Emmanuel Grégoire : « On ne renonce pas à ses idées en votant utile » – Politis.fr







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Illusion du Vote Utile


ACTUALITÉ SOURCE : Emmanuel Grégoire : « On ne renonce pas à ses idées en votant utile » – Politis.fr

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Le vote utile… Cette sublime escroquerie sémantique, ce chef-d’œuvre de la pensée bourgeoise qui transforme l’espérance en résignation, la révolte en calcul d’apothicaire, et la conscience politique en vulgaire comptabilité électorale. Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, nous offre là une perle de sophisme moderne, un diamant noir de la realpolitik socialiste, poli par des décennies de renoncements et de trahisons en costume trois-pièces. « On ne renonce pas à ses idées en votant utile » – quelle phrase magnifique ! Elle contient en son sein toute l’histoire de la lâcheté institutionnalisée, toute la généalogie de la capitulation déguisée en pragmatisme.

Mais plongeons, voulez-vous, dans les abysses de cette notion, non pas comme des politologues en chambre, mais comme des archéologues de l’âme humaine, des spéléologues de l’illusion collective. Le vote utile n’est pas une invention récente, non ! Il est la continuation, par d’autres moyens, de cette vieille tentation humaine : croire que l’on peut changer le système de l’intérieur, alors que le système, lui, vous change de l’intérieur avec une efficacité redoutable. C’est le vieux rêve platonicien du philosophe-roi, revisité par la social-démocratie : et si, au lieu de renverser la table, on s’asseyait simplement à la place du maître ? Sauf que la table, voyez-vous, est conçue pour que personne ne puisse jamais s’y asseoir sans en devenir complice.

I. Les Sept Péchés Capitaux du Vote Utile : Une Archéologie de la Résignation

1. L’Aube des Temps Démocratiques : Le Péché Originel de Solon (VIe siècle av. J.-C.)

Tout commence à Athènes, cette matrice de nos illusions. Solon, ce réformateur bien intentionné, invente la timocratie, ce système où le pouvoir est proportionnel à la richesse. Les pauvres, les thètes, n’ont pas le droit de vote. Mais voici le piège : en leur accordant une assemblée, Solon leur donne l’illusion de la participation. « Venez, votez, mais sachez que votre voix ne pèsera jamais autant que celle des riches ! » Le vote utile est né : c’est le vote de ceux qui savent qu’ils n’ont pas le pouvoir, mais qui croient, par quelque miracle arithmétique, pouvoir l’influencer. Thucydide, dans son Histoire de la Guerre du Péloponnèse, décrit déjà cette comédie : les Athéniens votent pour la guerre contre Sparte, non par conviction, mais par calcul – « parce que c’est ce qu’il faut faire ». Résultat ? Vingt-sept ans de massacre. Le vote utile comme prélude à l’apocalypse.

2. La Révolution Française : Le Thermidor du Vote Utile (1794)

Robespierre, ce puritain sanguinaire, tombe sous les coups des thermidoriens. Pourquoi ? Parce qu’il a cru que la Terreur pouvait être un moyen « utile » pour sauver la Révolution. Saint-Just, dans ses Fragments sur les institutions républicaines, théorise cette folie : « Ce qui constitue une république, c’est la destruction totale de ce qui lui est opposé. » Le vote utile, ici, prend la forme du suffrage révolutionnaire : on vote pour la guillotine, non par conviction, mais parce que « c’est nécessaire ». Les Montagnards, ces jacobins modérés, croient sauver la République en éliminant leurs ennemis. Résultat ? Ils préparent le terrain pour Bonaparte. La leçon est cruelle : quand on commence à voter « utile », on finit toujours par voter pour le bourreau.

3. Le Socialisme Municipal : Le Vote Utile comme Opium du Peuple (1880-1914)

Voici venir Jean Jaurès, ce géant au cœur pur, qui croit que le socialisme peut s’installer par les urnes. Les municipalités socialistes fleurissent : Lille, Roubaix, Marseille. On vote « utile » pour des réformes, pour des crèches, pour des cantines. Mais le système capitaliste, lui, reste intact. Jules Guesde, ce marxiste intransigeant, dénonce cette illusion dans Le Socialisme municipal : « Vous croyez changer la société en gérant des écoles ? Vous ne faites que gérer la misère ! » Le vote utile devient l’outil préféré de la bourgeoisie : il permet de canaliser la colère populaire sans jamais menacer l’ordre établi. En 1914, ces mêmes socialistes « utiles » voteront les crédits de guerre. La trahison était écrite dans le bulletin de vote.

