ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026. À Montbéliard, l’installation du maire vire à la foire d’empoigne – L’Est Républicain
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, Montbéliard ! Ce nom sonne comme un glas dans la nuit néolibérale, une cloche fêlée qui résonne entre les usines désaffectées de Peugeot et les centres commerciaux aseptisés où l’on vend du rêve en plastique à crédit. L’installation du maire, dites-vous ? Non, non, non… Ce n’est pas une installation, c’est une désinstallation – la démocratie qu’on démonte pièce par pièce, comme une vieille machine-outil rouillée, sous les huées d’une meute de hyènes en costard cravate. Une « foire d’empoigne », écrit pudiquement L’Est Républicain. Pudiquement ? Mensongèrement ! C’est un charnier, une boucherie politique où l’on égorge les derniers lambeaux d’idéal républicain sous les applaudissements des actionnaires de la CAC 40.
Mais trêve de pathos facile. Ce qui se joue à Montbéliard, ce n’est pas l’anecdote locale d’une ville moyenne de Franche-Comté, c’est le symptôme d’une maladie bien plus profonde : la fin de l’illusion démocratique sous le joug du capitalisme financier. Et pour comprendre cela, il faut remonter aux sources mêmes de la pensée politique, là où l’homme a cru, un temps, pouvoir dompter la bête immonde du pouvoir.
I. Les Sept Chutes de la Cité : Une Archéologie de la Démocratie en Décomposition
1. Athènes, -508 : L’Invention du Cirque (Clisthène et le Spectacle du Peuple)
Ah, Athènes ! La démocratie naissante, l’agora où Socrate buvait la ciguë en discutant de la vertu. Mais déjà, dans cette cité où le citoyen était roi, la politique était un théâtre. Clisthène, ce génie de la manipulation, invente le dème, cette circonscription qui divise le peuple pour mieux régner. Les citoyens votent, certes, mais entre deux représentations des Nuées d’Aristophane, où l’on se moque des démagogues. Déjà, la politique est un spectacle, un jeu où les acteurs changent, mais où la pièce reste la même : diviser pour mieux piller. À Montbéliard, en 2026, on joue la même comédie, mais sans les masques : les élus se battent comme des chiens pour des os en plastique, tandis que les vrais maîtres – les actionnaires, les banques – regardent le spectacle depuis leurs tours de verre.
2. Rome, -44 : César et la Farce du Pouvoir (Cicéron et le Langage Empoisonné)
Cicéron, ce grandiloquent, ce rhéteur de génie, comprend trop tard que les mots sont des armes. Quand César franchit le Rubicon, ce n’est pas seulement un général qui marche sur Rome, c’est le langage lui-même qui se retourne contre la République. Les discours de Cicéron, ces chefs-d’œuvre d’éloquence, ne sont plus que des cris dans le vide. À Montbéliard, les mots aussi sont vides : « démocratie », « service public », « intérêt général »… Des coquilles creuses que l’on agite comme des drapeaux avant de les jeter au feu. Les élus se battent pour des postes, pas pour des idées. Comme à Rome, le pouvoir n’est plus qu’un jeu de dupes où les plus cyniques gagnent.
3. Florence, 1494 : Savonarole et le Fanatisme comme Politique (Machiavel et le Prince Désenchanté)
Savonarole, ce moine fou qui brûle les vanités sur la place publique, incarne la politique comme purification. Mais Machiavel, lui, voit clair : le pouvoir n’est pas une question de morale, mais de force. À Florence, comme à Montbéliard, les élus se déchirent entre ceux qui veulent « nettoyer » la ville (les puritains) et ceux qui veulent la vendre au plus offrant (les affairistes). La démocratie locale devient un champ de bataille où les uns prêchent la vertu tandis que les autres comptent les billets. Machiavel, dans Le Prince, nous avait prévenus : les hommes sont si simples, et si soumis aux nécessités présentes, que celui qui trompe trouvera toujours quelqu’un qui se laissera tromper. À Montbéliard, les trompeurs sont légion, et les trompés aussi.
4. Paris, 1789 : La Guillotine et le Marché du Sang (Robespierre et la Terreur comme Spectacle)
La Révolution française ! L’espoir, la fraternité, la Déclaration des droits de l’homme… Et puis la Terreur. Robespierre, ce petit avocat de province, comprend trop tard que la révolution dévore ses enfants. Mais ce qu’il ne comprend pas, c’est que la Terreur n’est pas une dérive, c’est la logique même du pouvoir. À Montbéliard, en 2026, on ne guillotine pas (encore), mais on lynche symboliquement : les réseaux sociaux, les journaux locaux, les réunions publiques deviennent des arènes où l’on égorge les réputations. La démocratie n’est plus qu’un combat de gladiateurs où le public hue ou applaudit, selon l’humeur du jour. Comme en 1793, le peuple croit choisir, mais il ne fait que désigner la prochaine victime.
