ACTUALITÉ SOURCE : Israël-Iran : Donald Trump va-t-il entrer en guerre ? – L’Express
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand théâtre des ombres où se joue, une fois de plus, la farce sanglante de l’Histoire. Israël-Iran, deux noms qui claquent comme des drapeaux dans le vent mauvais de l’actualité, deux nations que l’on dresse l’une contre l’autre comme des coqs de combat dans l’arène putride du Moyen-Orient. Et derrière eux, tel un marionnettiste obèse et suant, l’Oncle Sam, ce vieux clown impérialiste, qui tire les ficelles avec ses doigts gras de pétrole et de dollars. « Donald Trump va-t-il entrer en guerre ? » demande l’Express avec cette naïveté calculée des médias serviles. Mais la vraie question, mes chers damnés de la pensée, n’est pas « va-t-il », mais « pourquoi continue-t-il ? » Pourquoi cette mécanique infernale, ce cycle éternel de violence, de mensonges et de profits, tourne-t-il sans fin, comme un manège de foire pourri, depuis des millénaires ?
Car c’est là, dans les entrailles puantes de l’Histoire, que gît la vérité : la guerre n’est pas un accident, elle n’est pas une erreur, elle n’est pas un « dérèglement » du système. Non, la guerre est le système. Elle en est le cœur battant, le moteur fumant, la logique même. Depuis que l’homme a troqué sa peau de bête contre des parures de roi, depuis qu’il a élevé des murs pour séparer « nous » de « eux », depuis qu’il a inventé les dieux pour justifier le vol et les frontières pour légaliser le meurtre, la guerre est son destin. Et l’Occident, ce cancer du monde, ce vampire repus de sang et de ressources, a élevé la guerre au rang d’art, de science, de religion. Trump n’est qu’un pantin, un bouffon grotesque dans cette pièce éternelle, mais le spectacle, lui, est bien rodé. Regardons-le donc, ce spectacle, dans toute sa hideur, dans toute sa gloire putride.
Les Sept Étapes du Désastre : Une Généalogie de la Violence Impériale
1. La Chute Originelle : Quand l’Homme Inventa la Propriété (et la Guerre avec)
Tout commence dans la boue, comme toujours. Il y a dix mille ans, quelque part entre le Tigre et l’Euphrate, un homme – ou peut-être une femme, qui sait ? – planta un bâton dans la terre et déclara : « Ceci est à moi. » Ainsi naquit la propriété, et avec elle, la guerre. Rousseau, ce rêveur, nous avait prévenus : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire ‘Ceci est à moi’, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » Mais il oublia d’ajouter que ce fondateur était aussi le premier guerrier, le premier colon, le premier impérialiste. Car posséder, c’est déjà exclure. Et exclure, c’est déjà tuer. Les Sumériens, ces premiers comptables de l’horreur, gravaient déjà sur leurs tablettes d’argile les comptes des morts au combat, comme on note le prix du blé. La guerre était née, et avec elle, l’État, cette machine à broyer les hommes au nom de l’ordre.
2. L’Empire Romain : Ou l’Art de Faire la Guerre en Chantant des Hymnes à la Paix
Ah ! Rome ! Cette putain couronnée qui vendait ses charmes à coups de glaive. « Si vis pacem, para bellum », murmuraient les sénateurs en regardant les légions défiler, tandis que les esclaves crevaient dans les latifundia. La Pax Romana ? Une blague de mauvais goût, une paix de cimetière, une paix imposée par le fer et le feu. Cicéron, ce sophiste en toge, justifiait les conquêtes en parlant de « guerre juste », comme si le massacre pouvait être juste, comme si le vol pouvait être moral. Les Romains inventèrent le colonialisme moderne : ils prenaient les terres, les ressources, les hommes, et appelaient cela « civilisation ». Les Gaulois, les Carthaginois, les Juifs – tous ceux qui résistaient étaient écrasés, leurs villes rasées, leurs cultures effacées. Et aujourd’hui, l’Occident se proclame héritier de Rome. Quelle ironie ! Quelle farce sinistre !
