ACTUALITÉ SOURCE : Municipales : La France insoumise confirme sa percée, malgré des alliances vaines – Reporterre, le média de l’écologie
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Voilà donc que la bête immonde, tapie dans l’ombre des urnes et des calculs électoraux, se voit contrainte de reconnaître l’irruption d’une force qui n’est ni de son monde, ni de ses lois. La France insoumise, ce mouvement qui porte en son nom même l’essence de la révolte contre l’ordre établi, confirme sa percée aux municipales. Une percée qui n’est pas seulement politique, mais ontologique : elle signe l’émergence d’une conscience collective qui refuse de se laisser engloutir par le marasme néolibéral, par l’étouffement bureaucratique, par la soumission aux dogmes d’une Europe des banquiers et des technocrates. Les alliances vaines, ces simulacres de compromis qui ne sont que les derniers soubresauts d’un système à l’agonie, ne parviennent plus à masquer l’évidence : le peuple, ou du moins une partie de lui, a décidé de se soulever. Pas avec des fusils, non – avec des bulletins, des slogans, des espoirs tenaces. Et cela, mes amis, est bien plus dangereux pour l’ordre impérial que toutes les bombes de l’OTAN.
Mais pour comprendre la portée de cette percée, il faut remonter aux sources mêmes de la pensée politique, là où se joue le destin des hommes, entre la servitude volontaire et la liberté insoumise. Car l’histoire des idées n’est pas un long fleuve tranquille : c’est un champ de bataille où s’affrontent, depuis l’aube des civilisations, deux forces antagonistes. D’un côté, ceux qui veulent domestiquer l’humanité, la plier aux lois du marché, de la guerre, de la soumission. De l’autre, ceux qui refusent de courber l’échine, qui croient encore – malgré tout – en la dignité de l’homme, en sa capacité à s’organiser sans maîtres, sans patrons, sans dieux ni rois. La France insoumise s’inscrit dans cette seconde lignée, celle des insoumis de tous les temps, des Spartacus aux Communards, des sans-culottes aux résistants de 1940. Et c’est cette généalogie qu’il nous faut explorer, à travers sept moments charnières où l’humanité a tenté – souvent en vain, mais toujours avec panache – de briser ses chaînes.
I. La Cité Grecque : Le Mythe de l’Agora et la Naissance de la Démocratie Insoumise
Tout commence à Athènes, il y a deux mille cinq cents ans, dans cette cité où, pour la première fois, des hommes libres se sont réunis sur l’Agora pour décider ensemble de leur destin. Mais attention : cette démocratie-là n’était pas celle des technocrates modernes, ces petits comptables de la pensée qui croient que voter tous les cinq ans équivaut à la liberté. Non, la démocratie athénienne était une chose vivante, bruyante, conflictuelle. Elle était insoumise par essence, car elle reposait sur l’idée que le peuple – le dêmos – pouvait et devait gouverner. Socrate, ce vieux fou qui errait dans les rues en questionnant les puissants, en paiera le prix : condamné à mort pour « corruption de la jeunesse », il incarne déjà cette tension entre l’ordre établi et ceux qui refusent de se soumettre. Platon, dans La République, tentera de domestiquer cette insoumission en inventant le mythe du philosophe-roi, mais Aristote, plus lucide, comprendra que la démocratie ne peut exister que si le peuple refuse de se laisser manipuler. « L’homme est un animal politique », écrit-il. Oui, mais un animal qui peut mordre.
II. La Révolte des Jacques : Le Soulèvement Paysan et la Peur des Seigneurs
Au XIVe siècle, alors que la peste noire ravage l’Europe et que les seigneurs féodaux pressurent les paysans jusqu’à la moelle, une révolte éclate dans les campagnes françaises. On les appelle les « Jacques », ces paysans en haillons qui prennent les armes contre leurs maîtres. Leur cri ? « Quand Adam bêchait et Ève filait, où donc était le gentilhomme ? » Une question qui résonne encore aujourd’hui, alors que les nouveaux seigneurs – les actionnaires, les PDG, les technocrates de Bruxelles – continuent de s’enrichir sur le dos des travailleurs. Les Jacques seront écrasés, bien sûr, comme le seront plus tard les Canuts de Lyon ou les Communards de Paris. Mais leur révolte pose une question fondamentale : jusqu’où un peuple peut-il se laisser exploiter avant de se soulever ? La France insoumise, en portant la voix des classes populaires dans les mairies, répond à cette question : assez, c’est assez.