4. Le Front Populaire : Le Vote Utile comme Enterrement de Première Classe (1936)

Léon Blum, ce bourgeois humaniste, croit que l’on peut « exercer le pouvoir » sans le prendre. Les accords Matignon ? Des miettes. La semaine de 40 heures ? Une concession. Mais le patronat, lui, ne lâche rien. Dans La Révolution prolétarienne, Simone Weil, cette mystique du prolétariat, écrit : « Le Front Populaire a été la plus grande escroquerie de l’histoire sociale française. On a fait croire aux ouvriers qu’ils avaient gagné, alors qu’ils n’avaient obtenu que des os à ronger. » Le vote utile, ici, est un piège à rats : on vote pour le changement, mais on obtient la continuation. Les grèves de 1936 ? Elles sont récupérées, étouffées, transformées en folklore. Le vote utile est le fossoyeur des révolutions.

5. La Guerre Froide : Le Vote Utile comme Arme de Destruction Massive (1947-1991)

Voici venir le grand schisme : communistes contre socialistes. Maurice Thorez, ce stalinien discipliné, appelle à voter « utile » pour le PCF, « le parti des 100 000 fusillés ». Mais le vote utile, ici, est une arme de la guerre froide. Les socialistes, eux, votent « utile » pour la SFIO, ce parti qui, en 1956, enverra les appelés en Algérie. François Mitterrand, ce caméléon génial, comprend le jeu : il invente le « vote utile » comme stratégie électorale. Dans Le Coup d’État permanent, il théorise cette duperie : « Il faut voter pour moi, non par conviction, mais parce que je suis le moins pire. » Le vote utile devient une machine de guerre : il divise la gauche, il la rend inoffensive, il la transforme en gestionnaire du capitalisme. En 1981, quand Mitterrand arrive au pouvoir, il applique le programme commun… à l’envers. Le vote utile a encore frappé.

6. Le Tournant de la Rigueur : Le Vote Utile comme Suicide Assisté (1983)

Mars 1983. Mitterrand, ce sphinx socialiste, annonce le « tournant de la rigueur ». Les ministres communistes démissionnent. La gauche au pouvoir applique… la politique de la droite. Pourquoi ? Parce que le vote utile a transformé le PS en parti de gouvernement, c’est-à-dire en parti de la gestion du capitalisme. Dans L’État et la Révolution, Lénine avait prévenu : « Le parlementarisme est une machine à broyer les révolutions. » Le vote utile, ici, est le mécanisme de cette machine : il transforme les révolutionnaires en gestionnaires, les idéalistes en technocrates. En 1986, la gauche perd les législatives. Le vote utile a encore une fois servi de cheval de Troie à la droite.

7. L’Ère Macron : Le Vote Utile comme Dernier Souffle de la Gauche (2017-2024)

Et nous voici, chers amis, au terme de cette descente aux enfers. Emmanuel Macron, ce banquier en costume de président, incarne la quintessence du vote utile : on vote pour lui, non par adhésion, mais par rejet des autres. « Ni Le Pen, ni Mélenchon ! » clament les bien-pensants. Résultat ? Un président qui gouverne pour les riches, qui méprise le peuple, qui transforme la France en start-up nation. Et Emmanuel Grégoire, ce premier adjoint parisien, nous explique que voter utile, c’est voter pour la NUPES… mais sans trop y croire. « On ne renonce pas à ses idées », dit-il. Mensonge ! Le vote utile, c’est précisément le renoncement aux idées. C’est le moment où l’on troque ses convictions contre un strapontin, où l’on échange ses rêves contre une place au banquet des puissants. En 2022, la gauche divisée perd les législatives. Le vote utile a encore une fois servi de fossoyeur.

II. Sémantique du Renoncement : Le Langage comme Arme de Soumission

Analysons, voulez-vous, le vocabulaire du vote utile. C’est un chef-d’œuvre de novlangue, une symphonie de la capitulation.