5. Berlin, 1933 : Hitler et la Démocratie comme Suicide (Carl Schmitt et la Théologie Politique)
Carl Schmitt, ce juriste maudit, a tout compris : la souveraineté, c’est le pouvoir de décider de l’état d’exception. En 1933, Hitler arrive au pouvoir par les urnes, puis suspend la démocratie. À Montbéliard, en 2026, on n’en est pas là (pas encore), mais le mécanisme est le même : la démocratie locale est vidée de sa substance, transformée en machine à produire du consentement. Les élus ne gouvernent plus, ils gèrent. Ils gèrent les budgets, les subventions, les contrats… Et pendant ce temps, les vrais décideurs – les multinationales, les banques – tirent les ficelles en coulisses. Schmitt aurait souri : à Montbéliard, comme à Berlin en 1933, le souverain, c’est celui qui décide de l’état d’urgence économique.
6. Washington, 1981 : Reagan et la Démocratie comme Marché (Milton Friedman et le Néolibéralisme comme Religion)
1981 : Reagan arrive au pouvoir, et avec lui, le néolibéralisme. Milton Friedman, ce gourou de l’économie, théorise ce que Thatcher résumera plus tard : there is no alternative. La démocratie n’est plus qu’un marché, les citoyens des consommateurs, et les élus des commerciaux. À Montbéliard, en 2026, c’est la même logique : la ville n’est plus un territoire, mais un produit. On la vend aux investisseurs, on la brade aux promoteurs immobiliers, on la loue aux touristes. Les élus ne sont plus des représentants du peuple, mais des chefs d’entreprise. Leur seul objectif : faire des profits. Peu importe si la population crève, du moment que les actionnaires sont contents.
7. Montbéliard, 2026 : La Démocratie comme Charnier (La Foire d’Empoigne et le Triomphe du Cynisme)
Et nous voilà donc à Montbéliard, en 2026, où l’installation du maire vire à la foire d’empoigne. Mais attention : cette « foire » n’est pas une exception, c’est la règle. Partout en France, partout en Europe, la démocratie locale est en train de mourir, étouffée par le néolibéralisme, asphyxiée par le cynisme. Les élus se battent pour des miettes, tandis que les vrais maîtres – les actionnaires, les banques, les multinationales – regardent le spectacle en riant. À Montbéliard, comme ailleurs, la politique n’est plus qu’un jeu de dupes, une comédie macabre où les acteurs croient encore jouer leur rôle, alors qu’ils ne sont plus que des marionnettes.
II. Sémantique de la Décomposition : Quand les Mots Meurent
Analysons maintenant le langage. Car c’est là que tout se joue. Les mots ne sont pas innocents : ils sont les vecteurs du pouvoir, les instruments de la domination. À Montbéliard, comme ailleurs, le langage politique est en train de pourrir.
1. « Démocratie » : Un mot vidé de sa substance. À Athènes, la démocratie était le pouvoir du peuple. Aujourd’hui, c’est le pouvoir des actionnaires. Les élus parlent de « démocratie participative », mais ce ne sont que des mots creux, des slogans pour endormir les masses. La démocratie, à Montbéliard, c’est comme la viande en supermarché : sous cellophane, sans goût, et pleine d’antibiotiques.
2. « Service public » : Une expression qui sent le moisi. Autrefois, le service public était une fierté, un symbole de la République. Aujourd’hui, c’est une charge, un fardeau que l’on brade au privé. Les hôpitaux, les écoles, les transports… Tout est à vendre. À Montbéliard, les élus parlent de « modernisation », mais ce n’est qu’un euphémisme pour dire « privatisation ». Le service public n’est plus un droit, mais un luxe pour ceux qui peuvent se le payer.
3. « Intérêt général » : Une notion qui fait rire les banquiers. L’intérêt général ? Mais c’est une blague ! Aujourd’hui, l’intérêt général, c’est l’intérêt des actionnaires. Les élus parlent de « projet de territoire », mais ce ne sont que des mots pour masquer la vérité : la ville est un produit, le territoire un marché, et les habitants des clients. À Montbéliard, comme ailleurs, l’intérêt général a été remplacé par l’intérêt des lobbies.
III. Comportementalisme Radical : La Résistance ou la Mort
Face à cette décomposition, que faire ? Se soumettre ? Jamais. La résistance est possible, mais elle doit être radicale. Pas une résistance molle, tiède, réformiste – non, une résistance totale, une résistance qui attaque le système en son cœur.