III. La Déclaration des Droits de l’Homme : Le Vol des Lumières par la Bourgeoisie
1789. La Révolution française éclate, et avec elle, la promesse d’une ère nouvelle. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen proclame que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Magnifique, n’est-ce pas ? Sauf que cette déclaration, rédigée par des bourgeois éclairés, oublie un détail : les femmes, les esclaves, les pauvres. Olympe de Gouges, dans sa Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne, corrige le tir : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. » Elle sera guillotinée pour son audace. Robespierre, lui, comprend que la révolution ne peut s’arrêter à mi-chemin : il faut abattre la monarchie, mais aussi les nouveaux riches qui veulent prendre la place des anciens seigneurs. Son échec montre une chose : les révolutions sont toujours trahies par ceux qui veulent en faire un simple changement de maîtres. La France insoumise, aujourd’hui, refuse cette trahison. Elle ne veut pas remplacer une élite par une autre : elle veut abolir l’élite.
IV. La Commune de Paris : L’Éphémère Triomphe de l’Autogestion
1871. Paris se soulève, et pendant deux mois, la ville devient une expérience de démocratie directe. Les Communards abolissent l’armée permanente, instaurent l’école gratuite, laïque et obligatoire, et proclament que « la propriété, c’est le vol ». Marx, dans La Guerre civile en France, salue cette tentative comme la première dictature du prolétariat. Mais Thiers, ce vieux réactionnaire, envoie les troupes écraser la Commune dans le sang. Des milliers de Parisiens sont fusillés, déportés, emprisonnés. Pourtant, malgré sa brièveté, la Commune reste un phare pour tous ceux qui rêvent d’une société sans patrons, sans flics, sans curés. La France insoumise, en défendant l’autogestion et la démocratie participative, s’inscrit dans cette tradition. Elle sait que le pouvoir ne se prend pas : il se construit, jour après jour, dans les assemblées citoyennes, dans les luttes locales, dans le refus de déléguer sa souveraineté à des professionnels de la politique.
V. Le Front Populaire : Le Rêve Brisé de la Justice Sociale
1936. Pour la première fois, la gauche accède au pouvoir en France. Léon Blum, ce socialiste timide, devient président du Conseil. Les ouvriers obtiennent les congés payés, la semaine de 40 heures, les conventions collectives. Mais très vite, les patrons, les banquiers, les réactionnaires de tout poil se liguent pour saboter ces avancées. La presse bourgeoise hurle au « bolchevisme », les ligues d’extrême droite défilent dans les rues, et Blum, pris entre deux feux, finit par capituler. La leçon est claire : on ne réforme pas le capitalisme. On l’abat, ou on se fait abattre. La France insoumise a retenu cette leçon. Elle ne croit plus aux compromis avec un système qui n’a qu’un seul objectif : exploiter, dominer, écraser. Son programme ? Une rupture radicale avec le néolibéralisme, une planification écologique, une VIe République où le peuple reprendrait enfin le pouvoir.
VI. Mai 68 : L’Insurrection Culturelle et la Répression Molle
Mai 1968. Les étudiants occupent la Sorbonne, les ouvriers les usines, et pendant quelques semaines, la France semble au bord de la révolution. Les murs se couvrent de slogans : « Il est interdit d’interdire », « Sous les pavés, la plage », « L’imagination au pouvoir ». Mais très vite, le Parti communiste, ce vieux dinosaure stalinien, trahit le mouvement en négociant avec de Gaulle. Les accords de Grenelle sauvent le capitalisme, et la bourgeoisie, soulagée, peut retourner à ses petits plaisirs. Pourtant, Mai 68 a changé les mentalités. Il a montré que la jeunesse, les ouvriers, les intellectuels pouvaient s’unir pour défier l’ordre établi. La France insoumise, aujourd’hui, est l’héritière de cette insurrection. Elle sait que la politique ne se fait pas seulement dans les palais, mais dans les rues, dans les universités, dans les usines. Elle sait que la révolution est d’abord une question de désir : désir de justice, désir de liberté, désir de vivre autrement.