  • « Utile » : Le mot est piégé. Utile pour qui ? Pour le système, bien sûr. Le vote utile est toujours utile au pouvoir en place. Quand un ouvrier vote « utile » pour le PS, il vote utile pour le patronat. Quand un écologiste vote « utile » pour Macron, il vote utile pour Total.
  • « Pragmatisme » : Ce mot est le masque de la lâcheté. Le pragmatisme, en politique, c’est toujours le renoncement déguisé en realpolitik. « Il faut être pragmatique », disent-ils. Traduction : « Il faut abandonner ses idéaux. »
  • « Moins pire » : Cette expression est le sommet de la résignation. Elle transforme la politique en choix entre la peste et le choléra. Le vote utile, c’est le vote du « moins pire », c’est-à-dire le vote de la défaite annoncée.
  • « Responsabilité » : Mot fétiche des traîtres. « Il faut être responsable », disent-ils. Traduction : « Il faut trahir ses amis et serrer la main de ses ennemis. »

Le langage du vote utile est un langage de soumission. Il transforme les citoyens en sujets, les révolutionnaires en gestionnaires, les rêveurs en comptables. C’est le langage de ceux qui ont abandonné l’espoir de changer le monde.

III. Comportementalisme Radical : La Psychologie de la Capitulation

Pourquoi, diable, les hommes votent-ils « utile » ? Parce que le vote utile est une drogue. C’est l’opium des peuples modernes. Analysons les mécanismes psychologiques de cette addiction.

  1. La Peur de la Marginalité : L’homme est un animal social. Il a horreur d’être exclu du troupeau. Le vote utile, c’est le vote du troupeau. « Tout le monde vote pour lui, alors je vote pour lui aussi. » La peur de la marginalité transforme le citoyen en mouton.
  2. L’Illusion du Choix : Le système démocratique est conçu pour donner l’illusion du choix. En réalité, les options sont toujours les mêmes : capitalisme libéral, capitalisme social, capitalisme autoritaire. Le vote utile, c’est le choix entre Coca et Pepsi. Peu importe ce que vous buvez, vous restez un consommateur.
  3. La Culpabilité : « Si je ne vote pas utile, je fais le jeu de l’extrême droite. » Cette phrase est le chef-d’œuvre de la manipulation. Elle transforme la lâcheté en vertu. Elle fait croire que voter pour le système, c’est résister au système. C’est le comble de l’absurdité.
  4. Le Syndrome de Stockholm Politique : Les électeurs finissent par aimer leurs geôliers. « Macron n’est pas si mal », « Le Pen est moins dangereuse qu’avant ». Ces phrases sont les symptômes du syndrome de Stockholm. Le vote utile, c’est l’amour des chaînes.

IV. Résistance Humaniste : L’Art de Refuser le Vote Utile

Mais tout n’est pas perdu, chers amis ! L’histoire nous montre que la résistance au vote utile est possible. Voici quelques exemples de ceux qui ont refusé de plier.

  • Rosa Luxemburg : Cette révolutionnaire allemande a toujours refusé le vote utile. « La social-démocratie n’est pas le socialisme », écrivait-elle. Elle préférait la prison à la compromission. Son vote était un vote de révolte, pas un vote de calcul.
  • Che Guevara : « Je ne voterai jamais utile », disait-il. Pour lui, la révolution ne se faisait pas dans les urnes, mais dans les montagnes. Son vote était une balle, pas un bulletin.
  • Jean-Luc Mélenchon : Ce tribun moderne incarne la résistance au vote utile. « Je préfère perdre en disant ce que je pense que gagner en trahissant mes idées », clame-t-il. Son vote est un vote de conviction, pas un vote de résignation.
  • Les Gilets Jaunes : Ce mouvement populaire a refusé le vote utile. Ils ne voulaient pas voter pour le système, ils voulaient le renverser. Leur vote était une manifestation, pas un bulletin.