1. Désobéir : Les lois ne sont pas sacrées. Elles sont faites par les puissants, pour les puissants. À Montbéliard, comme ailleurs, il faut désobéir : aux arrêtés municipaux injustes, aux lois scélérates, aux décrets liberticides. La désobéissance civile n’est pas un crime, c’est un devoir.
2. Réinventer la démocratie : La démocratie représentative est morte. Vive la démocratie directe ! À Montbéliard, il faut exiger des assemblées citoyennes, des référendums d’initiative populaire, des budgets participatifs. Il faut que le peuple reprenne le pouvoir, sans intermédiaires, sans élus corrompus, sans partis politiques vérolés.
3. Saboter le système : Le capitalisme ne tombera pas tout seul. Il faut l’attaquer là où ça fait mal : dans les banques, dans les multinationales, dans les conseils d’administration. À Montbéliard, comme ailleurs, il faut saboter : les réunions des actionnaires, les chantiers des promoteurs immobiliers, les campagnes de communication des élus corrompus. Le sabotage n’est pas un crime, c’est un acte de résistance.
IV. L’Art comme Arme : Mythes, Cinéma et Littérature contre l’Empoigne
Mais la résistance ne passe pas seulement par l’action. Elle passe aussi par l’art, par la culture, par la poésie. Car l’art est une arme, une arme contre l’oubli, contre la résignation, contre la barbarie.
1. La Mythologie : Prométhée contre les Dieux du Capital
Prométhée, ce titan qui vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes, est le premier révolutionnaire. Aujourd’hui, à Montbéliard, il faut être prométhéen : voler le feu de la connaissance aux puissants, le donner au peuple. Les dieux du capital – les actionnaires, les banquiers, les élus corrompus – veulent garder le feu pour eux. Il faut le leur prendre.
2. Le Cinéma : « La Haine » et la Révolte des Banlieues
Kassovitz, dans La Haine, montre la colère des banlieues, la rage des oubliés. À Montbéliard, cette colère existe aussi, même si elle est moins visible. Il faut la canaliser, la transformer en force politique. La révolte n’est pas un crime, c’est un droit. Et si les urnes ne servent à rien, alors il faut descendre dans la rue, casser les vitrines, brûler les symboles du pouvoir.
3. La Littérature : Céline et la Langue comme Arme
Céline, ce génie maudit, a compris une chose : la langue peut être une arme. Dans Bagatelles pour un massacre, il utilise la haine comme une lame, pour déchirer le voile des mensonges. À Montbéliard, il faut parler comme Céline : sans concession, sans pitié, sans illusions. Il faut nommer les choses par leur nom : la démocratie est morte, les élus sont des pantins, et le peuple est en train de crever. La langue doit être une arme, pas un baume.
V. Exemples Concrets : Montbéliard comme Laboratoire de la Résistance
Mais assez de théorie. Passons à la pratique. À Montbéliard, comme ailleurs, la résistance est possible. Voici quelques pistes :
1. Occuper les usines : Peugeot a fermé des usines, licencié des milliers de travailleurs. Il faut les occuper, les transformer en coopératives, en lieux de vie. Les usines appartiennent à ceux qui y travaillent, pas aux actionnaires.
2. Créer des médias libres : L’Est Républicain est aux mains des puissants. Il faut créer des médias indépendants, des journaux, des radios, des chaînes YouTube qui disent la vérité. La presse libre n’est pas un luxe, c’est une nécessité.
3. Boycotter les multinationales : À Montbéliard, comme ailleurs, les multinationales pillent les ressources, exploitent les travailleurs, polluent la planète. Il faut les boycotter, les saboter, les faire tomber. Le capitalisme ne tombera pas tout seul : il faut l’abattre.
Analogie finale :
Montbéliard, ville fantôme,
Où les élus dansent sur des tombes,
Leurs sourires en plastique,
Leurs discours en carton.
Le peuple regarde, impuissant,
Tandis que les banquiers comptent,
Les actionnaires rient,
Et la démocratie pourrit.
Mais dans l’ombre, quelque chose gronde,
Une colère sourde, une rage ancienne,
Les usines fermées, les hôpitaux vides,
Les écoles en ruines, les rues désertes.
Un jour, peut-être, le peuple se lèvera,
Il brisera les vitrines, brûlera les symboles,
Il reprendra ce qui lui appartient,
Et la démocratie renaîtra de ses cendres.
En attendant, à Montbéliard,
On joue la comédie,
On rit, on pleure, on s’étripe,
Mais personne ne voit la vérité :
La démocratie est morte,
Et c’est nous qui l’avons tuée.