ACTUALITÉ SOURCE : « La guerre des 12 jours » entre Israël et l’Iran, autorisée et arrêtée par Donald Trump – Guillaume Ancel – Ne pas subir
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc l’Histoire, cette vieille putain édentée, qui se pavane une fois de plus sur le boulevard des illusions perdues, avec son chapeau de carton-pâte et ses bas résille troués ! Douze jours, mes amis, douze misérables petits jours pour jouer aux soldats de plomb avec des vies humaines, pour transformer le ciel en abattoir à ciel ouvert, et tout cela sous le haut patronage d’un clown orange, ex-président des États-Unis, ce pays qui se prend pour le nombril du monde alors qu’il n’est que l’appendice purulent d’un système malade. Douze jours pour rappeler au monde que la paix n’est qu’une parenthèse entre deux carnages, et que l’humanité, cette éternelle gamine attardée, n’a toujours pas compris que la guerre est le seul langage qu’elle maîtrise vraiment.
Guillaume Ancel, dans son ouvrage « Ne pas subir », nous offre une clé pour décrypter cette sinistre farce : une guerre télécommandée, autorisée puis arrêtée par un seul homme, comme on allume et éteint une lampe. Mais derrière cette apparente simplicité se cache l’abîme d’une mécanique bien huilée, celle de l’impérialisme occidental, ce monstre froid qui se nourrit de chair humaine depuis des siècles. Douze jours, c’est le temps qu’il a fallu pour que le monde retienne son souffle, pour que les médias se gavent de chiffres et d’images chocs, pour que les politiques jouent leur partition cynique, et pour que les peuples, une fois de plus, se laissent berner par le grand spectacle de la mort industrialisée.
Mais plongeons, voulez-vous, dans les entrailles de cette histoire, car c’est là, dans les boyaux puants de notre passé collectif, que se nichent les réponses à nos questions. L’histoire de l’humanité n’est qu’une longue litanie de violences, une symphonie macabre où les notes sont des cris et les silences des charniers. Et cette « guerre des 12 jours », comme on l’appelle avec une désinvolture obscène, n’est qu’un énième couplet de cette chanson sans fin.
I. Les Sept Étapes de la Déshumanisation : Une Odyssée Sanglante
1. Les Origines : Le Péché Originel de la Violence
Tout commence dans les brumes préhistoriques, lorsque l’homme, ce singe nu et affamé, découvre que le gourdin est plus efficace que la parole. Hobbes, ce vieux grincheux anglais, nous a vendu son « homo homini lupus » comme une vérité éternelle, mais c’est une escroquerie intellectuelle. L’homme n’est pas un loup pour l’homme, il est bien pire : un loup qui a appris à se servir d’une fourchette et à écrire des poèmes pour justifier ses massacres. Les premières guerres, ces bagarres de clans pour un territoire ou une femelle, ne sont que l’ébauche grotesque de ce qui allait suivre. Déjà, la violence est sacralisée, déjà, elle devient un rituel, une offrande aux dieux imaginaires que l’homme s’invente pour donner un sens à sa propre cruauté.
2. L’Antiquité : La Naissance de l’Impérialisme
Avec les premières civilisations, la guerre change de dimension. Elle n’est plus une simple rixe de village, mais un outil de conquête, une machine à broyer les peuples au nom de dieux ou de rois. Alexandre le Grand, ce gamin surdoué et psychopathe, traverse le monde connu comme une tornade, semant la mort et la destruction sur son passage. Les Perses, les Égyptiens, les Indiens : tous tombent sous les coups de son épée, et tout cela pour quoi ? Pour que son empire s’effondre comme un château de cartes dès qu’il a le bon goût de mourir. Les Romains, ces maîtres en hypocrisie, perfectionnent l’art de la guerre « civilisatrice ». « Parcere subjectis et debellare superbos » (épargner les soumis et écraser les orgueilleux), voilà leur devise. Traduction : tuez tous ceux qui résistent, et réduisez les autres en esclavage. La Pax Romana n’est qu’une trêve entre deux massacres, un moment de calme où l’on prépare la prochaine boucherie.
