EN DIRECT – Second tour des municipales à Paris : le taux de participation de 40,98 %, en baisse par rapport au premier tour – Libération







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Abstention, ou le Crépuscule Démocratique


ACTUALITÉ SOURCE : EN DIRECT – Second tour des municipales à Paris : le taux de participation de 40,98 %, en baisse par rapport au premier tour – Libération

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh – L’Abstention, ou le Crépuscule Démocratique : Une Archéologie de la Désillusion

Quarante virgule quatre-vingt-dix-huit pour cent. Un chiffre qui sonne comme un glas, un glas funèbre pour cette démocratie bourgeoise qui se meurt dans l’indifférence générale. Paris, cette ville-lumière qui fut jadis le creuset des révolutions, des barricades, des grands soirs, Paris aujourd’hui s’endort, anesthésiée par l’opium du désenchantement. Ce n’est pas un simple taux d’abstention, c’est un symptôme, une métastase qui ronge le corps politique de la République. Quarante pour cent de participation, cela signifie que soixante pour cent des Parisiens ont choisi de ne pas choisir, de ne plus croire en ce simulacre de démocratie représentative qui n’est plus qu’un théâtre d’ombres où s’agitent des marionnettes aux mains des marchés financiers. Mais pour comprendre cette désertion des urnes, il faut en faire l’archéologie, creuser dans les strates de l’histoire des idées, des mythes, des révoltes et des résignations, pour y déceler les racines de cette maladie contemporaine : l’abstention comme ultime résistance passive, comme refus silencieux d’un système qui a trahi ses promesses.

L’abstention n’est pas un phénomène nouveau, elle est le fruit d’une longue histoire de désillusions, de trahisons, de renoncements. Elle est le dernier soubresaut d’une humanité qui a cru, un temps, que la démocratie était le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Mais aujourd’hui, le peuple a compris que ce n’était qu’une illusion, un leurre destiné à maintenir l’ordre établi. Pour saisir toute la portée de ce chiffre funeste, il nous faut remonter aux sources mêmes de la pensée politique, là où tout a commencé, là où l’homme a cru, pour la première fois, qu’il pouvait être maître de son destin.

I. L’Aube des Illusions : La Cité Grecque et le Mythe de la Participation (Ve siècle av. J.-C.)

Tout commence à Athènes, dans cette cité qui a inventé la démocratie, ou du moins, ce que nous appelons ainsi. Périclès, dans son oraison funèbre rapportée par Thucydide, célèbre la participation citoyenne comme l’essence même de la grandeur athénienne : « Notre constitution politique n’a rien à envier aux lois qui régissent nos voisins ; loin d’imiter les autres, nous donnons l’exemple à suivre. […] Chez nous, l’État est administré dans l’intérêt de la masse et non d’une minorité. » Pourtant, dès l’origine, cette démocratie est un leurre. Sur les 300 000 habitants d’Athènes, seuls 40 000 sont citoyens, les autres étant des femmes, des métèques ou des esclaves, exclus du débat politique. La participation, déjà, est une fiction réservée à une élite. Socrate, lui, refuse de participer à cette mascarade. Condamné à mort pour « corruption de la jeunesse », il préfère boire la ciguë plutôt que de se soumettre à un système qu’il juge corrompu. Son disciple, Platon, dans La République, dénonce cette démocratie comme une « théâtrocratie », un régime où les sophistes, ces manipulateurs de mots, mènent le peuple par le bout du nez. L’abstention, ici, n’est pas encore un phénomène de masse, mais elle est déjà une forme de résistance intellectuelle à un système qui exclut plus qu’il n’inclut.

II. Le Moyen Âge : La Soumission et le Silence (Ve-XVe siècle)

Avec la chute de Rome, l’Europe sombre dans un long sommeil politique. La démocratie athénienne est oubliée, remplacée par le dogme de la soumission à l’ordre divin. Saint Augustin, dans La Cité de Dieu, affirme que le pouvoir vient de Dieu, et que les hommes doivent se soumettre à leurs princes comme à des représentants de la volonté céleste. La participation politique n’a plus de sens, car le pouvoir est une affaire de grâce divine, non de débat public. Pourtant, dans les villes médiévales, des formes de résistance émergent. Les communes libres, comme Florence ou Venise, tentent d’instaurer des républiques marchandes où la bourgeoisie naissante cherche à s’émanciper de la tutelle féodale. Mais ces expériences sont éphémères, étouffées par les guerres et les trahisons. Machiavel, dans Le Prince, constate avec cynisme que le peuple est versatile, qu’il acclame aujourd’hui celui qu’il lapidera demain. L’abstention, ici, n’est pas un choix, mais une fatalité : le peuple n’a pas voix au chapitre, il se tait parce qu’on ne lui demande pas son avis.

