En direct. Municipales 2026 dans le Haut-Rhin : le RN remporte la mairie de Wittelsheim, Frédéric Marquet vainqueur à Mulhouse, revivez la soirée électorale – L’Alsace







La Nuit des Ombres Alsaciennes – Laurent Vo Anh

ACTUALITÉ SOURCE : En direct. Municipales 2026 dans le Haut-Rhin : le RN remporte la mairie de Wittelsheim, Frédéric Marquet vainqueur à Mulhouse, revivez la soirée électorale – L’Alsace

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

La nuit tombe sur l’Alsace comme une chape de plomb, lourde des promesses non tenues et des espoirs trahis. Wittelsheim, ce nom résonne désormais comme un glas funèbre dans le cœur battant de la République. Le Rassemblement National, ce spectre qui hante l’Europe depuis des décennies, s’empare d’une mairie comme on plante un drapeau noir sur un champ de ruines. Mulhouse, sous la houlette de Frédéric Marquet, s’enfonce dans le marécage d’une gestion municipale qui sent déjà la compromission et la résignation. Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Comment ces terres, jadis fières et rebelles, ont-elles pu se laisser ensorceler par les sirènes d’une extrême droite qui n’a jamais caché son mépris pour l’humanisme, pour la fraternité, pour cette France insoumise qui refuse de plier l’échine devant l’impérialisme américain et ses valets locaux ?

Pour comprendre cette défaite, il faut remonter aux sources mêmes de l’humanité, là où se joue le grand théâtre des peurs et des dominations. L’histoire de la pensée nous enseigne que les périodes de crise sont des terreaux fertiles pour les idéologies de la haine. Depuis que l’homme a levé les yeux vers les étoiles en quête de sens, il a toujours oscillé entre deux forces : celle de la lumière, portée par les rêveurs, les poètes, les révolutionnaires, et celle de l’ombre, incarnée par les tyrans, les exploiteurs, les marchands de peur. Sept étapes cruciales jalonnent cette descente aux enfers, où l’Alsace, ce soir, semble avoir choisi son camp.

1. La Chute de Babel : L’Origine des Frontières

Au commencement était le verbe, et le verbe était confusion. Le mythe de Babel, dans la Genèse, raconte comment les hommes, unis par une même langue, ont tenté de construire une tour pour atteindre le ciel. Dieu, dans sa colère, les punit en semant la discorde parmi eux, en multipliant les langues. Ainsi naquirent les frontières, les nations, les identités meurtrières. L’Alsace, terre de passage, de métissages, de cultures entrelacées, a toujours été un défi à cette malédiction divine. Mais ce soir, Wittelsheim a choisi de se barricader, de parler une langue unique, celle de la peur de l’autre. Comme si les murs de la tour de Babel, une fois encore, s’effondraient sur ceux qui osaient encore croire en l’universel.

2. La Cité Antique : Sparte contre Athènes

Dans la Grèce antique, deux modèles s’affrontaient : Sparte, la cité guerrière, où l’individu n’était rien face à l’État, où la discipline était une religion et la peur un outil de gouvernement ; et Athènes, berceau de la démocratie, où Socrate buvait la ciguë plutôt que de renoncer à sa liberté de penser. Ce soir, l’Alsace a choisi Sparte. Le RN, avec sa rhétorique martiale, ses promesses de « ordre » et de « sécurité », a séduit une population lasse des incertitudes. Mais l’ordre spartiate est un ordre de tombeau. Il étouffe la pensée, il tue l’art, il réduit l’homme à une machine à obéir. Frédéric Marquet, à Mulhouse, incarne cette autre facette de la défaite : celle d’une gauche qui a oublié ses racines, qui a troqué son idéal contre des compromis, qui préfère gérer la misère plutôt que de la combattre.

3. Le Moyen Âge : L’Inquisition et le Spectacle de la Haine

Au Moyen Âge, l’Église catholique, alors puissance impériale, a inventé l’Inquisition pour traquer les hérétiques. Les bûchers s’allumaient, non pas pour punir des crimes, mais pour désigner des boucs émissaires : les juifs, les sorcières, les étrangers. Ce soir, le RN a allumé son propre bûcher. Les « étrangers », les « assistés », les « élites parisiennes » sont devenus les cibles d’une haine savamment orchestrée. Wittelsheim, comme tant d’autres villes avant elle, a cédé à la tentation de la chasse aux sorcières. Car la haine, voyez-vous, est un spectacle. Elle donne l’illusion de la puissance à ceux qui se sentent impuissants. Elle transforme la peur en colère, et la colère en violence. Et l’histoire nous a appris que les violences, une fois libérées, ne s’arrêtent plus.