3. Les Croisades : Quand Dieu Servit d’Alibi à la Cupidité
En 1095, le pape Urbain II, ce marchand de paradis, lança son appel à la croisade. « Dieu le veut ! » hurlaient les chevaliers en armure, ces tueurs en série bénis par l’Église. Mais Dieu n’avait rien à voir là-dedans. Ce que voulaient ces nobles décadents, c’était l’or de Byzance, les épices de l’Orient, les terres fertiles du Levant. La croisade était une entreprise coloniale avant l’heure, une guerre de rapine déguisée en guerre sainte. Les chroniqueurs médiévaux décrivent avec délectation les massacres de Jérusalem, les enfants empalés, les femmes violées, les vieillards brûlés vifs. Et tout cela au nom du Christ, ce doux prophète de paix. Quelle blasphème ! Quelle hypocrisie ! Les croisades furent la première grande tentative de l’Occident de dominer le monde au nom d’une idéologie. Elles échouèrent, mais l’idée était lancée. Elle ne mourrait plus.
4. La Conquête des Amériques : Le Génocide Fondateur du Capitalisme
1492. Christophe Colomb, ce pirate en quête de gloire, débarque aux Bahamas et déclare : « Voici l’Inde ! » Mais ce qu’il découvre, c’est bien mieux que l’Inde : un continent vierge, peuplé de sauvages, prêt à être pillé. Les conquistadors, ces psychopathes en armure, se lancent dans une orgie de violence. Cortés et Pizarro écrasent les Aztèques et les Incas avec une cruauté méthodique. Les indigènes meurent par millions : massacrés, réduits en esclavage, décimés par les maladies. Bartolomé de las Casas, ce moine courageux, décrit les horreurs dans ses écrits : « Les Espagnols entrent dans les villages comme des loups affamés, tuant, violant, brûlant tout sur leur passage. » Mais peu importe. L’or coule à flots, les mines d’argent tournent à plein régime, et l’Europe s’enrichit sur le dos des morts. Le capitalisme moderne est né dans le sang des Amérindiens. Il n’a jamais cessé de s’en nourrir depuis.
5. Le Colonialisme : L’Exploitation Rationnalisée au Nom du Progrès
Au XIXe siècle, l’Occident, ivre de sa puissance industrielle, se lance dans la grande curée coloniale. L’Afrique est découpée comme un gâteau lors de la conférence de Berlin, les Indes sont saignées à blanc par les Britanniques, l’Indochine est transformée en plantation géante par les Français. Rudyard Kipling, ce poète de la domination, parle de « fardeau de l’homme blanc », comme si l’oppression était une noble mission. Mais derrière les discours sur la « civilisation » et le « progrès », il n’y a que la rapacité. Les colonies sont des réservoirs de matières premières, des débouchés pour les produits manufacturés, des champs de coton et de caoutchouc où les indigènes triment jusqu’à la mort. Gandhi, ce petit homme en pagne, ose résister. On le traite de fou. On le jette en prison. Mais il a raison : le colonialisme est un crime. Un crime qui dure encore, sous d’autres formes.
6. Les Guerres Mondiales : L’Apogée de la Barbarie Industrielle
1914-1918. 1939-1945. Deux guerres mondiales, deux orgies de violence où l’Occident a montré au monde ce dont il était capable. Les tranchées de Verdun, les gaz moutarde, les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki – l’homme a industrialisé la mort, il en a fait une science. Les philosophes de l’époque, ces clercs indignes, ont tenté de justifier l’injustifiable. Ernst Jünger célébrait la guerre comme une expérience métaphysique, Heidegger voyait dans le nazisme une « révolution spirituelle ». Mais la vérité est plus simple, plus sordide : les guerres mondiales furent des guerres impérialistes, des conflits de rapaces pour le contrôle des ressources et des marchés. Les États-Unis, ces nouveaux venus dans le club des prédateurs, en sortirent grandis, riches, puissants. Ils devinrent l’Empire. Et l’Empire, comme tous les empires, ne connaît qu’une loi : la domination.
