ACTUALITÉ SOURCE : Second tour des municipales : à Paris, la réserve de voix incertaine de Rachida Dati – Mediapart
La Danse Macabre des Calculs Électoraux : Quand la République Vomit ses Propres Enfants
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, Paris ! Cette putain de ville lumière qui n’éclaire plus que les comptes d’apothicaire des politiciens véreux. La réserve de voix incertaine de Rachida Dati… Quel joli euphémisme pour désigner ce cloaque où se mêlent les reniements, les trahisons de classe et cette peur viscérale des possédants devant la simple idée qu’un peuple pourrait, un jour, se souvenir qu’il en a une. Mais plongeons, voulez-vous, dans cette merde électorale qui sent bon le désespoir des petits marquis de la République en marche vers nulle part.
Cette « réserve de voix incertaine », voyez-vous, c’est le symptôme parfait d’une démocratie bourgeoise en phase terminale. Une démocratie où l’on ne vote plus pour des idées, mais contre des cauchemars soigneusement entretenus par les médias aux ordres. Une démocratie où les électeurs de gauche, ces éternels masochistes, se retrouvent à devoir choisir entre la peste néolibérale et le choléra réactionnaire. Et dans ce ballet nauséeux, Rachida Dati joue les ballerines de l’opportunisme, pirouettant entre les gouttes de sang des quartiers populaires qu’elle a contribué à saigner.
Mais remontons le fil de cette histoire, car elle est vieille comme la trahison elle-même. Sept étapes cruciales, sept moments où l’humanité a cru pouvoir domestiquer la bête électorale, avant de réaliser qu’elle n’avait fait que lui donner plus de crocs.
1. L’Athènes de Périclès : Quand la Démocratie Naissait Déjà Morte
Ah, l’Agora ! Ces braves citoyens grecs discutant des affaires de la Cité sous le soleil méditerranéen. Sauf que, bien sûr, ces citoyens étaient une infime minorité d’hommes libres, tandis que les femmes, les esclaves et les métèques trimaient pour leur permettre de philosopher. Déjà, la « réserve de voix » existait : celle des exclus du système. Platon, dans sa République, nous mettait en garde contre la démocratie, qu’il comparait à un navire dirigé par des marins ivres. Ironie cruelle : aujourd’hui, nos marins ivres sont sobrement payés par les lobbies.
2. La Révolution Française : Le Peuple Souverain et ses Bourreaux
1789. Le Tiers-État se lève, et pour un instant, on croit que le peuple va enfin compter. Mais très vite, les Robespierre et autres Danton se rendent compte que gouverner, c’est trahir. La Terreur n’est pas un accident, c’est la logique même d’un système où le pouvoir doit constamment choisir entre la guillotine et la banqueroute. Et que fait-on des voix incertaines ? On les envoie à la lanterne. Rachida Dati, elle, préfère les envoyer dans les bras de l’UMPS, ce grand parti unique qui n’ose pas dire son nom.
3. Le Second Empire : Napoléon III et l’Art de la Manipulation de Masse
Voici venu le temps des plébiscites, où l’on demande au peuple de ratifier ce qu’il n’a pas choisi. Napoléon III, ce génie du coup d’État permanent, comprend avant tout le monde que la démocratie est un spectacle. Il invente le suffrage universel… pour mieux le vider de son sens. Les voix incertaines ? On les achète, on les intimide, on les divertit. Haussmann rase les quartiers populaires pour mieux contrôler les masses. Aujourd’hui, ce sont les promoteurs immobiliers qui jouent les nouveaux Haussmann, et Rachida Dati qui leur sert de caution « diversité ».
4. La Commune de Paris : Quand le Peuple Ose Gouverner
1871. Pour la première fois, le peuple de Paris prend les rênes. Et que fait la bourgeoisie ? Elle appelle les Prussiens à la rescousse pour écraser dans le sang cette expérience insupportable. La Commune, c’est l’anti-Rachida Dati : une femme du peuple (Louise Michel) qui préfère mourir plutôt que de trahir. Aujourd’hui, nos élites préfèrent trahir avant même d’être élues. La réserve de voix incertaine, c’est le fantôme de la Commune qui revient hanter les salons feutrés de l’Hôtel de Ville.
