ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 : Nice, Carcassonne, Montargis, Menton… Les principales villes conquises par le RN au second tour – CNews
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, les municipales 2026 ! Ce grand théâtre d’ombres où la populace, lasse des promesses creuses, se jette dans les bras des chimères brunes comme un ivrogne dans les bras d’une putain à trois sous. Nice, Carcassonne, Montargis, Menton… Des noms qui résonnent comme des coups de marteau sur l’enclume de l’Histoire, des cités jadis fières, aujourd’hui livrées aux charognards du Rassemblement National. Mais comment en est-on arrivé là ? Comment ces villes, ces joyaux de notre patrimoine, ces creusets de résistance et de culture, ont-elles pu tomber entre les mains de ces fossoyeurs en costume trois-pièces ? Il faut remonter loin, très loin, pour comprendre cette déchéance, cette trahison de l’idéal républicain, cette capitulation devant la bête immonde qui rôde depuis toujours dans les bas-fonds de l’âme humaine.
Car ce n’est pas d’aujourd’hui que l’humanité se laisse séduire par les sirènes de la peur et de la haine. Depuis que l’homme a levé les yeux vers les étoiles et vu dans leur froideur l’image de sa propre solitude, il a cherché des boucs émissaires, des ennemis à haïr, des murs à construire. L’Histoire n’est qu’une longue litanie de trahisons, de reniements, de lâchetés collectives. Et aujourd’hui, en 2026, nous en sommes là : des villes entières, des millions d’âmes, qui préfèrent se jeter dans le vide plutôt que de continuer à marcher sur le fil ténu de la raison et de la solidarité.
Analysons, donc. Analysons froidement, comme un chirurgien dissèque un cadavre, les sept étapes cruciales qui ont mené à cette nuit des longs couteaux municipales.
1. La Chute de Babel : La Peur Originelle
Tout commence avec la confusion des langues. Dans le mythe biblique, les hommes, unis par une seule langue, décident de construire une tour qui toucherait le ciel. Dieu, jaloux de leur puissance, les punit en semant la confusion parmi eux, les condamnant à ne plus se comprendre. Ainsi naît la peur de l’autre, cette méfiance viscérale qui pousse les hommes à se regrouper en tribus, en clans, en nations. Les cités antiques, ces premières expériences de vie collective, sont déjà minées par cette peur. Athènes, Rome, Carthage : toutes ont connu leurs tyrans, leurs démagogues, leurs boucs émissaires. À Nice, à Menton, on a oublié que la Méditerranée était un lac de rencontres, de mélanges, de cultures entremêlées. On a oublié que les Grecs, les Romains, les Arabes, les Italiens avaient fait de ces rivages un creuset de civilisations. Aujourd’hui, on préfère se souvenir des murs, des forteresses, des remparts. On préfère haïr l’étranger plutôt que de célébrer ce qu’il nous apporte.
2. Le Moyen Âge : La Hantise du Diable
Au Moyen Âge, l’Europe est un continent hanté. La peste noire, les famines, les guerres incessantes : tout concourt à faire de l’homme un être terrifié, prêt à croire n’importe quelle fable, pourvu qu’elle lui offre un semblant d’explication. Les juifs sont accusés d’empoisonner les puits, les lépreux sont brûlés, les hérétiques sont torturés. La peur est un outil de pouvoir, et l’Église, comme plus tard le RN, sait en jouer à la perfection. À Carcassonne, cette cité médiévale aux murs épais, on a oublié que les cathares, ces « hérétiques », étaient avant tout des hommes et des femmes en quête de spiritualité. On a oublié que leur massacre fut l’un des premiers grands crimes contre l’humanité. Aujourd’hui, on préfère se souvenir des croisés, des inquisiteurs, de ceux qui ont imposé leur loi par le fer et le feu. On préfère haïr les « envahisseurs » plutôt que de tendre la main à ceux qui fuient la guerre et la misère.