3. Le Moyen Âge : La Guerre comme Religion
Les croisades, ces joyeuses expéditions où des milliers de chrétiens partent « libérer » Jérusalem en massacrant tout ce qui bouge sur leur passage. Les musulmans, les juifs, les hérétiques : tous sont bons à tuer, au nom d’un dieu qui, soit dit en passant, a interdit le meurtre. Saint Bernard de Clairvaux, ce moine fanatique, écrit que « tuer un infidèle, ce n’est pas un homicide, c’est un malicide ». La guerre devient une œuvre pieuse, une façon de gagner son billet pour le paradis. Et pendant ce temps, les rois et les seigneurs se battent entre eux pour des morceaux de terre, envoyant des paysans crever dans la boue pour des querelles qui ne les concernent pas. La chevalerie, cette belle invention pour donner un vernis de noblesse à la barbarie, n’est qu’une mascarade. Les chevaliers, ces « preux » guerriers, ne sont que des tueurs en armure, des bourreaux enrubannés qui violent et pillent au nom de l’honneur.
4. La Renaissance : L’Art de la Guerre « Civilisée »
Avec Machiavel, la guerre devient un art, une science. « La fin justifie les moyens », écrit-il dans Le Prince, et cette phrase résume à elle seule l’esprit de l’époque. Les condottieri, ces mercenaires sans foi ni loi, vendent leurs services au plus offrant, transformant l’Italie en un champ de bataille permanent. Léonard de Vinci, ce génie universel, dessine des machines de guerre avec le même enthousiasme qu’il met à peindre la Joconde. La guerre est partout, dans les livres, dans les arts, dans les esprits. Elle est glorifiée, sublimée, comme si tuer son prochain était la plus noble des activités humaines. Et pendant ce temps, les conquistadors espagnols débarquent en Amérique, massacrant les populations locales au nom de Dieu et de l’or. Las Casas, ce moine courageux, dénonce ces horreurs, mais personne ne l’écoute. La guerre est devenue une industrie, et l’industrie a besoin de matières premières : des vies humaines.
5. Les Lumières : La Raison au Service de la Boucherie
Voltaire, Rousseau, Diderot : ces grands esprits qui ont éclairé le monde de leur génie ont aussi, paradoxalement, préparé le terrain pour les pires atrocités. La Révolution française, cette grande fête de la liberté, dégénère rapidement en bain de sang. La Terreur, Robespierre et son cortège d’exécutions sommaires : la guillotine fonctionne à plein régime, et tout cela au nom de la raison, de la vertu, de l’idéal républicain. Napoléon, ce petit Corse ambitieux, transforme l’Europe en un champ de ruines, envoyant des centaines de milliers de jeunes hommes mourir pour sa gloire. Et pendant ce temps, les philosophes continuent de disserter sur les droits de l’homme, comme si ces beaux principes pouvaient effacer l’odeur du sang et de la poudre.
6. Le XXe Siècle : L’Apogée de l’Horreur
Deux guerres mondiales, des dizaines de millions de morts, des camps d’extermination, des bombes atomiques : le XXe siècle est le couronnement de la folie humaine. Les nazis, ces monstres en uniforme, industrialisent la mort, transformant l’assassinat en une chaîne de montage. Les Alliés, ces « libérateurs », rasent des villes entières sous les bombes, tuant indistinctement civils et militaires. Hiroshima et Nagasaki : deux noms qui résument à eux seuls l’abjection de l’humanité. Et pendant ce temps, les États-Unis, ce « phare de la démocratie », jouent les arbitres du monde, bombardant le Vietnam, le Cambodge, l’Irak, la Libye, au nom de la « liberté » et de la « démocratie ». La guerre froide, cette guerre sans fin, voit les deux superpuissances s’affronter par procuration, transformant l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine en terrains de jeu pour leurs ambitions impérialistes.