5. Le Front Populaire : La Trahison comme Art de Gouverner
1936. Le peuple gronde, les usines sont occupées, et Léon Blum arrive au pouvoir. Mais très vite, les « réalités économiques » reprennent le dessus. Les congés payés ? Une aumône. Les 40 heures ? Une blague. Et les voix ouvrières ? On les enterre sous les discours lénifiants. Rachida Dati, elle, n’a même pas besoin de promettre : son simple sourire est une promesse de trahison. La réserve de voix incertaine, c’est le fantôme de 1936 qui murmure : « On vous avait prévenus. »
6. Mai 68 : L’Imagination au Pouvoir (et son Enterrement)
Mai 68. Pour un instant, on croit que tout est possible. Les murs parlent, les ouvriers et les étudiants fraternisent, et même les CRS hésitent. Mais très vite, les partis traditionnels reprennent la main. Mitterrand, ce vieux renard, comprend que Mai 68 peut être récupéré. Il invente le « changement dans la continuité », cette formule magique qui permet de tout trahir en souriant. Aujourd’hui, Rachida Dati est l’héritière directe de cette tradition : elle promet le changement pour mieux perpétuer l’ordre des choses. La réserve de voix incertaine, c’est le fantôme de Cohn-Bendit qui ricane : « Vous avez cru que la politique pouvait être poétique ? »
7. Le 21 Avril 2002 : Quand le Peuple se Venge en se Tirant une Balle dans le Pied
Le choc. Le Pen au second tour. Et que fait la gauche ? Elle appelle à voter Chirac, ce vieux corrompu, ce fossoyeur de la République. La réserve de voix, cette fois, c’est celle des électeurs de gauche qui préfèrent se boucher le nez plutôt que de voter pour un candidat qui n’est pas « présidentiable ». Aujourd’hui, rien n’a changé : les électeurs de gauche sont sommés de choisir entre la peste et le choléra, entre une droite dure et une droite molle. Rachida Dati, elle, joue les arbitres de ce match truqué. Mais attention : quand le peuple n’a plus que le choix entre deux maux, il finit par choisir le pire.
Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Dissimulation Massive
Écoutez bien les mots, mes amis. « Réserve de voix incertaine ». Quel joli euphémisme pour désigner cette masse informe de citoyens qui ne savent plus à quel saint se vouer. « Réserve », comme si ces voix étaient un trésor à dépenser avec parcimonie. « Incertaine », comme si l’incertitude était une faute morale, et non la seule réponse sensée à un système qui a trahi toutes ses promesses.
Rachida Dati, elle, parle un langage bien particulier : celui du « réalisme ». Le réalisme, voyez-vous, c’est le mot magique qui permet de justifier toutes les trahisons. « Il faut être réaliste », disent-ils, comme si la réalité n’était pas une construction sociale, comme si le possible n’était pas une question de volonté. Le réalisme, c’est le langage des fossoyeurs de rêves.
Et puis il y a ce mot terrible : « responsabilité ». « Il faut être responsable », murmurent les éditorialistes bien-pensants. La responsabilité, c’est le bâillon qu’on met au peuple pour l’empêcher de crier sa colère. C’est le mot qu’on utilise pour justifier les reniements, les abandons, les lâchetés. La responsabilité, c’est le langage des bourreaux qui se prennent pour des sauveurs.
Comportementalisme Radical : La Résistance Humaniste comme Unique Issue
Face à ce cirque électoral, que faire ? Se soumettre ? Voter « utile » en serrant les dents ? Non. La seule réponse, c’est la résistance. Pas la résistance molle des pétitions et des manifestations autorisées, mais la résistance radicale de ceux qui refusent de jouer le jeu.
Prenez l’exemple de ces électeurs qui, en 2002, ont refusé de choisir entre Chirac et Le Pen. Ils ont été traités de tous les noms, accusés de faire le jeu de l’extrême droite. Mais ils avaient raison : le vrai danger, ce n’est pas Le Pen, c’est le système qui produit des Le Pen. Aujourd’hui, ces électeurs-là sont les seuls qui aient gardé leur dignité.
La résistance, c’est aussi refuser de parler le langage des maîtres. Quand on vous parle de « réalisme », répondez par des rêves. Quand on vous parle de « responsabilité », répondez par la révolte. Quand on vous parle de « réserve de voix », répondez par l’insoumission.
