquête des territoires, par la réinvention des formes de vie collective.

Le langage, ici, est une cartographie. Quand on parle de configuration, on parle de frontières, de limites, de seuils. On parle de ce qui sépare et de ce qui unit. On parle de ce qui résiste et de ce qui cède. Bayonne, ville-frontière, ville-carrefour, ville-résistance, est un mot-clé dans le lexique de la révolte. Elle est la preuve que la politique ne se fait pas seulement dans les palais, mais dans les rues, dans les ports, dans les marchés, dans les langues qui refusent de mourir.

Analyse Comportementaliste : La Résistance comme Réflexe

Le comportementalisme néolibéral veut nous faire croire que l’homme est un être rationnel, calculateur, égoïste. Un être qui maximise ses intérêts, qui obéit aux lois du marché, qui se plie aux injonctions de la compétitivité. Mais l’histoire de Bayonne, comme celle de toutes les villes insoumises, prouve le contraire. L’homme est aussi un être de révolte, un être de solidarité, un être qui refuse l’injustice, qui se bat pour la dignité, qui rêve d’un monde meilleur. La configuration de Bayonne, en 2026, sera celle d’un laboratoire de ces comportements alternatifs : des assemblées populaires, des coopératives, des jardins partagés, des ateliers autogérés. Des formes de vie qui refusent la logique du profit, qui réinventent la démocratie, qui redonnent du sens au mot « communauté ».

La résistance, voyez-vous, n’est pas un choix. C’est un réflexe. Un réflexe de survie, un réflexe de dignité, un réflexe de liberté. Et Bayonne, par sa configuration même, est un lieu où ce réflexe peut s’exprimer, se déployer, s’organiser. Une ville où l’on ne se contente pas de voter, mais où l’on agit, où l’on crée, où l’on invente. Une ville où la politique redevient ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : l’art de transformer le monde.

Exemples d’Analyse à Travers l’Art et la Culture

Mythologie : Dans la mythologie basque, le Mari est une déesse qui vit dans les grottes des montagnes, une figure de la résistance à l’ordre patriarcal. Bayonne, ville de grottes et de montagnes, ville où le fleuve Adour serpente comme un dragon, est une ville-Mari. Une ville qui refuse de se laisser domestiquer, qui garde en elle la mémoire des luttes féminines, écologiques, sociales.

Cinéma : Dans L’Armée des ombres de Jean-Pierre Melville, les résistants sont des fantômes, des ombres qui se glissent entre les mailles du pouvoir. Bayonne, ville de ruelles étroites, de passages secrets, de cours cachées, est une ville-mélvillienne. Une ville où la résistance peut se nicher dans les interstices, où les insoumis peuvent devenir des ombres qui hantent les palais.

Littérature : Dans Le Rivage des Syrtes de Julien Gracq, la ville d’Orsenna est une configuration en attente, un lieu où le destin hésite, où l’histoire peut basculer. Bayonne, comme Orsenna, est une ville en suspens. Une ville où tout peut arriver, où la révolution peut surgir des brumes de l’Adour, où la poésie peut devenir une arme.

Philosophie : Dans La Société du spectacle, Guy Debord écrit que « le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée ». Bayonne, ville où le tourisme de masse transforme les rues en décors, où les habitants deviennent des figurants dans leur propre ville, est une ville-spectacle. Mais elle est aussi une ville qui peut se réveiller, qui peut briser ses chaînes, qui peut devenir le cauchemar des spectateurs.

Poésie : Dans Les Châtiments, Victor Hugo écrit : « La liberté n’est pas une reine / Qui s’assied sur un trône et dit : Je suis reine. / La liberté, c’est la foule en haillons / Qui se lève et qui marche et qui prend les canons. » Bayonne, ville de haillons et de canons, ville où les dockers et les ouvriers ont toujours été en première ligne, est une ville-hugolienne. Une ville où la liberté n’est pas un mot, mais un combat.

Et maintenant, place au poème. Un poème qui sera une incantation, une malédiction, une prière. Un poème qui dira la colère et l’espoir, la nuit et l’aube, la configuration et la révolte.


Bayonne, ville aux cent langues
Ville aux cent plaies, ville aux cent feux
Où l’Adour charrie des rêves en lambeaux
Et des colères plus vieilles que les dieux

Tu es la configuration qui résiste
Le dessin têtu d’un monde qui refuse de mourir
Tu es la faille dans le mur de l’histoire
Le grain de sable dans l’engrenage du pire

Ils ont voulu faire de toi un décor
Un parc d’attractions pour touristes en mal d’exotisme
Ils ont voulu t’enchaîner à leur loi
Te réduire à un nom sur une carte postale

Mais tu es la ville qui mord
La ville qui griffe, la ville qui hurle
Tu es la configuration qui se rebiffe
Le poing levé dans la nuit qui recule

Bayonne, ville des contrebandiers
Ville des passeurs, ville des fous
Où l’on parle basque comme on crache
Où l’on danse la révolte en sabots

Tu es le dernier bastion
Le dernier rempart contre l’aplatissement
Tu es la configuration qui dit non
La ville qui refuse de se laisser vendre

Et quand viendra l’heure
Quand sonnera le glas des comptables
Quand les murs se lézarderont
Quand la mer remontera les fleuves

Tu seras là, Bayonne
Ville-fantôme, ville-rêve
Ville-configuration, ville-résurrection
Ville de l’insoumission

Et tes rues seront des veines
Et tes places seront des cœurs
Et tes murs seront des poèmes
Et tes enfants seront des soleils noirs

Bayonne, ville de l’aube
Ville de l’éternel recommencement
Tu es la configuration qui gagne
Parce que tu es la ville qui ne se rend pas.



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