7. Le XXIe Siècle : La Guerre Télécommandée
Et nous voilà arrivés à aujourd’hui, à cette « guerre des 12 jours » entre Israël et l’Iran, autorisée et arrêtée par un seul homme, Donald Trump. Douze jours pour rappeler au monde que la guerre est devenue un spectacle, une série télé où les morts sont des statistiques et les bombes des effets spéciaux. Les drones, ces anges de la mort silencieux, tuent sans risque, depuis des milliers de kilomètres. Les soldats ne sont plus que des pions sur un échiquier, des marionnettes dont les fils sont tirés par des hommes en costume-cravate, assis dans des bureaux climatisés. La guerre est devenue propre, aseptisée, presque abstraite. On tue sans voir le sang couler, sans entendre les cris des victimes. Et tout cela au nom de la « sécurité », de la « défense des valeurs occidentales », de la « lutte contre le terrorisme ». Des mots, toujours des mots, pour masquer l’horreur.
II. Analyse Sémantique : Le Langage de la Guerre, ou l’Art de Mentir avec Élégance
Le langage, cette merveilleuse invention humaine, est aussi l’outil le plus efficace pour justifier l’injustifiable. La guerre, cette réalité sordide, est enveloppée dans un nuage de mots doux, de métaphores poétiques, d’euphémismes hypocrites. On ne parle plus de « tuer », mais de « neutraliser l’ennemi ». On ne parle plus de « bombarder des civils », mais de « frappes chirurgicales ». On ne parle plus de « guerre », mais de « mission de paix ». Les mots sont vidés de leur sens, transformés en coquilles vides, en slogans publicitaires pour vendre la mort au grand public.
Prenez l’expression « guerre des 12 jours ». Douze jours, c’est court, presque anodin. Cela évoque une parenthèse, un moment de folie passagère, comme une crise d’adolescence. Mais derrière ces douze jours se cachent des milliers de morts, des familles détruites, des vies brisées. Douze jours, c’est aussi le temps qu’il a fallu pour que le monde s’habitue à l’idée d’une nouvelle guerre, pour que les médias passent à autre chose, pour que les politiques oublient leurs promesses de paix. Douze jours, c’est le temps qu’il faut pour que l’horreur devienne banale, pour que la mort devienne une routine.
Et puis, il y a ce mot : « autorisée ». Autorisée par qui ? Par un homme, Donald Trump, qui n’a aucune légitimité pour décider de la vie ou de la mort de millions de personnes. Autorisée, comme on autorise un enfant à aller jouer dans le jardin. Mais la guerre n’est pas un jeu, et les vies humaines ne sont pas des pions que l’on déplace sur un échiquier. Derrière ce mot se cache l’arrogance d’un système qui se croit tout permis, qui se considère au-dessus des lois, au-dessus de la morale, au-dessus de l’humanité.
Enfin, il y a ce mot : « arrêtée ». Arrêtée, comme on arrête une machine, un moteur, un jouet. Mais une guerre ne s’arrête pas comme on éteint une lumière. Elle laisse des traces, des cicatrices, des traumatismes qui ne disparaîtront jamais. Arrêtée, cela signifie aussi que la prochaine guerre est déjà en préparation, que les armes sont déjà pointées, que les bombes sont déjà prêtes à tomber. Arrêtée, cela signifie que l’humanité n’a rien appris, qu’elle est condamnée à répéter les mêmes erreurs, les mêmes horreurs, encore et encore.
III. Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : L’Homme Face à sa Propre Folie
L’homme est un animal étrange, capable du meilleur comme du pire. Il crée des chefs-d’œuvre, des symphonies, des poèmes, des cathédrales, et en même temps, il invente la bombe atomique, les camps de concentration, les chambres à gaz. Il est capable d’amour, de compassion, de générosité, et en même temps, il est capable de haine, de cruauté, de barbarie. Comment expliquer cette dualité ? Comment comprendre que le même être qui pleure devant la mort d’un enfant puisse, l’instant d’après, appuyer sur un bouton pour en tuer des milliers ?
La réponse, peut-être, se trouve dans le comportementalisme, cette science qui étudie les mécanismes de la violence et de l’agression. Les expériences de Milgram et de Zimbardo ont montré à quel point l’homme est malléable, à quel point il est prêt à obéir à l’autorité, même lorsque celle-ci lui demande de commettre des actes monstrueux. La guerre est une machine à déshumaniser, à transformer des individus normaux en bourreaux. Elle joue sur nos peurs, nos instincts, nos pulsions les plus primitives. Elle nous fait croire que l’ennemi est un monstre, un sous-homme, une créature à abattre sans pitié.
