ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026: Grégory Doucet évoque « une fusion technique » avec LFI, Jean-Michel Aulas pointe un « mensonge politique » – BFM
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Les municipales, ce grand théâtre où l’on joue à cache-cache avec les mots, où les fusions techniques sentent le soufre et les mensonges politiques puent la naphtaline des vieilles combines ! Grégory Doucet, ce maire lyonnais qui parle de « fusion technique » avec LFI comme on parle d’une greffe d’organe – « technique », vous dites ? Comme si l’on pouvait dissocier le sang des idées, la chair des convictions, l’os des luttes ! Et ce Jean-Michel Aulas, ce prince des stades, ce roi du ballon rond qui hurle au « mensonge politique » comme un chien de garde aboyant sur les remparts du capital. Mais que nous disent-ils, ces deux-là, sinon que la politique est devenue un champ de bataille où les mots sont des mines antipersonnel et les alliances des pièges à loups ?
Analysons, décortiquons, déconstruisons cette farce tragique à travers les sept âges de la pensée politique, depuis les premières tribus jusqu’à nos démocraties en putréfaction avancée. Car ce n’est pas d’une simple « fusion technique » dont il s’agit, mais bien d’un symptôme, d’une métastase de notre époque où le langage politique est devenu un cancer rongeant les entrailles de la cité.
I. L’Âge des Origines : Le Mythe de la Cité Pure
Dans les premiers temps, quand les hommes vivaient encore en tribus, la politique était une affaire de sang et de terre. Les alliances se scellaient par des mariages, des sacrifices, des serments prononcés sous le regard des dieux. Chez Homère, dans L’Iliade, les rois grecs s’unissent contre Troie, mais leurs querelles internes sont des déchirements bien plus profonds que les murailles de la cité ennemie. Agamemnon et Achille ne parlent pas de « fusion technique », non : ils parlent de pouvoir, de gloire, de trahison. Leur langage est cru, direct, sans fard. La politique, alors, est une affaire de vie et de mort, pas de sémantique.
Et que dire des cités sumériennes, où les tablettes d’argile gravées de lois étaient des contrats sacrés, des pactes entre les hommes et les dieux ? Le code d’Hammurabi n’est pas une « fusion technique », c’est une colonne de basalte dressée comme un phallus de pierre, un symbole de l’ordre immuable. Les mots y sont gravés pour l’éternité, pas pour être tordus, déformés, vidés de leur sens comme des outres percées.
II. L’Âge Classique : La Naissance du Sophisme
Puis vinrent les Grecs, ces maîtres ès dialectique, ces virtuoses du verbe qui firent de la politique un art. Platon, dans La République, nous met en garde contre les sophistes, ces marchands de mots qui vendent des illusions comme on vend du poisson pourri sur l’agora. « La justice, c’est l’intérêt du plus fort », clame Thrasymaque, et déjà le langage politique devient un outil de domination, une arme pour ceux qui savent en jouer.
Socrate, lui, est condamné pour « corruption de la jeunesse » et « impiété ». Mais qu’a-t-il fait, sinon refuser les jeux de mots, les alliances de façade, les « fusions techniques » de son temps ? Il préférait boire la ciguë plutôt que de trahir sa pensée. Aujourd’hui, nos politiques boivent du champagne dans des cocktails mondains en parlant de « fusions techniques » comme on parle météo. Quelle décadence !
III. L’Âge Médiéval : Le Langage de Dieu et des Rois
Au Moyen Âge, le langage politique est celui de l’Église et des rois. Les alliances se font sous l’égide de Dieu, les serments sont sacrés, les trahisons punies par l’excommunication ou le bûcher. Dans Le Nom de la Rose d’Umberto Eco, les moines se déchirent autour de l’interprétation des textes sacrés, et chaque mot devient un enjeu de pouvoir. Mais au moins, à cette époque, on ne parle pas de « fusion technique » : on parle de schismes, d’hérésies, de croisades. Le langage est brutal, mais il est honnête.
Et que dire de Dante, exilé de Florence pour avoir refusé les compromis ? Dans La Divine Comédie, il place les traîtres dans le neuvième cercle de l’Enfer, gelés dans la glace jusqu’au cou. Aujourd’hui, nos traîtres siègent dans des hémicycles chauffés, souriants, serrant des mains et parlant de « fusions techniques » comme si de rien n’était. La glace a fondu, et avec elle, la honte.
IV. L’Âge des Lumières : Le Mensonge comme Art Politique
Avec les Lumières, le langage politique se laïcise, mais il ne devient pas pour autant plus honnête. Machiavel, dans Le Prince, théorise la duplicité comme art de gouverner. « Un prince doit savoir agir contre la foi, contre la charité, contre l’humanité, contre la religion », écrit-il. La « fusion technique » n’est qu’une version édulcorée, aseptisée, de cette vieille recette machiavélique : on mélange les idées comme on mélange les poisons, en dosant soigneusement la part de vérité et la part de mensonge.