3. La Renaissance : Le Mythe de la Pureté
La Renaissance, cette époque où l’homme redécouvre sa grandeur, est aussi celle où naît l’obsession de la pureté. Pureté du sang, pureté de la race, pureté de la nation. Les rois de France, comme plus tard les idéologues du RN, se présentent comme les garants de cette pureté. Ils chassent les protestants, persécutent les juifs, expulsent les morisques. À Montargis, ville de la Renaissance par excellence, on a oublié que Jeanne d’Arc, cette héroïne nationale, était avant tout une femme du peuple, une rebelle, une insoumise. On a oublié qu’elle fut trahie par ceux-là mêmes qui se réclamaient de la « pureté » française. Aujourd’hui, on préfère se souvenir des rois, des nobles, de ceux qui ont bâti leur pouvoir sur l’exclusion et la répression. On préfère haïr les « assistés », les « profiteurs », plutôt que de reconnaître que la richesse de la France vient de sa diversité, de son métissage, de son ouverture au monde.
4. La Révolution Industrielle : L’Aliénation du Travailleur
Avec la révolution industrielle, l’homme devient une machine. Une machine à produire, à consommer, à obéir. Les villes se transforment en usines à ciel ouvert, les ouvriers s’entassent dans des taudis, les enfants travaillent dès l’âge de six ans. La misère est telle que la révolte gronde. Mais les patrons, les actionnaires, les possédants savent comment étouffer cette révolte : en désignant un ennemi commun. Les juifs, les étrangers, les « rouges » : tous sont accusés de voler le travail des « vrais » Français. À Nice, ville balnéaire et touristique, on a oublié que le luxe des uns repose sur l’exploitation des autres. On a oublié que les hôtels de la Promenade des Anglais ont été construits par des ouvriers italiens, espagnols, maghrébins, exploités et méprisés. Aujourd’hui, on préfère se souvenir des « beaux quartiers », des « vieilles familles », de ceux qui ont toujours vécu sur le dos des autres. On préfère haïr les « fainéants », les « parasites », plutôt que de reconnaître que le système capitaliste est lui-même un parasite, un vampire qui suce le sang des travailleurs.
5. La Première Guerre Mondiale : La Brutalisation des Esprits
La Grande Guerre est un tournant. Pour la première fois, des millions d’hommes sont envoyés au massacre au nom de la patrie, de la nation, de la race. Les tranchées deviennent des abattoirs, les soldats des chairs à canon. Mais au lieu de rejeter la guerre, au lieu de maudire ceux qui l’ont voulue, les survivants en sortent brutalisés, prêts à en découdre à nouveau. Les années 1930 voient l’émergence des fascismes, des nationalismes, des racismes d’État. À Menton, ville frontalière, on a oublié que les soldats italiens, allemands, autrichiens qui ont combattu en France n’étaient pas des monstres, mais des hommes comme les autres, manipulés par des idéologies mortifères. On a oublié que la paix ne se construit pas sur la haine, mais sur la réconciliation. Aujourd’hui, on préfère se souvenir des « héros », des « martyrs », de ceux qui sont morts pour la patrie. On préfère haïr les « collabos », les « traîtres », plutôt que de reconnaître que la guerre est toujours une défaite pour l’humanité.
6. Les Trente Glorieuses : L’Illusion du Progrès
Les Trente Glorieuses, ces années de croissance économique et de plein emploi, sont aussi celles de l’illusion. L’illusion que le progrès matériel suffirait à rendre les hommes heureux. L’illusion que la consommation de masse effacerait les inégalités. L’illusion que la France, cette « grande nation », pourrait continuer à vivre dans le luxe tandis que le reste du monde crèverait de faim. À Montargis, ville ouvrière, on a oublié que les usines qui ont fait sa richesse ont aussi détruit des vies, pollué les rivières, empoisonné les sols. On a oublié que le « progrès » a un prix, et que ce prix, ce sont les générations futures qui le paieront. Aujourd’hui, on préfère se souvenir des « années folles », des « golden sixties », de cette époque où tout semblait possible. On préfère haïr les « écolos », les « rêveurs », ceux qui osent dire que le modèle capitaliste est une impasse.