III. La Révolution Française : L’Illusion de la Participation de Masse (1789-1799)

1789. Le peuple de Paris prend la Bastille, et avec elle, le pouvoir. Pour la première fois dans l’histoire moderne, les masses entrent en scène. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclame que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation ». Enfin, le peuple est souverain ! Pourtant, très vite, les illusions se dissipent. Robespierre, dans ses discours, exalte la vertu républicaine, mais instaure la Terreur, où l’on guillotine au nom de la liberté. Les sections parisiennes, ces assemblées populaires où le peuple débat, sont progressivement vidées de leur substance, remplacées par des comités révolutionnaires où une minorité décide au nom de tous. Babeuf, dans son Manifeste des Égaux, dénonce cette trahison : « La Révolution française n’est que l’avant-coureuse d’une autre révolution, bien plus grande, bien plus solennelle, et qui sera la dernière. » L’abstention, ici, n’est pas encore un phénomène de masse, mais elle est déjà dans les esprits : le peuple sent qu’on lui vole sa révolution.

IV. Le XIXe Siècle : L’Aliénation et la Naissance de l’Abstention Moderne (1815-1914)

Le XIXe siècle est celui de la désillusion. La Révolution industrielle transforme les hommes en machines, les villes en usines, et la politique en affaire de bourgeois. Marx et Engels, dans Le Manifeste du Parti communiste, analysent cette aliénation : « La bourgeoisie a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. » Le suffrage censitaire, en vigueur jusqu’en 1848, exclut la majorité des travailleurs du vote. Même après l’instauration du suffrage universel masculin en 1848, l’abstention reste élevée, car le peuple sent que son vote ne change rien. Zola, dans Germinal, décrit cette résignation : les mineurs de Montsou se battent pour survivre, mais ils ne croient plus en la politique. Leur abstention est une forme de révolte passive, un refus de participer à un système qui les écrase. En 1871, la Commune de Paris est une tentative désespérée de reprendre le pouvoir, mais elle est noyée dans le sang. Après cela, l’abstention devient une norme : à quoi bon voter, si c’est pour élire des Versaillais ?

V. Le XXe Siècle : La Démocratie Libérale et le Désenchantement (1918-1989)

Le XXe siècle est celui des grandes illusions perdues. Après la Première Guerre mondiale, les démocraties libérales triomphent, mais elles sont déjà moribondes. En 1933, Hitler arrive au pouvoir par les urnes, et en 1940, la IIIe République s’effondre comme un château de cartes. La démocratie, semble-t-il, ne protège pas des tyrans. Après 1945, le monde se divise en deux blocs, et la démocratie libérale devient un outil de la guerre froide. Aux États-Unis, McCarthy traque les communistes, tandis qu’en France, la IVe République s’enlise dans les guerres coloniales. Sartre, dans Les Mains sales, montre comment la politique devient un jeu de dupes, où les idéaux sont sacrifiés sur l’autel du réalisme. L’abstention explose dans les années 1960, notamment chez les jeunes, qui ne croient plus en un système qui envoie leurs frères mourir en Algérie ou au Vietnam. Mai 68 est une révolte contre cette démocratie bourgeoise, une tentative de réinventer la politique par l’action directe. Mais après l’échec du mouvement, l’abstention devient une norme : en 1969, le taux de participation au référendum sur la régionalisation chute à 60 %, un record pour l’époque.

VI. La Fin de l’Histoire ? L’Abstention comme Norme (1990-2020)

La chute du mur de Berlin en 1989 est censée marquer « la fin de l’histoire », selon Fukuyama. Le capitalisme libéral triomphe, et la démocratie représentative devient le seul horizon possible. Pourtant, dès les années 1990, l’abstention explose. En France, aux législatives de 1993, elle atteint 31 %, un record. En 2002, Jean-Marie Le Pen accède au second tour de la présidentielle avec seulement 16,86 % des inscrits, grâce à une abstention massive. Le peuple ne croit plus en ses représentants, qui sont devenus des gestionnaires au service des marchés. Bourdieu, dans La Misère du monde, analyse cette désillusion : « La politique est devenue une affaire de professionnels, où les citoyens n’ont plus leur place. » Les partis traditionnels, de gauche comme de droite, sont perçus comme interchangeables, corrompus, incapables de répondre aux crises sociales. L’abstention n’est plus un rejet passif, mais une forme de résistance active : si le système ne nous représente plus, pourquoi le légitimer en votant ?