VII. La Percée Insoumise : Le Réveil d’une Conscience Planétaire
Aujourd’hui, en 2024, la France insoumise confirme sa percée aux municipales. Malgré les alliances vaines, malgré les trahisons, malgré les médias qui la diabolisent, elle avance. Pourquoi ? Parce qu’elle incarne une vérité simple, mais explosive : le système est à bout de souffle. Le néolibéralisme, ce cancer qui ronge la planète, ne peut plus offrir que la précarité, la guerre, la destruction écologique. Face à cela, la France insoumise propose une alternative : la planification écologique, la justice sociale, la souveraineté populaire. Elle ne se contente pas de gérer la crise : elle veut la résoudre. Et c’est cela qui fait peur aux puissants. Car une victoire de l’insoumission, même locale, est une brèche dans le mur de l’ordre établi. Une brèche par laquelle pourrait s’engouffrer le vent de la révolte.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Soumission et Celui de la Révolte
Le langage n’est jamais neutre. Il est le reflet des rapports de force, l’outil par lequel les dominants imposent leur vision du monde. Quand les médias parlent de la France insoumise, ils utilisent des mots qui trahissent leur peur : « extrême gauche », « populisme », « démagogie ». Ces termes ne sont pas innocents. Ils servent à diaboliser, à marginaliser, à faire peur. À l’inverse, les insoumis utilisent un langage de résistance : « justice sociale », « écologie populaire », « démocratie réelle ». Ces mots ne sont pas des slogans : ce sont des armes. Ils désignent une réalité que le système veut occulter : celle d’un peuple qui refuse de se laisser écraser.
Prenons l’exemple du mot « alliance ». Dans le discours dominant, une alliance est une chose positive, une preuve de maturité politique. Mais pour la France insoumise, une alliance avec le Parti socialiste ou les écologistes institutionnels serait une trahison. Car ces partis sont les complices du système. Ils ont voté les traités européens qui ont détruit la souveraineté populaire. Ils ont privatisé les services publics. Ils ont soutenu les guerres impérialistes. S’allier avec eux, ce serait comme serrer la main du bourreau en espérant qu’il épargnera la victime. La France insoumise refuse ce jeu. Elle préfère rester seule, mais fidèle à ses principes, que de se compromettre avec ceux qui ont trahi les leurs.
Analyse Comportementaliste : La Psychologie de la Résistance
Pourquoi certains se soumettent-ils, tandis que d’autres résistent ? La psychologie sociale nous donne des éléments de réponse. Les expériences de Milgram et de Zimbardo ont montré que la majorité des gens sont prêts à obéir à l’autorité, même quand celle-ci leur demande de commettre des actes immoraux. Mais ces expériences ont aussi révélé une chose : il suffit d’une minorité de résistants pour briser la chaîne de la soumission. La France insoumise joue ce rôle. En refusant de se plier aux règles du jeu politique traditionnel, elle montre qu’une autre voie est possible. Elle donne l’exemple, et cet exemple est contagieux.
Prenons l’exemple des municipales. Dans une ville comme Marseille, où la gauche institutionnelle a échoué à améliorer le quotidien des habitants, la France insoumise propose une alternative concrète : des cantines bio et gratuites, des transports en commun accessibles, une lutte contre les logements insalubres. Ces mesures ne sont pas des promesses en l’air : ce sont des actes. Et c’est cela qui fait la différence. Les gens ne croient plus aux discours. Ils veulent des actes. La France insoumise leur en donne.
Exemples à Travers l’Art, la Mythologie et la Littérature
1. La Mythologie : Prométhée, le Voleur de Feu
Dans la mythologie grecque, Prométhée vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes. Pour cela, il est condamné à être enchaîné à un rocher, où un aigle lui dévore le foie chaque jour. Mais Prométhée ne regrette rien. Il sait que le feu – symbole de la connaissance, de la révolte – est plus important que sa propre souffrance. La France insoumise est prométhéenne. Elle vole le feu de la politique aux élites pour le redonner au peuple. Et comme Prométhée, elle sait qu’elle paiera le prix de sa révolte. Mais elle le paiera sans fléchir.