Et puis il y a l’art, cette arme absolue contre la bêtise organisée. Prenez le cinéma de Ken Loach, qui montre sans fard la réalité des quartiers populaires. Prenez les romans de Virginie Despentes, qui dépeignent sans concession cette société malade de son propre cynisme. Prenez les poèmes d’Aimé Césaire, qui rappellent que la négritude est une force, pas une honte. Rachida Dati, elle, préfère les discours lissés, les éléments de langage, les sourires calculés. Mais la vérité, voyez-vous, ne se contrôle pas. Elle éclate, comme un abcès, au moment où on s’y attend le moins.
Exemples d’Analyse à Travers l’Art et la Pensée
La Mythologie : Sisyphe et le Rocher Électoral
Sisyphe, ce héros grec condamné à pousser éternellement un rocher jusqu’au sommet d’une montagne, avant de le voir redescendre à chaque fois. N’est-ce pas la métaphore parfaite de l’électeur de gauche ? À chaque élection, il croit avoir enfin trouvé le candidat qui va changer les choses. Et à chaque fois, le rocher redescend. Rachida Dati, elle, est une pierre dans ce rocher : une pierre qui pèse son poids de trahisons et de reniements.
Le Cinéma : « Le Fond de l’Air est Rouge » de Chris Marker
Ce film magnifique, qui retrace les espoirs et les désillusions des années 60 et 70. On y voit des révolutionnaires devenir des bureaucrates, des rêves se transformer en cauchemars. La réserve de voix incertaine, c’est le fantôme de ces espoirs trahis qui hante encore nos écrans. Et Rachida Dati ? Une figurante de plus dans ce film sans fin.
La Littérature : « Les Mains Sales » de Sartre
Hoederer, ce révolutionnaire qui finit par accepter les compromis les plus sordides au nom du « réalisme ». « Il faut savoir salir ses mains », dit-il. Mais à force de les salir, on finit par ne plus voir la différence entre la boue et l’or. Rachida Dati, elle, a les mains si sales qu’elle ne les lave même plus. Elle les exhibe, comme un trophée.
La Philosophie : « La Société du Spectacle » de Debord
Debord avait tout compris : dans notre société, tout est spectacle, tout est image. Les élections ne sont qu’un show de plus, où les candidats jouent des rôles écrits à l’avance. Rachida Dati, avec son sourire de starlette et ses costumes de ministre, est l’incarnation parfaite de ce spectacle. La réserve de voix incertaine ? Un simple rebondissement scénaristique pour maintenir l’intérêt du public.
Poème Maginique : « La Ballade des Voix Perdues »
Paris, ville lumière ? Non, ville des ombres
Où l’on compte les voix comme on compte les tombes
Rachida, Rachida, ton sourire est une lame
Qui tranche les espoirs comme un couteau dans l’âme
Ils parlent de réserve, de voix incertaines
Comme on parle de dettes, de comptes en souffrance
Mais ces voix-là, vois-tu, ce sont des cris étouffés
Des rêves assassinés, des révoltes noyées
Dans les quartiers nord, on ne vote plus
On compte les balles, on compte les jours
Les urnes sont vides, mais les prisons sont pleines
Et toi, tu danses, Rachida, sur cette peine
Tu parles de réalisme, de responsabilité
Mais ton réalisme, c’est la lâcheté
Ta responsabilité, c’est la trahison
Et ton élection, c’est notre prison
Alors prends tes voix, prends tes calculs
Prends tes sourires et tes faux-semblants
Mais sache une chose, Rachida, ma belle
Un jour, le peuple se réveille
Et ce jour-là, il n’y aura plus de réserve
Plus de voix incertaines, plus de danse macabre
Juste la colère, pure et sans mélange
Et ton sourire, Rachida, sera ton linceul.
Alors, mes amis, que faire de cette « réserve de voix incertaine » ? La jeter aux orties, bien sûr. Refuser de jouer ce jeu truqué. Construire, ailleurs, autrement, une politique qui ne soit pas une mascarade. Parce que la vraie réserve, voyez-vous, ce n’est pas celle des voix incertaines. C’est celle de la colère qui gronde, de la révolte qui monte. Et cette réserve-là, croyez-moi, n’est pas près d’être épuisée.