7. La Mondialisation : La Fin des Illusions
Avec la mondialisation, le voile se déchire. Les usines ferment, les emplois disparaissent, les services publics sont démantelés. Les villes moyennes, comme Carcassonne ou Montargis, deviennent des déserts économiques, des zones de non-droit où la misère et le désespoir rongent les âmes. Les politiques, ces pantins du néolibéralisme, continuent à seriner leurs mensonges : « Il faut s’adapter », « Il n’y a pas d’alternative », « La mondialisation est une chance ». Mais les peuples, eux, ne sont pas dupes. Ils voient bien que les riches s’enrichissent, que les pauvres s’appauvrissent, que les inégalités explosent. Alors, ils cherchent des coupables. Et qui leur désigne-t-on ? Les immigrés, les chômeurs, les « assistés ». Pas les banquiers, pas les actionnaires, pas les politiques corrompus. Non, les coupables, ce sont toujours les plus faibles, les plus vulnérables. À Nice, à Menton, à Carcassonne, on a oublié que la France a toujours été un pays d’accueil, un pays de résistance, un pays de lumière. On a oublié que c’est dans la diversité, dans le mélange, dans la solidarité que réside notre force. Aujourd’hui, on préfère se souvenir des « racines », de la « tradition », de l’ »identité ». On préfère haïr plutôt que de construire.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Haine
Le langage du RN, comme celui de tous les fascismes, est un langage de la peur et de la simplification. « Invasion migratoire », « Grand remplacement », « Islamisation » : ces mots ne sont pas des concepts, ce sont des armes. Des armes destinées à frapper les esprits, à semer la panique, à désigner des ennemis. Le langage du RN est un langage manichéen, qui divise le monde en deux : les « vrais » Français d’un côté, les « envahisseurs » de l’autre. Les « patriotes » d’un côté, les « traîtres » de l’autre. Ce langage est d’autant plus dangereux qu’il se pare des atours de la respectabilité. On ne parle plus de « race », mais d’ »identité ». On ne parle plus de « guerre », mais de « défense ». On ne parle plus de « haine », mais de « bon sens ». Mais sous les mots policés, sous les discours lissés, perce toujours la même vieille haine, la même vieille peur de l’autre.
Prenons l’exemple de Nice. Ville cosmopolite s’il en est, où se croisent depuis des siècles Italiens, Français, Maghrébins, Russes, Anglais… Une ville où les cultures se mélangent, où les langues s’entremêlent, où les saveurs se marient. Et pourtant, aujourd’hui, on y parle de « pureté », d’ »identité », de « racines ». Comme si une ville, comme si une nation, pouvait se réduire à une essence immuable, à une origine mythique. Comme si l’Histoire n’était pas, précisément, le récit de ces mélanges, de ces métissages, de ces rencontres. Le langage du RN est un langage de mort, car il nie la vie, il nie le mouvement, il nie la complexité du réel.
Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste
Face à cette marée brune, que faire ? Comment résister à la tentation du repli, de la haine, de la peur ? Comment garder vivante la flamme de l’humanisme, de la solidarité, de la fraternité ?
D’abord, en refusant de jouer leur jeu. En refusant de répondre à la haine par la haine, à la peur par la peur. En refusant de se laisser enfermer dans leurs catégories binaires, leurs oppositions simplistes. L’humanisme n’est pas une idéologie, c’est une pratique. Une pratique quotidienne, qui consiste à tendre la main à l’autre, à reconnaître en lui un frère, une sœur, un semblable. À Nice, cela signifie défendre les migrants, les sans-papiers, les exclus. À Carcassonne, cela signifie lutter contre la désertification médicale, contre la fermeture des services publics. À Montargis, cela signifie se battre pour les ouvriers, pour les précaires, pour tous ceux que le système broie.
