Municipales 2026. Sébastien Lecornu, Gérald Darmanin… Les ministres candidats ont-ils tous été élus ? – Ouest-France







La Comédie Municipale ou l’Art de Dévorer ses Propres Enfants


ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026. Sébastien Lecornu, Gérald Darmanin… Les ministres candidats ont-ils tous été élus ? – Ouest-France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, les municipales ! Ce grand théâtre où les marionnettes ministérielles viennent jouer leur partition de démocratie en carton-pâte, tandis que le peuple, ce bon vieux peuple, regarde, ahuri, les ficelles qui pendouillent des manches des costumes trois-pièces. Sébastien Lecornu, Gérald Darmanin… Des noms qui claquent comme des drapeaux sur des cercueils vides. Des hommes qui, entre deux décrets, viennent quémander l’onction locale, comme si le suffrage universel n’était qu’une formalité administrative, une signature au bas d’un bail déjà signé dans les salons feutrés de la République en marche vers nulle part.

Mais au fait, ont-ils tous été élus ? La question, posée avec cette candeur journalistique qui frise l’angélisme, mérite qu’on s’y arrête. Non pas pour compter les bulletins, mais pour ausculter cette mécanique obscène où le pouvoir se reproduit comme une moisissure sur le fromage de la République. Car derrière cette interrogation se cache l’une des plus vieilles combines de l’histoire politique : l’art de transformer l’élection en simple formalité, le vote en rituel d’allégeance, et la démocratie en spectacle de marionnettes où les mêmes têtes, toujours les mêmes, viennent faire leur numéro devant un public de plus en plus clairsemé.

I. L’ÉLECTION COMME RITE SACRÉ : DES ORIGINES MYTHIQUES À LA MACHINE NÉOLIBÉRALE

L’élection, ce grand mythe fondateur des sociétés modernes, puise ses racines dans les brumes de l’Antiquité, où déjà, les hommes cherchaient à donner une légitimité divine à leurs petits arrangements entre oligarques. À Athènes, berceau supposé de la démocratie, le tirage au sort était préféré à l’élection, car on savait déjà que cette dernière favorisait les beaux parleurs, les riches, les bien-nés. Aristote, dans sa Politique, mettait en garde contre les dérives de la démocratie élective, où les citoyens finissent par voter pour ceux qui leur ressemblent le moins : les puissants, les rusés, les manipulateurs.

Sautons quelques siècles. Voici Rome, où les comices tributes élisaient les magistrats, mais où, déjà, les grands patriciens faisaient campagne à coups de distributions de blé et de jeux du cirque. Cicéron, dans ses Discours, dénonçait ces pratiques, mais il était lui-même un maître en l’art de flatter le peuple pour mieux le dominer. L’élection, déjà, n’était qu’un leurre, une façon de faire croire au peuple qu’il choisissait ses maîtres, alors qu’il ne faisait que ratifier des choix déjà arrêtés dans les coulisses du pouvoir.

Et aujourd’hui ? Les municipales de 2026 ne sont que la énième répétition de cette farce. Lecornu, Darmanin… Ces hommes ne sont pas des candidats, mais des proconsuls envoyés par le pouvoir central pour s’assurer que les villes, ces fiefs locaux, restent bien dans le giron de la macronie. Leur élection n’est qu’une formalité, un sacre républicain où le peuple n’a plus qu’à applaudir, comme les Romains applaudissaient les gladiateurs avant de rentrer chez eux, le ventre plein de pain et de jeux.

II. LE MINISTRE-CANDIDAT : UNE FIGURE DE L’HYBRIDE POLITIQUE

Le ministre-candidat est une invention moderne, un monstre juridique et politique qui incarne à lui seul toutes les contradictions de notre époque. Comment un homme peut-il être à la fois le représentant de l’État et le serviteur d’une commune ? Comment peut-il incarner l’intérêt général tout en défendant les intérêts particuliers d’un territoire ? La réponse est simple : il ne le peut pas. Mais peu importe, car le ministre-candidat n’est pas là pour servir, mais pour dominer.