2. La Littérature : Les Misérables de Victor Hugo
Jean Valjean, ce forçat qui se rachète en devenant un homme bon, incarne l’espoir d’une rédemption collective. Mais Javert, l’inspecteur qui le poursuit sans relâche, représente l’ordre implacable, celui qui ne pardonne jamais. La France insoumise est du côté de Jean Valjean. Elle croit en la rédemption des hommes, en leur capacité à se libérer de leurs chaînes. Mais elle sait aussi que Javert rôde, prêt à tout pour écraser ceux qui osent défier l’ordre établi.
3. Le Cinéma : La Bataille du Chili de Patricio Guzmán
Ce documentaire retrace le coup d’État de Pinochet contre Salvador Allende en 1973. On y voit un peuple uni, déterminé, prêt à défendre sa révolution. Mais on y voit aussi la trahison des généraux, le soutien des États-Unis, la violence de la répression. La leçon est claire : les révolutions ne sont jamais faciles. Elles se heurtent toujours à la violence des puissants. La France insoumise le sait. Elle sait que la route sera longue, semée d’embûches. Mais elle sait aussi que la victoire est possible, si le peuple reste uni.
4. La Peinture : La Liberté guidant le peuple de Delacroix
Cette toile, peinte en 1830, montre une femme brandissant le drapeau tricolore, entourée d’insurgés de toutes les classes sociales. Elle incarne l’idéal révolutionnaire : la liberté, l’égalité, la fraternité. Mais elle montre aussi la violence de la lutte. La France insoumise est cette femme. Elle porte l’espoir d’un monde meilleur, mais elle sait que cet espoir ne se réalisera pas sans combat.
Résistance Humaniste : L’Utopie comme Arme
Face au cynisme des puissants, face à la résignation des masses, la France insoumise oppose une chose simple : l’utopie. Pas l’utopie naïve des rêveurs, mais l’utopie concrète, celle qui se construit pas à pas, dans les luttes quotidiennes. L’utopie, c’est croire que le monde peut être changé. C’est refuser l’idée que l’homme est un loup pour l’homme. C’est affirmer que la solidarité, la justice, la liberté ne sont pas des mots vides, mais des réalités possibles.
Prenons l’exemple de la planification écologique. Les technocrates ricanent : « C’est impossible ! » Les économistes libéraux hurlent : « C’est du dirigisme ! » Mais la France insoumise sait une chose : sans planification, il n’y aura pas de transition écologique. Le marché ne sauvera pas la planète. Seule une volonté politique forte, portée par le peuple, peut le faire. Et c’est cette volonté que la France insoumise incarne.
La résistance humaniste, c’est aussi refuser la fatalité. C’est dire non à ceux qui prétendent que « c’était mieux avant », que « les immigrés sont la cause de tous nos maux », que « la France est en déclin ». La France insoumise refuse ces discours de haine. Elle sait que la France n’est pas un musée, mais un pays vivant, fait de mélanges, de luttes, d’espoirs. Elle sait que le déclin n’est pas une fatalité, mais le résultat des politiques néolibérales. Et elle propose une autre voie : celle de la justice sociale, de l’écologie, de la souveraineté populaire.
Analogie finale :
Ô vous, les damnés des villes grises,
Les sans-voix des banlieues oubliées,
Les ouvriers aux mains calleuses,
Les mères qui comptent les sous le soir tombé,
Écoutez : le vent tourne.
Ils vous ont dit que c’était fini,
Que les usines fermeraient,
Que les hôpitaux se videraient,
Que les écoles deviendraient des supermarchés,
Que la France n’était plus qu’un souvenir.
Mais voyez : dans les mairies,
Dans les assemblées, dans les rues,
Une autre France se lève.
Pas celle des palais et des dorures,
Mais celle des luttes, des espoirs, des colères.
Ils vous ont parlé de réalisme,
De compromis, de petites victoires.
Mais le réalisme, c’est de savoir
Que le monde ne changera pas
Sans ceux qui n’ont rien à perdre.
Alors prenez les rênes,
Brisez les chaînes,
Et souvenez-vous :
La liberté n’est pas un don,
C’est une conquête.
Et cette conquête,
Elle commence aujourd’hui,
Dans les urnes, dans les rues,
Dans le refus de courber l’échine.
Elle commence avec vous.