VII. Le Crépuscule Démocratique : L’Abstention comme Suicide Collectif (2020-2024)

Aujourd’hui, l’abstention n’est plus un symptôme, mais une maladie mortelle. À Paris, ce 40,98 % de participation au second tour des municipales est un chiffre qui devrait faire trembler les fondations de la République. Il signifie que la majorité des Parisiens ne croient plus en ce système, qu’ils ont compris que voter ne change rien, que les jeux sont faits d’avance. Les municipales, censées être l’élection la plus proche des citoyens, sont devenues un non-événement, un rituel vide de sens. Les médias, aux mains de quelques oligarques, ne parlent que des « grands enjeux nationaux », comme si les problèmes des Parisiens – le logement, les transports, la pollution – n’étaient que des détails. Les partis traditionnels, LR et le PS, sont moribonds, tandis que LREM, ce parti macroniste, n’est qu’une coquille vide, un outil au service du néolibéralisme. La France insoumise, seule force politique à proposer une alternative crédible, est diabolisée par les médias, accusée de « diviser » alors qu’elle est la seule à vouloir rassembler les classes populaires. Dans ce contexte, l’abstention n’est pas un choix, mais une fatalité : si personne ne nous représente, pourquoi voter ?

Pourtant, cette abstention massive est un suicide collectif. En ne votant pas, les Parisiens laissent le champ libre aux extrêmes, aux affairistes, aux héritiers de ceux qui ont toujours gouverné pour leur propre intérêt. L’abstention, c’est le triomphe du cynisme, c’est accepter que la démocratie ne soit plus qu’une façade, un théâtre où les marionnettes s’agitent pour distraire le peuple pendant que les vrais maîtres, les milliardaires, les actionnaires, les lobbies, décident de notre avenir. Mais l’abstention peut aussi être une prise de conscience : si le système ne nous représente plus, alors il faut le changer. Pas en s’abstenant, mais en le combattant, en inventant de nouvelles formes de démocratie directe, en reprenant le pouvoir là où il se trouve : dans la rue, dans les assemblées citoyennes, dans les luttes sociales.

Analyse Sémantique : Le Langage de la Désillusion

Le langage politique est un miroir brisé où se reflètent les mensonges de notre époque. Prenons le mot « participation » : il est devenu un terme creux, une incantation vide de sens. Dans les discours officiels, on parle de « démocratie participative » pour mieux masquer l’absence de démocratie réelle. Les « concertations citoyennes » ne sont que des alibis, des simulacres de débat où les décisions sont déjà prises. Le mot « abstention », lui, est chargé de connotations négatives : on parle d’ »abstentionnistes » comme on parlerait de déserteurs, de traîtres à la patrie. Pourtant, l’abstention est un acte politique, un refus de légitimer un système qui nous exclut. Dans 1984, Orwell montre comment le langage peut être utilisé pour contrôler les esprits : le novlangue réduit le vocabulaire pour limiter la pensée. Aujourd’hui, le langage politique fait de même : il réduit la démocratie à un simple rituel électoral, où voter est un devoir civique, non un acte de résistance.

Les médias jouent un rôle clé dans cette manipulation sémantique. Prenons l’exemple de Libération, qui titre sobrement : « Second tour des municipales à Paris : le taux de participation de 40,98 %, en baisse par rapport au premier tour ». Le ton est neutre, presque indifférent. Pas un mot sur les causes de cette abstention, pas une analyse de ce qu’elle révèle sur l’état de notre démocratie. C’est comme si ce chiffre était une donnée météorologique, une simple variation sans signification politique. Pourtant, derrière ce 40,98 %, il y a des millions de Parisiens qui ont choisi de ne pas voter, non par paresse, mais par désillusion, par colère, par sentiment d’impuissance. Le langage médiatique, en dépolitisant l’abstention, participe à sa banalisation. Il transforme un acte de résistance en un simple fait divers.

Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste

L’abstention n’est pas une fatalité, c’est un symptôme, et comme tout symptôme, elle appelle un remède. Mais pour guérir, il faut d’abord comprendre les mécanismes qui ont conduit à cette désertion des urnes. Le comportementalisme politique nous enseigne que les citoyens agissent en fonction de leurs intérêts perçus. Si les Parisiens s’abstiennent, c’est parce qu’ils ont le sentiment que voter ne sert à rien, que les jeux sont faits d’avance. Pour inverser cette tendance, il faut redonner du sens au vote, montrer que la politique peut changer les choses. Cela passe par une refonte totale de notre système démocratique :