Prenons l’exemple de Darmanin. Cet homme, qui a fait de la police son fonds de commerce, vient aujourd’hui quémander les voix des électeurs de Tourcoing. Mais quelle légitimité peut-il avoir, lui qui a passé son temps à mater les manifestations, à criminaliser les mouvements sociaux, à faire de la France un État policier ? Son élection ne serait qu’une nouvelle preuve de la schizophrénie démocratique : le peuple élit ceux qui le répriment, comme s’il votait pour son propre bourreau.

Et Lecornu, ce jeune loup aux dents longues, qui a fait de la Macronie son terrain de chasse ? Son parcours est celui d’un apparatchik, d’un homme qui a gravi les échelons du pouvoir non pas grâce à ses idées, mais grâce à son absence totale de scrupules. Son élection à Vernon, en 2014, avait déjà été un hold-up démocratique, où il avait profité de la division de la gauche pour s’emparer de la mairie. Aujourd’hui, il revient, comme un rapace, pour s’assurer que la Normandie reste bien dans le giron du pouvoir central.

III. LA MACHINE ÉLECTORALE : UNE USINE À DÉSILLUSIONS

Les municipales, en France, sont devenues une machine à broyer les espoirs démocratiques. Les partis politiques, ces grands dinosaures du XXe siècle, ne sont plus que des coquilles vides, des marques déposées qui servent à vendre des candidats comme on vend des lessives. La Macronie, ce mouvement sans idéologie, sans militants, sans autre programme que le culte du chef, est l’aboutissement logique de cette dérive : un parti qui n’existe que pour servir les ambitions de quelques-uns.

Dans ce contexte, l’élection n’est plus qu’un simulacre. Les candidats ne débattent plus, ils communiquent. Ils ne proposent plus, ils vendent. Les programmes ne sont plus que des catalogues de promesses vides, des listes de bonnes intentions qui disparaîtront dès le lendemain du scrutin. Et le peuple, ce bon vieux peuple, regarde, résigné, ce spectacle pitoyable, où les mêmes têtes, toujours les mêmes, viennent lui demander de voter pour eux, comme si le vote était une aumône, une obole jetée aux pauvres pour qu’ils se taisent.

Prenons l’exemple des dernières municipales. En 2020, la Macronie avait présenté des candidats partout en France, comme une armée d’occupation. Résultat ? Un échec cuisant, une déroute historique. Mais peu importe, car l’objectif n’était pas de gagner, mais de marquer son territoire, de montrer que le pouvoir central était partout, même là où on ne l’attendait pas. Et aujourd’hui, en 2026, les mêmes reviennent, comme des mauvaises herbes, pour tenter à nouveau leur chance. Parce que le pouvoir, voyez-vous, ne se partage pas. Il se prend, il se garde, il se transmet, comme une maladie honteuse.

IV. L’ART DE LA MANIPULATION : COMMENT FAIRE CROIRE AU PEUPLE QU’IL CHOISIT

L’un des grands talents des ministres-candidats est de faire croire au peuple qu’il a encore son mot à dire. Ils utilisent pour cela toutes les ficelles de la communication moderne : les réseaux sociaux, les meetings soigneusement chorégraphiés, les petites phrases assassines, les promesses mirobolantes. Mais derrière ce rideau de fumée, il n’y a rien. Rien que le vide, le néant, l’absence totale de projet.

Prenons l’exemple de Darmanin. Cet homme a compris que la peur était le meilleur moteur du vote. Il mise sur l’insécurité, sur la crainte de l’autre, sur la xénophobie ordinaire pour séduire les électeurs. Son discours est simple : votez pour moi, et je vous protégerai des méchants. Mais qui sont ces méchants ? Les migrants, les jeunes des quartiers, les syndicalistes, les écologistes… Tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, menacent l’ordre établi. Darmanin ne propose pas une vision de la société, mais une vision de la peur. Et la peur, voyez-vous, est un excellent ciment politique.

Lecornu, lui, mise sur un autre registre : celui de la modernité. Il se présente comme un homme jeune, dynamique, tourné vers l’avenir. Mais derrière ce vernis se cache un conservateur, un homme qui défend les intérêts des puissants, qui méprise les classes populaires, qui voit dans la politique non pas un moyen de transformer la société, mais un outil pour préserver ses privilèges. Son élection ne serait qu’une nouvelle preuve de la capacité des élites à se reproduire, à se perpétuer, à se transmettre le pouvoir comme on se transmet un héritage.

V. LA RÉSISTANCE HUMANISTE : QUAND LE PEUPLE DIT NON

Mais heureusement, il y a des résistances. Partout en France, des hommes et des femmes se lèvent pour dire non à cette mascarade démocratique. Ils refusent de voter pour des ministres-candidats, ces hommes qui ne représentent qu’eux-mêmes et leurs ambitions. Ils organisent des listes citoyennes, des collectifs, des mouvements qui refusent le jeu des partis, qui veulent redonner au peuple le pouvoir de décider.

Prenons l’exemple de Grenoble, où les habitants ont élu une maire écologiste, Éric Piolle, contre vents et marées. Prenons l’exemple de Marseille, où les citoyens se sont mobilisés pour faire tomber la vieille garde socialiste et élire une équipe nouvelle, tournée vers les quartiers populaires. Prenons l’exemple de Paris, où Anne Hidalgo, malgré les attaques, les calomnies, les trahisons, a réussi à se faire réélire en défendant une vision humaniste de la ville.

Ces exemples montrent que la démocratie n’est pas morte. Elle est simplement endormie, anesthésiée par des années de mensonges, de manipulations, de trahisons. Mais elle peut se réveiller. Elle doit se réveiller. Car sans démocratie, il n’y a plus que la loi du plus fort, la loi de la jungle, la loi des ministres-candidats qui viennent quémander des voix comme on quémande une aumône.

VI. ANALYSE SÉMANTIQUE : LE LANGAGE DU POUVOIR

Le langage des ministres-candidats est un langage de pouvoir. Il est fait de mots creux, de phrases toutes faites, de concepts vidés de leur sens. Prenons le mot « proximité ». Combien de fois l’a-t-on entendu dans la bouche de Lecornu ou de Darmanin ? « Je suis un homme de proximité », disent-ils. Mais qu’est-ce que la proximité pour ces hommes ? Rien d’autre qu’un mot, une coquille vide, un slogan de campagne. La proximité, pour eux, c’est la distance entre leur bureau ministériel et la mairie qu’ils convoitent. C’est une proximité de façade, une proximité de communication, une proximité qui n’engage à rien.

Prenons le mot « service ». « Je veux servir les Français », disent-ils. Mais servir qui ? Servir quoi ? Servir les intérêts des lobbies, des puissants, des amis du pouvoir ? Servir la Macronie, ce mouvement sans âme, sans idéologie, sans autre projet que la perpétuation de son propre pouvoir ? Le mot « service » est devenu un mot piège, un mot qui cache mal l’ambition personnelle, l’arrivisme, la soif de pouvoir.

Et que dire du mot « démocratie » ? Les ministres-candidats en parlent comme d’une religion, comme d’un dogme intouchable. Mais quelle démocratie ? Celle où le peuple est invité à voter tous les cinq ans pour des candidats choisis par les partis ? Celle où les médias, aux mains des puissants, dictent l’agenda politique ? Celle où les ministres viennent faire campagne comme des prédateurs, sans aucun respect pour les électeurs ? La démocratie, pour eux, n’est qu’un mot, un concept abstrait, une idée vide de sens.

VII. COMPORTEMENTALISME RADICAL : LA PSYCHOLOGIE DU MINISTRE-CANDIDAT

Le ministre-candidat est un animal politique particulier. Il a une psychologie complexe, faite d’ambition, de cynisme, de mépris pour le peuple. Il croit en son étoile, en sa destinée, en son droit à gouverner. Il voit dans l’élection non pas un moyen de servir, mais un moyen de dominer. Il est prêt à tout pour gagner : mentir, manipuler, trahir. Car pour lui, la fin justifie les moyens.