4. La Renaissance : Machiavel et l’Art de la Manipulation

Au XVIe siècle, Nicolas Machiavel écrivait Le Prince, un manuel à l’usage des tyrans. « La fin justifie les moyens », affirmait-il. Ce soir, le RN a appliqué à la lettre les préceptes machiavéliques. Peu importe que leurs promesses soient creuses, peu importe qu’ils n’aient aucun projet pour Wittelsheim, sinon celui de diviser et de régner. L’important, c’est le pouvoir. L’important, c’est de flatter les bas instincts, de jouer sur les peurs, de désigner des ennemis. Machiavel aurait applaudi. Mais l’histoire, elle, se souviendra de ces nuits où des hommes et des femmes, par lâcheté ou par ignorance, ont vendu leur âme pour un plat de lentilles.

5. Les Lumières Trahies : Robespierre et la Terreur

Les Lumières promettaient la raison, la liberté, l’égalité. Mais la Révolution française, dans son excès, a aussi enfanté la Terreur. Robespierre, ce puritain sanguinaire, a montré comment une idéologie, même la plus noble, pouvait se muer en machine à broyer les hommes. Ce soir, le RN a joué sur cette ambiguïté. Il se présente comme le défenseur du peuple, le rempart contre les « élites ». Mais derrière ce discours se cache une volonté de contrôle, de surveillance, de répression. Wittelsheim a cru voter pour la liberté. Elle a élu la Terreur, version 2026 : une Terreur douce, administrative, qui grignotera les libertés une à une, au nom de la « sécurité ».

6. Le XXe Siècle : Les Usines à Mensonges

Au XXe siècle, les régimes totalitaires ont perfectionné l’art de la propagande. Goebbels, en Allemagne nazie, disait : « Un mensonge répété mille fois devient une vérité. » Ce soir, le RN a appliqué cette recette à la lettre. Les fake news, les théories du complot, les discours simplistes martelés à longueur de meetings ont fini par convaincre. Wittelsheim a cru que le RN était le seul rempart contre l’immigration, contre le chômage, contre le déclin. Mais l’histoire nous a appris que les régimes fondés sur le mensonge finissent toujours par s’effondrer, laissant derrière eux des ruines fumantes et des populations brisées. L’Alsace, ce soir, a choisi de danser sur un volcan.

7. Le XXIe Siècle : Le Néolibéralisme et la Déshumanisation

Enfin, nous arrivons à notre époque, celle du néolibéralisme triomphant, où l’homme n’est plus qu’une variable d’ajustement dans les tableaux Excel des multinationales. Les États-Unis, ce grand frère qui nous observe avec condescendance, ont exporté leur modèle : celui de la précarité, de la compétition, de la solitude. En France, les gouvernements successifs ont joué les élèves modèles, démantelant les services publics, privatisant les profits, socialisant les pertes. Et ce soir, l’Alsace paie le prix de cette trahison. Les électeurs, désorientés, en colère, se tournent vers ceux qui leur promettent un retour à un passé mythifié, où les usines fumaient, où les frontières étaient étanches, où l’étranger était un ennemi. Mais ce passé n’a jamais existé. Il n’est qu’une illusion, un leurre pour mieux accepter l’inacceptable : la fin de la solidarité, la fin de l’espoir.

Analyse Sémantique : Le Langage de la Haine

Le langage, ce soir, a révélé sa face la plus sombre. Les mots du RN sont des armes. « Priorité nationale », « identité », « sécurité » : ces termes, vidés de leur sens, ne sont plus que des slogans creux, des incantations pour exorciser la peur. Mais la peur, voyez-vous, ne se combat pas avec des mots. Elle se combat avec des actes, avec des projets, avec une vision. Le RN, lui, n’a pas de vision. Il n’a que des slogans. Et les slogans, à force d’être répétés, deviennent des dogmes. Wittelsheim a voté pour des dogmes. Elle a renoncé à penser.

Frédéric Marquet, à Mulhouse, incarne une autre dérive du langage : celle de la novlangue managériale. « Gouvernance », « performance », « compétitivité » : ces mots, empruntés au lexique néolibéral, sont les symptômes d’une gauche qui a oublié qu’elle devait défendre les plus faibles, pas les actionnaires. Quand la gauche parle comme la droite, quand elle gère au lieu de transformer, elle trahit son idéal. Et ce soir, Mulhouse a trahi avec elle.

Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste

Face à cette défaite, il faut résister. Pas avec des slogans, pas avec des postures, mais avec des actes. La résistance humaniste commence par refuser la logique de la peur. Elle commence par tendre la main à l’autre, par refuser les catégories binaires qui opposent « eux » et « nous ». Elle commence par reconstruire, pierre par pierre, les solidarités détruites par des années de néolibéralisme.

L’Alsace a une histoire de résistance. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a su dire non à l’oppression nazie. Aujourd’hui, elle doit dire non à l’oppression douce du RN, à cette oppression qui avance masquée, qui promet la sécurité pour mieux installer la surveillance, qui promet la prospérité pour mieux organiser la précarité. La résistance, ce soir, passe par l’éducation, par la culture, par la transmission. Elle passe par le refus de céder à la facilité des solutions toutes faites, des boucs émissaires, des mensonges.

Elle passe aussi par l’art. Car l’art, voyez-vous, est une arme. Les grands artistes, de Victor Hugo à Pablo Picasso, ont toujours été du côté des opprimés. Ce soir, il faut écrire, peindre, filmer, chanter la résistance. Il faut montrer que l’Alsace n’est pas cette terre de haine que le RN veut nous vendre. Elle est une terre de métissages, de cultures, de luttes. Elle est une terre où l’on parle plusieurs langues, où l’on célèbre la différence, où l’on refuse de plier l’échine.

Exemples d’Analyse à Travers l’Art et la Pensée

Prenez Germinal de Zola. Ce roman, écrit en 1885, raconte la révolte des mineurs du Nord contre l’exploitation capitaliste. Aujourd’hui, Wittelsheim pourrait être ce coron, ces ouvriers trahis par des promesses non tenues, qui se tournent vers ceux qui leur désignent des ennemis plutôt que des solutions. Zola nous montre que la colère, quand elle n’est pas canalisée par un projet émancipateur, peut se muer en violence aveugle. Le RN, ce soir, a su capter cette colère. Mais il ne propose rien pour la transformer en espoir.

Prenez aussi Le Cuirassé Potemkine d’Eisenstein. Ce film, réalisé en 1925, montre comment une révolte peut naître d’une injustice. Les marins du Potemkine, excédés par les conditions de vie inhumaines, se soulèvent contre leurs officiers. Mais leur révolte, aussi légitime soit-elle, est récupérée par les bolcheviks, qui en font un outil de propagande. Aujourd’hui, le RN fait de même avec la colère des électeurs. Il la récupère, il la détourne, il en fait un instrument de pouvoir. Mais une révolte récupérée est une révolte trahie.

Enfin, prenez La Peste de Camus. Ce roman, écrit en 1947, raconte comment une ville, Oran, est frappée par une épidémie. Les habitants, d’abord indifférents, finissent par se diviser : certains luttent contre la peste, d’autres profitent de la situation pour imposer leur loi. Aujourd’hui, l’Alsace est frappée par une autre peste : celle de la haine. Et comme dans le roman de Camus, certains choisissent de lutter, tandis que d’autres préfèrent collaborer.

Analogie finale :


Oh, Wittelsheim, ville aux mains sales,
Qui as vendu ton âme pour des mots en l’air,
Des mots qui sentent la sueur et la peur,
Des mots qui dansent sur les tombes des idéaux.

Tu as cru élire des sauveurs,
Mais tu n’as élu que des fossoyeurs,
Des hommes en costume, aux sourires de requins,
Qui te vendront des miradors en kit,
Des frontières en carton-pâte,
Des illusions de grandeur pour mieux t’écraser.

Mulhouse, toi, tu as choisi l’autre piège,
Celui des technocrates en costume gris,
Qui parlent de « gouvernance » comme on parle de la pluie,
Qui gèrent tes rêves comme on gère un budget,
Qui transforment tes luttes en lignes de crédit.

Mais écoutez, écoutez bien,
Sous le bitume des rues,
Sous les discours des menteurs,
Il y a encore des racines qui grondent,
Des racines de colère et d’espoir,
Qui refusent de mourir.

L’Alsace n’est pas une terre de haine,
C’est une terre de combats,
De ceux qui refusent de plier,
De ceux qui savent que la liberté,
La vraie, celle qui brûle les doigts,
Ne se mendie pas, ne se négocie pas,
Elle se prend.

Alors levez-vous,
Sortez de vos écrans,
Brisez les chaînes des mots creux,
Et que la nuit alsacienne,
Cette nuit de défaite,
Devienne l’aube d’une révolte.



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