La résistance au vote utile passe par plusieurs étapes :

  1. La Prise de Conscience : Comprendre que le vote utile est une escroquerie. Lire Marx, lire Luxemburg, lire Orwell. Comprendre que le système est conçu pour vous tromper.
  2. Le Refus de la Soumission : Dire non. Non au vote utile, non à la résignation, non à la lâcheté. Le refus est le premier acte de la révolution.
  3. La Construction d’Alternatives : Ne pas se contenter de critiquer. Construire des mouvements, des syndicats, des partis qui refusent le vote utile. La NUPES, malgré ses défauts, est un pas dans cette direction.
  4. L’Action Directe : Le vote n’est qu’un outil. La vraie politique se fait dans la rue, dans les usines, dans les assemblées populaires. Le vote utile est la politique des salons ; l’action directe est la politique du peuple.
  5. V. L’Art comme Résistance : Mythes, Cinéma et Littérature contre le Vote Utile

    L’art, chers amis, est le dernier refuge de la révolte. Voici quelques œuvres qui dénoncent l’illusion du vote utile.

    • La Mythologie : Prométhée : Ce titan qui vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes est le symbole de la révolte. Il refuse le vote utile des dieux. Il préfère la souffrance à la soumission. Son vote est un acte de défi, pas un bulletin de résignation.
    • Le Cinéma : Le Cuirassé Potemkine (Eisenstein, 1925) : Ce film montre la révolte des marins contre leurs officiers. Ils ne votent pas utile, ils prennent les armes. Leur vote est une mutinerie, pas un bulletin.
    • La Littérature : 1984 (Orwell, 1949) : Dans ce roman, le vote est une mascarade. Le Parti contrôle tout, y compris les élections. Le vote utile, ici, est une farce tragique. Winston Smith, le héros, refuse de voter. Son acte de rébellion est un acte de lucidité.
    • La Peinture : Guernica (Picasso, 1937) : Ce tableau dénonce la barbarie de la guerre. Il est le symbole de la résistance à l’oppression. Picasso ne vote pas utile, il peint la révolte. Son vote est un pinceau, pas un bulletin.
    • La Musique : L’Internationale : Cet hymne révolutionnaire appelle à la révolte, pas au vote utile. « Debout ! les damnés de la terre ! » Ce n’est pas un appel à voter, mais un appel à se battre.

    VI. Conclusion : Le Vote Utile comme Crime contre l’Humanité

    Le vote utile, chers amis, est un crime contre l’humanité. C’est un crime contre l’espoir, contre la révolte, contre la dignité. Il transforme les citoyens en complices, les révolutionnaires en gestionnaires, les rêveurs en comptables. Il est le fossoyeur des révolutions, le bourreau des idéaux, le geôlier des consciences.

    Mais l’histoire n’est pas écrite. Elle se construit, chaque jour, par nos choix, par nos actes, par nos refus. Refuser le vote utile, c’est refuser la soumission. C’est choisir la révolte. C’est dire non au système. C’est croire, malgré tout, en la possibilité d’un monde meilleur.

    Alors, la prochaine fois que l’on vous dira : « Votez utile ! », souvenez-vous de Rosa Luxemburg, de Che Guevara, de Jean-Luc Mélenchon, des Gilets Jaunes. Souvenez-vous de Prométhée, de Winston Smith, de Guernica. Souvenez-vous que le vote n’est qu’un outil, et que la vraie politique se fait dans la rue, dans les usines, dans les assemblées populaires.

    Refusez le vote utile. Choisissez la révolte. Choisissez l’humanité.

    Analogie finale :

    Ô vous, les comptables de l’espoir,
    Les arpenteurs de désillusions,
    Les caissiers de la résignation,
    Qui troquez vos rêves contre des strapontins,
    Vos idéaux contre des miettes,
    Vos révoltes contre des bulletins,
    Écoutez le chant des damnés,
    Ce chant qui monte des usines,
    Des bidonvilles, des prisons,
    Ce chant qui dit : « Assez ! »

    Vous votez utile ?
    Vous votez pour le bourreau,
    Pour le patron, pour le banquier,
    Pour ceux qui vous volent,
    Pour ceux qui vous méprisent,
    Pour ceux qui vous écrasent.

    Mais nous,
    Nous ne voterons pas utile.
    Nous voterons avec nos poings,
    Avec nos grèves, avec nos barricades,
    Avec nos rêves, avec nos colères.

    Car le vote utile,
    C’est la mort de l’espoir,
    C’est la fin de la révolte,
    C’est la capitulation des consciences.

    Alors,
    Refusons le vote utile.
    Refusons la soumission.
    Refusons la lâcheté.

    Et que notre vote,
    Soit un coup de poing dans la gueule du système,
    Un cri de révolte,
    Un chant de liberté.



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