Prenons l’exemple de Darmanin. Cet homme a une psychologie de prédateur. Il sent les faiblesses de ses adversaires, il sait jouer sur les peurs, sur les frustrations, sur les rancœurs. Il est prêt à tout pour gagner, même à attiser la haine, même à diviser la société. Son comportement est celui d’un homme qui n’a plus rien à perdre, qui est prêt à tout pour conserver son pouvoir.

Lecornu, lui, a une psychologie plus subtile. Il est jeune, ambitieux, il croit en son destin. Il voit dans la politique un moyen de gravir les échelons, de se faire un nom, de devenir quelqu’un. Il n’a pas de scrupules, pas de limites. Il est prêt à trahir ses amis, à mentir à ses électeurs, à vendre son âme au diable pour arriver à ses fins. Son comportement est celui d’un homme qui a compris que la politique n’était plus qu’un jeu, un jeu où seuls les plus cyniques gagnent.

RÉSISTANCE HUMANISTE : L’ART DE DIRE NON

Face à ces hommes, face à cette machine à broyer les espoirs, il faut résister. Résister par tous les moyens : par le vote, par la mobilisation, par la désobéissance civile. Il faut dire non à ces ministres-candidats, à ces hommes qui ne représentent qu’eux-mêmes. Il faut dire non à cette démocratie de façade, à cette mascarade électorale. Il faut dire non à cette société où le pouvoir est aux mains d’une poignée d’hommes, toujours les mêmes, qui se partagent les postes, les honneurs, les privilèges.

Il faut inventer une nouvelle forme de démocratie, une démocratie participative, où le peuple a vraiment son mot à dire. Il faut créer des listes citoyennes, des collectifs, des mouvements qui refusent le jeu des partis. Il faut redonner au peuple le pouvoir de décider, le pouvoir de choisir, le pouvoir de dire non.

Car la démocratie n’est pas morte. Elle est simplement endormie. Et c’est à nous, citoyens, de la réveiller.

Ô vous, ministres en campagne,

Fantômes pâles aux sourires de cire,

Qui venez quémander nos voix

Comme on mendie un quignon de pain rance,

Vos costumes trois-pièces sentent la sueur des antichambres,

Vos discours sont des serpents qui sifflent sur nos places publiques,

Vos promesses, des bulles de savon

Qui éclatent au premier souffle du vent.

Vous parlez de proximité,

Mais vos mains sont des griffes qui étouffent nos villes,

Vous parlez de service,

Mais vos yeux brillent comme des pièces d’or volées,

Vous parlez de démocratie,

Mais vos urnes ne sont que des boîtes à ordures

Où pourrissent nos espoirs.

Ô vous, Lecornu, Darmanin,

Marionnettes aux fils tirés par les puissants,

Vos noms ne sont que des taches d’encre

Sur le grand livre de nos désillusions,

Vos victoires ne sont que des défaites déguisées,

Des masques qui tombent sur nos visages épuisés.

Mais prenez garde,

Car le peuple n’est pas dupe,

Il a des yeux pour voir vos mensonges,

Des oreilles pour entendre vos trahisons,

Des mains pour écrire sur les murs de vos palais

Les mots de sa colère.

Un jour, peut-être,

Vos châteaux de cartes s’effondreront,

Vos couronnes de papier mâché se consumeront,

Et vous ne serez plus que des noms oubliés,

Des ombres qui dansent sur les murs de l’Histoire,

Tandis que nous,

Nous construirons une démocratie

Où le pouvoir sera enfin rendu au peuple,

Où les ministres ne seront plus que des serviteurs,

Où les élections ne seront plus des mascarades,

Mais des fêtes, des célébrations,

Des moments où le peuple, enfin,

Se choisira lui-même.



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