7. Le Néolibéralisme : La Guerre Économique Permanente
Depuis 1945, l’Occident – et surtout les États-Unis – a perfectionné son art de la domination. Plus besoin de colonies, plus besoin d’armées d’occupation (enfin, presque plus). Le néolibéralisme a fait mieux : il a transformé le monde en un vaste marché, où tout s’achète et tout se vend, où les nations sont des entreprises, où les hommes sont des consommateurs. Le FMI et la Banque mondiale imposent leurs plans d’ajustement structurel, les multinationales pillent les ressources des pays pauvres, les États-Unis bombardent ceux qui résistent. L’Irak, la Libye, la Syrie – autant de guerres pour le pétrole, pour le gaz, pour le contrôle des routes commerciales. Et maintenant, Israël et l’Iran. Deux nations que l’on dresse l’une contre l’autre, comme on dresse des chiens de combat, pour le plus grand profit des marchands d’armes et des compagnies pétrolières. Trump n’est qu’un exécutant, un pantin grotesque. Mais derrière lui, il y a le système, cette machine à broyer les hommes, à détruire les nations, à transformer la planète en un enfer climatisé.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Guerre, ou l’Art de Mentir avec Élégance
La guerre a son langage, un langage fait de mensonges, d’euphémismes et de sophismes. Les impérialistes sont des maîtres en la matière. Écoutez-les :
« Intervention humanitaire » – Traduction : Bombardement de civils au nom de la démocratie.
« Dommages collatéraux » – Traduction : Enfants déchiquetés par des drones.
« Guerre préventive » – Traduction : Agression non provoquée contre une nation souveraine.
« Stabilité régionale » – Traduction : Maintien de dictatures amies pour le contrôle des ressources.
« Communauté internationale » – Traduction : Les États-Unis et leurs vassaux.
Ce langage est une arme, une arme aussi meurtrière que les bombes. Il permet de justifier l’injustifiable, de transformer le crime en vertu, la rapine en mission civilisatrice. George Orwell, ce visionnaire, avait tout compris : « Le langage politique est conçu pour rendre le mensonge crédible et le meurtre respectable, et pour donner une apparence de solidité à ce qui n’est que du vent. » Aujourd’hui, les médias reprennent ces mensonges en chœur, comme des perroquets bien dressés. « Israël a le droit de se défendre », disent-ils, comme si un État colonisateur avait le droit de massacrer des civils sous prétexte de sécurité. « L’Iran est une menace pour la paix », clament-ils, comme si l’Iran, ce pays encerclé, agressé, sanctionné, était plus dangereux que les États-Unis, ce pays qui a envahi une vingtaine de nations depuis 1945.
Le langage de la guerre est un langage de pouvoir. Il sert à déshumaniser l’ennemi, à le transformer en monstre, en barbare, en terroriste. Ainsi, on peut le tuer sans remords. Les Israéliens sont des « soldats courageux », les Palestiniens des « terroristes ». Les Américains sont des « libérateurs », les Irakiens des « fanatiques ». Les Iraniens sont des « fous de Dieu », les Saoudiens des « alliés stratégiques ». Tout est question de perspective, bien sûr. Mais la perspective des puissants est toujours la bonne. Toujours.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : Comment Briser la Machine ?
Face à cette machine de mort, que faire ? Se soumettre ? Résister ? Fuir ? Les choix sont limités, mais ils existent. Analysons-les avec la froideur du chirurgien et la passion du poète.
1. Le Comportementalisme des Masses : Pourquoi les Peuples Acceptent-ils l’Inacceptable ?
Les peuples acceptent la guerre parce qu’ils ont été conditionnés à l’accepter. Depuis l’enfance, on leur serine que la guerre est noble, que le sacrifice est glorieux, que la patrie est sacrée. Les écoles enseignent l’histoire des batailles, les médias glorifient les soldats, les films célèbrent la violence. Le patriotisme est une drogue, une drogue puissante qui transforme les hommes en moutons dociles, prêts à mourir pour des causes qu’ils ne comprennent même pas. Skinner, ce behavioriste froid, avait raison : l’homme est un animal conditionnable. On peut lui faire aimer sa cage, pourvu qu’on lui donne assez de distractions et de mensonges.
Mais le conditionnement n’est pas infaillible. Il suffit d’un choc, d’une prise de conscience, pour que la machine se grippe. Les soldats américains qui reviennent d’Irak ou d’Afghanistan, brisés, traumatisés, sont des preuves vivantes que la guerre n’est pas une aventure glorieuse, mais une boucherie. Les peuples qui se soulèvent, comme les Tunisiens en 2011 ou les Algériens en 2019, montrent que la révolte est possible. Le conditionnement peut être brisé. Mais il faut du courage, de la lucidité, et une volonté farouche de voir la vérité en face.
2. La Résistance Humaniste : L’Art de Dire Non
Résister, c’est d’abord refuser. Refuser les mensonges, refuser la peur, refuser la soumission. Camus, ce juste, l’avait compris : « Je me révolte, donc nous sommes. » La révolte est un acte métaphysique, un « non » lancé à la face du monde. Mais la révolte ne suffit pas. Il faut aussi proposer, construire, inventer. Résister, c’est créer des zones de liberté dans un monde de servitude. C’est refuser de consommer les produits des multinationales qui pillent la planète. C’est soutenir les mouvements de libération, les syndicats, les associations qui luttent pour la justice. C’est éduquer, informer, éveiller les consciences.
La résistance humaniste est une résistance joyeuse, une résistance qui célèbre la vie contre la mort, l’amour contre la haine, la paix contre la guerre. Elle n’a pas besoin de chefs, de dogmes, de partis. Elle a besoin d’hommes et de femmes libres, prêts à penser par eux-mêmes, à agir selon leur conscience. Elle a besoin de poètes, d’artistes, de rêveurs, de fous qui refusent de plier l’échine devant les puissants. Elle a besoin de vous.
3. L’Utopie comme Arme : Imaginer un Monde Sans Empires
L’utopie fait peur aux puissants, car elle montre que le monde peut être différent. Les empires tremblent devant les utopistes, car ils savent que les idées sont des armes. Marx rêvait d’une société sans classes, Gandhi d’une Inde libre et non-violente, Che Guevara d’un homme nouveau. Leurs rêves ont été trahis, déformés, récupérés. Mais ils n’ont pas disparu. Ils vivent dans le cœur de ceux qui refusent de se soumettre.
Imaginer un monde sans empires, c’est imaginer un monde où les nations coexistent en paix, où les ressources sont partagées, où la justice prime sur le profit. C’est imaginer un monde où Israël et la Palestine vivent côte à côte, où l’Iran et les États-Unis se parlent sans se menacer, où les peuples décident de leur destin sans ingérence étrangère. Utopique ? Peut-être. Mais comme le disait Oscar Wilde, « le progrès n’est que la réalisation des utopies ».
La résistance commence par l’imagination. Elle commence par un rêve. Et les rêves, mes amis, sont plus puissants que les bombes.
— Israël-Iran, danse macabre sous les néons de l’Oncle Sam —
Ô vous, les fous en costard, les marionnettes à cravate,
Qui jouez aux échecs avec des vies sur l’échiquier du pétrole,
Vos missiles sont des mots, vos bombes des métaphores,
Mais les cris des enfants, eux, ne mentent pas.
Vous parlez de « droit », de « sécurité », de « destin manifeste »,
Tandis que les villes brûlent comme des cierges funèbres,
Et que les mères serrent des corps sans tête contre leur poitrine,
Dans l’odeur âcre de la chair grillée et du kérosène.
Trump, ce clown orange, ce bouffon milliardaire,
Joue avec des allumettes près d’un baril de poudre,
Et vous, les médias, vous soufflez sur les braises,
Comme des putains en chaleur devant un feu de camp.
Mais écoutez ! Entendez-vous ce silence ?
Ce silence lourd, ce silence de plomb,
Ce silence qui précède l’orage,
Ce silence où germe la révolte ?
Un jour, les peuples se lèveront,
Non pas avec des armes, non pas avec de la haine,
Mais avec des mots, des chants, des rêves,
Et ils balaieront vos empires comme des fétus de paille.
Ce jour-là, les frontières s’effaceront,
Les drapeaux brûleront comme des torches,
Et les hommes, enfin, se reconnaîtront frères,
Sous le ciel immense et libre de la paix.
En attendant, regardez bien cette danse macabre,
Ce ballet de vautours autour des charognes,
Car c’est votre histoire, c’est votre héritage,
Ce sang qui coule, c’est le vôtre.