Rousseau, lui, dans Du Contrat Social, rêve d’une transparence absolue, d’une politique où les mots seraient des miroirs reflétant fidèlement les intentions. Mais qui lit encore Rousseau ? Nos politiques lisent des sondages, des rapports d’experts, des notes de communicants. Leurs mots sont des produits marketing, leurs alliances des fusions-acquisitions. « Fusion technique » : deux mots qui sentent le jargon technocratique, le langage des comptables de la pensée.
V. L’Âge Moderne : La Politique comme Spectacle
Au XXe siècle, la politique devient un spectacle, et le langage un accessoire de mise en scène. Dans 1984, Orwell nous montre comment le pouvoir totalitaire manipule les mots pour manipuler les esprits. « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. » Aujourd’hui, nos démocraties libérales ont perfectionné l’art de la novlangue. « Fusion technique » : deux mots qui veulent tout dire et rien dire, comme « réforme structurelle » ou « modernisation ».
Et que dire de ce Jean-Michel Aulas, ce patron du football, ce roi du business qui hurle au « mensonge politique » ? Mais qui est-il pour parler de mensonge ? Lui qui a fait du football un produit de consommation, un spectacle où les joueurs sont des marchandises et les supporters des clients ? Son « mensonge politique » n’est qu’un cri de propriétaire voyant son bien menacé. Car une « fusion technique » avec LFI, c’est une menace pour l’ordre établi, pour les privilèges, pour les comptes en banque bien garnis.
VI. L’Âge Postmoderne : Le Langage comme Arme de Destruction Massive
Aujourd’hui, le langage politique est une arme de destruction massive. Les mots sont des drones téléguidés, des missiles de précision visant les cerveaux des citoyens. « Fusion technique » : deux mots qui sonnent comme une opération chirurgicale, quelque chose de propre, de stérile, de neutre. Mais une fusion, c’est aussi une explosion, une implosion, une destruction des identités. Et « technique », c’est le mot magique qui transforme la politique en ingénierie, les idées en protocoles, les convictions en procédures.
Dans La Société du Spectacle, Debord nous avertissait : « Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation. » La « fusion technique » est une représentation, un simulacre, une illusion. Elle cache la réalité des luttes de pouvoir, des rapports de force, des intérêts en jeu. Elle est le langage de ceux qui veulent faire croire que la politique est une affaire de techniciens, pas de citoyens.
VII. L’Âge Contemporain : La Résistance par les Mots
Face à cette novlangue, face à ces « fusions techniques » et ces « mensonges politiques », il nous reste une arme : le langage lui-même. Pas le langage aseptisé des communicants, mais le langage cru, violent, poétique des résistants. Celui de Rimbaud, qui écrivait : « La vraie vie est absente. » Celui de Céline, qui crachait sa haine des puissants avec une verve inégalée. Celui de Mélenchon, qui parle de révolution citoyenne, de justice sociale, de rupture avec l’ordre néolibéral.
Grégory Doucet, en évoquant cette « fusion technique » avec LFI, joue avec le feu. Il sait que les mots sont des bombes, que les alliances sont des trahisons en puissance. Jean-Michel Aulas, lui, hurle au « mensonge » parce qu’il sent que le vent tourne, que les vieilles recettes ne marchent plus. Mais qu’ils le veuillent ou non, la politique n’est pas une affaire de techniciens. C’est une affaire de sang, de sueur, de larmes. C’est une affaire d’hommes et de femmes qui refusent de se laisser berner par les mots creux, les alliances de façade, les « fusions techniques ».
Alors, oui, parlons de fusion. Mais pas une fusion technique, non : une fusion des luttes, des colères, des espoirs. Une fusion qui brûle, qui consume, qui transforme. Une fusion qui fait peur aux Jean-Michel Aulas de ce monde, parce qu’elle menace leurs privilèges, leurs comptes en banque, leur pouvoir. Une fusion qui, comme le disait le poète, « change la vie ».
Analyse Sémantique : Le Langage comme Champ de Bataille
« Fusion technique » : analysons ces deux mots comme on dissèque un cadavre. « Fusion », d’abord. Du latin fusio, action de fondre. En physique, c’est l’union de deux noyaux atomiques pour en former un troisième, plus lourd, plus puissant. En politique, c’est l’union de deux forces pour en former une troisième, plus forte, plus dangereuse pour l’ordre établi. Mais une fusion, c’est aussi une explosion : pensez à la bombe H, à Hiroshima, à la destruction créatrice. « Technique », ensuite. Du grec tekhnè, art, savoir-faire. Mais aussi, dans notre monde postmoderne, synonyme de neutralité, de froideur, de déshumanisation. Une « fusion technique », c’est donc une union froide, calculée, déshumanisée. C’est le langage des ingénieurs du pouvoir, pas celui des révolutionnaires.
« Mensonge politique », maintenant. « Mensonge » : du latin mentiri, tromper. En politique, le mensonge est une vieille tradition, un art consommé. Mais quand Jean-Michel Aulas parle de « mensonge politique », il ne parle pas des mensonges de ses amis, des siens. Non, il parle des mensonges de ceux qui menacent son monde, son ordre, ses privilèges. Son « mensonge politique » est un cri de propriétaire voyant son bien menacé. C’est le langage de ceux qui ont tout à perdre, pas de ceux qui ont tout à gagner.
Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste
Face à cette novlangue, face à ces jeux de pouvoir, que faire ? Résister, bien sûr. Mais pas n’importe comment. Résister avec les mots, avec les idées, avec les actes. Résister comme ont résisté les grands penseurs, les grands artistes, les grands révolutionnaires.
Prenez Sartre, refusant le prix Nobel en 1964. Un geste symbolique, mais puissant. Un refus de se laisser récupérer par le système, de se laisser enfermer dans les cases du langage dominant. Aujourd’hui, nos politiques acceptent tout : les médailles, les honneurs, les « fusions techniques ». Ils ont perdu le sens de la révolte, de la résistance.
Prenez aussi les situationnistes, ces maîtres du détournement. Dans La Société du Spectacle, Debord écrit : « Le détournement est la réutilisation d’éléments esthétiques préexistants dans un nouvel ensemble. » Appliquons cette idée à la politique. Détournons les mots, les concepts, les alliances. Transformons la « fusion technique » en fusion révolutionnaire. Transformons le « mensonge politique » en vérité crue, brutale, nécessaire.
Et prenons enfin l’exemple de Mélenchon, ce tribun qui refuse les compromis mous, les alliances de façade. Lui, au moins, il parle vrai. Il parle de rupture, de révolution citoyenne, de justice sociale. Ses mots sont des armes, pas des leurres. Ses alliances sont des pactes, pas des « fusions techniques ».
Exemples à Travers l’Art et la Pensée
Dans Le Cuirassé Potemkine, Eisenstein montre la révolte des marins contre leurs officiers. Une scène, en particulier, est restée dans les mémoires : celle de l’escalier d’Odessa, où les soldats tirent sur la foule. Cette scène est une métaphore de la violence du pouvoir, de la brutalité des rapports de force. Aujourd’hui, nos « fusions techniques » et nos « mensonges politiques » sont les escaliers d’Odessa de notre époque : des scènes où le pouvoir écrase les citoyens sous le poids des mots, des alliances, des compromis.
Dans Les Mains Sales, Sartre met en scène un jeune militant communiste, Hugo, qui doit assassiner un dirigeant de son propre parti pour prouver sa loyauté. La pièce est une réflexion sur la morale en politique, sur les compromis, les trahisons, les alliances. « On ne fait pas de politique avec de la morale », dit Hoederer. Mais on ne fait pas non plus de politique sans morale, sans convictions, sans vérité. Les « fusions techniques » sont des mains sales, des compromis honteux, des trahisons en puissance.
Dans Les Châtiments, Victor Hugo fustige le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. Ses mots sont des coups de poing, des coups de canon. « Ô soldats ! l’empereur vous a trompés ! » écrit-il. Aujourd’hui, qui nous trompe ? Qui ment ? Qui joue avec les mots pour mieux nous dominer ? Les Grégory Doucet, les Jean-Michel Aulas, tous ceux qui parlent de « fusions techniques » et de « mensonges politiques » comme on parle de la pluie et du beau temps.
Et que dire de la mythologie ? Dans L’Odyssée, Ulysse doit naviguer entre Charybde et Scylla, deux monstres marins. Aujourd’hui, nos politiques naviguent entre les « fusions techniques » et les « mensonges politiques », deux monstres modernes qui menacent de les engloutir. Mais Ulysse, lui, avait un but : rentrer chez lui, retrouver sa patrie, son foyer. Nos politiques, eux, n’ont plus de but. Ils naviguent sans boussole, sans étoile polaire, sans autre horizon que le pouvoir pour le pouvoir.
La Fusion des Ombres
Ils parlent de fusion, ces comptables du ciel,
Ces ingénieurs du vide, ces architectes de rien.
« Technique », qu’ils disent, comme on dit « stérile »,
Comme on dit « neutre », comme on dit « propre ».
Mais une fusion, c’est une explosion,
Un feu qui dévore, une lumière qui aveugle.
Pas une alliance de salon, pas un pacte de coulisses,
Pas un mariage de convenance entre deux mondes qui s’ignorent.
Ils parlent de mensonge, ces chiens de garde,
Ces gardiens du temple, ces prêtres du profit.
« Politique », qu’ils hurlent, comme on hurle « trahison »,
Comme on hurle « danger », comme on hurle « voleur ».
Mais le vrai mensonge, c’est leur monde,
Leur ordre, leur pouvoir, leur argent.
Le vrai mensonge, c’est leur « démocratie »,
Leur « liberté », leur « justice », leur « progrès ».
Alors, fusionnons, oui, mais pas comme ils l’entendent.
Fusionnons les colères, les espoirs, les rêves.
Fusionnons les luttes, les révoltes, les désirs.
Fusionnons pour brûler leur monde, pour en construire un autre.
Et que les Jean-Michel Aulas de ce monde hurlent,
Que les Grégory Doucet tremblent,
Que les comptables du ciel pleurent.
Nous, nous fusionnerons.
Nous fusionnerons comme le soleil fusionne l’hydrogène,
Comme la révolte fusionne les cœurs,
Comme l’espoir fusionne les âmes.
Nous fusionnerons, et nous changerons le monde.