Ensuite, en réinventant le langage. En refusant les mots de la haine, les mots de la peur, les mots de la division. En inventant un nouveau vocabulaire, un vocabulaire de la rencontre, de la fraternité, de l’espoir. Un vocabulaire qui célèbre la diversité, qui reconnaît la complexité du réel, qui refuse les simplifications mensongères. À Menton, cela signifie parler des migrants comme de nos voisins, nos amis, nos frères. À Nice, cela signifie parler de la Méditerranée comme d’un lac de paix, de culture, de partage.
Enfin, en réinventant la politique. En refusant le jeu des partis, des calculs électoraux, des petites combines. En inventant une nouvelle façon de faire de la politique, une politique de la base, du terrain, du concret. Une politique qui parte des besoins des gens, de leurs souffrances, de leurs espoirs. À Montargis, cela signifie créer des comités de quartier, des assemblées populaires, des lieux de débat et de décision collective. À Carcassonne, cela signifie lutter contre les expulsions locatives, contre les licenciements abusifs, contre toutes les formes d’injustice.
L’art, la littérature, le cinéma peuvent être des armes puissantes dans ce combat. Pensons à « La Haine » de Mathieu Kassovitz, ce film qui montre la violence sociale, la désespérance des banlieues, mais aussi la solidarité, la résistance, l’espoir. Pensons à « Les Misérables » de Victor Hugo, ce roman qui célèbre la rédemption, la fraternité, la lutte pour la justice. Pensons à « Le Dictateur » de Charlie Chaplin, ce film qui ridiculise le fascisme, qui montre sa bêtise, sa cruauté, mais aussi sa faiblesse. Pensons à « La Peste » d’Albert Camus, ce roman qui montre que face à l’absurdité du monde, la seule réponse possible est la solidarité, la résistance, l’amour.
La mythologie, elle aussi, peut nous éclairer. Pensons au mythe de Prométhée, ce titan qui vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes. Prométhée, c’est l’archétype du rebelle, de celui qui refuse l’ordre établi, qui se bat pour la justice, pour la liberté. Pensons au mythe de Sisyphe, ce héros condamné à pousser éternellement un rocher jusqu’au sommet d’une montagne, pour le voir redescendre chaque fois. Sisyphe, c’est l’archétype de l’homme absurde, de celui qui refuse le désespoir, qui continue à se battre malgré tout. Ces mythes nous rappellent que la résistance est une nécessité, que la lutte pour la justice est un devoir, que l’espoir est une vertu.
Exemples d’Analyse à Travers l’Art et la Littérature
1. La Peinture : « Guernica » de Picasso
« Guernica », ce chef-d’œuvre de Picasso, est une dénonciation de la barbarie fasciste. Peint en 1937, après le bombardement de la ville basque de Guernica par les avions allemands et italiens, ce tableau est un cri de douleur, de révolte, d’indignation. Les corps déchiquetés, les visages déformés par la souffrance, les animaux hurlants : tout dans cette œuvre crie l’horreur de la guerre, l’absurdité de la violence. Mais « Guernica » est aussi un appel à la résistance. Le cheval blessé, la mère éplorée, le soldat décapité : tous ces personnages sont des symboles de la lutte contre l’oppression. À Nice, à Menton, à Carcassonne, il faudrait accrocher des reproductions de « Guernica » sur les places publiques, pour rappeler aux habitants ce que signifie le fascisme, ce qu’il a coûté à l’humanité.
2. La Littérature : « Si c’est un homme » de Primo Levi
« Si c’est un homme », ce récit autobiographique de Primo Levi, est un témoignage bouleversant sur l’horreur des camps de concentration. Levi y décrit l’innommable : la déshumanisation, la souffrance, la mort. Mais il y décrit aussi la résistance, la solidarité, l’espoir. Les petits gestes de fraternité, les mots échangés en cachette, les rêves de liberté : tout cela montre que même dans l’enfer, l’humanité peut survivre. À Montargis, à Carcassonne, il faudrait lire « Si c’est un homme » dans les écoles, dans les bibliothèques, sur les places publiques. Pour rappeler aux habitants ce que signifie la haine, ce qu’elle peut engendrer. Pour leur rappeler que la résistance est possible, même dans les situations les plus désespérées.
3. Le Cinéma : « Le Salaire de la peur » de Henri-Georges Clouzot
« Le Salaire de la peur », ce film de Clouzot, est une métaphore de la condition humaine. Quatre hommes, condamnés à transporter un chargement de nitroglycérine à travers la jungle, symbolisent la lutte de l’homme contre un système qui l’écrase, qui le broie. Mais ce film est aussi une célébration de la solidarité, de l’amitié, de la résistance. Les quatre hommes, malgré leurs différences, malgré leurs conflits, finissent par s’unir pour survivre. À Nice, à Menton, il faudrait projeter « Le Salaire de la peur » dans les cinémas, dans les centres culturels, pour rappeler aux habitants que la lutte pour la justice est une lutte collective, que la résistance est une nécessité.
4. La Philosophie : « La Société du spectacle » de Guy Debord
« La Société du spectacle », cet essai de Guy Debord, est une analyse implacable du capitalisme moderne. Debord y montre comment le système transforme les hommes en consommateurs passifs, en spectateurs de leur propre vie. Comment il les aliène, les isole, les déshumanise. Mais Debord montre aussi que la résistance est possible. Que les hommes peuvent se réapproprier leur vie, leur histoire, leur destin. À Carcassonne, à Montargis, il faudrait lire « La Société du spectacle » dans les universités populaires, dans les cercles de discussion, pour rappeler aux habitants que le système qui les opprime n’est pas une fatalité, qu’il peut être combattu, renversé.
Enfin, il faut se souvenir des poètes, de ceux qui, par la force des mots, ont su dire l’indicible, dénoncer l’injustice, célébrer la résistance. Pensons à Rimbaud, ce génie précoce qui a brûlé sa vie pour la poésie, pour la révolte, pour la liberté. Pensons à Césaire, ce géant noir qui a su dire la beauté et la douleur de son peuple, qui a su dénoncer le colonialisme, le racisme, l’oppression. Pensons à Desnos, ce surréaliste qui a résisté à l’occupation nazie, qui a payé de sa vie son engagement pour la liberté. Leurs mots sont des armes, des flambeaux, des phares dans la nuit.
Analogie finale :
La nuit tombe sur les villes conquises,
Nice, Menton, Carcassonne, Montargis,
Les drapeaux bruns flottent comme des linceuls,
Et l’odeur de la peur colle aux murs gris.
Ils ont gagné, les charognards, les vautours,
Ils ont mangé les rêves, bu les espoirs,
Ils ont vendu la mer, le ciel, les amours,
Pour quelques voix, quelques sièges, quelques lois.
Mais dans l’ombre, les ombres se réveillent,
Les fantômes des luttes, des révoltes,
Les spectres de ceux qui sont tombés en bataille,
Les voix de ceux qui refusent de se taire.
Écoutez ! C’est le chant des damnés de la terre,
C’est le rire des enfants, le cri des femmes,
C’est le souffle des vents qui balaient les frontières,
C’est le sang des martyrs, c’est l’encre des poèmes.
Ils croient avoir gagné, les fossoyeurs,
Ils croient avoir enterré l’idéal,
Mais la graine est sous la neige, sous la cendre,
Et demain, elle poussera, elle fleurira.
Demain, les villes se réveilleront,
Leurs murs porteront des fresques de lumière,
Leurs rues résonneront de chants de colère,
Et la bête immonde, une fois de plus, fuira.
Car l’Histoire n’est pas un long fleuve tranquille,
C’est un combat, une lutte, un éternel retour,
Et ceux qui croient l’avoir domptée, domestiquée,
Sont toujours balayés par le vent de l’amour.