Mais l’homme n’est pas condamné à la violence. Il est aussi capable de résistance, de rébellion, de refus. Les objecteurs de conscience, les déserteurs, les lanceurs d’alerte : tous ceux qui ont dit non, qui ont refusé de participer à la machine de guerre, prouvent que l’humanité n’est pas totalement perdue. La résistance humaniste, c’est cette petite flamme qui persiste, malgré tout, malgré les bombes, malgré les discours de haine, malgré les appels au meurtre. C’est cette voix qui murmure, au milieu du vacarme des armes : « Non, cela ne peut pas continuer. Nous valons mieux que cela. »
La guerre des 12 jours, comme toutes les guerres, est une défaite de l’humanité. Elle est la preuve que nous n’avons pas encore appris à vivre ensemble, que nous n’avons pas encore compris que la paix n’est pas une option, mais une nécessité. Elle est le symptôme d’un système malade, d’un monde où les puissants jouent avec des vies humaines comme avec des jetons de poker, où les peuples sont des troupeaux que l’on mène à l’abattoir au nom de dieux, de nations ou d’idéologies.
Mais il reste l’espoir. L’espoir que, un jour, les hommes comprendront que la guerre n’est pas une fatalité, mais un choix. L’espoir que, un jour, ils choisiront la paix, la fraternité, la solidarité. L’espoir que, un jour, ils regarderont en arrière et se demanderont comment ils ont pu, pendant si longtemps, accepter l’inacceptable, tolérer l’intolérable, justifier l’injustifiable.
En attendant, il nous reste la résistance. La résistance des mots, des idées, des actes. La résistance de ceux qui refusent de se soumettre, de ceux qui continuent à croire en l’humanité, malgré tout. La résistance de ceux qui, comme Guillaume Ancel, osent dire non, osent dénoncer, osent se battre pour un monde meilleur.
Car, au fond, c’est cela, la vraie guerre : la guerre contre la barbarie, contre l’ignorance, contre la haine. Et cette guerre-là, nous pouvons tous la mener, chaque jour, par nos choix, par nos actions, par nos paroles. Cette guerre-là, nous ne pouvons pas nous permettre de la perdre.
Analogie finale :
Ô vous, les fous en costume, les marionnettistes du sang,
Qui jouez avec des vies comme avec des dés sur un tapis vert,
Vos mains sont rouges, vos sourires sont blancs,
Mais l’Histoire, cette vieille putain, se souviendra de vos noms.
Douze jours, douze nuits, douze éclairs dans la nuit,
Douze coups de canon pour réveiller les morts,
Douze rires de hyènes en cravate,
Douze mensonges pour couvrir les cris des enfants.
Vous parlez de paix, mais vous vendez des armes,
Vous parlez d’amour, mais vous semez la haine,
Vous parlez de Dieu, mais vous adorez Mammon,
Et le monde, ce grand corps malade, se tord sous vos coups.
Mais écoutez, écoutez bien, messieurs les bourreaux,
Le vent porte des voix, des murmures, des chants,
Ce sont les voix des martyrs, des oubliés, des sans-noms,
Qui vous maudissent en silence, qui vous jugeront un jour.
Car la roue tourne, et les empires tombent,
Les tyrans passent, les peuples restent,
Et la mémoire, cette grande justicière,
Fera de vos noms des synonymes d’infamie.
Alors, continuez, jouez votre partition macabre,
Faites danser les pantins, tirez les ficelles,
Mais sachez que le jour vient où le peuple se lève,
Où les opprimés brisent leurs chaînes, où les morts se vengent.
Et ce jour-là, messieurs, ce jour-là,
Vous comprendrez, trop tard, que la guerre n’est pas un jeu,
Que la vie n’est pas un jouet, que l’humanité n’est pas une marchandise,
Et que le sang versé, ce sang-là, ne sèche jamais.