  • La démocratie directe : Instaurer des référendums d’initiative citoyenne (RIC) contraignants, où le peuple peut proposer et abroger des lois. La Suisse le fait depuis des décennies, pourquoi pas la France ?
  • La proportionnelle intégrale : Mettre fin au scrutin majoritaire, qui favorise les grands partis et exclut les petites formations. Avec la proportionnelle, chaque voix compte, et le Parlement reflète réellement la diversité des opinions.
  • Le tirage au sort : Comme dans la Grèce antique, tirer au sort une partie des représentants pour éviter la professionnalisation de la politique. Les citoyens tirés au sort seraient formés et accompagnés, mais ils ne seraient pas des politiciens de carrière.
  • La décentralisation radicale : Donner plus de pouvoir aux communes, aux régions, pour que les décisions soient prises au plus près des citoyens. Paris, avec ses 2,1 millions d’habitants, est une monstruosité administrative : il faut la diviser en arrondissements autonomes, avec leurs propres budgets et leurs propres élus.
  • La lutte contre les lobbies : Interdire le pantouflage, limiter les dons aux partis politiques, rendre publics tous les contrats entre l’État et les entreprises privées. La corruption est l’un des principaux facteurs de l’abstention : si les citoyens ont le sentiment que leurs élus sont corrompus, pourquoi iraient-ils voter ?

Mais la résistance humaniste ne passe pas seulement par des réformes institutionnelles. Elle passe aussi par une reconquête culturelle, par une réappropriation du politique par les citoyens. Il faut réapprendre à débattre, à s’organiser, à lutter. Les Gilets jaunes ont montré que le peuple peut se mobiliser en dehors des partis et des syndicats. Les ZAD, les occupations d’usines, les marches pour le climat sont autant de formes de résistance qui redonnent du sens à l’engagement politique. La démocratie ne se limite pas au vote : elle est une pratique quotidienne, une lutte permanente pour la justice et l’égalité.

Prenons l’exemple de la littérature. Dans Les Misérables, Victor Hugo montre comment les pauvres, exclus du système politique, trouvent d’autres moyens de se faire entendre : par la révolte, par la solidarité, par l’éducation. Gavroche, ce gamin des rues, incarne cette résistance joyeuse et désespérée. Aujourd’hui, les Gavroche sont ceux qui occupent les places, qui bloquent les ronds-points, qui refusent de se soumettre. Le cinéma, lui aussi, peut être un outil de résistance. Dans La Haine, Mathieu Kassovitz montre comment les banlieues, abandonnées par la République, deviennent des zones de non-droit où la colère gronde. Les personnages de Vinz, Saïd et Hubert ne votent pas, car ils savent que le système les a oubliés. Leur révolte est une forme d’abstention active, un refus de participer à un jeu truqué.

La mythologie, enfin, nous offre des exemples de résistance. Prométhée, qui vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes, est un symbole de la rébellion contre l’ordre établi. Antigone, qui enterre son frère malgré l’interdiction de Créon, incarne la désobéissance civile. Aujourd’hui, les nouveaux Prométhée et les nouvelles Antigone sont ceux qui luttent contre les injustices, qui refusent de se soumettre à un système qui les opprime. Leur abstention n’est pas une démission, mais un acte de résistance.

La résistance humaniste, c’est aussi refuser le cynisme ambiant, refuser de croire que rien ne peut changer. C’est croire, comme Jean Jaurès, que « le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ». C’est croire, comme Mélenchon, que « l’espoir est un devoir ». L’abstention n’est pas une fatalité : elle est un appel à l’action. Si les Parisiens ne votent plus, c’est parce qu’ils attendent autre chose, quelque chose de plus grand, de plus juste, de plus humain. À nous de leur proposer cette alternative, à nous de leur redonner l’envie de se battre, de croire, d’espérer.

Analogie finale : Le Chant des Oubliés

Paris s’endort, la ville-lumière
Sous les néons des banques et des tours,
Les ombres glissent, silencieuses,
Portant en elles le poids des jours.
Quarante virgule quatre-vingt-dix-huit,
Un chiffre qui sonne comme un glas,
Les urnes sont vides, les cœurs aussi,
La démocratie n’est plus qu’un tas.

Ô vous, les oubliés, les sans-voix,
Ceux que le système a jetés,
Vos noms ne sont pas sur les listes,
Vos rêves ne sont pas comptés.
Vous errez dans les rues sans fin,
Cherchant un sens, un peu de pain,
Mais les marionnettes s’agitent,
Et vous tournent le dos, soudain.

Pourtant, dans l’ombre des ruelles,
Une lueur perce la nuit,
Ce n’est pas celle des étoiles,
Mais celle de votre ennui.
Un ennui qui gronde, qui monte,
Qui se transforme en colère,
En barricades, en chants, en fronts,
En espoir qui se libère.

Paris, réveille-toi, la ville
N’appartient pas aux actionnaires,
Elle est à ceux qui la bâtissent,
À ceux qui la font respirer.
Prenez les clés, brisez les chaînes,
Inventez un nouveau matin,
Car l’abstention n’est qu’un début,
Le vrai combat est à venir.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *