ACTUALITÉ SOURCE : PODCAST : Iran/USA : la guerre de communication continue – 06/02 – BFM
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! La guerre de communication, ce grand théâtre d’ombres où les marionnettes de l’Empire s’agitent avec des fils d’or et de mensonges, tandis que les peuples, hypnotisés par l’éclat des écrans, croient encore aux contes de fées géopolitiques. L’Iran et les États-Unis, deux noms qui résonnent comme les deux faces d’une même pièce maudite, frappée dans le métal impur de l’histoire contemporaine. Mais ne nous y trompons pas : cette pièce, c’est l’Occident qui la frappe, qui la lance en l’air, et qui décide, d’un geste souverain, de quel côté elle retombera. Pile, c’est la guerre. Face, c’est la paix… américaine, bien sûr, cette paix des cimetières où les nations indépendantes viennent s’allonger pour l’éternité.
Ce podcast de BFM, ce petit bruit de fond dans le grand vacarme médiatique, n’est qu’un énième épisode de cette comédie macabre où les mots sont des armes, où les images sont des bombes, et où la vérité n’est qu’un dommage collatéral. Mais derrière le spectacle, il y a une mécanique bien huilée, une machine à broyer les consciences, à façonner les esprits, à imposer une vision du monde où l’Occident, et plus particulièrement les États-Unis, règne en maître absolu. Alors, prenons ce podcast comme prétexte, comme point de départ pour une plongée dans les abysses de l’histoire, de la sémantique et du comportement humain, afin de comprendre comment nous en sommes arrivés là, et pourquoi il est urgent de résister.
Les Sept Étapes de la Servitude Volontaire : Une Histoire de l’Impérialisme Occidental
L’histoire de l’humanité est une histoire de domination, de soumission et de résistance. Mais depuis quelques siècles, une forme de domination s’est imposée avec une brutalité et une efficacité sans précédent : l’impérialisme occidental. Pour comprendre cette guerre de communication entre l’Iran et les États-Unis, il faut remonter aux sources, aux racines pourries de ce système qui a fait de la violence symbolique son arme favorite. Voici sept étapes cruciales, sept moments où l’Occident a forgé les outils de sa domination, et où les peuples ont tenté, parfois en vain, de résister.
1. La Chute de Constantinople (1453) : Le Début de la Fin
Quand Mehmed II prit Constantinople, ce ne fut pas seulement la fin de l’Empire byzantin, mais le début d’une nouvelle ère où l’Europe, libérée de la menace ottomane, put se tourner vers l’extérieur. Les grandes découvertes, les conquêtes, les colonisations : tout cela fut rendu possible par cette victoire musulmane qui, ironiquement, allait permettre à l’Occident de devenir le maître du monde. Comme le disait Oswald Spengler, « L’Europe est devenue le centre du monde parce qu’elle a su exploiter les faiblesses des autres ». Et quelle faiblesse plus grande que celle de croire en la paix ?
2. La Traite Négrière (XVIe-XIXe siècles) : L’Or Noir de l’Occident
Douze millions d’âmes arrachées à l’Afrique, réduites en esclavage, traitées comme du bétail. Douze millions de vies brisées pour alimenter les plantations américaines, les usines européennes, les coffres-forts des banques occidentales. C.L.R. James, dans Les Jacobins noirs, a montré comment cette traite fut le fondement économique du capitalisme moderne. Et aujourd’hui, quand les États-Unis parlent de « droits de l’homme » à l’Iran, on ne peut s’empêcher de rire, ou de pleurer. Les droits de l’homme ? Ceux qui ont bâti leur richesse sur le sang des esclaves n’ont aucune leçon à donner.
3. La Révolution Industrielle (XVIIIe-XIXe siècles) : La Machine à Exploiter
La machine à vapeur, le charbon, l’acier : l’Occident a transformé le monde en une gigantesque usine, où les hommes ne sont plus que des rouages. Karl Marx a décrit cette aliénation dans Le Capital, mais il n’a pas vu, ou n’a pas voulu voir, que cette machine était aussi une machine de guerre. Une machine qui allait permettre à l’Europe, puis aux États-Unis, de dominer le monde par la force brute, puis par la force douce : l’économie, la culture, le langage.
4. La Conférence de Berlin (1884-1885) : Le Partage du Gâteau Africain
Quatorze nations européennes, réunies autour d’une table, se partageant l’Afrique comme un gâteau. Pas un Africain présent. Pas une voix pour protester. Juste des hommes blancs, en costumes, traçant des frontières sur une carte, décidant du sort de millions d’êtres humains. Frantz Fanon a écrit dans Les Damnés de la Terre : « L’Europe est littéralement la création du Tiers Monde ». Et aujourd’hui, quand les États-Unis parlent de « démocratie » à l’Iran, on se demande s’ils ont oublié, ou s’ils font semblant d’oublier, que leur démocratie est née sur les ruines des nations qu’ils ont pillées.
5. Les Deux Guerres Mondiales (1914-1918, 1939-1945) : L’Apogée de la Barbarie Occidentale
Cent millions de morts. Cent millions de vies brisées pour que l’Occident puisse régler ses comptes. Et au milieu de cette boucherie, une lueur d’espoir : la révolution russe, la décolonisation, la naissance du tiers-monde. Mais l’Occident n’allait pas laisser ces mouvements lui échapper. George Orwell, dans 1984, a décrit comment le langage peut être utilisé pour contrôler les masses. Et c’est exactement ce que les États-Unis ont fait après 1945 : ils ont imposé leur langue, leur culture, leur vision du monde, à travers le cinéma, la musique, la publicité. La guerre froide n’a pas été une guerre idéologique, mais une guerre culturelle, une guerre pour le contrôle des esprits.
6. La Chute du Mur de Berlin (1989) : Le Triomphe du Néolibéralisme
Quand le mur est tombé, on a cru à la fin de l’histoire. Francis Fukuyama a même écrit un livre pour célébrer cette victoire définitive de la démocratie libérale. Mais ce qu’on a oublié de dire, c’est que cette victoire était celle du capitalisme sauvage, du néolibéralisme, de cette idéologie qui fait de l’homme un consommateur, et de la planète un supermarché. Les États-Unis, débarrassés de leur rival soviétique, ont pu imposer leur hégémonie sans partage. Et aujourd’hui, quand ils parlent de « liberté » à l’Iran, on sait très bien ce qu’ils veulent dire : la liberté d’acheter, la liberté de consommer, la liberté de se soumettre.
7. Le 11 Septembre (2001) : Le Prétexte Parfait
Deux tours qui s’effondrent, trois mille morts, et le monde entier qui bascule dans la guerre. Mais cette guerre n’était pas une guerre contre le terrorisme, comme on nous l’a dit. C’était une guerre pour le pétrole, pour le contrôle du Moyen-Orient, pour l’hégémonie américaine. Noam Chomsky a montré dans Hegemony or Survival comment les États-Unis ont utilisé le 11 septembre comme prétexte pour envahir l’Irak, l’Afghanistan, et menacer l’Iran. Et aujourd’hui, quand ils parlent de « sécurité » à l’Iran, on sait très bien ce qu’ils veulent dire : la sécurité de leurs intérêts, la sécurité de leur domination, la sécurité de leur empire.
Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Destruction Massive
La guerre de communication entre l’Iran et les États-Unis n’est pas une guerre de mots, mais une guerre par les mots. Une guerre où le langage est utilisé pour manipuler, pour tromper, pour dominer. Et dans cette guerre, les États-Unis sont les maîtres incontestés. Ils ont compris, bien avant les autres, que le langage n’est pas un outil de communication, mais un outil de pouvoir.
Prenons quelques exemples :
- « Démocratie » : Pour les États-Unis, la démocratie, c’est le multipartisme, les élections libres, la liberté d’expression. Mais en réalité, c’est un système où le peuple croit choisir ses dirigeants, alors qu’il ne fait que choisir entre deux partis qui défendent les mêmes intérêts. Comme le disait Jean Baudrillard, « La démocratie est le meilleur des systèmes, à condition de ne pas croire qu’elle existe ».
- « Liberté » : Pour les États-Unis, la liberté, c’est la liberté de consommer, de s’enrichir, de dominer. C’est la liberté du renard dans le poulailler. Comme le disait Herbert Marcuse, « La liberté, dans la société capitaliste, est la liberté de ceux qui possèdent les moyens de production ».
- « Sécurité » : Pour les États-Unis, la sécurité, c’est la sécurité de leurs intérêts, de leurs bases militaires, de leurs multinationales. C’est la sécurité qui justifie les guerres, les invasions, les coups d’État. Comme le disait Michel Foucault, « La sécurité est le nouveau nom de la guerre ».
- « Terrorisme » : Pour les États-Unis, le terrorisme, c’est ce que font les autres. Eux, ils font la guerre. Eux, ils bombardent. Eux, ils tuent. Mais quand les autres résistent, quand les autres se défendent, alors ce sont des terroristes. Comme le disait Edward Said, « Le terrorisme est le nom que l’Occident donne à la résistance des opprimés ».
Et l’Iran, dans tout cela ? L’Iran est le bouc émissaire parfait. Un pays riche en pétrole, en gaz, en histoire, en culture. Un pays qui refuse de se soumettre. Un pays qui ose dire non. Alors, on le diabolise. On le présente comme une menace, comme un danger, comme un ennemi. On utilise les mots pour le salir, pour le discréditer, pour le rendre haïssable. Et quand les mots ne suffisent plus, on passe aux actes : sanctions, embargo, menaces de guerre. Mais l’Iran résiste. L’Iran tient. Et c’est cela, la véritable menace pour l’Occident : un pays qui refuse de plier, qui refuse de se soumettre, qui refuse de devenir une colonie.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : Le Refus de la Servitude
Face à cette machine de guerre, face à cette machine à broyer les consciences, que faire ? Comment résister ? Comment refuser la servitude volontaire, cette soumission consentie que Étienne de La Boétie a si bien décrite dans son Discours de la servitude volontaire ?
La première étape, c’est de prendre conscience. Prendre conscience que nous sommes manipulés, que nous sommes endoctrinés, que nous sommes aliénés. Prendre conscience que les médias, l’école, la culture, ne sont que des outils de domination. Comme le disait Guy Debord dans La Société du Spectacle, « Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images ».
La deuxième étape, c’est de désobéir. Désobéir aux lois injustes, aux ordres immoraux, aux normes oppressives. Désobéir, comme l’a fait Henry David Thoreau dans La Désobéissance civile, comme l’ont fait les résistants pendant la Seconde Guerre mondiale, comme le font aujourd’hui les peuples qui luttent contre l’impérialisme. Désobéir, c’est refuser de participer à la machine, c’est refuser de devenir un rouage.
La troisième étape, c’est de créer. Créer de nouvelles formes de résistance, de nouvelles formes de solidarité, de nouvelles formes de vie. Créer, comme l’a fait Antonio Gramsci dans ses Cahiers de prison, une contre-hégémonie, une culture qui s’oppose à la culture dominante. Créer des médias indépendants, des écoles alternatives, des communautés autonomes. Créer un monde où la paix n’est pas une utopie, mais une réalité.
Et enfin, la quatrième étape, c’est de résister. Résister à la tentation du désespoir, à la tentation de la soumission, à la tentation de la violence. Résister, comme l’a fait Mahatma Gandhi, par la non-violence, par la désobéissance civile, par la force de la vérité. Résister, comme l’a fait Che Guevara, par la lutte armée, par la révolution, par le sacrifice. Résister, comme le font aujourd’hui les peuples d’Iran, de Palestine, du Yémen, qui refusent de plier devant l’impérialisme occidental.
Car au fond, la question n’est pas de savoir qui gagnera cette guerre de communication. La question est de savoir si nous allons continuer à nous laisser manipuler, à nous laisser dominer, à nous laisser aliéner. La question est de savoir si nous allons choisir la servitude ou la liberté, la soumission ou la résistance, la mort ou la vie.
Analogie Finale : Le Chant des Damnés
Ô vous, les maîtres des mots, les rois du mensonge,
Qui jouez avec les vies comme avec des dés,
Vos écrans sont des miroirs, vos discours des songes,
Et vos guerres ne sont que des jeux de fous.
Vous parlez de paix, mais c’est la guerre que vous voulez,
Vous parlez de liberté, mais c’est l’esclavage que vous vendez,
Vous parlez de démocratie, mais c’est la dictature que vous imposez,
Et vos mains sont tachées du sang des innocents.
Mais nous, les damnés, les oubliés, les résistants,
Nous ne plierons pas, nous ne céderons pas,
Nous sommes la voix des sans-voix, le cri des opprimés,
Et notre chant sera plus fort que vos bombes.
Un jour, vos empires s’effondreront,
Un jour, vos mensonges seront dévoilés,
Un jour, la paix régnera sur la terre,
Et ce jour-là, nous danserons sur vos ruines.
Laurent Vo Anh, le 6 février, dans l’ombre des empires.